Nous militons pour la réconciliation nationale

Dans le pays de tous les superlatifs qu’est notre Guinée, le temps passe, avec des tracas et des fracas, dont les tintamarres, ne cessent d’irriter nos tympans, parce que tout simplement, les forces centripètes et centrifuges, de nos âmes tourmentées, continuent à s’entrechoquer, du fait d’esprits malsains, qui  se focalisent sur des attitudes et comportements rétrogrades, que toutes ces années d’errements et de confusions, ont contribué à ancrer dans les mœurs.

Y’a de quoi en avoir gros sur la patate, quand on imagine qu’aujourd’hui, plus que jamais, la chance nous est offerte, avec cette période de transition, comme sur un plateau d’or, de conjurer le mauvais sort, qui s’acharne depuis le temps sur nous, du fait que d’une part, nos politiques ne daignent penser, en bonne intelligence, que la conquête et l’exercice du pouvoir, n’ont de sens noble, que s’ils contribuent efficacement, au bien-être du peuple dans son intégralité et d’autre part, parce que les guinéens que nous sommes, continuons à rêvasser et à turlupiner, les yeux éblouis, par l’illusion optique d’un avenir hypothéqué, pour cause de dysharmonie, des déterminants essentiels, de notre processus d’évolution.

Le principe fondamental du rôle de direction, de la destinée de tout une nation, suppose nécessairement, une vision clairvoyante et audacieuse du devenir, basée sur la compréhension des problèmes et une stratégie de lutte, pour en venir à bout, en s’inscrivant dans une logique de respect scrupuleux, des conventions et des règles, librement consentis par le peuple,  pour une vie en communauté de destin.

Cette attitude responsable, est sans ambages, l’une des conditionnalités à même de garantir durablement, la paix et la cohésion sociale, tant nécessaires à l’émergence d’une Guinée nouvelle, que nous appelons tous, de  nos vœux sincères, au-delà de nos différentes appréhensions de la situation et de nos approches individuelles de solutions.

Actuellement, nous nous retrouvons dans l’expectative, face à ce dilemme  que posent, notre ardent souhait, d’un retour prompt, à la normalisation de la gestion des affaires étatiques, dans un cadre démocratique et le besoin irrésistible de la populace, de voir  le CNDD mener à terme, la mission ô combien importante, de moralisation de la vie publique et de lutte contre la délinquance, sous toutes ses formes.

Dans cette rocambolesque situation, notre Capi-Prési, s’il rassure par son enthousiasme et sa pugnacité,  inquiète pour autant par son omniprésence et sa propension à vouloir tout régenter.

En effet, depuis sa prise de pouvoir, il n’a de cesse de stigmatiser les maux qui gangrènent la société et tel un " technicien de surface ", il se démène comme un beau diable, pour dit-il, faire un toilettage de la maison, pour la rendre viable et aménageable par les futurs dirigeants, qui en auront la gestion, à l’issue des élections à venir.

Cette louable entreprise, trouve forcément un écho favorable, au sein de l’opinion publique, qui voit en la personne du Président  Dadis, un homme intègre, dont le souci apparent, est de sortir le pays du cercle vicieux de la corruption, érigée ces derniers temps, en mode de gouvernance,  malheureusement profitable, qu’à des organisations claniques, alors que la population continuait à broyer du noir et à trimer pour survivre.

On ne peut en cela, que l’encourager et le soutenir, surtout qu’il se dit volontiers, ouvert à toutes les propositions bienveillantes de sortie de crise, en témoignent les actions de lutte contre le trafic de drogue, la poursuite des audits, la divulgation du chronogramme de la période transitoire, dont les premières dispositions deviennent effectives au fur et à mesure, à savoir la levée de la suspension des activités politiques et syndicales, l’annonce de la création du conseil national de la transition et l’élargissement du CNDD à la société civile.

Le hic, est que l’administration guinéenne se trouve en ce moment, réduite à la gestion des affaires courantes, les départements ministériels n’étant dotés d’aucun budget de fonctionnement conséquent, à cause, du gel des fonds, dont les procédures de décaissement, sont  contraires à l’orthodoxie financière d’une gestion administrative normale,  du fait que le Président Dadis, pour une question de défiance, s’adjuge seul, le rôle d’ordonnateur, toute dépense étatique étant soumise à son approbation.

Dans cette configuration, l’on est en droit de se demander, en quoi consiste le rôle du P.M Komara, qui contrairement aux attributions contenues dans l’ordonnance de sa nomination, lui laissant la latitude de la gestion et de la coordination de l’action gouvernementale, se trouve aujourd’hui, contraint d’assister impuissant, aux impertinences d’un chef omnipotent, dont les envolées lyriques dans les shows télévisés, laissent quelquefois dubitatifs, les  observateurs avisés, même s’il faille reconnaître,  que ces différentes confrontations avec les présumés coupables de forfaitures, sont vécues par le peuple traumatisé, comme une sorte de thérapie, à même d’exorciser le mal qui le ronge depuis toutes ces années, à cause de la cupidité et de l’irresponsabilité de ses dirigeants.

Cela a aussi, le mérite de permettre aux potentiels électeurs, de se faire une opinion personnelle, de nos futurs prétendants, à la gestion des affaires publiques, en connaissance de cause, de leur probité morale et intellectuelle.

Nous croyons sincèrement, à l’inébranlable volonté du Capi-Prési de bien faire et même de trop bien faire, mais il faudrait se rendre à l’évidence, que les différentes étapes de la transition contenues dans le chronogramme du CNDD, si elles ne sont brûlées, nécessitent un temps qui irait forcément, au-delà de 2009 et à ce propos, ne soyons pas surpris que le GIC-G, qui suit l’évolution de la situation, par une évaluation et une appréciation constantes, soit de façon objective, favorable au report des élections. Même le peuple, qui a l’air de prendre cause et effet pour la junte, ne trouvera sûrement, rien à redire, car il se satisfait tant bien que mal, de la mise en place progressive, des instruments de la transition, conformément aux promesses tenues, par le Président Dadis, qui pour ne pas être en porte-à-faux, s’abstient volontairement, d’avancer des dates précises.

Il est cependant, du devoir des partis politiques, de mettre la pression sur le CNDD, pour un  retour rapide, à l’ordre constitutionnel, tout en sachant, que la réussite de la transition, est une responsabilité qui leur incombera aussi, car de leurs exigences et surtout de leurs divergences, dépendra l’attitude du CNDD.

 Le plus important aujourd’hui, est qu’on ne confonde pas, vitesse et précipitation et pour tordre définitivement le cou, des démons de la haine et de la division, l’on n’a inéluctablement besoin, que soit mise en place, la fameuse commission vérité et réconciliation, pour tirer d’utiles enseignements des erreurs du passé, car comme le disait Confucius, la vraie faute, est celle qu’on ne corrige pas.

 

BAYO Abidine


 

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