La Céni a un nouveau président

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Le Malien, Siaka Toumani Sangaré est le nouveau président de la Commission électorale en Guinée. Il a été nommé le 19 octobre 2010  et ce à 5 jours du second tour de la présidentielle par le chef intérimaire de la transition Sékouba Konaté, il remplace Louceny Camara que le candidat à la présidentielle Célou Dallein Diallo accuse de partialité au profit de son rival Alpha Condé. La nomination d'un étranger à la tête d'une commission nationale électorale est un fait exceptionnel qui survient après une journée mouvementée marquée par des violences à Conakry entre partisans des deux camps qui ont fait 29 blessés.

Siaka Toumani Sangaré est Malien. Il est délégué général aux élections dans son pays et il est en Guinée depuis  dix mois en tant qu’expert électoral de l’Organisation internationale de la Francophonie. Le général Sangaré a par le passé travaillé pour la Cédéao et l’Union africaine, notamment au Togo.

De bonnes sources, il a demandé à avoir la confiance des deux candidats Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, avant d’accepter cette mission, mais il fait face à un calendrier serré. Siaka Toumani Sangaré doit rencontrer dès ce mercredi 20 octobre, le président de la transition le général Sékouba Konaté.

Le décret lu mardi soir à la télévision explique que le général Sangaré aura à ses côtés à la tête de la commission électorale l’actuel président contesté de la Céni, Lounceny Camara, qui prend la place de vice-président, de même que Hadja Aminata Mané Camara, l’ancienne présidente par intérim.

Ces nominations, qui visent à débloquer l’organisation du second tour de la présidentielle, interviennent alors que justement des heurts ont eu lieu ce mardi entre sympathisants de l’UFDG en colère et forces de l’ordre.

Quatre jours pour que tout soit prêt

C’est une véritable course contre la montre qui s’engage pour le général Siaka Toumani Sangaré. Selon Abdourahmane Touré Telil, le chef du département logistique de la Céni, l’essentiel des matériels a déjà été acheminé sur le terrain mais il reste des tâches essentielles à accomplir comme décaisser l’argent nécessaire au déroulement des opérations de vote ou encore envoyer les huit coordinateurs régionaux de la Céni sur le terrain afin d’acheminer l’argent, les procès verbaux et les bulletins manquants.

Il faut agir vite selon un responsable si l’on veut pouvoir tenir la date du second tour le 24 octobre soit près de quatre mois après le premier tour du 27 juin. Cellou Dalein Diallo était alors arrivé en tête avec 43% des voix contre 18% à Alpha Condé

Des violences inquiétantes

Ces nominations, qui visent à débloquer l’organisation du second tour de la présidentielle, interviennent alors que justement des heurts ont eu lieu ce mardi entre sympathisants de l’UFDG en colère et forces de l’ordre. C’est en banlieue de Conakry que l’appel à « paralyser le pays » lancé lundi par l’UFDG avait été le plus suivi.
 
En traversant la commune de Dixinn, dans la journée, on pouvait voir de nombreux magasins fermés, leurs portes de métal cadenassées par les propriétaires. Une activité très ralentie également au marché de Madina où beaucoup de portes étaient fermées… même si les vendeurs à l’étalage, eux, étaient bien présents.
 
A Hamdallaye, les traces de cendres sur la route du Prince, la fumée noire d’un pneu en train de brûler et deux boutiques encore en flammes témoignaient à la mi-journée des échauffourées de mardi matin.
 
Les jeunes étaient encore là aux intersections du quartier, en milieu d’après-midi. En colère, prêts à lancer des pierres, prêts également à se disperser au moindre signe de descente des forces de l’ordre.
Entre deux revendications politiques sur la nécessité d’un président neutre pour la Céni, ils montrent une douille de balle pour l’un. Une blessure à la jambe pour l’autre et se plaignent de l’utilisation de balles réelles par les hommes en uniforme. Un habitant raconte que les forces de l’ordre sont entrées dans sa concession, ont volé des téléphones et renversé le plat de riz. Un autre dit qu’elles ont saccagé une voiture.
 
Selon des sources médicales, au moins 29 personnes ont été blessées par balles aujourd’hui, parmi elles 13 adolescents. Moins d’une dizaine étaient toujours en observation ce mardi soir. 
 
L’ONDH, l’observatoire national des droits de l’Homme, affirme de son côté que les forces de l’ordre ont commis au moins deux viols à Kosa et à Wanindara.

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