IGNOMINIE EN GUINEE le 28 septembre 2009

 

 
Quand on a écrit que le capitaine Moussa Dadis Camara, le général Sékouba Konaté et leurs acolytes de ce qu'ils ont appelé le Conseil National pour la Démocratie et le Développement (CNDD), n'avaient pas la capacité éthique, intellectuelle et culturelle de tirer la Guinée de l'ornière où l'a plongée l'imposture de 50 années de gouvernements répressifs et arriérés, certains intellectuels de bas étage se sont mis à gloser sur ce qu'ils avaient considéré comme une référence à des niveaux de diplômes, en ne sachant même pas que ces qualificatifs n'ont pas toujours de rapport direct avec un diplôme.

Ces éternels complexés ont toujours recours à ce genre d'autoprotection pour laisser faire n'importe quoi. Il faut le répéter encore une fois que personne n'a affirmé, en tout cas, pas moi, qu'un diplôme est une garantie pour faire un bon gouvernant. Ceci dit, un diplôme obtenu dans des conditions honnêtes, peut, parfois aider le possesseur à mieux trouver des solutions à bien des problèmes de la vie qu'un autre ne se trouvant pas dans ce cas.Digressions inutiles?...Non , je ne le pense pas  car nous avons des compatriotes pour lesquels,il ne faut pas se lasser d'expliquer même ce qui peut paraître une évidence et si l'on en vient à ces considérations, c'est pour ceux qui vous poussent à y revenir sans cesse. Il faut ajouter à cette explication qu'un compatriote éminemment pétri de cultures africaines peut apporter des propositions à certaines résolutions de nos problèmes guinéens que certains diplômés ne sauraient aussi bien faire. Pour moi, ce compatriote , même n'ayant pas été à l'école (comme on dit) , est un homme de culture. Ce n'est pas le cas de Dadis et de sa bande à ce qu'on les a vu faire soutenus par certains qui s'intitulent «  intellectuels ».
Il existe , en effet, ce type d' intellectuels complexés et agressifs,qui, même lancés dans des tirades à allure ronflante de patriotisme mais sans véritable assise significative, se sont toujours précipités pour se mettre au service de dictature naissante. A force de les avoir laissés s'agiter sans réaction de la part d'autres, certains d'eux ont fini par se prendre pour des pontifes. Mais on a toujours su, au cours de l'évolution des dictatures en Guinée que leur principale motivation d'engagement dans ces systèmes était de trouver de quoi se remplir le tube digestif.
L'apparition de Dadis sur la scène politique guinéenne a refait surgir le même schéma qu'auparavant .avec le même grenouillage incessant au Camp Alpha Yaya qui a contribué à griser le maître du lieu.
Oui voici à l'oeuvre le vrai visage immonde de ce que Dadis et sa bande présentaient dès décembre 2008,comme devant être « la démocratie » et « le développement » à promouvoir dans notre pays.
En une journée , le 28 septembre, jour symbolique pour nous, Guinéens, les héritiers guinéens des sinistres tontons – macoutes haïtiens du temps des Duvalier en Haïti ( père et fils: 1957-1986),ont mitraillé à l'arme de

guerre des manifestants aux mains nues, faisant 157 morts et plus de 1200 blessés ( les chiffres peuvent varier mais quels qu'ils soient, des dizaines de morts et de blessés ne sont pas des inventions , même si l'on tentait de les minimiser ). Voilà où mènent l'inculture et l'imposture installées au pouvoir en Guiné et c'est en cela que j'ai écrit que ces hommes n'avaient aucune capacité d'aucune sorte pour gouverner rationnellement la Guinée. Pour les compatriotes Forestiers qui ont cru trouver en Dadis leur porte-drapeau, je dis qu'il peut se trouver aux quatre coins de la Guinée Forestière de meilleurs candidats que Dadis d'aujourd'hui à la magistrature suprême du pays. Quoi qu'il en soit, après l'innommable drame du 28 septembre 2009, je ne vois plus comment ce Dadis ,couvert du sang de la jeunesse guinéenne, peut-il espérer gouverner une Guinée apaisée même avec des montagnes d'armes à portée de mains et pour combien de temps?
Que ses thuriféraires méditent sur cet aspect de la nouvelle donne guinéenne et qu'ils se convainquent que les Guinéens sont sortis de la maudite période 1958-2008 et que rien ne pourra les y ramener.
Oui! Dadis et ses acolytes du CNDD se sont couverts d'ignominie comme leurs prédécesseurs qui ont gouverné la Guinée depuis 1958. Eux, nous avaient-ils affirmé, étaient venus, en ayant fait leur coup d'Etat , pour nettoyer, dans un cadre de transition rapide , la République de Guinée de la mauvaise gouvernance, de la corruption , de la mafia, des narcotrafiquants de l'Etat néant sur lequel a règné Lansana Conté, pour,ensuite, passer à des élections transparentes auxquelles ils ne participeraient pas. Mais aveuglés par le pouvoir, enivrés de mythes, Dadis, Sékouba et consorts ont choisi en 9 mois de frénésie de conserver le pouvoir par tous les moyens , y compris la liquidation physique de tous ceux qui oseraient se mettre en travers du chemin de leur quête du pouvoir absolu.Quitte à règner sur un cimetière , ils sont décidés d' aller au bout de la bestialité du fauve qui défend l'entrée de sa tanière. Et ne vous attendez pas
à voir quelques membres du CNDD et du Gouvernement, démissionner pour protester contre l'ampleur des massacres qui viennent d'être commis à Conakry.Je prie Dieu d'être démenti sur cette affirmation, mais je sais que démissionner, quoi qu'il arrive, ne fait pas partie du schéma culturel politique qu'ils connaissent.Au reste la longue déclation du CNDD et du Gouvernement publiée  sur l'horrible drame du 28 septembre est d'une telle irresponsabilité et d'une telle froideur de monstres qu'on a peine à croire que ces hommes sont aux commandes d'un pays. Extraits de cette déclaration: « Le CNDD et le Gouvernement expriment leur compassion à l'endroit des familles des victimes suite à la manifestation organisée par certains leaders politiques. », comme si ce sont ces leaders qui ont chargé des tueurs armés d' engins de guerre à balles réelles pour disperser des manifestants sans armes.Autre exemple du refus d'endosser leurs
responsabilités : « ... la plupart des innocentes victimes seraient tombées par suite de bousculades ».Tels sont des aspects de leur défense par le CNDD et le Gouvernement de Dadis et consorts et ils s'attendent, comme toujours en Guinée, que le cours des choses va se dérouler comme par le passé, c'est-à-dire comme si de rien ne s'était passé.
La Guinée a connu des moments douloureux dans son existence républicaine de 50 années. Mais on ne pouvait peut-être pas imaginer qu'en ce jour du 28 septembre 2009, des enfants, que dis-je des monstres , surgis des entrailles du peuple du 28 septembre 1958, puissent abattre de sang froid une telle masse d'autres enfants du même peuple et en une période de relative situation de paix. Le 28 septembre 1958, le colon que l'on a tant vilipendé depuis, n'avait pas recouru à l'arme contre les Guinéens par dépit de la perte de son pouvoir sur la Guinée. Il a préféré partir. Par calcul? Par humanisme? Toujours est-il que ce sont des Guinéens libérés, devenus indépendants et aux commandes du pouvoir qui ne vont pas s'embarrasser de scrupules religieux ou moraux pour mitrailler dans le tas des citoyens guinéens qu'ils ont pu soupçonner de menacer leur pouvoir. Après toutes les années de braises de 1958 à 2008, les malheureux Guinéens ont cru
encore en décembre 2008 à la naissance d'une aube nouvelle d'espoir . Il est vrai que tant qu'on vit, il y a toujours de l'espoir.
Nouvelle aube d'espoir?... Hélas que non! Des soldats nourris au nectar de l'imposture et de la dissimulation sont arrivés dans le convoi du char satanique du 23 décembre 2008. En peu de temps de mamaya, des Guinéens ont flairé le cheval de Troie qu'ils constituaient dans l'enceinte

de la Guinée.D'autres, ceux qui grenouillent aux portes de chaque nouveau pouvoir, sans aucun idéal pour l'avenir de la Guinée, cherchent et chercheront toujours à participer aux festins diaboliques des maîtres du jour.A ces félons , il faut que les Guinéens patriotes demandent ,le moment venu , de partager la forfaiture de Dadis envers le peuple guinéen. Il faudra qu'ils acceptent de partager la responsabilité des massacres du 28 septembre 2009. Des Guinéens doivent se constituer en Collectif de défense du peuple guinéen ( Forces vives de la Nation) , sous l'égide de nos hommes politiques et de nos juristes pour que les massacres du 28 septembre 2009 ne demeurent pas impunis. Dadis et sa bande de criminels doivent être poursuivis devant une juridiction internationale. Des Citoyens éclairés du Monde, des Dirigeants du Monde entier, épris de justice, de liberté et de démocratie doivent voir leur attention attirée sur la dramatique
situation de la Guinée pour ne pas permettre à la horde sauvage de Dadis de continuer son oeuvre de démolition de la Guinée. C'est en ce sens que va le projet de l'« Appel pour un droit d'ingérence en Guinée » , signé par Saïdou Nour Bokoum, écrivain. Ce projet doit devenir réalité car comme Adjidjatou Barry Baud terminait un de ses articles récents : « Trop, c'est trop ».
Je ne saurais terminer ce mot sans m'incliner devant la mémoire des victimes de la barbarie que Dadis et le CNDD ont installée en Guinée.Je m'incline également devant l'immense douleur des familles touchées mais aussi devant la consternation du peuple guinéen.
 

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