Ebola : la réouverture des frontières terrestres Sénégal-Guinée bientôt examinée (Reportage)

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La réouverture des frontières terrestres entre le Sénégal et la Guinée, fermées à l'initiative des Sénégalais en raison de la fièvre hémorragique à virus Ebola, sera examinée par les experts en santé et en sécurité des deux pays la semaine prochaine.

Cette indication a été donnée lundi à Dakar par la ministre sénégalaise de la Santé, Awa Marie Coll Seck, qui a annoncé que ces experts seront envoyés à la frontière pour déterminer les conditions de cette réouverture.

Le Sénégal, suite à des recommandations de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), avait récemment rouvert ses frontières maritimes et aériennes avec les pays touchés par Ebola (Guinée, Sierra Léone et Liberia).

"Nous avions pensé que la meilleure stratégie est de se retrouver au niveau des frontières pour parler des choses concrètes et réalistes", a expliqué la ministre sénégalaise.

"Nous voulons rouvrir les frontières dans de bonnes conditions et avec le maximum de sécurité pour les Sénégalais", a ajouté Mme Seck.

La fermeture des frontières terrestres avec la Guinée a entraîné une forte baisse des activités commerciales ces derniers mois, notamment dans les principaux marchés hebdomadaires dans le sud du Sénégal, frontalière avec la Guinée, ont constaté les services compétents.

Les recettes du service départemental des douanes de Vélingara (frontière avec la Guinée et la Guinée-Bissau) sont passées de 305 millions de francs CFA en 2013 à 238 millions de francs CFA en 2014, selon l'Agence de presse sénégalaise (APS, publique).

Avec la fermeture des frontières, le manque à gagner est perceptible chez des acteurs de la vie économique, a constaté un journaliste de Xinhua qui s'est rendu récemment dans cette localité.

"Nous sommes fatigués, épuisés, rien ne marche plus, tout est au ralenti depuis la fermeture des frontières. Nous prions tous les jours pour que cette maladie disparaisse définitivement pour nous permettre de reprendre correctement nos activités", a confié Adama Bâ, vendeuse de fruits au marché hebdomadaire sénégalais de Diaobé.

Cet important marché sous-régional, carrefour d'échanges, situé non loin des frontière entre le Sénégal, la Guinée et la Guinée-Bissau, accueillait tous les mercredis des centaines de commerçants et acheteurs en provenance de la sous-région, mais avec une forte présence guinéenne.

Plusieurs endroits du marché, qui d'habitude grouillaient de monde, sont quasiment désertiques. Certaines denrées dont l'huile de palme et des fruits provenant essentiellement de la Guinée, y sont devenues rares.

"Chaque jour, j'écoulais au moins sept sacs de 70 kg d'orange et aujourd'hui, pour épuiser un seul sac, c'est de la croix et la bannière. Rien ne marche, avec la fermeture des frontières", a expliqué Mme Bâ, qui a estimé qu'il faut une libre circulation des personnes et des biens pour permettre aux commerçants et autres vendeurs de la zone frontalière de "s'en sortir".

Pour leur part, de nombreux producteurs de la vallée de l'Anambé dans le département de Vélingara, l'une des plus importantes zones de production rizicole du pays, affirment que la fermeture des frontières a très sensiblement ralenti la commercialisation de cette céréale.

"C'est claire, la fermeture des frontières est dure pour nous. Nous écoulons très difficilement notre production parce que l'essentiel de nos gros clients nous venaient de la Guinée", a dit Fatoumata Sabaly, présidente d'un groupement d'intérêt économique de la région.

Selon Mme Sabaly, les principaux clients des producteurs de riz de cette vallée sont des commerçants venant de la Guinée qui ralliaient d'habitude le marché hebdomadaire de Diaobé tous les mercredis.

"Avec Ebola, nous avons des problèmes pour écouler notre riz. Nous comprenons cependant les raisons de la fermeture des frontières puisque la santé est prioritaire", a ajouté Mme Sabaly.

Dans d'autres localités stratégiques non loin de la frontière comme Manda Douane, non loin de Tambacounda (est du Sénégal), le virus Ebola a fortement perturbé les échanges commerciaux.

"Cette année, j'ai quitté Manda Douane pour repartir chez moi cultiver de l'arachide parce que ça ne marchait plus. Notre chiffre d'affaire avait complètement baissé et c'était insupportable pour un père de famille", a soutenu Moussa Diallo, un vulgarisateur.

Mais, a-t-il ajouté, la fermeture peut "aider à stopper la propagation de la maladie".

Source:Xinhua

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