Konaté, le héros après une année ?

La réaction du General Konaté à Ouaga après les discours soporifiques et démagogiques de Blaise Campaoré et son protégé Dadis a donné un vrai intérêt à cette rencontre : Konaté s’est comporté en vrai patriote sans langue bois et flatteries en disant cru ce qu’il pensait.  Il nous a réconciliés avec la frange très restreinte d’officiers militaires conscients, surtout réalistes et qui aiment la Guinée.   Il a clairement dit que certaines personnes (NDLR : les mercenaires civils comme l’Ivoiro- ?, Idrissa Cherif et autres) font la navette entre Ouaga et Conakry pour semer la zizanie et la désinformation ; et que la démagogie doit cesser.

En termes de comportement devant le médiateur, Sékouba Konaté nous a montré qu’il ne faut pas céder au complexe d’infériorité et au langage édulcoré si on veut vraiment faire progresser les pourparlers : sa franchise tranche avec les habitudes et mentalités en Guinée.  Et la leçon (et nous en savons quelque chose) que nous tirons de ses aveux est qu’en politique, il ne faut jamais permettre à sa famille de donner des conseils, encore moins de se mêler de vos actions : sa famille lui aurait demandé de rester fidèle à Dadis.  Faut-il choisir la fidélité d’un homme contre la souffrance de son peuple et  le bien-être de sa patrie parce que certains proches voient plus le bénéfice du clan que le bonheur de tous ?  Il faut aussi avoir la force de caractère de dire non, même à ses parents, lorsque l’avenir de la nation est en jeu car à la longue nous sommes tous, sans exemption, perdants !  Un bon patriote ne doit pas être myope et épicurien en politique mais ‘’visionnaire’’ !   Est-ce que la volonté de respecter ses parents qui l’on poussé à rester passif face aux dérives de Dadis embobiné par des escrocs ?  Car nous avions remarqué qu’il avait pris ses distances après le 28 septembre 2009 même s’il était resté silencieux.  Et il faut aussi noter que le Général Konaté a donné une leçon de courage et de dignité face une personne occupant une fonction de chef d’Etat (quoiqu’il l’est aussi ‘’par intérim’’ et par force) : il est resté droit et n’a pas eu peur d’assener ses vérités qui indirectement concernent aussi  Blaise Campaoré, le fumiste.  Nos leaders syndicaux et acteurs politiques  devraient  s’en inspirer: être franc et ferme n’est pas un manque de respect ni irrévérencieux même en Afrique guinéenne !    De cette rencontre de Ouaga, le seul point inquiétant est la proposition de Blaise Campaoré d’envoyer son ‘’expert’’ militaire pour la refonte de l’Armée en Guinée : peut-on continuer à faire confiance au Burkina et avons-nous le choix dans l’immédiat de refuser ?  Le ou les prochains gouvernements auront la mission d’apprécier la sincérité de cette aide burkinabé.  Néanmoins, pour notre part, tant que les dirigeants de la Libye, du Sénégal et du Burkina seront au pouvoir, il serait souhaitable de réduire nos relations avec eux au strict minimum : la nouvelle ère de la ‘’non-impunité’’ (nous l’espérons) ne doit pas concerner seulement les fauteurs de trouble en Guinée et Guinéens seulement mais aussi les états ‘’voyous’’ vis-à-vis de la Guinée ; à défaut de représailles, nous pouvons les ignorer (ces pays ont plus besoin de nous que l’inverse !).  Que  pour une fois, notre fierté de Guinéen, souvent excessive et abusive, soit bien placée pour marquer et signifier un point !  Et nous devons aussi avouer qu’utilisant l’adage qui dit « dits-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es », nous avions mal jugé le General Konaté : il se révèle être l’exception qui confirme la règle en Guinée; c'est-à-dire modeste, non-hâbleur et surtout non démagogue.  Il a clairement fait comprendre à tout le monde à Ouaga qu’il n’approuvait pas le chemin pris par leur Dadis.   

Cela dit, la brève interview de Mr  J.M.Doré à RFI est aussi plutôt rassurante par sa sérénité et son aise pour relever le défi : pourvu qu’il ne joue pas lui aussi au Kouyaté !  Si nous nous fions aussi à l’attitude du General Konaté à Ouaga, ils peuvent former un tandem politico-militaire fort, efficace et difficile à stopper (sauf maladie) pour une transition réussie dans la paix, la tolérance et surtout dépassionnée.  Néanmoins mon enthousiasme est tempéré par Pivi, Moussa Keita, Idrissa Cherif et les autres vicieux toujours actifs.  Pour les contrer,  les Forces vives, après leur fiasco de la désignation du PM, doivent  trouver  les moyens de créer un cordons de ‘’sécurité’’(le monde à l’envers !) autour du duo Konaté-Doré pour leur permettre de travailler sans que les éléments nuisibles ne perturbent le cours du processus : par la sensibilisation, la communication et surtout leur solidarité (rédiger une charte de bonne conduite par exemple que tous les membres devront signer avec valeur de contrat avec le peuple).  Les ennemis du progrès doivent se rendre compte qu’ils ne  sont que des ‘’particules’’ et qu’ils ne peuvent arrêter l’élan du peuple pour la démocratie et la liberté.

Cela aussi dit, la saga Dadis avec les hauts et les bas a permis de révéler la nature, les ambitions et la fourberie de chacun des acteurs politiques.  Mais le point commun de la très grande majorité de mes compatriotes est leur obsession de faire partie à tout prix d’un gouvernement quel qu’il soit.  En effet, nous avons été témoin de Guinéens abandonnant leur poste de fonctionnaire international ou  dans des banques renommées ou autre organisme réputé dans le Monde pour venir s’associer à un chef d’Etat ‘’patrie-cide’’ et voyou.  Et l’alibi selon lequel que c’est une attitude patriotique de répondre à l’appel du pays pour le servir est très habile mais n’attrapera que les nigauds : on ne peut aider son pays dans la mauvaise gouvernance et l’arbitraire comme institution judiciaire !  En plus, conscient(e) que votre avis n’a aucune valeur, vous ne pourrez rien changer ou influencer le chef (surtout un ‘’diaspo’’ donc  suspect pour les enfants de la Révolution, en général).  

Pour finir, nous devons tous appuyer le nouveau processus, encourager et protéger les acteurs du changement et surtout condamner les mamayas, les rampeurs devant l’autorité et les béni- oui –oui.  Il  y a une lueur d’espoir aujourd’hui encore plus grande qu’en 2007 tant le peuple a encore souffert depuis.  Cette fois, nous devons montrer de la détermination et baliser le chemin en ne permettant aucun écart même au péril de notre vie : certains sont morts déjà pour la même cause, nous devons être prêts à les suivre si nécessaire car nous avons assez de vivre dans l’humiliation et la souffrance.  Il  y aura beaucoup d’autres palabres à suivre mais chaque chose opportunément  en son temps.

 

NB : Certains avaient qualifié d’extrême lorsque j’avais suggeré l’élimination de Dadis si son attitude criminelle  mettait la vie de millions de Guinéens en danger car la sienne n’est en rien supérieure.  Les faits semblent me donner raison : plus de Dadis, presque plus de problèmes, les choses évoluent favorablement.  Et que ce  principe s’applique à moi-même si nécessaire !  Apprenons à nous dire la vérité comme Konaté l’a inauguré.  

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