Législatives en Guinée : ça patauge toujours

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La classe politique guinéenne dans son entièreté est unanime : le dialogue politique amorcé depuis déjà une bonne année est dans l’impasse. Certes, depuis plusieurs mois déjà, le dialogue entre la Mouvance présidentielle et l’opposition guinéenne, qui se poursuivait au Palais du peuple, a pris fin le mardi 22 février dernier. Mais il faut se rendre à l’évidence que ce prétendu dialogue n’a été qu’une foire d’empoigne entre tenants du pouvoir et opposition, chacun tirant la couverture à soi, mettant ainsi monseigneur Albert David Gomez, le facilitateur de ce dialogue, dans une situation peu confortable.

Et le nœud gordien n’est autre que la Commission électorale indépendante (CENI), en ce qui concerne sa restructuration et surtout sa composition. Pour les uns, pour ne pas dire les partisans du président Alpha Condé, la CENI est indépendante, et il faut la laisser travailler en toute quiétude. Pour l’opposition par contre, cette Commission s’est totalement discréditée avant, pendant et après le premier tour de la présidentielle et, par conséquent, elle doit débarrasser le plancher.

A entendre Cellou Dalein Diallo et ses amis de l’opposition, il ne faut pas prendre les mêmes commissaires, qui ont toujours œuvré dans l’opacité, pour organiser ces législatives. Pour lui, qui a vu des vertes et des pas mûres lors de la présidentielle 2010, il faut du sang neuf, car il ne veut plus se voir voler sa victoire ; une défaite qu’il peine à digérer plus 14 mois après.

C’est une évidence que depuis la proclamation officielle des résultats de la présidentielle et l’investiture du professeur Alpha Condé, le 21 décembre 2011, l’espace politique guinéen s’est trouvé quelque peu pollué par une confrontation, disons une guéguerre entre Cellou Dalein Diallo, qui incarne mieux que quiconque l’opposition, et Alpha Condé, qui ne semble pas tout à fait avoir adopté une stature d’homme d’Etat. C’est vrai que le long bail d’Alpha dans l’opposition laisse des stigmates. Et c’est la mésentente cordiale entre ces deux hommes qui semble plomber le processus électoral.

Après tant de mois de tergiversations autour de cette Commission électorale, le ministre Alhassane Condé, qui ne fait pas particulièrement preuve de finesse diplomatique lorsqu’il interpelle l’opposition, semble avoir fixé d’autorité la date des prochaines législatives : « ce sera en mai prochain, et on ne force personne à y participer ».

Vu ce que représente l’opposition guinéenne, qui est loin d’être une opposition croupion sur l’échiquier politique, il ne fait pas de doute que les propos de ce ministre, qui relèvent du dérapage verbal, sont désobligeants et pourraient être de nature à braquer ceux d’en face. Peut-être bien que les choses iraient mieux si au sein du landernau politique guinéen, on prenait la peine de choisir les mots justes pour discuter entre personnes civilisées. La résolution de l’équation que pose la CENI passe sans doute par là.

Par Boureima Diallo — L’Observateur Paalga

Source: Afriscoop

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