Comment contraindre Condé à déguerpir de “Satantouréyah” ?

Sans titre 39

Alpha Condé, “chef de la Guinée” (il prétend n’y avoir pas trouvé d’Etat) a fini de préparer son “élection” à la Présidence de la République. Je dis bien élection et non réélection car en 2010, il n’avait pas été élu mais coopté. D’ailleurs il le sait très bien puisqu’il était éliminé dès le premier tour de la présidentielle gagnée  par Cellou Dalein Diallo.

Ce dernier a remporté la victoire dans les urnes mais, violence et fraude aidant, c’est Alpha Condé qui a emporté la Présidence pour s’installer au palais inconfortable de “ Satantouréyah”. Il s’agit bien d’inconfort de locaux hantés car par ses voyages incessants Alpha Condé a prouvé qu’il ne s’y plaît que peu.

En tant que Président, AC est le nul des nuls parmi les afro-présidents mais comme aventurier, ce génie du mal a exceptionnellement réussi: il rêvait de diriger la Guinée et ce cauchemar s’est réalisé. Depuis qu’il a pris sa fonction (pas ses fonctions car son objectif unique est atteint: être président), AC a engagé la Guinée sur la voie d’un sous-développement économique et social durable.

Normalement lorsqu’on atteint un objectif, on s’en fixe un autre. Celui d’AC est bien particulier car ce “Président” ne cherche plus à “avoir” (il a déjà ce qu’il convoitait) mais à ”être” (rester “Président” tant qu’on n’arrive pas à le dégager).

En bon afro-président, AC n’organisera pas d’élection pour la perdre. Il a d’ailleurs eu l’honnêteté - eh oui, ça peut lui arriver involontairement ! - de le dire à plusieurs reprises. Généralement en Afrique, dès qu’un Président est “élu”, sa priorité n’est pas de mettre en œuvre ses promesses de candidat mais de verrouiller d’abord son fauteuil pour qu’aucun autre ne l’occupe. Ensuite, il verra le reste, en attendant fébrilement de l’étranger l’aide au développement devenue un élément structurel du budget de l’Etat. Une honte après plusieurs décennies d’une soi-disant indépendance! Dignité, où es-tu ?

Lorsqu’un Président en exercice se porte candidat à sa propre succession mais perd son poste, c’est que ce n’est certainement pas lui qui a organisé le processus électoral mais des institutions indépendantes de son pays.

En Guinée, si on laisse AC organiser de A à Z l’élection présidentielle, comment peut-il la perdre ?

En 2010, AC avait des appuis limités mais puissants car mieux organisés, ce qui lui a valu d’être proclamé vainqueur. Aujourd’hui, en 2015, il dispose de moyens colossaux:

-financiers (avec sa “caisse unique”, il contrôle toutes les recettes de l’Etat et les financements extérieurs afin de distribuer ce qu’il veut à qui il veut);

-militaires (police, armée, gendarmerie, milice ethnique composée de “donzos”);

-médiatiques (il contrôle la RTG érigée en “ télé bidon 1000 conneries ”), etc.

De plus, la Cour Suprême est acquise totalement à sa cause et la CENI dépend entièrement de lui. Dans ces conditions, AC n’a pas encore envie de jouir du statut d’ancien président.

AC est tellement sûr de sa “victoire” qu’il a récemment déclaré : “ …mon second mandat aura 3 objectifs : les femmes, les jeunes, l’eau et l’électricité… ”. Il n’a même pas précédé ses propos prématurés par la formule respectueuse “si je suis réélu… ”. Le Profiteur AC a-t-il voulu regrouper l’eau et l’électricité dans un seul objectif ? Tant mieux pour lui et surtout pour les femmes devenues le premier objectif de son second mandat.

Dans la configuration actuelle de la ”Condécratie” où ce ne sont jamais la loi et le bilan qui parlent mais la force brutale d’un chef tribal, la prochaine élection présidentielle ne sera qu’une simple formalité pour courtiser l’extérieur. AC peut même « gagner » dès le premier tour en s’octroyant, par cynisme, 50,18% des suffrages (il lui avait été attribué 18% au premier tour en 2010), ce qui donnerait à la fraude non pas un score soviétique passé de mode mais une apparence d’élection libre et transparente.

Ce scénario cauchemardesque peut se produire mais il n’est pas inévitable.

Dans ce cas, que faut-il faire ? Ne pas aller à l’élection présidentielle tant qu’au moins 3 conditions de liberté et de transparence ne sont pas remplies :

  • la révision intégrale du fichier électoral qui est d’une fausseté scandaleuse. Quand il y trop de fautes, on ne corrige rien mais on reprend tout. Le “système Condé ” a inscrit sur liste électorale dans ce qu’il considère comme son fief non seulement tous les adultes et les immigrés maliens, ivoiriens et burkinabés mais aussi des écoliers qui n’auront pas, même le jour du vote, l’âge légal pour voter. Parallèlement,  dans les zones qu’il croit acquises à l’opposition beaucoup d’adultes en âge de voter sont systématiquement ignorés. Dans les statistiques démographiques “made in Condecrazy”, Kankan a plus d’habitants que Conakry! C’est comme si on soutenait que Bobo-Dioulasso est plus peuplée que Ouagadougou !

  • le changement d’opérateur technique pour en trouver un qui soit compétent et fiable.

  • la recomposition de la dépendante CENI qui est plus partisane que paritaire. La CENI actuelle est tellement décriée qu’en son sein même le vrai sonne faux.

Evidemment, ce n’est pas sur l’actuel chef de file de l’opposition qui se délecte de son statut qu’il faut compter. On ne sait plus vraiment s’il est opposant ou collabo. En face du Président de la République qui doit peut-être avoir un peu pitié de lui, il apparaît comme le président du repli, fataliste et inoffensif. Lui seul sait ce qu’il veut mais tous savent maintenant ce qu’il vaut. Sachant que soutenir c’est aussi investir, quel opérateur économique ou rentier cossu voudraient encore financer ce qui va certainement flancher?

Les 3 conditions énumérées n’ayant que peu de chance d’être, pour le moment, remplies (refus d’AC et mollesse de l’opposition officielle), il faut être pragmatique pour contrer Condé:

  • Que chacun s’inscrive, où qu’il se trouve et dans la mesure du possible, sur les listes électorales. Cette démarche citoyenne pourra toujours servir le moment venu. Que chacun récupère sa carte d’électeur et la garde précieusement.

  • Que les Guinéens refusent, dans leur immense majorité, la mascarade électorale qu’on leur propose, obligeant ainsi AC à s’autoproclamer élu sans adversaire crédible, ce qui va lui ôter toute légitimité même aux yeux de la Communauté Internationale qui a toujours été, surtout en Guinée, plus soucieuse de stabilité que de démocratie.

En refusant de jouer le jeu d’AC on peut le fragiliser politiquement et médiatiquement mais comme le mot dignité est exclu de son vocabulaire, il faut sans répit, le combattre par tous les moyens. Il faut l’arrêter avant qu’il ne finisse par déguerpir d’un pays qu’il a saigné et avec lequel il n’a aucune attache familiale ou affective.

 

Kylé Diallo

Responsable du site « www.guineeweb.net »

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