L'élection du 27 juin disqualifiée par la CNI, le Gouvernement et le CNT« Révolution ou soumission, que faut-il attendre de la cour suprême » ?

Le caractère irrégulier de l'élection présidentielle du 27 juin 2010 d'une irrégularité juridiquement  insurmontable par autre voie que son invalidation vient d'être  consacré par les institutions dites Républicaines (Gouvernement, CNT et la CENI) lors de la réunion de concertation au tour du processus électoral  tenue à la primature  le 15 juillet  2010.

La consécration du caractère antidémocratique du premier tour de la présidentielle  pour causes de fraudes électorales massives et falsification de résultats  s'est faite de manière certainement  involontaire. Ces fraudes apparemment   cautionnées par  le Général  Konaté  étant   très difficiles  à masquer, les participants à ladite réunion ne pouvaient  aborder  l'ordre du jour sans être trahis par leurs propres  incohérences qui résident dans le fait qu'ils savent tous que les résultats électoraux  ont fait l'objet de manipulations graves  alors qu'ils n'ont jamais plaidé   pour  leur  annulation. Au contraire, ils se précipitent chez  le Général  fraudeur pour aller y verser des larmes de crocodile.  

Pour vous en rendre compte, je vous invite à la lecture d'un passage (ci-dessous reproduit) du compte-rendu de la réunion en question fait par  M. Aboubacar  Sylla  ministre de la communication, porte parole du gouvernement :

« Au cours de cette réunion, le Directeur des opérations de la CENI, s'exprimant au nom de cet organe chargé de l'organisation de toutes les élections ……  Il a présenté le bilan de l'action de la CENI dans le cadre de la mission qui  lui est dévolue  non sans mettre en exergue les difficultés rencontrées ainsi que les problèmes dont la résolution conditionne encore la poursuite du processus électoral en cours.
Il a évoqué entre autres obstacles à la tenue du second tour de l'élection présidentielle, les problèmes suivants :
- Le remplacement du matériel électoral disparu dans de nombreux bureaux de vote (lampes, torches, urnes, etc…) ;
- La nécessité de formation des membres des bureaux de vote ;
- Le réaménagement de l'implantation des bureaux de vote à travers le territoire avec comme corollaire la modification par l'opérateur technique, la SAGEM, de certaines listes d'émargement……Les participants à cette réunion de concertation ont tous insisté sur les risques potentiels graves que revêt pour la paix civile et la cohésion sociale, la tenue d'un scrutin émaillé d'irrégularités et susceptible de faire l'objet de contestations fondées, de la part des candidats et de leurs partisans ».

A la lumière de ce passage du compte-rendu de ladite  réunion  regroupant les institutions dites républicaines, on ne peut éviter de se poser la question suivante : Après la reconnaissance  de  graves  irrégularités électorales  par tous les participants de cette réunion et plus particulièrement  par  M. Pathé DIENG  le directeur des opérations électorales  telles que entre autres la disparition des urnes  dans les bureaux  de vote ; pourquoi M. DIENG ne tire-t-il pas les conséquences de sa propre constatation et faire comme Maître Abas Bangoura à savoir, dénoncer  la validité des résultats du premier tour de l'élection présidentielle du 27 juin 2010  ?

Les participants ont été unanimes sur le caractère dangereux de la réitération des fraudes électorales au second tour de la présidentielle sans qu'ils ne plaident pour l'annulation du premier tour. C'est ce constat qui me conduit à soutenir que les institutions dites Républicaines se sont aussi inscrites  dans la logique ethnique des solutions socio-politiques de la Guinée. S'ils soutiennent que la réitération des fraudes au second tour  menacerait la paix sociale, c'est certainement  parce que  les deux candidats actuellement  retenus   pour le second  tour  appartiennent aux deux ethnies considérées comme majoritaires en Guinée. Pour cette raison, il faut prendre les mesures nécessaires disent-ils  pour éviter les fraudes et autres falsifications des résultats qui ont eu cours au premier tour. Il ne reste plus qu'à comprendre que si M. Sidya Touré  a été la principale victime  de ces  fraudes électorales  dans le silence complice des  institutions dites Républicaines, c'est  tout simplement parce qu'il appartient à une ethnie démographiquement minoritaire, par ce fait, moins menaçant pour la paix sociale. Aucune autre considération  ne peut valablement justifier cette injustice  concertée.

Sur quel fondement peut-on valider une telle  élection suite à laquelle un nombre considérable d'urnes continuent à être retrouvées dans les quartiers de Conakry ?      

L'occasion est donnée  à la justice de faire  sa part de Révolution.  Les partenaires sociaux  accompagnés du peuple avaient fait leur Révolution en 2007 ; suivis par des partis politiques à la date du 28 septembre 2009 toujours avec l'appui du peuple. Les avocats  avaient aussi tenu tête à M.Moussa Dadis Camara. Il ne reste plus que la Révolution des juges pour que la démocratie soit une réalité en Guinée. L'occasion  est très belle  pour  la cour  suprême de mettre fin à l'impunité qui caractérise la société guinéenne à tout les niveaux. Face à l'évidence des fraudes  non démenties  par  la CENI elle-même, deux  voies  s'offrent à la cour suprême : la révolution ou la soumission. Un auteur disait  ce qui suit : «  tant qu'un  peuple est incapable de se débarrasser de la dictature  c'est qu'il la mérite encore ».  La Guinée indépendante n'a connu que la dictature. En analysant les causes  profondes  de la longévité  de cette dictature, particulièrement  son  aspect sociologique,  on se rend compte que le peuple de Guinée est en grande partie responsable de son propre malheur.  Ce constat est fondé entre autres sur des pratiques démagogiques  qui  caractérisent les comportements  des  dirigeants  des institutions dites Républicaines, des religieux, des fonctionnaires  et de la population dans sa majorité qui se comporte en prestataire de services  polyvalent  capable du meilleur  et  du pire selon qu'elle est payée pour servir l'oppresseur  ou l'opprimé.

L'actuel  comportement  des hommes et des femmes qui défilent  devant le Général  Sékouba Konaté  rivalisant   de flagornerie  et d'indignité,  est une preuve supplémentaire au soutien de mes affirmations  selon lesquelles le peuple de Guinée est un peuple martyr  à moitié victime et à moitié responsable  de ses malheurs. 

Aujourd'hui, c'est  la cour  suprême qui détient la clé de la démocratie en Guinée. En disant le Droit, rien que le Droit au sujet des contentieux électoraux  malgré l'implication supposée du président par intérim, la fondation inébranlable de la démocratie sera implantée en Guinée pour longtemps. Par cette éventualité, la cour donnera un sens aux sacrifices de nos martyrs  qui sont tombés pour que la démocratie  brille en Guinée.

Vive la démocratie, vive l'unité nationale

 

Makanera Ibrahima Sory  Juriste

Membre de la rédaction de guinea-forum.org chargé des questions juridiques

Membre du Club DLG (demain la Guinée)

Directeur de publication du site « leguepard.net »      

 

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