GUINEE : ET MAINTENANT...?

Que reste-t-il à faire? Eh bien! A poursuivre l'élan qu'a donné ce premier tour d'élection présidentielle ( 27 juin 2010) aux Guinéens de participer après 53 ans à une occasion de libre expression sur leur pays. Ils étaient nombreux, très nombreux à saisir cette occasion. On indique 77% des inscrits. C'est encourageant pour l'avenir. D'autres ne l'ont pas fait pour diverses raisons, mais on peut dire que la très grande majorité de nos compatriotes ont montré à eux-mêmes et au reste du monde, combien, ils tiennent,malgré les malheurs subis, à ramener leur nation, de la honteuse situation de marginale à celle de nation respectable.

A considérer le nombre des organisations ayant dépêché à Conakry des observateurs sur la régularité des opérations de votes, nos compatriotes ont dû comprendre que leur message d'espoir d'un avenir national meilleur a été entendu. Des appréciations globalement formulées par ces observateurs, ils ressort que les choses se sont mieux passées qu'on ne pouvait attendre. Certes, nous avons appris que quelques dysfonctionnements ou même des tentatives de fraudes géographiquement limitées ont été constatées mais ces cas ont dû être très limités pour ne pas avoir déclenché plus de bruits. En effet, des partis et non des moindres ont pris acte des résultats provisoires annoncés par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Les irrégularités ne devaient donc pas être de nature à entacher la validité des données statistiques publiées pour l'ensemble du territoire national. Encore qu'il faille souligner que dans un point de presse, animé, samedi 3 juillet, par Sidya Touré (UFR, arrivé,troisième avec 15,60% des voix), celui-ci conteste les résultats d'Alpha Condé (RPG) dans des centres de Haute-Guinée et signale qu'un recours serait fait devant la Cour Suprême? Quoi qu'il en soit et compte tenu de l'environnement politique tendu qui prévaut , la publication du verdict des urnes dans un relatif calme (ce qui n'est pas toujours courant en Afrique) peut être considérée comme une indication de maturité politique des Guinéens.

C'est donc le lieu de rendre hommage à l'important travail,même s'il est jugé imparfait par certains, accompli par Ben Sékou Sylla et son équipe de la CENI mais aussi au Général Sékouba Konaté dont la Présidence intérimaire a permis que cette opération d'élection présidentielle arrive au stade où nous sommes aujourd'hui.

Des 24 candidats, les deux qui se retrouveront pour le second sont connus de tous: Cellou Dalein Diallo avec 39,72% des suffrages exprimés et Alpha Condé en ayant obtenu 20,67%. A ce stade, il est délicat de faire des commentaires solides qui se font habituellement entre deux tours d'élection sur des paysages politiques aux variables connues: stratifications sociales, comportements habituels d'électeurs, modes de raisonnements sociopolitiques, différenciations objectives de ces modes en matière politique. Tous ces éléments demeurent flous sur notre champ politique guinéen encore fortement marqué par l' ethnocentrisme, par diverses autres considérations et par la divagation de rumeurs incontrôlables. Il faut d'ailleurs noter que contrairement à ce qu'on entendait du temps de Dadis, la Guinée-Forestière se sera montrée moins ethnocentrique qu'ailleurs en Guinée, Papa Koly Kourouma (RDR) a été loin de recueillir la première place en voix à Nzérékoré et on cherche où sont passées les voix ayant rallié Jean Marc Telliano (RDIG) qui entend « poursuivre l'oeuvre » de Moussa Dadis Camara. Pour le reste, savoir comment vont s'opérer rationnellement les reports des voix obtenues par les 22 candidats, à présent hors compétition , peut relever de la conjecture. Les expressions potentiel de réserves de voix, plein de voix réalisé ici ou là doivent être maniées avec prudence. Un grand nombre de partis étant de création récente , les liens unissant les leaders à leurs électeurs du premier tour ne peuvent qu'être minces et donc pas de nature à obéir, les yeux fermés, à des consignes de vote. A cela, peuvent s'ajouter quelques petites rancunes nées de frictions sans gravité ou de simples regards obliques entre militants de bases et même au sommet lors des campagnes précédentes, pour ne pas vouloir faire cause commune. Autres éléments difficiles à saisir: les jeunes électeurs non marqués politiquement (chacun le sait), qui assistent indistinctement avec ardeur à divers meetings de divers leaders. Tous ces aspects doivent conduire encore à la prudence de jugement tout fait. Pour le premier tour, en lisant et en entendant certains de nos compatriotes affirmer de façon péremptoire que « les jeux sont déjà joués », j'avais écrit: « Non les jeux ne sont pas encore joués et c'est pour cela qu'il faut que les campagnes aient lieu dans la civilité et c'est ce que les candidats doivent faire comprendre à leurs militants. » (voir l'article, Guinée:voici venu le temps des campagnes électorales, 19 mai 2010 ).Je pense de même pour le second tour et je dis aux deux candidats : Que le meilleur pour la Guinée, selon l'intime conviction des Guinéens, gagne! C'est le voeu que je formule en dehors de toutes autres considérations. C'est aux candidats de convaincre les électeurs.

C'est après ce deuxième tour d'où sortira le Président élu de tous les Guinéens qu'on pourra se livrer à des commentaires de réflexions pour autant que cela pourrait servir.

 

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