Ebola : le renforcement des systèmes de santé africains, enjeu d' une réunion de haut niveau de l'UA à Malabo (Papier Général)

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Les ravages de l'épidémie de la maladie à virus à Ebola qui sévit depuis plus d'un an en Afrique de l'Ouest ont fait prendre conscience en Afrique de la nécessité de renforcer les systèmes de santé de ce continent et c'est tout l' enjeu d'une réunion de haut niveau qui s'ouvre lundi jusqu'à mardi à Malabo en Guinée équatoriale sous l'égide de l'Union africaine (UA).

La conférence internationale sur la lutte de l'Afrique contre Ebola, placée au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement parmi lesquels le Zimbabwéen Robert Mugabe, président en exercice de l' organisation panafricaine, est annoncé, rassemble les pays affectés par cette maladie et d'autres membres de l'UA avec leurs partenaires internationaux dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Ces assises prévues pour deux jours visent notamment à promouvoir la création d'une chaîne de solidarité en vue de développer au sein de ces pays des systèmes de soins performants pour remédier aux faiblesses criantes révélées par l'épidémie d' Ebola – et partant d'autres maladies à potentiel épidémique dans divers pays du continent– qui persiste en Sierra Leone, en Guinée et au Liberia.

Pour cette raison, les ministres en charge de la Santé, l'UA se sont réunis toute la journée de dimanche pour débattre des possibilités de mise en place d'un centre de prévention et de contrôle des maladies en Afrique, un projet que la Chine juge important et pour lequel elle propose son appui, mais qui ne reçoit pas encore l'adhésion totale nécessaire.

C'est le cas en Guinée où le ministre de la Santé, le médecin- colonel Rémy Lamah, a fait part à Xinhua de sa "petite réserve" au sujet de ce processus encore loin d'aboutir et qu'il juge pourtant louable. Il n'est pas question que "la mise en place de cette institution soit un frein au développement des structures nationales de contrôle des maladies dans les différents pays", a-t- il indiqué.

"Il serait intéressant d'appuyer les efforts des structures nationales. C'est en cela que les pays peuvent d'abord se prendre en charge en cas de situation de crise sanitaire et décider que les structures régionales ou sous-régionales apportent leur appui", a-t-il dit.

Avec la Sierra Leone et le Liberia, la Guinée est l'un des principaux foyers de propagation de l'épidémie d'Ebola déclarée en Afrique de l'Ouest en mars 2014. Dans son dernier bilan établi le 15 juillet, l'OMS recensait 27.642 cas et 11.262 morts dans les trois pays.

"La situation est sous contrôle,car il vous souviendra qu'au début de l'épidémie si nous avions 100 cas hebdomadaires, aujourd'hui nous avons 5 à 6 cas par semaine. Donc,ceci est vraiment un effort à saluer". Une évolution attribuée aux "efforts conjugués de la communauté internationale et de tous nos partenaires au développement", a déclaré Rémy Lamah.

"Nous demandons à la communauté internationale d'apporter tout son appui pour nous aider à renforcer notre système de santé, pour que nous soyons robustes à affronter toute autre crise sanitaire, pas seulement Ebola. N'oubliez pas qu'il y a d'autres maladies à potentiel épidémique qui peuvent surgir. Donc, il est urgent aujourd'hui de faire face à la résilience des systèmes de santé", a affirmé le ministre guinéen.

En plus des pertes humaines, cette épidémie a causé un lourd impact économique à la Guinée, pays dont l'économie repose principalement sur l'exploitation des ressources minières. Face à l'ampleur de la crise, les investisseurs annoncés dans ce secteur se sont vus obligés de mettre un coup de frein à leurs ardeurs.

"Tous les mégaprojets qui avaient été lancés par le chef de l'Etat Alpha Condé sont à l'arrêt", ainsi du projet pour lequel le groupe minier anglo-australien s'était engagé à investir près de 20 milliards de dollars pour l'exploitation du plus grand site de minerai de fer au monde encore intact, Simandou, a déploré le ministre guinéen de la Santé.

"Il y a des infrastructures routières qui devaient également voir le jour. Tous ces projets sont ralentis. Il y a le secteur agricole où la plupart des paysans n'ont pas pu faire leurs cultures. Tous ces secteurs doivent être aujourd'hui assistés afin de reprendre les activités au bénéfice des populations", mentionne en outre le ministre.

Pour les pays voisins, cette crise d'Ebola qui engendre une tragédie humanitaire sans précédent est un souci majeur. "Tant qu' il y aura notre voisin la Guinée qui va déclarer des cas, le Mali sera hautement sous surveillance", a souligné à Xinhua le Dr Lamine Diarra, conseiller technique au ministère malien de la Santé et de l'Hygiène publique.

A l'instar du Sénégal et du Nigeria, l'épidémie a été de courte durée dans ce pays, où les autorités se targuent d'avoir des agents de santé formés à la prise en charge de telles situations d' urgence. Les deux cas importés notamment de la Guinée ont entraîné entre 400 et 500 contacts humains, placés sous observation médicale pendant 21 jours.

A en croire le Dr Diarra, l'engagement politique jusqu'au plus haut de l'Etat et la participation communautaire ont été cruciaux pour remporter ce succès. "Nous avons mobilisé tout le monde. Les plus hautes autorités se sont mobilisées. Nous avons discuté avec nos amis de la Guinée. Nous avons eu des réunions transfrontalières avec le Sénégal, la Mauritanie, le Burkina, la Côte d'Ivoire (...)"

Par exemple, "nous avons vu dans les zones frontalières des bridages communautaires des jeunes qui se sont mobilisées pour faire face à cette épidémie", poursuit le responsable sanitaire qui précise que "le dispositif est là, il est renforcé pour faire face à d'éventuels cas suspects actuellement".

Cette mobilisation sociale est ce qui fait malheureusement défaut en Guinée, reconnaît le ministre de la Santé. "Nous nous sommes rendu compte que partout où les communautés s'entendent, où il y a la cohésion, l'union, il a été très facile de maîtriser l' épidémie à certains endroits. Par contre, au sein des districts où les communautés sont divisées, où il y a différentes tendances politiques [qui s'opposent], il était difficile d'atteindre la maîtrise de l'épidémie".

Avec une réflexion sur les financements au menu, la conférence de Malabo prend en considération l'enjeu d'amélioration des systèmes de soins pour permettre à l'Afrique de pouvoir mieux faire face à des situations comme l'épidémie d'Ebola qui hante les esprits et offrir à ses populations des soins de qualité et à des prix abordables.

Source:Xinhua

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