Législatives en Guinée: Condé tiendra-t-il parole ?

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Le premier président démocratiquement élu de la République de Guinée a du mal à embrayer sur les élections législatives qui devaient parachever le processus de transition. Vu l’ambiance insurrectionnelle dans laquelle s’est déroulée l’élection de Alpha Condé, l’on savait que les législatives n’allaitent pas être moins tendues, chaque camp voulant s’assurer que le processus électoral n’est pas vicié, c’est-à-dire en sa faveur.

A ce petit jeu, la Guinée n’a toujours pas une Assemblée nationale élue, près de deux ans après la présidentielle. Les législatives, conformément à l’accord de Ouagadougou, devaient avoir lieu au plus tard en juin 2011. Opposition et pouvoir ont passé tout ce temps à s’entredéchirer sur les conditions, notamment autour de sa transparence et de son équité.

L’opposition n’a pas confiance à la CENI dont il a, à force d’obstruction, obtenu la démission du président. Quelques jours après cette démission du président, tout laisse croire que le processus électoral va enfin repartir. Comme si c’était la personnalité du président de la CENI qui posait problème. Le pouvoir a voulu donner ainsi des gages qu’il est disposé au dialogue, à travers cette démission du président.

Reste à l’opposition qui y voit une certaine victoire, de profiter de la brèche afin de dégager un consensus sur l’organisation de ces élections qui, il est vrai, n’ont que trop tardé. Le chef de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, reste sur son exigence de transparence et d’équité, sûr de l’emporter si ces conditions étaient réunies C’est dans ces conditions que le président Alpha Condé a annoncé la tenue des élections avant la fin de l’année.

C’est-à-dire dans moins de trois mois. Est-ce vraiment possible ? L’avenir le dira. Le compte à rebours est lancé et on espère que le président ne s’est pas permis un simple effet d’annonce pour amadouer l’opinion publique internationale. La question du fichier électoral n’est pas encore définitivement tranchée à un moment où les partenaires économiques et financiers du pays sont en conclave à Conakry. Et on sait que la transparence du scrutin repose, entre autres, sur la confection et la gestion de ce dernier fichier. Condé, en se précipitant ainsi, montre peut-être des signes d’agacement. Il a envie d’en finir avec ce scrutin qui paralyse le pays et l’empêche lui aussi de gouverner en paix. L’image du pays en souffre et institutionnellement, la Guinée est unijambiste. Si l’exécutif est légitime, l’Assemblée nationale se fait encore désirée. Rendez-vous d’ici la fin de l’année pour savoir si Alpha Condé va tenir parole, lui qui s’est librement mis la pression alors que c’était à la CENI de proposer les dates à l’appréciation de son gouvernement.

Abdoulaye TAO

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Source: Le Pays

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