Alpha Condé, quitte ou double (partie 2)

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Comme je l'ai indiqué dans la partie 1 de ce texte, il est fort peu probable qu'Alpha Condé, hermétique au compromis, et persuadé de sa vista, accepte de transiger sur la présence de Waymark dans le processus électoral, tout juste pourrait-il concéder les primo électeurs de la diaspora, pour illustrer le fait qu'il peut faire des concessions. Mais comme nous l'avons vu, les leaders de l'opposition ne peuvent décemment pas accepter leur mise à l'écart.

Je terminais mon texte précédent en indiquant que tant que la possibilité d'obtenir un compromis subsistera, les politiciens feront certes le gros dos (des marches pacifiques notamment), mais espéreront toujours un éclair de lucidité d'Alpha Condé, permettant d'obtenir des élections crédibles. La ligne rouge est donc constituée par le décret de convocation des électeurs, 70 jours avant la date du scrutin.

La deuxième partie de ce texte indique donc ce qui se passera, si Alpha Condé n'en fait qu'à sa tête et veut forcer le passage, en maintenant Waymark envers et contre tout, soit la fameuse ligne rouge à ne pas dépasser.

J'ai longuement hésité avant d'étaler certaines informations, dont certaines pourraient éventuellement nuire à l'opposition, mais il faut montrer que la politique n'est que l'art de conduire les affaires de la Cité (qui appartiennent à tous), et qu'elle doit être transparente autant que faire se peut.

La ligne rouge à ne pas dépasser

Lorsqu'on accule quelqu'un dans ses derniers retranchements sans aucune porte de sortie, il est normal que ce dernier utilise tous les moyens possibles pour se sortir de ce mauvais pas. Dès lors l'opposition mettra toutes ses forces dans la bataille, et même davantage encore. En effet, si l'on considère que la plupart des manifestants appartenait de près ou de loin à l'UFDG, le 27 Février dernier, toutefois davantage de militants sont sortis, et notamment le PEDN de Lansana Kouyaté, le GPT de Kassory Fofana et même l'UPG de Jean-Marie Doré. On imagine facilement que par la suite, de plus en plus de partis appelleront leurs militants et sympathisants à défiler, et cela risque de faire du monde dehors.

Si Alpha Condé s'imagine qu'il suffira de les laisser marcher tranquillement, mais que cela ne changera rien à son entêtement, il risque de tomber des nues face à la détermination de ses adversaires, qui iront même jusqu'à demander son départ. Et Dieu seul sait ce qui peut advenir ensuite...

On supposera donc les deux cas de figure, un départ d'Alpha Condé avant la tenue des élections qui ne se tiendraient donc pas, ou un départ à l'issue des élections, qui iraient jusqu'au bout du processus, consacrant évidemment la victoire écrasante d'Alpha Condé aux législatives. Dans les deux cas de toute façon, l'opposition restera déterminée à le chasser du pouvoir.

La question du départ d'Alpha Condé

Si vous interrogez n'importe quel diplomate sur cette question, ils répondront officiellement qu'elle n'est pas à l'ordre du jour. Officieusement toutefois, la Communauté internationale a étudié la question. Elle l'a d'autant plus fait, qu'elle en a assez de la rigidité extrême d'Alpha Condé, qui avait toutes les cartes en mains pour permettre au pays d'amorcer un décollage économique, mais que, perdu dans sa volonté obsessionnelle de réduire à néant ses adversaires – comme si c'était l'objectif premier d'un chef d'État -, il en a oublié l'essentiel, à savoir améliorer le sort de ses compatriotes, malgré les soutiens directs et indirects de la Communauté internationale.

Pire les projets qui faisaient la fierté de ce régime (une usine d'aluminium avec Rusal, et le projet Simandou par exemple), sont suspendus, pour ne pas dire plus. Autant dire que la situation économique et sociale va être particulièrement difficile.

Dès lors, la question qui se pose dans ce cas de figure se décline en deux aspects, comment obliger Alpha Condé à quitter le pouvoir, mais aussi, que faire ensuite ? Avant de répondre à ces deux questions, il est nécessaire d'évoquer la déclaration d'un organisme qui se fait appeler « Mouvement social guinéen », qui se réveille d'un coup – où étaient-ils auparavant ? - et qui semble prendre la mesure des changements à venir.

« Le mouvement social guinéen - au nom de l'ensemble des citoyens guinéens [on conteste cette réalité] -, met en garde tous les acteurs politiques de quelques bords qu'ils soient, contre toutes les velléités de remise en question des acquis démocratiques encore fragiles, de la cohésion sociale, de l'unité nationale et de la paix ». Sans commentaires...

Comment Alpha Condé peut-il partir ?

Habiller « juridiquement », ce qui constituerait une sorte de coup d'État civil, avec la fin avant terme d'un mandat « démocratique » (au moins sur le plan formel), car il n'est pas question d'un coup d'État militaire, n'est a priori pas évident, même si cela perturbe davantage les légalistes que nous sommes, que la population, dont les préoccupations sont autres. Un coup d'État militaire, et chacun peut le constater, est, depuis son interdiction formelle par l'Union Africaine, non viable financièrement, même s'il reste possible techniquement. En bloquant tout financement, les militaires n'ont d'autres choix que de rendre le pouvoir aux civils. On imagine donc que quand bien même les militaires interviendraient directement ou indirectement, leur objectif – parce qu'ils n'ont pas le choix – sera de remettre le pouvoir au civil (voir ci-après). Bien sûr, il reste le faux coup d'État militaire destiné à enlever Alpha Condé, dans le but que tout change... pour que rien ne change. Cette solution est écartée pour le moment, parce que le culte du chef est tel chez les RPGistes, que cela paraît improbable. En fait, en dehors du coup d'état militaire, il existe trois manières de faire partir un régime civil :

  • négocier avec lui directement sa démission (tout le monde comprend qu'Alpha Condé a des choses à faire oublier, et sur le plan des droits de l'Homme, et sur le plan financier) ; en général, certains acceptent en échange d'impunité pour eux et leur famille, ce que seule la Communauté internationale ou un grand pays peut garantir. C'est la raison pour laquelle la Communauté internationale doit être présente depuis le début du processus (mise en œuvre des élections législatives crédibles) jusqu'à la fin (départ d'Alpha Condé, mise en place d'un gouvernement d'Union nationale de transition avec une feuille de route transparente et acceptée par tous). Même si Alpha Condé n'acceptera vraisemblablement pas ce deal, c'est pourtant le seul où il se trouverait en position (relative) de force, puisqu'il n'est pas « demandeur ». Alpha Condé considère la négociation comme un rapport de force où l'un doit écraser l'autre, alors qu'en principe, une négociation est la rencontre d'acteurs, qui défendent leurs intérêts respectifs, et où il faut trouver un compromis entre ces intérêts divergents.
  • le menacer d'un procès devant la Haute Cour de Justice (HCJ) pour trahison, avec tous les risques de poursuite sur les plans évoqués précédemment, dans la mesure où il n'y aurait pas d'accord. La HCJ sera mise en place à l'issue des élections législatives contrôlée (voire co-organisée) par la Communauté internationale, ce qui consacrera l'existence d'une Assemblée Nationale. « La HCJ est compétente pour juger les actes accomplis dans l’exercice ou à l’occasion de leurs fonctions par le PRG en cas de haute trahison » (article 118 de la Constitution), c'est-à-dire « lorsque le PRG... est reconnu auteur, coauteur ou complice de violations graves et caractérisées des droits humains... » (article 119). « En cas de condamnation, ils [les membres poursuivis] sont déchus de leurs fonctions » (article 120).
  • la dernière possibilité est la plus périlleuse (mais peut-être la plus vraisemblable, car il est évident qu'Alpha Condé ne va pas lâcher facilement son rêve de toute une vie), consiste en des manifestations de rue imposantes, qui ne laissent aucune alternative possible, et qui présupposent d'avoir « retourné » éventuellement quelques militaires qui comptent. Entre temps, les nouvelles instances – à la suite des élections législatives - auront été mises en place et l'opposition au sens large, bénéficiera de la légitimité populaire avec ces élections, ou à l'inverse si elles sont allées au bout du processus frauduleux, ces instances seront empêchées de fonctionner.

La ritournelle de la Communauté internationale, lorsqu'une société civile lutte pour remplacer un dictateur, est de dire qu'il n'existe personne pour prendre la suite, et elle a souvent elle-même personnellement participé à cet état de fait. Cet argument était plus difficile à mettre en avant en Guinée, dans la mesure où il était malvenu d'évoquer l'expérience du titulaire actuel du poste (qui n'a jamais travaillé), face à celle des anciens Premiers Ministres (PM) par exemple. Des hurluberlus s'y sont quand même essayés. C'est la raison pour laquelle, l'opposition s'est efforcée de maintenir une unité – envers et contre tout -, amenant certains d'entre eux d'ailleurs, à avaler des couleuvres parfois, face à certains événements où des divergences de vues s'étaient exprimé en comité restreint. L'important était – est toujours - de montrer une unité de tous, ne serait-ce que pour illustrer que toutes les régions peuvent collaborer ensemble, au contraire de la volonté d'exclusion d'Alpha Condé.

Pour quoi faire ?

Le temps d'obtenir le départ d'Alpha Condé n'est pas forcément le plus difficile, et la longueur entre la décision de départ et le départ effectif dépend de deux facteurs : il faut retourner quelques militaires pour obtenir leur passivité éventuelle dans les moments critiques (il faut toujours envisager le pire, mais la Communauté internationale a suffisamment d'arguments), et surtout il s'agit de mettre en place une feuille de route, ce qui suppose la résolution de 3 questions primordiales :

  • quel programme mettre en œuvre pendant la transition ?
  • avec qui ?
  • pour combien de temps ?

La première et troisième question posent moins de problèmes que la seconde, même si elles doivent être résolues avant. La deuxième pose problème, parce que l'unité entre les opposants pour bouter Alpha Condé dehors est réelle, mais risque de s'effriter lorsque le principe en sera acquis, chacun faisant valoir ensuite ses ambitions personnelles avant l'intérêt collectif. C'est bien le problème des politiciens en général, mais particulièrement exacerbé en Afrique (donc en Guinée), où l'on conçoit le pouvoir comme un moyen personnel de s'enrichir, et non comme un moyen d'améliorer la situation du pays, et de ses ressortissants. Il faut donc bien insister sur le projet commun, sachant qu'en principe la personne chargée de le mettre en œuvre avec les autres, ne devrait pas avoir d'importance. L'expérience de Jean-Marie Doré toutefois, nous incline à la plus grande prudence. On sait qu'en Afrique en général, en Guinée en particulier, avec le culte du chef, il en va malheureusement autrement. Et personne n'a suffisamment d'expérience démocratique pour que cette question soit simple.

La transition, combien de temps ?

J'aborde la question qui soulève le moins de difficultés a priori, et si l'on postule que d'une manière ou d'une autre Alpha Condé s'est retiré, disons en Juin 2013, avec une fin de mandat en Juin ou Décembre 2015, la transition durerait donc au minimum 2 ans.

Devra t-on faire des élections présidentielles à l'issue de cette transition, sachant qu'elle a fonctionné sans ? Devra t-on la poursuivre pour continuer le travail de redressement entamé ? Chacun devra s'exprimer et apporter sa contribution en sachant qu'en théorie – sous réserve des remarques précédentes - le plus important n'est pas tant le titulaire du poste, que le contenu du projet réalisé.

Quel programme mettre en œuvre pendant la transition ?

Obliger les partis à définir tous ensemble la politique du pays dans de nombreux domaines, de sorte que quel que soit le parti, au moins la politique économique par exemple, soit la même pour tous. Continuons à dénoncer, mais apprenons aussi à construire, car c'est ce qu'on attend d'un gouvernement, et s'ils n'ont aucun projet, ils n'iront nulle part, ou s'en remettront aux conseillers étrangers, voire se rempliront les poches.

Il est quand même scandaleux qu'Alpha Condé, qui revendique une vie d'opposant pendant 40 ans, soit arrivé les mains dans les poches, en toute improvisation, avec un projet publié 10 jours avant le premier tour des présidentielles, des nominations ministérielles pléthoriques qui se sont étalées sur près de 6 mois, et des revirements, qui dénotent une navigation à vue, impardonnable pour quelqu'un qui prétendait posséder une vision. On se rend donc compte qu'à 75 ans, la vue baisse inéluctablement !!! Lorsqu'on ne sait pas où on veut aller, on ne va nulle part. Même si les compétences et l'expérience de certains membres de l'opposition sont indéniables, je ne leur fais pas une confiance, au point d'imaginer qu'ils ont la même vision sur ce que sont les intérêts du pays et la manière de les défendre. C'est la raison pour laquelle, chacun doit pouvoir contribuer – comme je le fais ici – afin de partager son expérience, de sorte qu'un futur gouvernement ait au moins des objectifs cohérents et réalistes.

Je publierai un autre papier ultérieurement pour ouvrir des pistes sur le contenu de cette nouvelle transition (je l'ai déjà fait ici néanmoins pour partie : http://guineeactu.info/debats-discussions/tribunes-libres/1003-ce-qualpha-conde-pourrait-faire-en-2012-pour-enfin-lancer-le-pays-sur-de-bons-rails.html). On doit néanmoins évoquer ici l'obligation de former une équipe de jeunes cadres compétents et formatés pour l'intérêt général (honnêtes ne se décrète pas), appelés à prendre la relève... de manière collective, ce qui apparaît comme l'une des réformes les plus importantes. Cela nécessite la création d'une École Nationale d'Administration et de la Magistrature, et d'une École de Commerce (où on formera des créateurs d'entreprise, mais aussi des gestionnaires).

Qui pour faire la transition ?

D'aucun doivent se dire, quel serait l'intérêt de remplacer un Alpha Condé, qui certes n'est pas la solution pour la Guinée, par des opposants qu'ont a vu à l’œuvre et qui sont loin d'avoir donné satisfaction. J'y répondrais par 4 remarques :

  • premièrement on pourrait qualifier – certains l'ont fait - de criminels économiques tous les ex PM, encore faut-il le prouver, et l'on s'étonne qu'Alpha Condé, juriste prétendu (il se fait même appeler Professeur) n'ait pas utilisé les procédures juridiques pour les confondre (c'est-à-dire les éliminer définitivement politiquement, encore qu'en Guinée !!!), mais ait cherché à les évincer par de viles manœuvres, voire physiquement (en Septembre 2012). Mais même en admettant qu'il y ait eu vol ou détournement, il est toujours possible de récupérer certaines sommes, alors qu'on ne peut pas faire revenir les morts. Certains pourraient dire, que des meurtres et/ou des assassinats ont eu lieu sous Conté, ils en sont donc complices. En d'autres lieux que la Guinée, je dirais oui, encore que cette complicité – qu'elle soit active ou passive - doit se prouver également (car elle peut entraîner les mêmes peines que l'auteur direct des faits). Mais en Guinée pour un PM, en l'absence de responsabilité complète de sa politique (il n'est que l'instrument volontaire ou pas du PRG), les seules alternatives sont de démissionner ou de profiter du système. Il est vrai que les démissionnaires se comptent sur les doigts d'une main, mais ce n'est pas le lieu ici de disserter sur ces considérations (cela peut-être fait en d'autres occasions), l'essentiel étant de vous montrer la différence de nature avec le régime d'Alpha Condé, qui est toujours militarisé, et qui tue alors que son régime n'est même pas remis en cause.
  • deuxièmement dans l'hypothèse d'une reddition plus difficile, la rue est-elle prête à se battre pour des opposants dont la crédibilité n'est pas forcément élevée, tout en sachant que l'obstacle militaire, dont les dirigeants sont nuisibles et improductifs, est toujours là. Ces derniers ne sont malgré tout pas prêts à laisser la place, qu'ils avaient négocié au mieux de leur intérêts avec Alpha Condé (toujours 30 à 50% du budget pour 0,5% de la population). Paradoxalement la plus grande difficulté n'est plus de convaincre la population du choix qui lui est offert, n'ayant plus aucune perspective avec ce régime, car chacun se bat pour son propre avenir. Un travail, le mariage et un logement sont les 3 critères qui définissent l'adulte, mais sont hors de portée pour la quasi totalité de la jeunesse.
  • troisième point : parce que le but d'une transition qui pourrait durer 2 à 7 ans, c'est de mettre la Guinée sur les rails, il ne faut pas se le cacher en jouant la démagogie. De nombreuses personnes – que je qualifierais de lucides – avaient estimé qu'à la suite des expériences de Dadis Camara et de Konaté, il fallait un gouvernement d'union nationale pour relever les défis du pays, qui sont les mêmes pour tous. Certes les moyens diffèrent entre l'étatisation plus ou moins présente, que voudraient ou pas certains, mais pour l'essentiel les objectifs sont les mêmes. Aujourd'hui le Collectif des partis politiques ADP a non seulement la particularité de regrouper toutes les composantes ethniques de la Guinée, mais surtout il a montré que les opposants de toutes régions pouvaient travailler ensemble, alors qu'Alpha Condé s'évertuait à essayer de montrer le contraire. Nos ex PM ont de l'expérience, ils n'ont jamais été en charge directe de tous les leviers du pouvoir, chose qu'on oublie un peu trop facilement à mon goût. Ils le seraient sous la double supervision de la Communauté internationale (en termes de contrôle financier par exemple), mais aussi d'une société civile rénovée, que j'appelle de mes vœux. Une société civile qui se suffit à elle-même et qui n'a pas besoin des moyens financiers du gouvernement pour défendre les intérêts... du gouvernement. Elle doit être indépendante. On pourrait même lui demander de ne pointer que ce qui ne fonctionne pas dans ce régime de transition, en vue de chercher à l'améliorer.

La nécessaire présence de la Communauté internationale

La Communauté internationale ne veut pas s'imposer – la Guinée est un État souverain -, mais tente par des missions ponctuelles de redevenir acteur d'une médiation. Si les événements se précipite, elle n'aura pas d'autre choix, et ce d'autant qu'elle doit intervenir à deux niveaux :

Assurer le respect des accords entre les différentes parties

Si Alpha Condé acceptait de partir de son plein gré (même si je n'y crois pas, il faut envisager cette possibilité), il lui faudrait être sûr que ce « gentlemen's agreement » puisse être respecté, d'où la présence obligatoire de la Communauté internationale.

De même avec des militaires qui seraient plus ou moins parties prenantes, la nécessité de garanties (notamment d'impunités) s'avère indispensable pour les convaincre de leur neutralité et/ou actions, en cas de manifestations. Certains militaires sont tellement conscients de leurs exactions, qu'ils craignent une « revanche » de leurs adversaires, alors que l'opposition est diverse.

Accompagner le début de la transition sur de nombreux plans

On pense bien sûr au niveau financier lorsqu'on parle d'accompagnement, mais j'entends par là également, épauler la nouvelle société civile pour qu'elle continue sa vigilance, vis-à-vis d'un nouveau régime, qui n'emportera pas les suffrages de toute la population.

Conclusion

En conclusion, certains pourront dire que tout cela est intéressant, mais qu'ils ne sont pas d'accord avec ce schéma. Le but n'est pas de compter le nombre de partisans ou d'adversaires. Le but est d'ouvrir les yeux à tous ; on a assez dit que les cadres de Guinée avaient fermé les yeux, pour ne pas se le voir reprocher ensuite. Accessoirement il faut susciter le débat, j'ai bien dit débat. Pour ébaucher ce scénario, je suis parti de ce que je connais des réalités politiques africaines (études comparatives, je n'ai rien inventé). Cela ne correspond pas forcément à mon souhait le plus profond, mais à ce qu'il est possible de faire, au vu des réalités politiques guinéennes actuelles. Chacun peut et doit apporter sa pierre à l'édifice, non sur les moyens d'y parvenir (car ils ne sont pas extensibles à l'infini), mais sur le bien fondé. Il y a forcément des lacunes, mais c'est au moins un point de départ concret, à partir duquel il est possible de travailler.

Il est aujourd'hui inadmissible de voir un « juriste » bafouer chaque jour la constitution, et se comporter comme le dernier des roitelets africains, tels qu'on en a connus dans les années 70/80 (Bokassa, Amin Dada...), et de compter le nombre de victimes pourtant pacifiques, qui sont assassinés froidement à balles réelles, en toute impunité. Il faut que cela cesse, et il n'y a pas trente six manières d'y parvenir...

Et ceux qui demandaient à fermer les yeux, compte-tenu des résultats économiques (lesquels ?), ou ceux à venir (lesquels ?) en seront pour leur frais.

Gandhi, citoyen guinéen

« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace ». (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, Mai 1791).

Haroun Gandhi Barry

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