Alpha Condé investi pour un 2e mandat axé sur l'accélération des grands projets miniers

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Le président guinéen Alpha Condé, vainqueur avec plus de 60% des voix dès le premier tour de la présidentielle tenue le 11 octobre, a prêté serment lundi 14 décembre à Conakry et prendra ses fonctions le 21 décembre pour un deuxième mandat de cinq ans qui consacre parmi ses priorités l'accélération des grands projets miniers, dont le gisement de fer de Simandou.

Le secteur minier est le moteur de l'économie guinéenne. En mai 2014, le gouvernement avait signé avec le consortium composé du canadien Rio Tinto, du chinois Chinalco et de la Société financière internationale (SFI), filiale de la Banque mondiale, le cadre d'investissement pour l'exécution du projet Simandou, relatif à l'extraction d'un minerai de fer à haute teneur, dans le Sud-est du pays.

D'un coût d'investissement estimé à 20 milliards de dollars, ce projet repose sur le développement d'une mine d'une capacité de production annuelle de 100 millions de tonnes et la construction d'une ligne de chemin de fer de 650 kilomètres pour l'acheminement du minerai jusqu'à la côte guinéenne, puis d'un port en eau profonde.

Présent au sommet du Forum sur la coopération sino-africaine tenu les 4 et 5 décembre à Johannesburg (Afrique du Sud), le président Alpha Condé s'est entretenu avec son homologue chinois Xi Jinping pour lui faire part de sa volonté de nouer avec son pays un « partenariat stratégique », afin de faire avancer le projet et de dynamiser la filière minière dans son ensemble.

« La Guinée a le plus grand potentiel minier au monde. Nous avons la moitié des réserves mondiales de bauxite. La Chine est le principal consommateur. Donc, mon objectif, comme j'ai écrit au président chinois, est d'avoir un partenariat stratégique », a-t-il déclaré dans une interview à Xinhua lors de ce rendez-vous ayant réuni pour la première fois en Afrique plus d'une quarantaine de dirigeants africains.

« J'ai proposé qu'après les élections je puisse effectuer une visite d'Etat en Chine pour qu'on fasse ce partenariat stratégique. A ce moment-là, la Chine a directement accès au minerai et nous n'aurons plus besoin d'intermédiaires », a ajouté le leader ouest-africain, qui a prêté serment lundi 14 décembre à Conakry en présence de quinze autres chefs d'Etat du continent.

C'est une visite projetée au plus tard fin mars. « Nous avons des urgences : il y a Simandou 1, Simandou 2. Chinalco est associée à Rio Tinto. Pour le gouvernement chinois, ils sont prêts à financer Chinalco. J'attendais les élections pour pouvoir faire cet accord, parce qu'un accord avec la Chine, je ne suis plus obligé de faire des appels d'offres », a expliqué le numéro un guinéen.

Sur la base de l'accord sur le cadre d'investissement, le capital du projet Simandou a été réparti entre 7,5% pour l'Etat guinéen, 46,57% pour Rio Tinto, 41,3% pour Chinalco et 4,63% pour la SFI. Irrité par les retards enregistrés, le pouvoir de Conakry a dû réévaluer le projet.

La crise d'Ebola, qui a causé près de 2.500 morts en Guinée, et la chute des cours mondiaux du fer ont été cités comme les principaux facteurs ayant fait patiner le projet. Aujourd'hui, Alpha Condé n'en a cure. « C'est un minerai de fer qui peut être exploité pendant près de 100 ans et c'est le minerai de fer le plus riche au monde », clame le chef de l'Etat.

C'est un argument suffisant pour justifier l'empressement de faire avancer les choses. « Je peux directement mettre, insiste-t-il aujourd'hui, la mine entre une société guinéenne et une société chinoise, plus que ce que la Chine fait avec Sonangol [compagnie pétrolière nationale angolaise, NDLR]. Parce que Sonangol a un accord avec la Chine, Sonangol fait le carburant et la Chine les emprunts. »

« Nous, détaille-t-il encore, on veut aller plus loin, parce qu'on veut que la mine soit exploitée et une entreprise chinoise que le gouvernement désignerait, qui travaillerait avec la société chinoise. Donc, pas seulement qu'on fournisse le minerai, mais que l'exploitation soit à faire par les deux pays. »

Pour lui, la chute des cours représente même une opportunité. « Même si les prix sont bas, ce n'est pas grave, puisque nous avons besoin d'exploiter nos mines et si les prix sont bas, c'est un avantage pour la Chine aussi. Parce que les grandes multinationales font tout pour mettre plus haut, alors que la Chine a intérêt à ce que les prix baissent. »

Lors du sommet de Johannesburg sur la coopération sino-africaine, le président zimbabwéen Robert Mugabe, président en exercice de l'Union africaine (UA), a dénoncé les critiques malveillantes sur les relations entre la Chine et l'Afrique.

« Les autres disent que la Chine est une menace. Moi je dis que la Chine est une chance pour l'Afrique, parce que la Chine investit dans les infrastructures. La Chine est le principal consommateur. Pourquoi les grandes sociétés occidentales doivent faire l'intermédiaire entre la Chine et l'Afrique ? Pourquoi nous n'allons pas travailler directement avec la Chine ? », assure à son tour Alpha Condé.

« C'est notre intérêt, c'est l'intérêt de la Chine, laisse-t-il entendre. C'est pourquoi nous ne sommes pas du tout inquiets. La coopération avec l'Afrique ne peut qu'être bénéfique à l'Afrique et bénéfique à la Chine. Nous avons des projets de barrages, ensuite nous avons le projet de chemin de fer Conakry-Bamako et aussi nous voulons faire l'autoroute Koya-Mamou. »

C'est un corridor important pour l'économie guinéenne, puisque « le port de Conakry est le port le plus proche pour le Mali. Le port de Conakry est à 900 kilomètres de Bamako, alors que Dakar est à 1.200 kilomètres », soutient le chef de l'Etat.

Selon lui encore, « nous comptons sur la Chine pour qu'elle nous accompagne dans le domaine des mines et dans le domaine de l'agriculture. Nous avons demandé aussi à la Chine de nous faire la géophysique. Parce que la Guinée a beaucoup, beaucoup de richesses, pas seulement la bauxite, mais nous n'avons que des indices. Nous avons le platine, l'uranium et beaucoup d'autres minerais ».

« Nous avons aussi demandé des laboratoires, révèle-t-il en outre, parce que très souvent ces sociétés [occidentales] nous trompent. Par exemple, quand on exploite la bauxite, est-ce que c'est 50% ou 60% ?

Nous voulons une coopération très étendue : infrastructures, agriculture, mines et aussi transfert de technologies. »

Pour le moment, aucune projection n'est avancée concernant la transformation locale du minerai de fer de Simandou. Seule certitude connue, « pour transformer, il faut beaucoup d'énergie. Nous avons fait le barrage de Kaleta. Les Trois Gorges vont commencer le barrage Souapiti en fin décembre, qui fait 650 mégawatts ».

Source:Xinhua

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