Le Général Nouhou Thiam se prendrait-il pour Noé ?

 

Depuis qu’au sein de notre caste politique certains notables locaux ont pris la fâcheuse habitude de conférer à tout nouveau chef un titre biblique, chaque détenteur d’armes se croit guidé par une main divine. Un ancien politicard, en quête permanente de fonio, avait qualifié notre bourreau de Moïse ! Pas étonnant que par analogie un Nouhou se voit déjà en Noé.

Aucun déluge ne menace la pluvieuse Guinée mais notre chef d’état-major général de l’armée se sent pousser des ailes au point de rêver à la construction d’une arche. Pour sauver ses propres os ?

Pourquoi menace-t-il de « cueillir » des responsables politiques, déjà naufragés du 1er tour de la présidentielle ? Monter en grade n’est pas suffisant pour devenir intelligent. La vocation de l’armée est de défendre le pays contre toute attaque venant de l’extérieur et non de menacer les citoyens. Quand est-ce que nos soldats comprendront-ils que la sécurité intérieure n’est pas de leur ressort, même si, exceptionnellement, ils peuvent être appelés en renfort ? L’armée a toujours été le principal distributeur de violence en Guinée. Il est plus que temps qu’elle ferme ses robinets de distribution et qu’elle se cantonne dans ses casernes.

Il faut que l’armée comprenne une fois pour toutes que les temps ont changé et que le kaki n’a plus la cote ! Dans un Etat de droit, c’est toujours le militaire qui obéit au civil. Le boubou commande l’uniforme, le casque obéit au bonnet, les bottes reculent devant les babouches, etc.

Au tableau d’arrivée de la première des 2 étapes de la présidentielle, Sidya Touré s’est retrouvé en 3ème position. Dans cette course folle y a-t-il eu dopage, faux départ ou chrono défectueux ? On le saura peut-être un jour. Toujours est-il que M. Touré a déposé un recours auprès de la Cour Suprême. C’est son droit le plus absolu. Ce qui est gênant dans son affaire, c’est le forcing qu’il veut imposer à cette Cour par manifestantes interposées, gaillardement coiffées de foulards rouges rappelant le sang. Pour sa protection juridique a-t-il besoin de bouclier humain ? Quand on réclame ses droits, on écoute ce que dit le droit. Qu’il attende donc la décision de justice !

En revanche, le militariste Thiam n’a pas à menacer le leader civil Sidya car il pourrait transformer un mauvais perdant en perdant mauvais. Un mauvais perdant est celui qui refuse le verdict qui lui est défavorable. Il ronchonne mais son amertume finit par s’estomper. Pus dangereux est le perdant mauvais car il cherche à guérir de son mal en le refilant aux autres.

Je crois que Sidya n’a pas démérité ! C’est un homme capable et expérimenté dont la nation a besoin. De plus, il n’est pas trop usé. Mais pour être respecté, il doit se montrer respectable par un comportement non moins responsable.

Pour la prise de responsabilité je voudrais saluer la maturité politique de certains candidats, recalés mais pas pour autant malheureux, dont les déclarations montrent que s’ils ont perdu une élection, ils ne sont pas perdus pour la nation : Abe Sylla et Lonceny Fall. En effet, l’élection actuelle n’est pas la dernière dans notre parcours démocratique. On peut aussi servir sa patrie ailleurs qu’à partir du monoplace quinquennal que constitue le fauteuil présidentiel. La Guinée a faim : elle a plus besoin de patates et de manioc que de politiciens !

Ce qui est encore plus regrettable, c’est la posture de certains partisans de Sidya, plus « sidystes » que leur chef. Ils ont tellement voulu le faire passer pour un « extra ethnique » qu’ils l’ont déraciné et extradé vers un autre monde. Une absurdité ! Sans racine peut-on être stable ? Autre absurdité teintée d’ignominie : pour donner des gages de fidélité (l’indéfectible attachement au « sidysme ») on a vu un courtisan cibler sa propre communauté pour mieux en cribler ses membres d’injures ! J’attends de voir son gain dans cette hasardeuse aventure à l’allure de gag hideux.

Pour l’instant les qualifiés pour la présidentielle restent Diallo et Condé. Je prie DIEU pour qu’arrive à la tête du pays le meilleur des deux. Je souhaite que le futur président soit guidé par la sagesse et constitue un gouvernement représentatif du pays et surtout bénéfique pour tous.

Pour ce faire il ne doit pas tomber dans le piège récurrent des pays qui entrent en démocratie pluraliste. Pour préserver et consolider notre nation, le nouveau président ne doit pas former un gouvernement d’union nationale mais un gouvernement d’unité nationale. Avec une multitude de partis politiques, un gouvernement d’union suppose des tractations et des combines entre les partis pour trouver des compromis porteurs de compromissions. En revanche, un gouvernement d’unité nationale mise sur la cohésion du pays obtenue par la volonté générale de l’ensemble des citoyens. Seul un gouvernement d’ouverture peut permettre à la Guinée de prendre le bon départ.

C’est maintenant qu’il faut inculquer à chacun l’esprit de la loi. Que chacun s’occupe de ce qui relève de sa compétence. Pour le Général Nohou Thiam, sa mission n’est pas la « cueillette » de qui que ce soit. La Guinée, pour sa sécurité intérieure, n’a besoin ni d’arche de Noé ni des armes de Nouhou !

 

Je vous salue

Ibrahima Kylé DIALLO

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