Les 100 jours : à quoi joue le Président.... du RPG ? (partie 1 )

 
Depuis 2006, la population guinéenne s'est mobilisée afin de démocratiser le régime politique, seule solution selon elle, pour améliorer son sort.
Après les répressions qui ont suivi des mouvements populaires annuels (de 2006 à 2010), des élections relativement libres et transparentes ont eu lieu en 2010, ayant conduit à la désignation d'un nouveau chef de l'État, dans les conditions que l'on sait.
Si la majorité des Guinéens est consciente que les problèmes ne peuvent pas se régler en un jour, il est indéniable qu'une certaine inquiétude a pris place dans leur tête, tout simplement parce que les cents jours viennent de s'écouler, et donnent la mesure de ce que sera le quinquennat.
 
Les 100 jours, c'est quoi ?
 
Traditionnellement, les cents jours correspondent aux trois premiers mois qui suivent l'élection d'un nouvel élu, période caractérisée par l'indulgence des électeurs – tout est pratiquement permis - , et qui permet de prendre la mesure de ce que sera son programme à venir. Souvent des décisions sont prises rapidement avec des mesures d'urgence qui visent souvent à réaliser deux objectifs ambitieux : la stabilisation économique d'une part, et un retour à la confiance de la population d'autre part. Le titre de ce papier est intitulé partie 1, parce qu'il est consacré aux aspects politiques, et notamment l'hypothétique réconciliation, une seconde partie traitera essentiellement des aspects économiques.
Si je n'évoque pas les décisions qui vont dans le bon sens, c'est justement parce qu'elles sont trop rares, mais surtout simplement, parce qu'elles n'entraînent aucune action concrète immédiate et visible. Les thuriféraires du régime ont largement de quoi se consoler en regardant la RTG, cette dernière se chargeant de manière sectaire et subjective, de faire la publicité de ce nouveau gouvernement, puisque selon elle, tout va bien en Guinée.
 
Ce que tout le monde voit
 
Certains le savaient depuis longtemps, et c'est la raison pour laquelle ils n'ont pas soutenu le nouvel élu lors des présidentielles de 2010. Alpha Condé est un archaïque, tourné vers un passé qui n'existe plus et qu'il fantasme, et dont il ne retient que certains aspects, qui mériteraient pourtant d'être soumis à examen, car tout dogme n'a pas vocation à devenir vérité officielle.
Ce n'est évidemment ni une question d'âge, ni même de génération, mais à trop habiter loin des réalités du pays, on en finit par ne plus voir, que ce que l'on veut voir. Il y a quand même un problème : 60% de la population a moins de vingt ans, et pour eux – qui n'ont en outre pas voté – les années 60 constituent la préhistoire.
Tout le monde vous dira qu'à Conakry, il n'y a pas d'ethnie chez les jeunes, qui, quels qu'ils soient, réagissent de la même façon, ont les mêmes besoins et aspirations, et presque la même éducation (au risque de choquer ceux qui pensent ou qui affirment le contraire).
Pourtant les premières actions d'Alpha Condé tournent autour de deux obsessions : gagner les législatives et récupérer l'argent de manière ciblée, même si cette dernière volonté traduit également des arrière-pensées politiques. Le problème est que la population n'est pas préoccupée par la politique, considérant à tort ou à raison, qu'elle a fait ce qu'elle avait à faire pour changer les choses.
Alpha Condé ne nous avait donc pas menti : il allait s'inspirer de son modèle, dont il ose prétendre - de moins en moins d'ailleurs - avoir été un opposant. L'ennui c'est que si AST a évidemment réussi sur certains plans (notamment en matière de politique.... étrangère), il a laissé à certains de mauvais souvenirs, la majorité de la population d'alors, n'ayant pas la possibilité de voir ce qui se passait ailleurs.
Je souhaite donc revenir sur quelques événements significatifs de la politique intérieure guinéenne ayant marqué ces 100 jours, et qui illustrent le fait, qu'Alpha Condé n'est pas sur le bon chemin du rassemblement. Ces 5 à 6 événements sont le voyage raté du PRG au Fouta, la nomination des cadres, le serpent de mer de la Commission vérité/réconciliation, le retour en Guinée de Cellou Dalein Diallo le 3 Avril, la confusion sur la notion de restauration de l'autorité de l'État et les législatives.
 
Retour à la confiance de la population
 
A chaque sortie d'élections, la logique veut que le vainqueur rassure le camp des vaincus, d'autant qu'il représente quasiment un Guinéen sur deux. Cela passe au moins par des déclarations apaisantes (Président de tous les Guinéens), de rassemblement (autour d'un objectif commun), voire de réconciliation (par exemple, des excuses publiques pour les écarts de langage liés à l'affaire de l'empoisonnement, et qui avait abouti à des meurtres). Cette volonté de travailler avec tous, pouvait également s'exprimer dans la mise en place d'un gouvernement élargi (non au sens du nombre, mais de la diversité). Alpha Condé n'y a même pas songé.
Ne pas prendre quelques compétences de partis politiques les plus représentatifs dans le pays (UFDG, UFR ou NGR) est un choix, mais comment imaginer, comme il l'a fait, que donner un poste à Ousmane Bah, qui n'avait jamais été ministre (donc n'a jamais rien prouvé) et qui représente à peine 1% du corps électoral (autrement dit rien), pouvait permettre d'apaiser le camp des vaincus, dont ce dernier ne faisait même pas partie ?
En fait, le symbole le plus éclatant d'un apaisement, après les déchirements du tissu social, eût été une visite de courtoisie du PRG en Moyenne Guinée, fief de son principal adversaire politique. D'abord parce qu'il sait n'y être pas allé pendant la campagne électorale, tout en osant d'ailleurs s'étonner publiquement de son score dans cette région, alors qu'il y a méprisé les électeurs. Cette impudence en dit long sur son mode de fonctionnement.
On raille souvent les sourires carnassiers des politiciens américains, qui n'en pensent pas moins de leurs électeurs, ou des politiciens français qui ne serrent des mains sur les marchés, qu'à l'occasion des campagnes électorales. Que penser d'un candidat, qui considère qu'il n'est même pas utile de se déplacer, et qui revendique pourtant être le PRG, sauf à considérer comme l'un de ses collaborateurs ethnocentristes, que certains ne sont même pas des Guinéens.
En préférant voyager à l'extérieur (pour remercier ses bienfaiteurs sans doute), plutôt qu'à l'intérieur du pays, Alpha Condé - en montrant ses priorités - a raté une occasion - qui ne se renouvellera plus -, car en politique tout est dans la manière de.
 
Un gouvernement pléthorique et sous tutelle
 
Quelle déception par ailleurs de constater :
  • la présence d’environ 45 membres, la Guinée n’ayant jamais eu un gouvernement aussi pléthorique. Les dépenses de fonctionnement et d’entretien de l’État vont augmenter mécaniquement, alors que le pays est lourdement endetté (à titre de comparaison, Singapour ne compte qu'une quinzaine de ministres, et l'Île Maurice, plus africaine, une vingtaine) ;
  • la structure et les domaines d'intervention du gouvernement, la dispersion des fonctions éparpillées sur plusieurs départements, ce qui risque de conduire à une inefficacité dans la prise de décision (de nombreux doublons dans différents secteurs) ; de toutes façons, le PRG gère tout : tous les décrets ne sont que d'origine présidentielle, ce qui n'est pas sans poser de problème. Ainsi ce que la population doit comprendre dans le fonctionnement du pouvoir, c'est qu'un cadre nommé par décret présidentiel, ne peut être démis que de la même manière. Concrètement un Ministre des Affaires étrangères par exemple, qui ne serait pas d'accord avec son Secrétaire Général, ne peut pas démettre ce dernier, sans être obligé de discuter avec son « Boss », ce qui revient à dire qu'il n'est même pas responsable réellement de son département. Cela n'empêchera pourtant nullement le PRG de fustiger ses ministres s'ils n'obtiennent pas des résultats. En Afrique, les résultats sont souvent fonction des budgets alloués pour réussir ...
  • la durée prise pour nommer à certains postes (même en Avril, certaines fonctions de conseillers sont encore pourvues, ainsi que des préfets et des gouverneurs), ce qui dénote une improvisation et un besoin de tout contrôler, comme si la priorité consistait à récompenser une pléthore de personnes, dont on constate par ailleurs le nombre limité de jeunes et/ou de femmes ; lorsqu'Alpha Condé est en Guinée, ce sont les nominations de cadres (tous les cadres) qui lui prennent tout son temps. A quand la nomination par décret présidentiel du planton du Ministère de la justice par exemple ?
  • la qualité de certains membres du gouvernement, dont des militaires, dont ce n'est pas la vocation, et ce d'autant que certains auteurs présumés de crimes contre l'humanité ont été promus ou confirmés dans leurs fonctions ;
  • l'identité de certains élus (recyclage d'anciens dignitaires, à la réputation pourtant nauséabonde), y compris un PM sans pouvoir, ou sans expérience, non compensée par un CV de qualité.
Une Commission Vérité et réconciliation : pour quoi faire ?
 
Il ne faut évidemment pas confondre la volonté déclarée de création d'une Commission Vérité et Réconciliation, et sa réalisation. D'ailleurs, on commence néanmoins à percevoir le sens de cette initiative, dans les déclarations d’Alpha Condé, qui montrent la perversité de celle-ci, dans la mesure où il prétend d'une part, que tout le monde doit pardonner (il décide à la place des autres) sous prétexte que lui l'a fait (qu'a t-il pardonné?), et que la période criminelle doit remonter au-delà du 28 Septembre 2009 (ce qui constitue une manière de minimiser ces massacres), y compris lors de la première république, période qu'il encense et dont il prétend s'inspirer.
Pour le moment, rien n'a été fait concrètement pour la mettre en place, alors qu'Alhassane Ouattara par exemple, a déjà sollicité le président sud africain Jacob Zuma, pour qu'il l'aide à installer une commission de ce type, à l'image de ce qui a été fait en Afrique du Sud. Alpha Condé se réclame pourtant de Nelson Mandela, ce qui dénote une outrecuidance extrême, Alhassane Ouattara lui ne proclame rien, mais fait.
De toutes façons, il manque la justice. Est-ce un oubli volontaire pour orienter le sens des travaux de cette Commission ?
En fait, il semble qu'il ne veuille pas prendre le risque de sanctionner ceux qui l'ont fait roi ? Lors de son séjour parisien, Alpha Condé était passé par l'IEP (Sciences Po) le 24 Mars, et lorsque le Représentant de Human Right Watch lui avait posé la question sur le sort de certains criminels, Alpha Condé avait avoué qu'il lui était difficile de lutter contre l'armée.
Ceci appelle trois remarques :
  • en premier lieu, s'il est parfois possible et même souhaitable de négocier avec des militaires (voire d'anciens dictateurs qui ne veulent pas lâcher le pouvoir), des impunités et/ou amnisties possibles, encore faut-il avoir conscience de la situation politique du moment. Tout en faisant remarquer la lucidité avec laquelle ceux qui réclament une impunité, ont par conséquent parfaitement conscience de leurs agissements coupables, Alpha Condé semble au contraire montrer qu'il ne contrôle pas l'armée. L'épisode du général Toto Camara avec ses revirements, et le fait de se nommer Ministre de la Défense pour donner le change, en fournissent des illustrations.
  • si pour des raisons inavouables a priori, il a été acté une impunité avec certains militaires, il n'était pas utile en revanche, de confirmer ceux-ci à des postes de responsabilité, voire même de les promouvoir. Par ailleurs, c'est ne rien comprendre aux questions économiques, que de croire que les militaires pouvaient continuer à se maintenir au pouvoir. Ceux qui découvrent seulement qu'environ 13 500 milliards de GNF (soit près de 1,3 milliard d'€) en deux ans ont été dépensés pour des recettes qui n'atteignent que les deux tiers, sauront au moins compter et apprécier que la situation n'était évidemment pas viable, en l'absence de soutien financier extérieur. Dès lors, il n'était pas besoin de négocier outre mesure, et de promettre davantage que de besoin, Alpha Condé ayant montré une faiblesse, et le fait qu'il était prêt à tout pour obtenir le pouvoir, y compris promettre l'impardonnable. Est-ce pour compenser cette faiblesse, qu'il bombe le torse vis-à-vis de ses adversaires politiques ?
  • les 100 jours, on l'a dit est une période d'état de grâce, où pratiquement tout est permis, cela devait permettre de prendre rapidement les quelques décisions qui s'imposaient vis-à-vis des criminels. La transparence - même a posteriori - par respect pour les victimes, et pour les électeurs, était une manière de justifier ces choix et d'obtenir le soutien de la population. Par la suite, à froid, il deviendra sinon impossible, en tous cas très très difficile, pour ce gouvernement de sanctionner des criminels, surtout si on les utilise par ailleurs.
Pourquoi avoir interdit la « manifestation » du 3 Avril ?
 
Contrairement à ce que beaucoup laissent sous-entendre ici et là, et bien que je ne le porte pas en haute estime, je ne pense pas que l'esprit d'Alpha Condé soit si étroit, qu'il ait agi par vengeance, pour rendre la monnaie de sa pièce aux manifestants de Paris. Mais au regard de certaines décisions ahurissantes du PRG, je peux évidemment me tromper.
Mon sentiment est qu'après avoir seriné à n'en plus finir qu'il contrôlait 4/5 communes à Conakry, il a oublié que cela ne signifiait nullement qu'en terme de nombre, quatre électeurs de Conakry sur cinq avaient voté pour lui. De là à ce que la moitié de la ville (voire plus) se lève pour voir son adversaire pouvait l'inquiéter, lui qui est obligé de financer les mamayas (via son gouverneur), contrairement à la journée du 3 Avril.
Qu'ont vu les gens ? Que les supporters pour le Président de l'UFDG étaient plus nombreux que pour Alpha Condé lui-même, y compris en payant les utilités et en convoquant les officiels.
Le PRG a laissé le gouvernement démentir les violences qu'il n'aurait ni vu, ni entendu. On comprend mieux, pourquoi selon lui tout va bien en Guinée.... puisqu'il ne voit pas ce qui s'y passe. Bientôt on finira par nous expliquer que les militaires se baladaient dans les quartiers de façon fortuite. Le PRG a laissé faire son gouverneur dont la finesse est pourtant inversement proportionnelle à son arrogance. Un gouverneur qui voudrait qu'on respecte sa loi, alors qu'il est le premier à la piétiner (se rappeler la gifle sur un Officier ministériel), n'est pas crédible et le PRG l'est encore moins, de laisser un tel personnage, faire davantage la pluie que le beau temps à Conakry. Le PRG vient même de le confirmer, ce qui est une preuve supplémentaire de sa duplicité avec celui, que de plus en plus nombreux de gens appellent « le clown de Conakry », bien qu'il ne fasse rire personne.
Toujours lors de son intervention à Sciences Po Paris le 24 Mars dernier, il y avait déclaré qu'il n'enverrait pas les troupes chercher des militants jusque chez eux (pour les exécuter comme au Rwanda ??), et qu'en ce sens il n'était pas ethnocentriste, mais qu'en revanche, au cours d'une manifestation, il pouvait bien y avoir quelques morts, cela faisait partie des risques. On ne saurait être plus clair !!! Chacun imagine le froid que cela a laissé dans l'assistance.
Qu'on le veuille ou non, Alpha Condé a donc symboliquement tiré sur une foule pacifique, et pour de mauvaises raisons. Ce n'était pas une manifestation anti-gouvernementale. Même si certains de ses collaborateurs sont zélés (Rescow boy par exemple) et n'ont pas eu le mandat de tirer à balles réelles, non seulement Alpha Condé n'a pas révoqué cet individu (et d'autres) pour faute lourde (il l'a fait en d'autres occasions et pour moins que cela), mais il l'a en plus confirmé dans ses fonctions, ce qui prouve qu'il est donc complice de ses actes, et dès lors, toutes les rodomontades pour tenter de minimiser, voire réfuter ces faits, ne sont qu'impostures.
Puisque beaucoup n'ont pas encore compris que des élections libres n'étaient pas synonymes de démocratie, sans doute sauront-ils nous expliquer que les assassinats (terme qui suggère une préméditation) en font partie.
On sait de quoi sont capables nos forces de sécurité (de leurs seuls privilèges ?), qui ne l'oublions pas comprennent de nombreux criminels. Si l'armée se voulait crédible, elle aurait pu redorer son blason en faisant le ménage en son sein. En l'absence de cela, elle restera honnie de la population, du fait de cette complicité tacite avec les criminels.
En fait, les forces de sécurité semblent vouloir justifier leur présence (à quoi servent-ils ?), d'où la construction d'un ennemi intérieur, puisque tout le monde aura remarqué que les interdictions ne sont pas générales. Par ailleurs, il n'y a pas de situation à l'ivoirienne avec des milices, il n'y a pas de guerre civile larvée (et c'est tant mieux), sauf dans la tête des extrémistes de tous bords, d'où la possibilité de démobiliser d'une part, des emplois publics inutiles et d'autre part, de faire le ménage au sein de l'armée (les nombreux pilleurs et les meurtriers).
 
Confusion sur la sémantique
 
Restauration de l'autorité de l'État : pour les ignares, ceux qui ne voient que par le petit bout de la lorgnette, cela signifie que lorsque l'État - ou ses représentants, quels qu'ils soient - décide quelque chose, avec ou sans respect de la loi, tout le monde doit obéir sans discuter.
On se demande d'ailleurs pourquoi tous ceux qui sont d'accord avec cette façon de faire, ne travaillent pas bénévolement pour l'État.... sans discuter.
En fait, cette expression est à prendre également au sens d'impartialité. Tout le monde respectera la décision de l'État lorsqu'il se sentira protégé, lorsqu'il verra concrètement que le faible peut être sanctionné s'il commet une erreur, mais au même titre que le fort, que tel partisan politique subira le même sort que son adversaire, quelle que soit la coalition qui l'a emporté, que la coloration ethnique du condamné ou du prévenu n'altère pas le résultat de la décision. Dans ces cas de figure, et dans ces cas seulement - et cela repose sur la volonté politique -, alors l'État se fera respecter de la majorité de la population.
On sait par transposition de ce qui se fait ailleurs, que l'utilisation de la fibre ethnique sert souvent (toujours ?) à masquer les turpitudes de ceux qui n'arrivent à rien. Alpha Condé peut difficilement comme AST, se présenter comme le défenseur de l'anti-impérialisme, pour la simple et bonne raison que ses soutiens à lui, viennent de l'extérieur. Le problème est qu'on peut perdurer en resserrant les liens autour d'un adversaire virtuel extérieur (voir Gbagbo par exemple), mais jamais contre sa propre population.
 
Des législatives
 
Comment faire confiance à un Ministre de l'intérieur qui déclare que certains Guinéens ne sont pas des Guinéens, et à qui on confie illégalement d'ailleurs un nouveau recensement des Guinéens ?
Si les listes électorales sont loin de refléter la situation de l'électorat guinéen selon le gouvernement, c'est l'opposition qui devrait être en première ligne pour défendre un nouveau recensement, car jusqu'à preuve du contraire, c'est elle qui en a subi les conséquences.
On a du mal à comprendre - ou plus exactement on comprend fort bien - pourquoi le RPG, car ce n'est pas une initiative gouvernementale, voudrait modifier les règles.
En France par exemple, puisque c'est devenu la référence pour le PRG, les listes électorales sont closes l'année civile précédant l'élection, pour la simple raison, qu'on ne fête pas son anniversaire par hasard, mais qu'on peut l'anticiper. Les jeunes pré-inscrits ne perdront rien (cela ne défavorisera que les négligents), et comme tous les morts ne voteront pas, ce ne sont pas ces derniers qui perturberont le résultat des élections.
Il ressort du Code électoral (articles 17 à 19) que la révision des listes électorales ne se fait qu'au dernier trimestre de chaque année, la CENI en restant maître d'œuvre. Encore une fois, le Ministère n'est qu'un auxiliaire, essentiellement logistique, car tout ce qui concerne de près ou de loin des élections, relève de la compétence de la CENI.
Il n'y a donc pas lieu de répondre aux convocations de ce Ministère pour ce qui concerne les élections.
 
Conclusion
 
Un pays ne peut se développer que lorsque tout le monde est tourné vers ce seul objectif : négliger la moitié de la population, faire semblant de vouloir se réconcilier avec elle, mais lui tirer dessus, lorsqu'elle se rassemble, c'est indigne d'un chef d'État.
Si celle-ci se faisait encore des illusions sur la volonté du PRG d'apaiser les tensions, le meurtre de Zakariou Diallo lui a fait perdre espoir d'une possible main tendue.
A défaut d'être le plus grand diviseur, Alpha Condé l'est néanmoins, davantage par intérêt politique (voire jalousie et mesquinerie ?), que par conviction profonde. S'il ne rétablit pas les ponts avec la moitié du pays, une réalité qu'il serait stupide d'ignorer, la Guinée va encore reculer, et l'expression « Guinea is back » voulue par lui (la Guinée est de retour) sera interprétée différemment par les non anglophones (la Guinée est derrière).
Elle le sera d'autant, que la situation économique est tout aussi catastrophique, ce qu'il convient de voir prochainement.

Gandhi, citoyen guinéen
 
« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, Mai 1791)

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Commentaires (1)

1. almamy sylla 07/05/2011

Mr gandhi, il est toujours facile de caricaturer...

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