Charte de la transition au Burkina: enfin le consensus

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Ça y est ! Cette fois-ci est la bonne. Après plusieurs jours de tiraillements, de dialogue et de  compromis, les forces armées nationales, les organisations de société civile,  les chefs religieux et coutumiers  et les partis politiques du Burkina ont réussi à s’accorder sur la charte de la transition dans la nuit du jeudi 13 novembre 2014 à Ouagadougou.

Annoncé pour 16h, c’est finalement à 18 h que la rencontre a démarré. Le modérateur de la cérémonie a, au terme des 3 heures d’âpres discussions, demandé à l’assistance de dire qui est contre ce projet de charte. Mais personne n’a levé le doigt. Qui est pour ? Là, toute la salle   lève la main. Puis on entend des gens crier le nom de l’armée dans la salle pour indiquer que les militaires n’ont pas bien levé la main. A ce moment et comme pour leur prouver le contraire, les deux représentants de l’armée lève leurs mains haut, mieux, ils se mettent débout.

Puis en chœur, toute l’assistance entonne l’hymne nationale du Burkina Faso. Puis chacun congratule son voisin. « C’est une victoire, c’est la victoire du peuple » s’écrie Marcel Tankoano du M21. « Après toutes ces souffrances des 30 et 31, je rends gloire à Dieu car je suis très heureux», signifie-t-il. Pour lui, le fait que l’armée ait accepté de faire autant de compromis est à saluer. Il dit donc espérer que le collège de désignation s’attèle à ce qu’on puisse avoir un président civil de transition dans les jours à venir.

Jour des concessions
La nouvelle charte amendée stipule donc qu’en lieu et place d’une Assemblée nationale de transition comme précédemment proposé, que soit mis en place un Conseil national de transition dirigé par un civil. Ce CNT sera composé de 30 membres de l’opposition, 25 de la société civile, 25  de l’armée et 10 de l’ancienne majorité. La transition sera  dirigée par un civil, de même que le gouvernement. « Aujourd’hui c’était le jour des concessions, on a enfin obtenu cette charte et ce qui est intéressant, c’est que tous les organes de la transition seront gérés par un civil», a laissé entendre Guy Hervé Kam, du Balai citoyen.

Il a aussi expliqué que la prochaine mission de son mouvement sera de veiller à ce que la feuille de route du gouvernement de transition soit respectée. « La position du Balai citoyen est de ne pas participer à un gouvernement de transition mais de continuer à jouer son rôle de sentinelle » a relevé Me Kam.

« C’est un moment historique, qui montre que la voie est balisée pour l’approfondissement de la démocratie », a indiqué pour sa part Me Halidou Ouédraogo. D’après lui, il s’agit maintenant de construire, de faire en sorte que les voies du développement et des droits humains soient prises définitivement en compte.

A la question de savoir s’il est partant pour diriger la transition, l’avocat répondra: « pourquoi pas ? Ces 30 dernières années, nous étions au front. Il a fallu construire, éduquer, promouvoir, inséminer, déclencher la résistance active ». Pour lui, la victoire des 30 et 31 sont donc le couronnement de cette bataille qu’ils ont entamée depuis belle lurette.

Quant à Hervé Ouattara, du Collectif anti référendum, il se dit optimiste car « tout laisse à croire que nous sommes bien partis ». Désormais, a-t-il martelé, il nous faut être soudés pour que la transition trace le chemin qui nous mènera vers des élections apaisées et vers un état de droit réel ».

Le MPP se prépare pour 2015
Le président du MPP,  après avoir lâché qu’il ne parlera à personne car étant « trop fatigué », a fini par se lâcher : « C’est un moment de fierté pour l’ensemble du peuple burkinabè », a t-il signifié. « Cela a été une occasion pour nous de montrer la maturité du peuple burkinabè » a ajouté Roch Marc Christian Kaboré.

Tout en espérant que l’Etat « puisse reprendre sa marche organisée », Roch Marc Christian Kaboré a ajouté que le MPP va s’atteler à préparer les élections couplées présidentielle et législatives. « Je souhaite que le meilleur gagne en 2015 et c’est celui que le peuple va choisir qui dirigera ce pays », a-t-il mentionné.

Est-ce que c’est lui qui sera élu président du Faso en 2015 ? M. Kaboré répondra que « c’est le peuple qui décide » et qu’ « on ne s’autoproclame pas président, laissons les choses arrivés à leur moment ».

En attendant, toute l’attention des uns et des autres sera braquée dans les jours à venir sur la recherche de l’oiseau rare qui dirigera la transition.

Inoussa Ouédraogo

Source: le fasozine

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