Retour rapide sur les derniers évènements

Barry haroun gandhi 2 2

Sur l'élection de Kory Koundiano

Ce qu'il faut retenir, c'est que 64 députés ont voté en sa faveur, ce qui montre que des voix de l'opposition parlementaire – enfin ceux qui ont déclaré y appartenir – se sont portées sur le candidat du RPG, privant la candidate de l'UFDG, Anne-Marie Toffany (une Malgache, certains ont osé écrire), de voix précieuses. Ceci démontre la fragilité de l'unité de l'opposition parlementaire, à laquelle il faut d'urgence s'atteler (d'urgence signifiant hier !!!)

Inutile de rappeler ce que chacun sait et a pu constater (au CNT et à la CENI par exemple, pour ne citer que ces 2 institutions), la capacité pour la mouvance de pouvoir disposer d'une majorité à géométrie variable, via l'achat de votes, l'intimidation des récalcitrants et/ou l'isolement des députés réfractaires, reste possible. Est-ce à dire que la majorité des 2/3 pourrait être obtenue en augmentant les cadeaux ?

Des liasses de billets pour faire passer le quinquennat à 7 ans et un renouvellement en 2017 pour 2024, reste en ligne de mire. Prêt pour la révolution ?


Sur la
décision de Lansana Kouyaté de ne pas siéger

Sur le principe, c'est une bonne décision, parce qu'elle reste cohérente avec les attitudes passées de rejeter les élections. Encore faut-il aller au bout de la logique en exerçant un recours contre la Cour suprême devant les instances régionales. Le rapport de la Mission électorale de l'UE confirme d'ailleurs explicitement – pour les grincheux, ou pire les incompétents – que nous sommes face à un déni de justice.


Sur la création d'un nouveau parti politique, « concurrent » de l'UFDG

Diallo Sadaakadji envisage de se lancer dans la politique. Là encore, sur le principe c'est une bonne chose, d'une part parce que ceux de l'UFDG qui ne sont pas satisfaits de la politique choisie, doivent s'y faire entendre ou se soumettre, ce qui peut passer éventuellement pour eux, par un retrait de l'UFDG et la création d'un nouveau parti. D'autre part, pour bousculer l'UFDG dans ses certitudes, qui l'amènent à progresser... trop lentement pour certains, avec des outils dépassés pour d'autres.

Toutefois ceux qui veulent la défaite d'Alpha Condé ne doivent pas s'éparpiller – c'était en 2010 qu'il fallait le faire – sous peine d'être en partie responsables des échecs futurs. Tout homme d'État, et on sait qu'il n'en existe pas beaucoup en Guinée, doit s'effacer pour faire primer l'intérêt général, la victoire ne sera pas celle d'un homme, mais des électeurs.

L'UFDG a les moyens de faire entendre tous les patriotes qui veulent un vrai changement de société et non un changement... de dictateur. Il n'y a de messie nulle part (seul Barcelone en possède un), mais il faut mettre en place une équipe de qualité, tournée vers le seul objectif qui vaille : obtenir la victoire en 2015 pour redresser le pays et le mettre sur de bons rails.


Sur la
nomination d'un gouvernement de mission

Chacun peut constater que la mission ne consiste pas à redresser le pays, mais à faire le nécessaire pour gagner en 2015. Le seul objectif d'Alpha Condé n'est pas de se battre pour l'intérêt des Guinéens, mais de se faire élire en 2015 pour son seul profit.

Comment expliquer qu'Alpha Condé vilipende le gouvernement de Saïd Fofana et le reconduise avec quasiment la moitié de ses ministres ? Il veut prouver ainsi que ce n'est pas le travail qui compte, mais la soumission des ministres à sa personne. Pathétique !

On aurait pu se passer de Premier ministre, puisqu'il n'a aucune utilité, même s'il figure dans la constitution de 2010, pour lui donner une apparence démocratique (tempérer théoriquement les pouvoirs exorbitants du PRG, en faisant croire à une sorte de bicéphalisme).

Dans un texte ancien, j'avais parlé de la technique du salami, consistant à nommer dans un premier temps ses alliés (Ousmane Bah, Papa Koly Kourouma, Mamadou Sylla et tous les conseillers récemment remerciés, etc...), ceux qui l'ont aidé plus ou moins directement à accéder au pouvoir. Mais dans un deuxième temps, Alpha Condé se débarrasse des gens à qui il est en partie redevable, pour ne garder autour de lui que des béni oui-oui, qui lui doivent tout. Ils seront donc particulièrement zélés – ils l'étaient déjà avant – pour tenter de le remercier. C'est la marque des dictateurs en puissance (AST, mais Conté également, voire les dictateurs d'autres pays, en font de même) qui ne veulent pas de contradicteurs. Seul Kerfala Yansané représente la vieille garde, mais non seulement il a été imposé par la communauté financière internationale, mais surtout ne dispose pas de réseau susceptible de lui faire de l'ombre.

Au niveau du contenu, il y a encore trop de ministres (34), alors qu'une moitié (16, dont 4 par région par exemple), aurait fait l'affaire. A quoi servent-ils donc ? Je n'évoquerai pas le choix de certains (la médiocrité toujours à l'honneur, mais vu ce qu'on leur demande de faire, il n'y a pas contradiction), ils sont suffisamment parlants pour qu'il ne soit pas utile d'en rajouter.

5 femmes seulement, c'est largement insuffisant, les 30% qui constitueraient le minimum acceptable, nécessiteraient au moins le double de femmes. Lorsqu'Alpha Condé affirme tout le temps qu'il prône l'ascension des femmes, il faut le juger sur ses actes, et non sur ses déclarations. Espérons que chacun en tirera les conséquences.


Quoi faire ?

Rien n'a changé dans les objectifs, il ne faut donc pas se disperser avec l'Assemblée Nationale, dont il ne faut rien attendre d'extraordinaire. Que ce soit Kassory Fofana (trop indépendant) ou Kory Koundiano, le choix par Alpha Condé de ceux-ci était de mettre une personne à laquelle Cellou Dalein Diallo est redevable – dans sa carrière ou sa formation – de façon à le « maîtriser », chacun connaissant sa politesse excessive. Il paraît même incroyable que ce dernier ait même voulu se présenter à la présidence de l'Assemblée nationale.

Enfin l'opposition n'a pas voulu utiliser les moyens juridiques de se faire entendre à l'occasion de la mise en place de l'Assemblée nationale (c'est son choix), pour résoudre des « litiges » en suspens identifiés, et auxquels il convient de s'atteler urgemment :

  • les élections communales,
  • le changement d'opérateur électoral Waymark,
  • la révision du fichier électoral,
  • la révision de certaines procédures de la CENI,
  • le recours devant les institutions de la CEDEAO contre le déni de justice de la Cour suprême.


Gandhi
Citoyen guinéen


« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace »
(Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, mai 1791).

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