L'année 2012 n'a pas connu d'éclaircie sur le plan sociopolitique en Guinée (ANALYSE)

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L'année 2012 qui s'achève a été marquée par une crispation du climat sociopolitique en Guinée, où les désaccords autour de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), institution chargée d'organiser les élections n'ont pas permis de mettre un terme à la Transition, par la tenue des législatives. Une crise qui a contribué à détériorer en quelque sorte les rapports entre le pouvoir et l'opposition. Ce climat de tension a fortement influé ce, négativement sur la quiétude dans la capitale et dans les provinces intérieures, avec des actions de désobéissance civile organisées par l'opposition pour se faire "entendre" autour de ses revendications.

 Des revendications qui portaient essentiellement sur "la recomposition de la CENI et le départ de l'opérateur sud-africain Waymark, chargé de gérer le fichier électoral".

Ainsi, l'Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP) et le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la Transition, deux blocs alliés de l'opposition ont multiplié les manifestations de rue et autres journées "villes mortes". Ces actions dont certaines ont été marquées par des mobilisations de foule de militants, ont dégénéré parfois en affrontements entre opposants et forces de l'ordre.

En tout, l'opposition guinéenne aura engagé près d'une dizaine d'actions de désobéissance civile durant l'année écoulée. L'un des moments forts de ce bras de fer entre la mouvance présidentielle et l'opposition a été la tension qui a découlé de la manifestation "interdite" du 27 août qui avait dégénéré, faisant des blessés dans les rangs des manifestants et des gendarmes, déployés pour le maintien d'ordre.

Pour jouer à l'apaisement, le gouvernement guinéen avait autorisé et encadré cette-fois une autre marche "pacifique" organisée par l'Alliance pour la démocratie et le progrès et le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition le 20 septembre 2012.

Le dispositif sécuritaire déployé à cet effet avait fonctionné normalement, sans que des accrochages ne soient enregistrés durant la marche.

Pour éviter des "erreurs du passé", le ministère guinéen de l'Administration du Territoire et de la Décentralisation avait organisé au lendemain de cette manifestation une réunion avec les formations politiques. Une démarche qui avait pour but de "les informer des dispositions législatives régissant les manifestations en Guinée".

Durant les échanges, les participants se sont imprégnés des "conditions d'organisation des manifestations à caractère politique dans le but de respecter les règles de droit et pour permettre aux citoyens de jouir de leurs droits sans la moindre menace".

C'est suite à ces tumultes que le Conseil national de la Transition (CNT) a adopté une loi sur la recomposition de la CENI.

Le projet de loi adopté par le CNT prévoyait "la désignation, au titre de Commissaires de la CENI, dix membres de la Mouvance présidentielle, dix de l'Opposition, trois des Organisations de la Société civile et deux de l'Administration". Sans que cette initiative ne fasse retomber la tension sociopolitique.

On assiste à une rupture de dialogue entre la mouvance et l'opposition quasiment depuis qu'au sortir du cadre de dialogue politique inclusif organisé du 27 décembre 2011 au 22 février 2012 au palais du peuple de Conakry, en vue de formuler des recommandations pour "désamorcer la situation", aucune réaction n'a été observée du côté de la classe politique.

Cette commission qui comptait en son sein des représentants de toutes les parties prenantes au processus électoral sous la supervision d'un comité de sages, avait dans son rapport final invité le gouvernement à "pérenniser un cadre dialogue franc et efficace entre les acteurs politiques pour des solutions consensuelles". Aux partis politiques, il avait été demandé de "promouvoir l'esprit de dialogue et de concertation pour mettre la Guinée au dessus de tout (Gouvernement et partis politiques); et de respecter l'Autorité de l'Etat dans l'exercice de leur activité".

Le pouvoir a fini par accéder à la mesure portant sur la recomposition de la CENI. Le problème demeure désormais au niveau de l'opérateur Waymark et du vote des Guinéens de l'étranger. Deux points qui continuent encore d'être la pomme de discorde entre la mouvance présidentielle et l'opposition. Sans oublier la date du 12 mai 2013 fixée par la CENI pour le déroulement des élections législatives.

Face à une telle situation, nombreux sont les Guinéens qui caressent aujourd'hui le rêve de voir leur pays sortir enfin de ce long processus de Transition. Et c'est par des prières et des vœux qu'ils vont certainement entrer dans l'année 2013, dans l'espoir que celle-ci soit une année électorale apaisée.

Source:Xinhuanet

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