LEGISLATIVES EN GUINEE CONAKRY: les élections de la discorde

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Les élections législatives font à nouveau des gorges chaudes en Guinée Conakry. Le sujet de discorde électorale est la nouvelle date de ces élections, qui a été fixée au 8 juillet prochain par le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Louncény Camara. Ce ne sera donc plus en mai comme l’avait annoncé le ministre de l’Administration du territoire, Alhassane Condé.

Comme la date de mai, celle de juillet est rejetée par les principaux partis de l’opposition qui font état d’une date unilatéralement arrêtée, si ce n’est un passage en force de la nationale des élections avec la caution du pouvoir en place. Pourtant, le président de la commission électorale, en fixant la nouvelle date, a estimé que celle-ci a pris en compte « les préoccupations essentielles de tous les acteurs politiques ».

C’est sans doute la raison pour laquelle il ne prête pas attention aux cris d’orfraie et a commencé à dérouler son chronogramme qui a débuté le 1er mars avec le fichier électoral prévu pour s’achever le 15 mars. Ensuite, suivront une révision des listes électorales du 26 mars au 10 mai, la convocation du corps électoral le 28 avril et le début de la campagne électorale un mois après. La CENI tient vraiment à ce que les législatives, initialement prévues pour fin décembre 2011, aient lieu enfin pour le grand soulagement des Guinéens et de la communauté internationale.

L’attente est devenue longue et pesante et il y a lieu maintenant que la Guinée ait une Assemblée nationale, après avoir eu un président démocratiquement élu. Malheureusement, tout le monde ne semble pas l’entendre de cette oreille au pays de Samory Touré. Alpha Condé a fêté, en décembre, le premier anniversaire de son élection à la tête de la Guinée sans qu’il y ait d’Assemblée nationale. Et si on n’y prend garde, le deuxième anniversaire risque d’être aussi marqué par cette situation qui ne fait que prolonger la transition. Il faut bien que cessent les chamailleries autour de ces élections qui sont aussi importantes que la présidentielle.

On avait cru que la page des tiraillements était tournée avec le dialogue entamé, en fin d’année, entre le pouvoir et l’opposition. Mais, à l’évidence, rien n’a été réglé dans le fond. L’opposition continue toujours à réclamer une recomposition de la CENI pour exclure certains commissaires soupçonnés d’être à la solde du pouvoir. De son côté, le pouvoir n’a pas renoncé à sa volonté de révision du fichier électoral sur la base duquel pourtant l’opposant historique a été élu dans le dernier trimestre de 2010. On est donc revenu à la case départ.

La discorde a refait surface et on se demande si le scrutin pourra se tenir dans de bonnes conditions et dans le nouveau délai fixé si, d’ici-là, rien n’est fait pour concilier à nouveau les positions, faire revenir la confiance et mettre fin aux suspicions de fraudes de part et d’autre. La classe politique guinéenne est fortement interpellée. Ses acteurs doivent s’élever au-dessus des calculs partisans et voir l’intérêt du pays qui souffre tant de leurs querelles byzantines.



Séni DABO

Source: Le Pays

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