Ordures de Guinée : Mme Djènè Condè, Première Dame de ménage ?

Je voudrais rappeler une position qui a toujours été la mienne: éviter dans la mesure du possible toute attaque personnelle. Si AC est devenu, ces derniers mois, ma cible c’est tout simplement parce que son « changement » conduit la Guinée à une catastrophe certaine. Après s’être autoproclamé « président démocratiquement élu » avec la complicité d’institutions internes bénéficiant d’appuis sous-régionaux, AC qu’on croyait avoir atteint le fond en matière d’injustice, continue à creuser le fossé entre les communautés !

Je laisse, pour l’instant, Dadis tranquille (qu’il tue le temps à Ouagadougou avant que l’inverse ne se produise.) J’ai suspendu mes critiques à l’égard de Jean-Marie Doré et de Sékouba Konaté depuis que le premier a été viré de la primature et le second (qui fut une taupe avant d’être au top grâce à Toumba Diakité) ne traîne plus sa lourde carcasse à la « Présidence de la Transition ». Il ne s’agit pas d’un oubli mais d’une mise en veilleuse.

 

Je n’ai rien contre d’AC en tant que personne et j’ai même eu à saluer la persévérance de l’homme qui a lutté pendant plus de 40 ans non pour instaurer la démocratie mais pour devenir Président d’une République. A la limite, ce n’est pas le soi-disant Professeur (il adore ce titre) qu’il faudrait critiquer mais l’usurpateur qui se mue en dictateur. AC a donc droit au respect de sa vie privé. Mais alors, me dira-t-on, pourquoi parler de Madame Condè, son épouse officielle ?

 

La réponse est toute simple : Mme Condè est sortie de son statut de Première Dame. Pour avoir quitté le cadre domestique et se hasarder sur le terrain politique, elle est devenue une cible légitime. Je rappelle que le titre de « Première Dame » ne figure dans aucune Constitution. Sa légitimité n’est donc que protocolaire dans la mesure où elle n’est que la compagne attitrée du premier magistrat du pays. Bien entendu, l’épouse d’un chef d’Etat ne s’occupe pas que de tâches ménagères. Elle peut jouer un rôle de représentation ou d’animation d’associations à but non lucratif et même, à la rigueur, favoriser la création d’ONG axées sur la satisfaction des besoins élémentaires de nos populations.

 

J’ai été étonné d’une décision prise par le gouvernement et la Première Dame : « 21 jours pour débarrasser Conakry des ordures » ! Rien de précis sur la date de début des travaux mais là n’est pas l’essentiel.

 

Mon étonnement ne vient pas du fait que notre brave dame s’implique dans le nettoyage de notre capitale, probablement la plus sale d’Afrique. Mais de la façon dont a été prise la décision. Celle-ci a pour coauteurs le gouvernement et la Première Dame. Mme Condè serait-elle devenue une institution à part entière? Décidément la Guinée reste un pays entièrement à part.

 

Mme Condè, qui semble s’ennuyer loin du « palais d’Alifacondèya », ne prend-elle pas le risque de se salir en voulant gérer des saletés ?

 

Au fait, en parlant d’ordures de Guinée, de quoi s’agit-il ? Tout ce qui pourrit, pue et Conakry sent vraiment mauvais. Celui qui prétend le contraire serait plus sage de reconnaître qu’il n’a pas d’odorat. Ce ne sont pas les ordures ménagères qui infectent le plus la Guinée. Si notre pays était mieux administré, on aurait pu en faire des engrais au lieu d’importer des produits nocifs pour nos sols. Le vrai problème est ailleurs: des pourris sont aux commandes de l’administration et infestent ainsi tout le pays. D’ailleurs, le cabinet présidentiel est devenu la plus grosse poubelle de la république, faisant de la Guinée plus une zone urinaire qu’un Etat unitaire!

 

Je comprends Mme Condè ; elle veut exister et c’est normal. Le nettoyage urbain n’est pas facile et le ballai dont elle dispose n’est certainement pas le plus adapté pour lutter contre l’insalubrité. C’est difficile de se maintenir au premier rang quand on est encadré par des nuls.

 

Il convient de revenir sur celui qu’il ne faut jamais perdre de vue, à savoir AC qui fait office de chef de l’Etat, en rappelant les 6 axes prioritaires de son programme de campagne:

 

- unité nationale dans le respect de la démocratie et des libertés fondamentales

- autosuffisance alimentaire

- école et santé pour tous, avec prise en charge des enfants et des femmes enceintes

- développement basé sur l’agriculture et la transformation du secteur informel productif

- programme de réformes structurelles en partenariat avec tous les secteurs d’activité

- encourager l’investissement étranger.

 

Quel est le moindre point positif acquis depuis le début de l’ère AC ? Rien, de mon point de vue. Chez AC, tout est basé sur des promesses non tenues d’un lendemain meilleur. Prenons, par exemple, les derniers mots du 3ème axe : femmes enceintes. AC avait promis leur prise en charge par la collectivité, si je lis bien. Maintenant, notre César ne propose la gratuité que pour la césarienne. Voyez comment, après avoir fait grimper des espoirs, il glisse de la grossesse à l’accouchement ! Une femme qui accouche normalement ne mériterait-elle plus l’attention de nos autorités sanitaires ?

 

Maintenant que l’homme qui n’avait rien géré avant le 21 décembre 2010 s’occupe de tout, la Guinée va-t-elle mieux ? La réponse est la mieux partagée.

La « centrale Guinée » étant en panne, le courant ne passe plus même au sein de l’« arc-AC ». L. Kouyaté, ancien PM, s’affranchit de sa réserve imposée par sa coordination régionale pour critiquer au grand jour AC (on ne sait pas ce qu’ils se disent la nuit car on n’a pas d’électricité pour les voir ; il peut s’agir d’une manœuvre concertée !). Que quête-t-il ? Une récompense ou une compensation ? Ce n’est pas parce qu’il critique AC qu’il faut tomber dans son piège et avoir une quelconque compassion à son égard. N’oublions pas qui est L. Kouyaté et ce que vaut une parole de « kouyanaute ».

Quoi qu’il en soit, AC « resékoutourise » à outrance la Guinée et il en montre les signes. Ainsi, suite au manque d’électricité, il vient de demander à son ministre de l’énergie de «s’expliquer devant le peuple» ! Cette expression rappelle de tristes souvenirs des années 60.

Autre signe, les 2 couleurs fétiches qu’on marie en Guinée : le blanc du PDG de Touré et le jaune du RPG de Condè. Comme dans un œuf : il y a du blanc et du jaune mais lorsqu’on bat le tout pour en faire une omelette, c’est la couleur jaune qui l’emporte. Dès lors, rien d’étonnant que le RPG soit le plus visible.

En conséquence, il faut chasser AC et ses « serial voleurs » au lieu de subir au quotidien son discours frigorifiant et sa gestion castratrice du pays. Pour ce faire, l’opposition doit passer de l’émotion à la stratégie. Dénoncer ne suffit plus, il faut agir. La meilleure preuve de patriotisme est d’être qualifié de « saboteur, ennemi du changement » par le système actuel. En Guinée, l’adversaire n’est pas une institution ou une ethnie mais un individu unique aux méthodes iniques.

Pour terminer quelques remarques :

1°) la nomination de Monsieur Blaise Chérif comme ambassadeur aux USA. C’est une bonne décision de S.E. Monsieur le Pr. Alpha Condé, Président Démocratiquement Elu de la République de Guinée.

2°) AC commence des visites officielles en dehors de la presqu’île du Kaloum. C’est un bon début. Je pense maintenant que «c’est notre tour » de recevoir le «Grand Leader Bien Aimé » de Ley Saare à Hore Fello en passant par Petel !

3°) Le « soldat patriote » Moussa Keïta, auteur de la formule « Dadis ou la mort », aurait-il peur de mourir prématurément au point de mettre fin à une grève de la faim de quelques heures? Je doute qu’il se soit entraîné pour mieux affronter le ramadan qui s’annonce.

 

Je vous salue.

Ibrahima Kylé Diallo

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