Le quota de représentativité à la CENI divise la société civile et la classe politique

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Depuis l'adoption officielle de la nouvelle loi sur l'organisation et le fonctionnement de la nouvelle Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui est en charge de l'organisation de toutes les élections politiques en Guinée, la société civile et la classe politique guinéenne sont plus que jamais divisées sur le quota de représentativité des uns et des autres.

Cette loi organique adoptée le 18 septembre par le Conseil national de Transition (CNT, organe législatif de la transition) a fixé au nombre de 25 les commissaires de la CENI pouvant constituer le bureau exécutif de l'organe électoral qui seront aidés par les démembrements à l'intérieur du pays et dans les missions diplomatiques et consulaires à l'étranger.

Toutefois, selon l'esprit de cette nouvelle loi organique, dix places ont été accordées à l'opposition guinéenne, et dix places à la mouvance présidentielle regroupée autours du parti au pouvoir (RPG-arc-en-ciel). Trois places ont étés accordées aux organisations de la société civile guinéenne et deux pour l'administration publique guinéenne.

Pour la désignation des dix membres de l'opposition, rien ne semble être facile, car les leaders de cette opposition se lancent actuellement dans un véritable tiraillement et des coups de gueule à travers medias.

Les membres du collectif et de l'ADP, deux blocs principaux de l'opposition, ont clairement annoncé que, selon les dispositions juridiques sur les partis politiques, les formations politiques du centre ne sont pas considérées comme de l'opposition, car cette position n'étant pas définie par les lois du pays.

Le porte-parole de l'opposition radicale Aboubacar Sylla a annoncé que les dix places de l'opposition revient de facto aux membres du collectif et de l'ADP, qui se sont battus avec tous les risques afin d'obtenir une recomposition paritaire de la CENI et le départ de son président Lounsény Camara.

Les leaders du Front uni pour la démocratie et le progrès (FDP) ont fustigé les "propos d'exclusion" de l'opposition radicale et ont estimé que le collectif et l'ADP n'ont pas le monopole de l'opposition en Guinée.

Selon le coordinateur du FDP Mamadou Bah Baadiko, "le statut de l'opposant ne se décrète" pas en Guinée, mais il s'acquière à travers les textes de lois et les textes juridiques qui règlementent la vie politique guinéenne.

Lors d'une sortie médiatique, M. Bah a déclaré que son alliance appelle tous les acteurs guinéens de l'opposition pour renouer avec le dialogue et le consensus afin de pouvoir designer leurs répondants au sein de la nouvelle CENI et y jouer le jeu démocratique dans l'intérêt des électeurs guinéens.

Le coordinateur du bloc de l'opposition constructive (BOC) Ibrahima Sory Diallo a pour sa part, revendiqué un certains nombres de places à la CENI pour son bloc, et déclare être de l'opposition guinéenne au même titre que les leaders du collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition.

Pour M. Diallo, aucune formation politique ne doit exclure une autre dans la composition de la nouvelle CENI qui, au nom de la loi organique, doit avoir une composition paritaire entre toute l'opposition et la mouvance présidentielle.

"Je pense que les leaders de l'opposition doivent être assez mûrs pour trouver le juste milieu dans le partage égal des dix places entre tous les partis à vocation d'opposition dans le pays", a dit Ibrahima Diallo.

Le club des Républicains, appartenant aussi à l'opposition avec une tendance plutôt centriste, réclamait également des places à la CENI.

Au niveau du mouvement social guinéen, la désignation d'un représentant par sept centrales syndicales guinéennes a été contestée par un certain nombres de syndicalistes, qui scandent une désignation non consensuel de celui qui doit porter la voix des syndiqués dans la nouvelle CENI.

Du coté de la société civile guinéenne, des divergences ont été signalisées dans le mode de sélection du représentant de cette société civile au sein de la nouvelle CENI.

Le conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSCG), l'une des premières structures de la société civile du pays, se donne le droit de désigner un représentant parmi les trois candidats déclarés en son sein.

Toutefois, cette façon de procéder a été contestée par d'autres structures de la société civile, qui seront en phase de procéder à des désignations internes.

Mamady Keita, coordinateur de la Confédération nationale des organisations de la société civile (CONASOC) a déclaré que les autres membres de la société doivent se retrouver à l'interne pour définir les critères de choix des personnes qui doivent répondre au nom de la société civile guinéenne, afin d'éviter des frustrations et des cas d'exclusion.

A l'allure actuelle de la situation politique du pays, la composition d'une nouvelle CENI, avec les représentants de toutes les composantes de la société guinéenne, pourrait devenir une tâche assez ardue et une réelle problématique politique.

Source:Xinhuanet

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