Portrait des deux candidats en lice: Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé

En prélude aux joutes électorales comptant pour le second tour de l'élection présidentielle qui se tiendra finalement le 7 octobre 2010, nous vous proposons un apperçu du parcours politique et administratif des deux candidats en lice, cellou Dalein Diallo de l'alliance des bâtisseurs de la République et Alpha Condé de l'allinace Arc-en-ciel. A vous de juger de la personnalité des deux finalistes, pour assoeir définitivement votre conviction et voter en conséquence dans la paix et la quiétude sociale, afin de doter la Guinée de son premier Président démocratiquement élu, depuis l'accession du pays à l'indépendance en 1958.

cellou3_412x550.jpg Cellou Dalein Diallo

Né en 1952 à Labé (République de Guinée), Cellou Dalein DIALLO a fait des études de Comptabilité et Gestion à l'Ecole Supérieure d'Administration, Université de Conakry.

Il suivra, par la suite, d'autres formations aussi bien en Micro- qu'en Macro Économie notamment à Paris, au Centre d'Etudes Financières, Economiques et Bancaires (CEFEB) de l'AFD et à Washington à l'Institut du FMI.

1976, à la sortie de l'Université, il intègre la Fonction Publique comme Inspecteur des Services Financiers et Comptables.

Son efficacité et son dynamisme lui vaudront de gravir rapidement les échelons de l'administration pour devenir un membre actif et respecté du Conseil Supérieur des Normes et Comptabilités et de la Conférence Economique Nationale; deux instances présidées par le Président Sékou Touré qui le nommera, entre 1979 et 1982, Directeur Commercial puis Directeur de la Comptabilité Centrale de la Société Sectorielle d'Etat SERCOM (entreprise ayant plus de 80 succursales disséminées à travers tout le pays).

1982, il intègre la Banque Guinéenne du Commerce Extérieur comme Chef du Bureau d'Études.

1985, il rejoint la Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) où il occupe successivement les fonctions de Directeur du Département de la Comptabilité, Directeur du Département des Changes et Directeur Général des Affaires Économiques et Monétaires. Il prend une part active à la restructuration de la Banque Centrale et du système bancaire Guinéen. Il devient membre de la cellule technique du CCEF et, à ce titre, participe à la formulation, à la négociation et au suivi de tous les programmes de reformes mis en en œuvre par le Gouvernement Guinéen avec l'appui des Institutions de Brettons Woods (PAS, FAS, FAS-R, FRPC, PAGEN, CAS1, CAS2 ...). Il est président ou rapporteur de plusieurs commissions de privatisation et de restructuration des entreprises publiques (Secteur pétrolier, Banques et Assurances, télécommunications).

1995, il est nommé Administrateur Général Adjoint des Grands Projets (ACGP) à la Présidence de la République. A ce poste, il se familiarise davantage avec les modalités de financement et au suivi-évaluation des projets et programmes de développement.

Grâce à son expérience de banquier et á sa connaissance du système financier international, il apporte une contribution remarquée à la mobilisation des financements extérieurs en faveur des certains grands projets tels que Garafiri, Tombo III.

Juillet 1996, il devient Ministre des Transports des Télécommunications et du Tourisme, dans le gouvernement de Sidya Touré. Celui-ci le désigne, la même année, Gouverneur de la Guinée à la Banque Mondiale.

1997 il est nommé Ministre de l'Equipement (Transports, Travaux Publics, Télécommunications et Environnement).

1999, il devient Ministre des Travaux Publics et des Transports, fonction qu'il gardera jusqu'en février 2004 date à laquelle il est nommé Ministre de la Pêche et de l'Aquaculture dans le gouvernement de François Fall. A la démission de ce dernier, il sera désigné Président du groupe économique du gouvernement chargé d'assurer, pendant la vacance du poste de Premier Ministre, la coordination des huit départements ministériels du secteur économique (Finances, Coopération, Plan, Mines, Agriculture, Commerce, Tourisme et Pêche).

9 Décembre 2004, Cellou Dalein DIALLO est nommé Premier Ministre de la République. Cette promotion, comme on le constate, est loin d'être le fait du hasard. Elle est l'aboutissement d'un parcours sans faute, le résultat d'une trentaine d'années d'efforts au service de l'Etat.

En effet, tous les observateurs objectifs s'accordent à reconnaître les qualités humaines et les compétences techniques de ce grand commis de l'Etat qui a toujours su allier rigueur, humilité et sens de l'équité dans l'exercice des nombreuses et importantes responsabilités qui lui ont été confiées. Les résultats obtenus se passent de commentaires :

L'histoire retiendra, par exemple, qu'en tant que Ministre des TP, il a réussi l'exploit d'éliminer, en cinq ans, tous les bacs sur le réseau routier interurbain en construisant, en lieu et place, des ponts modernes qui resteront longtemps, sinon à jamais, les plus grands ouvrages de franchissement du pays. Ce sont :

le pont sur le Diani en Guinée Forestière, inauguré en 1999;

le pont sur le Niger à Yirikiri, ouvert au trafic en 2000 ;

le pont sur le Niger à Djélibakoro;

le pont sur le Tinkisso à Siguiri et

le pont sur la Fatala à Boffa, inaugurés, tous les trois, en 2004.

Durant cette même période, il assurera avec une compétence reconnue la maîtrise d'ouvrage d'une quinzaine de projets de construction ou de réhabilitation de routes, grâce à des financements obtenus auprès des bailleurs de fonds internationaux.

On peut citer, au titre des projets entièrement exécutés ou en cours d'exécution :

la route Sérédou- N'Nzérékoré-Lola ;

la route Kouroussa-Kankan ;

la route internationale Kankan-Siguiri Kourémalé ;

la réhabilitation du tronçon Km 36- Boffa ;

le renforcement de la route et la mise au gabarit des ponts entre Coyah et Farmoreah ;

la construction des routes à 2X2 voies Tombo-Gbessia, Enco5-Sonfonia et Matoto-Dabompa.

Au cours de cette même période, les études de plusieurs autres projets routiers ont été réalisées. C'est notamment le cas des projets d'aménagement et de bitumage des routes :

Labé-Sériba - Tamba (dont les travaux démarreront incessamment),

Kissidougou-Guéckédou-Sérédou, Boké-Quebo,

Labé-Mali-Kédougou,

Labe-Tougué-Dinguiraye-Siguiri.

Le financement des études des projets de routes inter-Etats Kankan-Mandiana-Odienné et Lola-Danane avait été obtenu en 2002 auprès de la BAD.

Mais la crise ivoirienne n'a pas permis de réaliser ces études. Pour financer les études (économiques et techniques), la réalisation des travaux et la supervision de tous ces projets, il a fallu mobiliser, au total, plus de trois cent (300) millions de dollars, auprès des bailleurs de fonds bi et multilatéraux. Nul ne conteste que le professionnalisme, la rigueur et la crédibilité de Cellou ont pesé pour beaucoup dans la mobilisation diligente de ces ressources et l'exécution, dans le respect des coûts et des délais, de ces différents projets de développement.

Incontestablement les performances de Cellou Dalein DIALLO au Ministère des Travaux Publics compteront pour beaucoup dans le bilan de la deuxième République.

Au Ministère des Transports il actualisera le schéma directeur du Port Autonome de Conakry (PAC) qui mettra en évidence la nécessité de mettre en œuvre un troisième projet portuaire. Celui-ci sera formulé et, grâce à une bonne promotion du projet mené par Cellou auprès de l'AFD, la KFW et la BEI, son financement, pour €40 millions, sera bouclé dés 2003. Grâce à ses talents de négociateur, il arracha en 1997 aux partenaires de la Guinée dans GUINOMAR le paiement au Trésor guinéen des dividendes d'une valeur dépassant le montant cumulé de tous les versements antérieurs à ce titre. Il laissera sa marque au niveau de tous les autres départements ministériels où il est passé aussi bien par l'identification et l'exécution d'utiles projets de développement que par la formulation et la mise en œuvre de pertinentes politiques et stratégies sectorielles.

A partir de Décembre 2004, en sa qualité de Premier Ministre, il s'attachera, tout d'abord, à décrisper le climat politique et à calmer les tensions sociales en instaurant un dialogue franc avec les partis politiques et les partenaires sociaux dont les leaders seront reçus à plusieurs reprises à la Primature. Il contribuera de façon déterminante à la libéralisation des ondes et à la suppression des barrages routiers à l'intérieur du pays. Il libéralisa l'exportation du café en mettant fin au monopole octroyé à la sogepam.

Pour freiner la chute vertigineuse de la monnaie et la hausse des prix, il élabore un programme de stabilisation axé sur l'amélioration de la gouvernance et la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics. Ce programme obtiendra le soutien des partenaires au développement, notamment du FMI qui l'approuva comme Programme de référence.

Au début de l'année 2006, au vu des résultats probants de ce programme, les institutions de Breton woods acceptent de négocier avec la Guinée un programme formel au titre de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance (FRPC). Cet Accord qui devait être approuvé par le CA du Fonds en Avril prévoyait l'atteinte par la Guinée du point d'achèvement de l'initiative PPTE en novembre 2006.

Malheureusement, Cellou Dalein sera limogé le 5 avril et l'examen du dossier reporté sine die. Mais auparavant, il aura eu le privilège de représenter valablement la Guinée à tous les sommets de Chefs d'Etat et de Gouvernement de l'ONU, de l'Union Africaine, de l'OCI, de la CEDEAO, de la ZMAO, de l'OMVG, et de la Mano River Union qui se sont tenus entre Décembre 2004 et Avril 2006.

Lors de ces conférences au sommet, il bénéficiera de la sympathie, et de l'estime de plusieurs Chefs d'Etat africains qui continuent encore de lui témoigner leur amitié.

Le 15 novembre 2007, il est investi à la présidence de l'UFDG

Sa stature incontestée d'homme d'Etat, son expérience reconnue des affaires nationales comme internationales et sa vision lucide de la crise que traverse notre pays et des défis auxquels il doit faire face font de Cellou Dalein un des meilleurs candidats à la fonction présidentielle.

Arrivé premier à l'issue du 1er tour avec à peu près 43% des suffrages, il forme depuis une alliance solide baptisé Alliance des bâtisseurs de la République, avec notamment l'ancien premier ministre Sidya Touré de l'UFR, Abe Sylla de la NGR et Fodé Mohamed Soumah de la GECI.

 

Alpha Condé

Le leader du Rassemblement du peuple de Guinée (Rpg), 72 ans, est considéré comme l'opposant historique parmi les  candidats à l'élection présidentielle.Originaire de la Basse Guinée, Alpha Condé part en France à l'âge de 15 ans poursuivre des études secondaires et universitaires (Sciences Po Paris, Sorbonne). En 1970, il est condamné à mort par contumace, par le régime du président Sékou Touré. Commence une vie d'éternel opposant qui va le conduire une seconde fois en prison, sous Lansana Conté, en 2000, pendant 20 mois, alors qu'il était pour la deuxième fois candidat contre le général président.

En effet, très tôt, il milite dans les mouvements étudiants, et devient l'un des plus actifs dirigeants de la fameuse FEANF, la Fédération des Etudiants d'Afrique Noire, qui fut pendant de longues années un creuset pour toute l'Afrique dirigeante d'aujourd'hui. Alpha Condé est à la tête du mouvement de 1966 à 1978. Parallèlement il anime en France les mouvements d'opposition guinéenne au régime de Sékou Touré: les appellations sont diverses, du Parti des Travailleurs de Guinée (PTG) au Mouvement National Démocratique (MND), jusqu'au Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), en 1988.

C'est sous les couleurs de ce dernier qu’Alpha Condé milite aujourd'hui, avec la même vigueur, et probablement quelques solides habitudes héritées de la clandestinité et de l'exil…

Le Guinéen enseigne aussi pendant de longues années les Sciences Politiques, en particulier à la faculté de la Sorbonne; durant son long séjour en France, il croise nombre d'hommes politiques français, de tous bords, et à droite comme à gauche noue de solides amitiés : on citera Bernard Kouchner et Pierre André Wiltzer, connus sur les bancs de l'école, Jean-François Cot ou l'UDF André Santini. Il fut aussi un camarade de promotion de François Polge de Combret, ancien secrétaire général de l’Elysée sous Giscard d’Estaing, Michelle Alliot-Marie, actuel ministre entre autre. Son passage, dans les années 80, dans la société de négoce international « Sucres et Denrées », lui permet d'élargir son réseau de relation aux hommes d'affaires, et il fréquente plusieurs chefs d'État.

Si bien qu'à son retour en Guinée, en 1991, à la faveur d'une timide démocratisation, il apparaît aux autorités comme un adversaire dangereux, qu'on accusera régulièrement d'utiliser ses relais à l'étranger pour tenter de déstabiliser le pays. Alpha Condé est aussi victime du saisissant clivage qui oppose, aujourd'hui encore, les Guinéens de "l'intérieur", restés au pays, et leurs concitoyens de l'extérieur, revenus avec une expérience, une culture ou des convictions politiques ou économiques, et pour tout dire une "mentalité" fort contrastées.

C'est donc le début d'une longue guérilla politique avec le pouvoir, dans un climat très peu sécurisé. A plusieurs reprises, Alpha Condé craint pour sa vie, et l'on se rappelle comment, à l'époque, il se réfugie à l'ambassade du Sénégal à Conakry, y reste 45 jours, avant d'être évacué par l'avion personnel d'Abdou Diouf… Ses résultats aux présidentielles de 1993 et 1999 ont confirmé, malgré des chiffres contestés par l'opposition, sa forte implantation, en particulier dans la région de Haute Guinée, sa région d'origine. Ce qui n'empêche pas, au contraire, Alpha Condé d'être toujours considéré par ses adversaires comme un trublion à hauts risques, dont le nom est régulièrement associé à toute crise menaçante pour le pouvoir: ce sera le cas de la mutinerie militaire de 1996.

L'homme est volubile et chaleureux, longtemps pénalisé par son caractère impulsif, c'est un orateur habile, qu'on dit parfois populiste, et qui bien sûr ne mâche pas ses mots pour dénoncer l'absence d'État de droit en Guinée. Il illustre surtout, même s'il a pu commettre des erreurs stratégiques dans sa carrière, la difficulté de mener un combat politique normal dans un pays, la Guinée, qui est désormais une singularité en Afrique de l'ouest.

Arrivé deuxième au terme du 1er tour avec près de 18% des suffrages, il forme autour de lui, l'alliance dénommé Arc-en-ciel, avec entre autres membres, les anciens premiers ministres Lansana Kouyaté du PEDN et François Louncény Fall du FUDEC.

 

Infos glanées sur les sites officiels des deux candidats

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