La campagne électorale entre dans sa phase finale

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La présidentielle est prévue ce 27 juin, la campagne électorale est entrée dans sa phase finale. 24 candidats sont en lice et ils ont quelques jours encore pour convaincre. « Les partis politiques en Guinée sont conçus sur la base ethnique. Et cela est extrêmement dangereux. Certains électeurs s’intéressent davantage à l’ethnie à laquelle appartient le candidat plus qu’à son projet de société», a précisé Ansoumane Toumany Camara.

La Guinée se prépare à organiser ses premières élections libres et démocratiques depuis son indépendance en 1958. Le pays tourne une page sombre de son histoire : plus de 50 ans de dictature militaire et de régimes de terreur.

La présidentielle est prévue ce 27 juin, la campagne électorale est entrée dans sa phase finale. La junte militaire, à sa tête le général Sekouba Konaté, chargée d’assurer la transition ne sera pas dans la course. Le jeu est ainsi ouvert aux leaders de l’opposition.

24 candidats sont en lice et ils ont quelques jours encore pour convaincre. La commission électorale nationale indépendante a commencé à distribuer les cartes d’électeurs. Ces derniers utiliseront pour la première fois de l’histoire du pays, le bulletin unique pour choisir leur candidat.

La CENI a annoncé que 6261 bureaux de vote seront ouverts le 27 juin pour permettre aux 4 millions d’électeurs de faire leur choix.

Sur le terrain, sur un plan logistique, tout semble bien se passer, mais des tensions entre certains candidats ont été soulignées, notamment entre Alpha Condé et Celou Dalein Diallo.

« C’est une élection de toutes les surprises. Déjà au début de la campagne, certains candidats avaient accusé Alpha Condé d’être soutenu par la France. Le démenti de Paris n’a pas tardé. Quant au général Sékouba Konaté qui assure l’intérim, il avait déclaré qu’il ne soutenait aucun candidat » selon notre correspondant TV Ansoumane Toumany Camara à Conakry.

Des experts craignent que le choix des électeurs ne se fasse sur une base ethnocentriste. En Guinée, certains candidats ont leur propre fief électoral: le Nord peulh pour Cellou Dalein Diallo, ancien premier ministre et chef de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). L’Est mandingue ou Malinké pour Alpha Condé, l’opposant historique et leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) et l’Ouest Atlantique, Soussou, pour Sidya Touré, le leader de l’Union des forces républicaines (UFR). Ils sont considérés comme les poids lourds de ce scrutin.

En mai, le Groupe de contact international sur la Guinée notamment avait mis en garde contre les risques de dérapage ethnique. A quelques jours de ce scrutin historiques, ce facteur semble palpable : « Les partis politiques en Guinée sont conçus sur la base ethnique. Et cela est extrêmement dangereux. Certains électeurs s’intéressent davantage à l’ethnie à laquelle appartient le candidat plus qu’à son projet de société», a précisé Ansoumane Toumany Camara.

Même si les risques de tensions planent toujours, les Guinéens surtout et la communauté internationale souhaitent que ce vote soit le premier libre et démocratique de la Guinée.

 

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