Ce que Obama a dit aux quatres Présidents africains invités à la maison blanche

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Le président Obama a promis aux dirigeants de la Guinée, de la Côte d'Ivoire, du Niger et du Bénin que les États-Unis resteraient «un partenaire inconditionnel» de ces quatre pays d'Afrique francophone qui poursuivent un processus de démocratisation et de développement.

M. Obama, qui a accueilli le 29 juillet à la Maison-Blanche MM. Boni Yayi, président du Bénin, Alpha Condé, président de la Guinée, Mahamadou Issoufou, président du Niger, et Alassane Ouattara, président de la Côte d'Ivoire, a fait l'éloge de ces quatre chefs d'État qui «peuvent servir de modèle» au progrès démocratique du continent, composante essentielle d'une Afrique stable, prospère et juste.

«Tous ces dirigeants ont été élus lors d'élections libres et justes. Ils ont fait preuve d'une persistance extraordinaire pour promouvoir la démocratie dans leur pays, et ce malgré des risques importants pour leur propre sécurité, et malgré d'immenses difficultés», a commenté M. Obama.

Les États-Unis, a-t-il dit, œuvrent en liaison avec ces chefs d'État pour les aider à bâtir des institutions solides, y compris «un appareil judiciaire efficient, une société civile robuste, un pouvoir législatif efficace et ouvert à tous et un système qui garantit la protection des droits de l'homme».

Les quatre présidents sont «absolument déterminés» à faire triompher de solides pratiques démocratiques, la prospérité économique et la sécurité dans leurs pays respectifs, a souligné l'hôte de la Maison-Blanche, qui a promis à ses invités que les États-Unis se tiendraient à leurs côtés «à toutes les étapes».

M. Bruce Wharton, sous-secrétaire d'État adjoint chargé de la diplomatie publique au Bureau des affaires africaines, a souligné qu'en invitant ces quatre présidents à Washington le gouvernement Obama mettait en relief l'importance qu'il y a «de tenir des élections crédibles, de bâtir des institutions démocratiques robustes et d'encourager le développement économique».

«Ces dirigeants ont été récemment élus ou réélus à l'issue d'un processus démocratique, dans certains cas après être venus à bout d'une longue période de conflit ou de contestation de leur autorité», a-t-il ajouté.

Un peu plus tôt dans la journée, les quatre présidents africains avaient pris la parole lors d'une rencontre organisée à Washington par le Corporate Council on Africa (CCA), association professionnelle qui a pour mission de renforcer et de faciliter les relations commerciales entre les États-Unis et l'Afrique. La veille, ils avaient participé à un groupe de discussion à l'Institut de la paix (United States Institute of Peace) sur le thème du progrès démocratique en Afrique francophone.

Lors de la réunion organisée par le CCA, les chefs d'État avaient vivement encouragé le secteur privé américain à investir dans leur pays pour aider à bâtir les infrastructures et à stimuler le développement, reconnaissant au passage que l'existence d'un système démocratique ouvert et appuyé par des institutions publiques fortes était essentielle pour attirer les investisseurs.

Le président du Niger, M. Mahamadou Issoufou, a ainsi lié l'élargissement des partenariats entre les entreprises américaines et africaines à la présence d'un climat de plus grande sécurité, y compris au plan judiciaire, et à l'établissement d'institutions fortes et capables de protéger les investisseurs.

Se faisant l'écho des propos tenus par le président Obama au Ghana en 2009, M. Issoufou a affirmé que l'Afrique avait besoin non pas d'hommes forts, mais d'institutions fortes et d'États forts. Le président nigérien a précisé qu'il faisait allusion non pas aux États militarisés, mais à ceux qui combattent la corruption, qui respectent l'État de droit et qui sont capables d'assurer la sécurité des investissements.

Le Niger, a-t-il ajouté, procède actuellement à l'établissement d'un cadre judiciaire destiné précisément à atteindre cet objectif. Conformément à la proposition de M. Issoufou, les investisseurs étrangers pourraient appuyer le développement des infrastructures nigériennes en investissant dans des entités publiques, telle la société des chemins de fer. Ils géreraient cet investissement jusqu'à ce qu'ils récupèrent leur mise, et plus encore, et c'est alors seulement que serait envisagé le transfert des recettes à l'État nigérien.

De son côté, le président de la Côte d'Ivoire, M. Alassane Ouattara, a souligné que son pays et l'Afrique de l'Ouest avaient les ressources nécessaires pour réussir, ressources humaines y comprises, mais qu'ils devaient aussi être déterminés à recréer un environnement propice aux affaires.

M. Ouattara a reconnu que le pouvoir judiciaire et le secteur de la sécurité avaient connu leur part de problèmes en Côte d'Ivoire, mais il a ajouté que les réformes en cours permettraient d'offrir aux investisseurs, des possibilités plus équitables et plus attrayantes.

Les investissements et le développement revêtent de l'importance non seulement pour la Côte d'Ivoire, mais aussi pour l'ensemble de la région, a-t-il dit, puisque les pays ne peuvent que tirer parti de la prospérité de leurs voisins.

Le président Ouattara a félicité le président Obama qui a la sagesse de reconnaître qu'on ne parvient pas à la stabilité, à la croissance et à la prospérité en soutenant des dictatures : c'est la démocratie qui mène à la prospérité, a-t-il insisté.

Pour sa part, le président de la Guinée, M. Alpha Condé, a noté que son pays s'employait à surmonter son passé troublé et il n'a pas caché l'importance de ses besoins en matière d'infrastructure et de développement (tout reste à faire, a-t-il résumé). Mais d'un autre côté, a-t-il fait remarquer, les besoins de la Guinée et sa nouvelle gouvernance offrent un grand potentiel économique.

La Guinée a fait l'expérience d'une piètre gouvernance et elle a connu des régimes militaires, a rappelé le président Condé, qui a tiré une juste fierté de la tenue récente d'élections démocratiques libres et ouvertes, une première dans le pays. Le chef d'État a toutefois reconnu qu'il n'était pas chose aisée de prendre la relève d'un régime militaire, ce qui explique que la Guinée demeure un pays très fragile.

Le président Condé a souligné la nécessité d'améliorer la distribution de l'électricité sur tout le territoire et il a appelé de ses vœux le renforcement de la coopération avec les pays voisins. Au lieu de réinventer la roue, a-t-il suggéré, mieux vaut partager les ressources et bien s'organiser.

Le président du Bénin, quant à lui, M. Boni Yayi, a déclaré que l'Afrique, au vu de son potentiel inexploité, était le continent de l'avenir, et il a exprimé son attachement à la réforme.

Le président Yayi prend son rôle de chef d'État très au sérieux et il s'est dit déterminé à accomplir de grandes réformes pour le peuple du Bénin.

Son gouvernement attache une grande importance à la paix, composante indispensable au développement, a-t-il insisté, et il s'est dit convaincu qu'une gouvernance de qualité contribuait à la sécurité.

Par Stephen Kaufman

 

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