Christelle Colin- Son combat pour protéger les chimpanzés en Guinée

Avec 20max 202005 20 20photo 20b 20chefneux ccc

Christelle Colin a consacré sa vie à la protection des chimpanzés orphelins. Actuellement directrice du Centre de Conservation des Chimpanzés en Guinée, elle accompagne quotidiennement ces animaux pour qu'ils réapprennent à vivre dans la nature. Entre deux excursions en brousse, Christelle Colin nous a raconté sa passion des chimpanzés et son combat pour leur conservation dans un pays encore très gangréné par le braconnage. C'est la lauréate des trophées des Français de l'étranger, dans la catégorie "Environnement", parrainé par Le Monde.

lepetitjournal.com : Qu’est ce qui vous a d’abord ému dans le fait de travailler avec les chimpanzés blessés et maltraités ? 

Christelle Colin : Ce qui m’a d’abord frappé c’est de voir à quel point ils peuvent être "blessés"  justement. Émotionnellement, ils le sont de la même façon que nous. Ils ne parlent pas bien sûr, mais ils peuvent exprimer énormément par leur regard.

Existe-t-il une action politique concrète en Guinée pour lutter contre le braconnage des chimpanzés ?

Oui, le gouvernement redouble actuellement d'efforts pour combattre ce trafic illégal très lucratif mais cela reste une réalité bien présente en Guinée. Nous devons tout faire à notre échelle pour sauver nos plus proches cousins de l’extinction. 

Pouvez vous nous en dire plus sur le Centre de conservation des Chimpanzés (CCC) ? Combien de personnes composent l’équipe ? 

Le Centre est un sanctuaire qui recueille et réhabilite des chimpanzés orphelins victimes du trafic illégal, dans le but ultime de relâcher les individus aptes dans la nature.

Nous avons actuellement une équipe de 14 travailleurs au sanctuaire même, auxquels s'ajoutent 3 pisteurs sur notre site de relâcher, qui suivent quotidiennement huit chimpanzés relâchés. Nous avons une équipe "management" de 5 personnes (moi comme directrice, Matthieu Laurans comme "manager général", Elise Neveu comme "manager", Gaspard Julien comme "manager relâcher" et Stuart Beaman comme "manager chimpanzés") en outre, nous avons en général huit volontaires expatriés qui sont bénévoles.

Quels sont les moyens dont le centre dispose pour enrayer le trafic illégal ?

Le CCC ne lutte pas directement contre le trafic, nous n'avons pas le mandat pour le faire mais notre programme de sensibilisation et d'éducation environnementale a pour but d'encourager les guinéens à protéger les chimpanzés et leur environnement. Notre rôle d'accueil des chimpanzés confisqués par les autorités est aussi primordial parce que sans nous, les autorités ne pourraient pas faire appliquer la loi car elles ne pourraient placer les orphelins.

Vous avez présidé l’association « Projet Primates France » pendant 6 ans en France, quel est son rôle ?

« Projet Primates France » soutient le Centre de Conservation pour Chimpanzés dans toutes ses activités mais a aussi pour but de sensibiliser le public français aux menaces qui pèsent sur les primates et les chimpanzés en particulier. Le but est aussi de rendre le public responsable dans sa manière de vivre et de consommer car beaucoup de nos actes ont des impacts à des milliers de kilomètres de chez nous.


Pouvez-nous raconter une journée typique lorsque vous « êtes en brousse » ? Comment cela se passe ?

Nos journées sont rythmées par les chimpanzés. Nous avons plusieurs groupes donc cela fourmille un peu partout, les soigneurs et volontaires sont répartis en plusieurs équipes qui s'occupent chacune d'un groupe spécifique. La journée commence à 6h30 avec la préparation du 1er repas des chimpanzés et la distribution du petit déjeuner à 7h à trois groupes de chimpanzés (les plus âgés). A 7h30, deux autres équipes partent s'occuper de deux autres groupes (des adolescents et un groupe de juvéniles qui partent en brousse pour 4h après le petit déjeuner). Une autre équipe s'occupe du groupe des "bébés", qui eux aussi partent en forêt après leur petit déjeuner. Une volontaire s'occupe quant à elle de nos trois plus jeunes bébés et sort en forêt quand tous les autres sont partis. Durant la matinée, on doit nettoyer les différentes cages des chimpanzés, préparer le repas de midi pour les chimpanzés ainsi que pour l'équipe. A midi, les différents groupes qui étaient en brousse reviennent, puis tout le monde reçoit son repas de midi. S'ensuit une pause jusqu'a 14h45  ou tout le monde se pose et mange, avant de repartir préparer le repas de 15h des chimpanzés. Les groupes qui vont en brousse repartent en forêt pour revenir vers 18h, heure à laquelle on fait le dernier repas de tous les chimpanzés. L’après-midi est aussi rythmée par le nettoyage des cages, préparation du repas suivant et de notre repas.

Pour ma part, lorsque je suis en brousse, j'en profite pour "m'imprégner" des problèmes, discuter avec l'équipe locale et management, organiser les activités diverses, passer un peu de temps avec les chimpanzés et le staff local, travailler à préparer des projets ou faire des rapports avec l'aide de l'équipe, etc.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Je me donne plusieurs années pour faire avancer le projet, et puis après advienne que pourra! 

Source: lepetitjournal.com

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site.

Nous sommes le . Merci pour votre visite sur www.anouslaguinee.com site d'informations crédibles et d'analyses objectives

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×