Une Guinée encore mystérieuse

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Entre mer bleue, savanes vertes, pistes rouges et cascades immaculées, la Guinée-Conakry est une perle méconnue de l’Afrique centrale qui, après la cruelle épidémie d’Ebola, tente de construire un écotourisme durable.

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« Bonjour, vous allez bien ? La traversée a été bonne ? Bienvenue chez nous. » Cette phrase, un voyageur l’entend des dizaines de fois en Guinée. Notamment dans les villages, sites historiques ou naturels les plus reculés où l’on n’accède que par 4 x 4 après des kilomètres de pistes de latérite rouge. C’est la manifestation la plus spontanée de l’accueil des 11 millions de Guinéens, durement touchés par l’épidémie d’Ebola maintenant sous contrôle. Très divers, les paysages évoluent entre mangrove atlantique (la Basse-Côte) et forêt tropicale humide (la Guinée forestière), en passant par le haut plateau du Fouta-Djalon et ses splendides cascades (la Moyenne-Guinée), et enfin la savane (la Haute-Guinée).

Le « chien qui fume » et « l’éléphant-qui-veille »

Dès que l’on quitte la presqu’île de Conakry, capitale tentaculaire, bruyante et polluée par son port de bauxite, saturée par voitures et camions, mais vivante et colorée avec ses marchés alimentaires et artisanaux, on accède rapidement à des endroits calmes et saisissants. « Conakry n’est pas la meilleure vitrine de notre pays, admet Lounsény Camara, ancien ministre du tourisme. La nature, la culture et l’hospitalité, on les rencontre surtout dans les villages de l’intérieur. »

À deux heures (40 km) au nord de Conakry s’élèvent deux curieux monts, le Kakoulima et le Dixinn. Le premier représente la tête d’un chien qui, après une forte pluie, émet un fin pinceau de vapeur d’eau par les narines : le « chien qui fume ». L’autre massif, c’est « l’éléphant-qui-veille ». Au bout de trois heures de grimpette jusqu’à la tête du pachyderme, on jouit d’une magnifique vue sur la baie de Sangariah et l’archipel de Loos où l’on visitera l’île de Tamara pour son ancien bagne, sa petite église anglicane et sa douceur de vivre.

Un grand pèlerinage marial en avril-mai

En allant vers le nord, on est vite dépaysé. Par la nature et par « le temps plus lent qu’ailleurs ». Surtout quand on prend une pirogue à voile pour s’aventurer, via un des nombreux bras du Rio Pongo, jusque dans la baie de Sangariah. On ira alors jusqu’à un village de pêcheurs bagas dont les cases en bois, posées sur pilotis, sont nichées dans les palétuviers. Le tout dans un silence quasi religieux, entrecoupé des chants des martins-pêcheurs, hérons, pélicans. Quand la marée basse coïncide avec le crépuscule, sur l’estran, on peut voir les habiles mangoustes – boules de poils sombres où scintillent deux points lumineux – chasser les crabes jusque dans leurs terriers…

Après une pause sur la plage de Konkouré lorsque, au coucher du soleil, rentrent les barques pleines de raies, on s’arrêtera à Boffa, ancien port négrier portugais, anglais puis français, à l’entrée du Rio Pongo. Dans ce haut lieu du catholicisme guinéen – dès 1877 et jusqu’à aujourd’hui, malgré les persécutions sous le dictateur Ahmed Sékou Touré –, on peut voir une église en pierres rouges et un sanctuaire marial (en cours d’agrandissement), objet d’un grand pèlerinage annuel en avril-mai.

Dalaba, ville historique perchée à 1 200 m

Retournant sur nos pas, on emprunte alors la nationale reliant Conakry au Fouta-Djalon, le « château d’eau » de l’Afrique de l’Ouest, en passant par Kindia, sorte de paradis vert où abondent fruits et légumes. On fait un crochet pour voir, après une large allée de tecks centenaires, le « Voile de la mariée », une majestueuse chute d’eau translucide, aussi fine qu’une dentelle, haute de 80 mètres.

Puis, après Mamou, on se dirige vers Dalaba, la « vedette incontestée du tourisme guinéen ». Cette ville historique perchée à 1 200 m était appréciée des colons français dans les années 1930 pour son climat vivifiant et son panorama sur les montagnes environnantes. On y admirera une splendide case à palabres qui, décorée par un artiste peul, rappelle aux visiteurs étrangers que c’est au travers des longues discussions entre chefs traditionnels que fonctionnait la vie africaine. Avant que les Occidentaux n’arrivent.

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► EN PRATIQUE

Pour s’y rendre, Air France assure quatre vols Paris-Conakry par semaine et Brussels Airlines deux.

Plusieurs voyagistes (l’UCPA, Voyageurs du monde et Terres d’aventure) proposent des circuits. Contacter l’Association des guides touristiques de Guinée : hassgass72@yahoo.fr ou Barryhasmiou@hotmail.com ou 06.98.37.28.54.

Période idéale : de novembre à avril, la température moyenne variant entre 25 et 30 °C durant l’année.

Souvenirs et artisanat : dans le Fouta-Djalon, on peut acheter des tissus à Pita, des objets en cuir (sandales, portefeuille) et des plateaux ronds et colorés en paille (léfas) à Dalaba.

Denis Sergent (à Conakry, Boffa, Kindia, Dalaba)

Source: La Croix

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