Martine Condé la Présidente du CNC, s'insurge contre la partialité des médias publics

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Dans une lettre adressée au ministre guinéen de la communication aussi porte parole du gouvernement, la Présidente du Conseil National de la Communication (CNC) Martine Condé, fait part des nombreuses plaintes venant de mouvements politiques, de la Société Civile et de simples citoyens contre la partialité des médias de service public notamment la RTG, en faveur de la mouvance présidentielle à travers ses éditoriaux et ses commentaires. Le CNC se dit particulièrement attentif à la question d’accès libre des Partis politiques, de la société civile et de tous les citoyens aux médias de service public, étant entendu que, c’est l’un des fondements de la démocratie et l’une de ses principales missions.

Ci-dessous, le contenu de la lettre:

Objet : Observations sur

les médias de service public



Monsieur le Ministre,

Par la présente, le Conseil National de la Communication (CNC) se fait le devoir de vous informer qu’il ne cesse de recevoir de nombreuses plaintes venant de mouvements politiques, de la Société Civile et de simples citoyens contre la partialité des médias de service public (la RTG) en faveur de la mouvance présidentielle à travers ses éditoriaux et ses commentaires.

Ces plaintes concernent aussi la diffusion par la télévision d’images violentes. Celles relatives à la pendaison d’un jeune lycéen et qui ont fait le tour du monde sont encore dans tous les esprits. La pauvreté des informations consacrées à la vie nationale et internationale, les interruptions intempestives des émissions dues à des pannes, l’interférence de la radiodiffusion nationale sur la télévision nationale sont autant de maux qui nécessitent des remèdes qui ont pour noms : pluralisme et respect des règles d’éthique et de déontologie.

Les plaintes les plus récurrentes sont celles venant des Partis politiques et des syndicats dénonçant les manquements graves des médias de service public à leurs missions d’informations plurielles, dont la-non-couverture de certaines activités légalement reconnues.

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Ainsi, l’absence de la Télévision Nationale au meeting du collectif des Partis politiques pour la finalisation de la transition et l’ADP tenu le samedi 24 mars 2012 au stade de Colèah en est une illustration évidente. Or, l’une des décisions consensuelles du dialogue politique inclusif est l’accès libre des partis d’opposition aux médias de service public.

II n’y a pas longtemps, la non-diffusion du reportage sur la clôture du 16ème congrès de la CNTG malgré la mise en demeure du CNC en est un autre exemple ; ce qui aurait dû être fait conformément aux textes légaux et règlementaires qui régissent le fonctionnement des médias en Guinée.

Or, la loi 006 du 23 décembre 1991, portant création du CNC en son article 1er, alinéa 1 stipule, « le CNC veille au respect du principe d’égalité de traitement entre les usagers de la communication » ; l’alinéa 3 dispose « Le CNC a pour mission, notamment de veiller au respect de la pluralité d’expression des courants de pensée et d’opinion dans les services publics de communication.

Ainsi, les médias de service public doivent traiter tous les citoyens sur le même pied d’égalité.

L’article 4, alinéa 1 de ladite loi affirme.

« Le Conseil National de la Communication (CNC) garantit l’impartialité du service public de la radiodiffusion télévision ».

Ainsi, la ligne éditoriale de ces médias doit être la neutralité entre tous les acteurs de la vie nationale.

Concernant le rôle des médias de service public, le CNC vous rappelle les recommandations de la réunion du Conseil International des Radios et Télévisions d’Expression Française (CIRTEF), tenue du 6 au 9 juillet 1999 à Libreville (Gabon) à laquelle la Guinée a pris part.

Ces recommandations précisent entre autres que :

- Le service public appartient à tous et travaille pour tous.

II en résulte pour ses professionnels une discipline et des devoirs spécifiques valables en tout temps.

Entre autres critères définis par cette rencontre, notons :

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- Indépendance

- Les médias de service public n’acquièrent leur crédibilité que dans l’affirmation de leur indépendance.

Les journalistes de service public ne reçoivent d’instruction que de leur chef hiérarchique.

- Pluralisme

Les médias de service public sont au service de tous : Etat (gouvernement, Institution Républicaines), Partis politiques, Société Civile, Paysans, Eleveurs, Pêcheurs, Artisans, Femmes et Enfants etc…

Les citoyens, les groupes sociaux et politiques doivent se reconnaitre dans leurs programmes.

-Impartialité

En tant que citoyen, le journaliste peut avoir des opinions politiques, mais dans le compte rendu des faits, ses opinions ne doivent pas paraître.

Le CNC est particulièrement attentif à cette question d’accès libre des Partis politiques, de la société civile et de tous les citoyens aux médias de service public, étant entendu que, c’est l’un des fondements de la démocratie et l’une de ses principales missions.

Le CNC, conscient que la RTG est le miroir de la démocratie en Guinée estime que cet organe d’information doit faire davantage preuve d’ouverture et d’impartialité pour sa crédibilité.

Le CNC vous saurait gré de toutes les dispositions que vous voudriez bien prendre, pour que les médias de service public, assument pleinement leur mission.

Vous en souhaitant bonne réception, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’assurance de ma considération très distinguée.



Mme Martine CONDE

Synthèse: B.A

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