L'ONU met en garde contre un risque de putsch en Guinée

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La Guinée risque de connaître un nouveau putsch militaire si le second tour de l'élection présidentielle n'a pas lieu rapidement, estime le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit. Invoquant un manque de préparation, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a reporté à la dernière minute le second tour, qui aurait dû avoir lieu dimanche dernier.

Elle n'a pas été en mesure depuis lors de fixer une nouvelle date, ce qui aggrave la menace de troubles entre groupes ethniques soutenant les deux candidats en lice.

Le second tour doit opposer l'ancien Premier ministre Celou Dalein Diallo, candidat de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), et son rival Alpha Condé, issu du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG). Diallo, arrivé en tête du premier tour, est un Peul. Condé appartient à l'ethnie des Malinké.
"La situation maintenant fait les choses deviennent assez risquées et dangereuses", a déclaré à Reuters Saïd Djinnit, qui dirige le Bureau des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest.
"Le risque de putsch militaire, si les choses tournent mal, est réel", a-t-il averti lors de cette interview, accordée mardi soir dans ses bureaux de Dakar, au Sénégal.

Il dit avoir reçu des responsables électoraux, lors des discussions qu'il vient d'avoir à Conakry, l'assurance que les préparatifs pour le second tour seraient achevés d'ici la fin du mois, et que de ce fait le second tour pourrait avoir lieu soit le 3 octobre, soit le 10 octobre.
"Dans l'idéal, il serait préférable que l'élection ait lieu avant le début de l'année scolaire", a-t-il dit. La rentrée des classes est prévue le 4 octobre. Les enseignants contribuent généralement, à titre bénévole, à l'organisation et à la tenue des élections à travers le pays.

UN PETIT BOUT DE CHEMIN

 


Les Guinéens, continue le diplomate algérien, souhaitent ardemment tirer un trait sur un demi-siècle de putschs, de troubles et de dictature.
Saluant l'engagement du chef de la junte en place, le général Sekouba Konaté, à rendre le pouvoir aux civils, il souligne que ce dernier a réussi à maintenir la discipline dans des forces armées connues pour leur instabilité.
Mais, sans donner de précisions, il relève que des éléments des forces armées pourraient tirer prétexte de troubles éventuels pour s'imposer sur le devant de la scène.

 


"Certains, dans les rangs de l'armée, cherchent des prétextes (pour intervenir)", dit-il.
Signe de l'impatience grandissante face au report du second tour, Konaté a déclaré mardi qu'il "n'acceptera pas" un nouveau report du second tour, sans toutefois dire ce qu'il ferait en pareil cas. On prête à Konaté l'envie de démissionner, ce qu'il a déjà menacé de faire.
La situation de la Guinée, proche de pays comme la Sierra Leone, le Liberia et la Côte d'Ivoire, combinée à une diversité ethnique propre à l'ensemble de la région, signifie que des troubles risqueraient de déborder sur les pays voisins.


Saïd Djinnit, qui a effectué une quarantaine de visites en Guinée en moins de trois ans, a souligné que la communauté internationale avait fortement soutenu la transition vers un régime civil en Guinée et qu'il incombait désormais à la classe politique de faire le dernier pas.
"Il existe une volonté réelle de sortir de la crise qui a duré tout au long des cinquante dernières années. Ce qu'il reste à faire encore pour parachever cette sortie de crise, c'est un tout petit bout de chemin", résume-t-il.


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