Le coup d'état, moyen légalisé?

 

A lire que Laurent Gbagbo et Blaise Campaoré dans un communiqué se souciaient de l'état de santé de Dadis Camara, je me suis demandé si désormais le coup d'état était devenu un moyen légalisé d'accéder au pouvoir en Afrique?

En effet, autant que je m'en souvienne, je n'ai ni entendu ni lu aucun communiqué des Ivoiriens ni des Burkinabés et très peu d' États africains, d'ailleurs, exprimer leur désapprobation, inquiétudes ou horreur lors des massacres du 28 septembre 2009 à Conakry. Seule les organisations africaines se sont exprimées en tant que telles, ce qui n'engage pas forcement les États membres. Pour être cohérents, la côte d'Ivoire et le Burkina Faso auraient donc dû laisser ces mêmes organisations s'exprimer en leur nom alors et aussi! Tuer plusieurs dizaines de civils suscite moins d'intérêt et d'effroi que l'agression d'un preneur d'otages par sa propre milice? L' Afrique est vraiment malade! Que Blaise Campaoré s'inquiète de l'avenir de Dadis, c'est compréhensible car cela ne l'arrangerait peut-être pas qu'il disparaisse. Mais que Laurent Gbagbo qui a été lui-même victime de coup d'État se laisse entrainer dans cette hypocrisie est choquant. Dadis serait donc devenu un des leurs: un Président? Car, jusqu'à preuve du contraire, Dadis Camara n'est pas un Chef d'État légitime et reconnu! Il s'est autoproclamé sur la base des armes et non du peuple auquel il s'est imposé et qu'il, d'ailleurs, terrorise ! Donc en vertu de quoi, ils expriment une inquiétude, si ce n'est une tentative vicieuse de faire reconnaître un coup illégal de prise du pouvoir par la force? Garder leur silence, en tant qu'État, comme ils ont fait jusqu'à présent concernant la Guinée est la meilleure attitude pour éviter d'envoyer des messages équivoques et ''confusionnistes''. Qu'ils s'inquiètent des risques d'affrontements et règlements de comptes au sein de ''l'Armée'' serait acceptable et compréhensible. Ils pensent que la majorité des Guinéens vont le regretter? J'en doute! Au contraire!

Cela nous amène à évoquer certains Africains se plaignant que le TPI n'inculpe que des leaders de l'Afrique. Pour notre part, il n'y a rien d'étonnant ou de biaisé, dans la mesure où c'est sur notre continent que nous retrouvons le plus de dictateurs au kilomètre carré et les pires barbaries aussi: Liberia, Sierra Leone, Cote d'Ivoire, RDC, maintenant la Guinée, etc. Et ces dictatures peuvent être classées en plusieurs catégories: des despotes éclairés aux plus barbares. Il faut donc arrêter de jouer aux victimes d'une hypothétique conspiration alors que les faits et notre expérience de tous les jours prouvent que ces accusations sont fondées. Au lieu de nous plaindre et perpétuellement rendre les autres responsables de nos malheurs, il est largement grand temps que les acteurs de la Société civile africaine se concertent pour agir ensemble pour imposer la démocratie sur le continent, au lieu de surestimer leur pouvoir et agir individuellement par pays ; alors que nous avons les mêmes problèmes. Notre salut est dans une action globale, tous ensemble, pour régler nos problèmes individuels au niveau national.

Pour finir, il faut dire que bien que certains estiment condamnable, l'action de Toumba Diakité qui est un proche de Dadis a peut-être, involontairement, éviter le pire à la Guinée si les Forces Vives saisissent cette opportunité pour imposer leurs solutions. Car il est indéniable que Dadis était déterminé et prêt à en découdre avec les Forces Vives; surtout que ces civils n'ont pas d'armes face à sa milice. Et il faut aussi avouer que comparé à beaucoup, sinon la majorité des militaires guinéens, Toumba Diakité a fait montre de cran: combien de hauts officiers (Généraux compris) de ''l'Armée'' guinéenne ont été humiliés, bafoués en public et certains torturés, depuis le 23 décembre 2008 sans qu'aucun d'entre-eux n'ait eu le courage de mettre son honneur (d'homme et d'officier) et sa dignité en avant, au péril de sa propre vie? Il faut rendre à César ce qui appartient à César, nonobstant les considérations morales et de décence surtout après les massacres du 28 septembre 2009 sous le ''magistère'' de Dadis. Dadis Camara a été victime d'un effet boomerang qu'il a lui-même initié: what goes around, comes around, disent les Américains! (équivalent de: on récolte ce qu'on a semé).

Le processus entamé à Ouaga doit continué et surtout être accéléré car nous ne savons pas ce qui a commencé avec l'attaque de Dadis va entrainer le Pays. Rien ne prouve, non plus, que Konaté est plus raisonnable, même s'il semble plus posé et moins excité , surtout considérant la nature démoniaque de certains de ceux qui auraient de l'influence sur lui.

La lutte continue!

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Commentaires (1)

1. diallo 07/12/2009

tout d'abord je te felicite,permetté moi titoyer,je suis entierment d'accord avec toi toute en soulignent qu'on ne tous responsable de ce qui ce passe en guinee ou en afrique en generale d'une maniere a une autre.je souligne aussi de blaise compaorè ce ne pas de sa faute,ce la faute a l'union africaine,car blaise lui meme c'est un assasin,j'esper qu aucun fils de l'afrique n'oubliera monsieur thomas sankara.je vous laisse deviné son assasin

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