Guinée: une élection propre pour solder le passé

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On l’attendait avec impatience, et peut-être aussi avec un mélange d’espoir et d’appréhension. Cette fois, ça ya est! La Guinée entre dans une délicate et cruciale phase de fièvre politique, à la faveur de la campagne pour l’élection présidentielle, qui s’ouvre ce lundi 17 mai. Les différents candidats qui ont décidé de se jeter dans la bataille auront donc à cœur de convaincre les populations sur la pertinence de leur ticket, à faire valoir dans les urnes le 27 juin 2010. La Guinée retient son souffle, sentant bien qu’elle est à un tournant majeur de son histoire.

On ne le répétera jamais assez, le scrutin présidentiel qui se joue le 27 juin prochain en Guinée, constitue un acte refondateur de cette République africaine, dont les populations ont trop longtemps traîné le boulet de leur mal-vivre. Et l’on se rend compte combien le «Non» du 28 septembre 1958 -qui aurait dû être libérateur- s’est transformé en un long chemin de croix vers un Golgotha permanent. Au moment où l’on sonne, ici et là, le carillon du cinquantenaire de l’indépendance des pays d’Afrique d’expression française, c’est, sans doute, à une nouvelle indépendance, disons plutôt à une renaissance que la Guinée aspire. A bon droit. Ce pays a tellement souffert le martyre pour qu’enfin, le soleil se lève sur un jour nouveau, qui marque une ère toute neuve et vertueuse, qui jette les incessantes dictatures militaires et civiles aux orties.

C’est pourquoi, à mon sens, tout doit être mis en œuvre pour réussir, après 52 ans de douleurs, ce premier processus électoral véritablement libre et indépendant. D’abord, assurer une campagne sans dénigrement, sans violence, où chaque partie, chaque parti s’exprime en toute transparence sur ses forces, ses moyens d’actions et ses ambitions pour la Guinée. Une campagne au cours de laquelle force reste au verbe, afin que par le jeu normal des arguments et des contre-arguments, les populations se déterminent en toute connaissance de cause. Ensuite, parce que la campagne électorale aura été d’une correction politique et organisationnelle acceptable, les Guinéens sauront transformer l’essai dans les urnes transparentes du 27 juin prochain. Le jour J, que ces hommes et femmes d’Afrique attendent avec chaleur et impatience pour être à nouveau fiers d’être Guinéens.

Evidemment, de petits couacs sont toujours là, en embuscade, et pourraient, à tout instant, gripper la machine. Il appartient désormais à tous de mettre la volonté nécessaire pour transcender les écueils et travailler finalement à l’essentiel, à la renaissance de la Guinée, d’une Guinée guérie de ses contradictions, plus forte face à l’adversité, une guinée debout, qui regarde demain avec plus d’assurance démocratique. Il y a donc lieu de prêter main forte à ce pays pour réussir le pari de cette toute première élection libre, transparente et ouverte. D’autant qu’il faudra encore, pour reprendre le mot de Aimé Césaire, «se ceindre les reins comme un vaillant homme», dès le lendemain du scrutin, pour éviter à la Guinée de tomber dans les habituelles violences postélectorales qui rythment l’organisation des votes sur le continent.

Assurément, la Guinée, qui a pris date devant l’histoire, dans la douleur consécutive au drame du 28 septembre 2009, a besoin, plus que jamais, du concours de tous pour solder définitivement son tumultueux passé, notamment au sortir d’une élection véritablement transparente, dont les résultats ne souffrent pas de contestations.

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