Des manifestations contre le calendrier électoral font un mort

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L'opposition avait appelé à manifester à Conakry, ainsi que dans plusieurs villes de l'intérieur du pays, ce jeudi 23 avril, pour contester le calendrier électoral. Elle exige en effet que les élections communales se tiennent avant le scrutin présidentiel prévu en octobre prochain. Mais jeudi soir, l'opposition déplore l'usage de la force par les autorités pour empêcher ce rassemblement qu'elle juge « pacifique ». Une manifestation dans la ville de Labé a fait un mort.

Selon des témoins, les commerces étaient fermés ce jeudi. Les forces de l'ordre étaient déployées dans plusieurs carrefours de la capitale. Il n'y a pas eu de rassemblement massif en un point, mais dans plusieurs communes de Conakry. Les leaders de l'opposition affirment avoir été empêchés de participer à ce rassemblement, leur domicile étant, selon eux, « sous haute surveillance par les forces de l'ordre ».

Les incidents les plus significatifs ont été constatés à Labé, où selon des témoins, un militant de 28 ans serait mort au cours d'affrontements avec les forces de l'ordre, qui auraient fait usage de leurs matraques. Une source hospitalière affirme que ce jeune homme est « décédé des suites de coups reçus de manière répétée ».

Au total, l'opposition déplore une trentaine de militants interpellés et une quinzaine de personnes blessées par balle. De son côté, le conseiller spécial à la présidence, Rachid Ndiaye, souligne que l'opposition a mené ces manifestations sans autorisation et conteste leur ampleur. « Les forces de l'ordre ont, explique-t-il, pris des mesures techniques pour prévenir contre des actes des violences. » Concernant le bilan humain, le gouvernement parle de six personnes blessées, dont des forces de sécurités. Ces dernières, assure le conseiller spécial à la présidence, « n'utilisent pas des balles contre les populations ».

Désaccord sur la date de l’élection présidentielle

L'opposition était donc dans la rue car elle conteste le calendrier électoral : elle souhaite que les élections communales se tiennent avant la présidentielle programmée pour octobre prochain. Cellou Dalein Diallo, le leader de l'Union des Forces démocratiques de Guinée (l'UFDG) est ravi de la mobilisation : « Toute la Guinée s’est mobilisée. Là où les citoyens ont pu marcher, ils ont fait une marche. Là où ils n’ont pas pu le faire en raison de la présence massive des forces de l’ordre, de la répression qui les attendait, ils ont fait de la journée une ville morte. »

Cellou Dalein Diallo rappelle néanmoins la nécessité pour le gouvernement de changer son calendrier électoral : « Nous devons travailler pour le respect des lois, pour le respect des échéances surtout quand il y a un accord politique ou un code électoral, explique. Et la Constitution qui précise les dates auxquelles ces élections doivent être organisées, il faut qu’on les respecte. Lorsque vous savez que tous les élus locaux, les mandats sont échus depuis décembre 2010. Alpha Condé a systématiquement refusé d’organiser des élections, mais en plus il a remplacé tout le monde par des hommes de son parti. Donc nous sommes dans une inégalité absolue. »

Le pouvoir rejette toute contestation

Pour le gouvernement guinéen, la marche de l'opposition est un échec : dans l'ensemble des villes et points de rassemblements où l'opposition a tenté de mobiliser ses militants, les forces de l'ordre étaient présentes pour sécuriser les lieux. Quant aux requêtes de l'opposition, Rachid Ndiaye, le conseiller spécial du président Alpha Condé estime que le calendrier électoral ne changera pas, dans la mesure où il est fixé par un organisme indépendant : « Pour le calendrier électoral, je ne sais pas sur quelle base peut se faire la contestation, parce que d’abord, premièrement, le calendrier électoral n’est pas fixé par le gouvernement, mais par une Commission nationale indépendante (Céni), composée sur la base paritaire. Dans cette commission, il y a à la fois dix membres de l’opposition et dix membres de la majorité politique. »

Et de rajouter : « En même temps, la contestation porte sur la tenue de l’élection présidentielle à partir du programme indiqué par la Céni. L’organisation de l’élection présidentielle relève de la Constitution donc on ne peut pas à la fois dire que l’on participe à des institutions et qu’en même temps on ne reconnaît pas leur légitimité. » De son côté, le président guinéen, Alpha Condé a cette semaine rejeté tout changement de date de la présidentielle. L'opposition entend se mobiliser de nouveau et lancer des recours auprès de la Cédéao.

Source: RFI

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