Alpha Condé, un bilan contesté après deux ans

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Il paraît incroyable de voir certains thuriféraires du président du RPG faire son éloge panégyrique, pour dire que son bilan est très positif, et que les perspectives d'avenir sont réjouissantes. Reprenant l'essentiel des points présentés comme positifs, il paraît nécessaire, deux ans après l'investiture d'Alpha Condé, d'en contester sommairement ce bilan dithyrambique.

Si l'on compare en outre les réalisations concrètes, au projet initial du RPG - il n'y a pas lieu de le faire ici -, nous pouvons même constater le gouffre entre les nombreuses promesses démagogiques et la réalité.

Ainsi Damantang Albert Camara, le ministre de l'enseignement technique, de la formation professionnelle et de l'emploi, qui est aussi porte-parole du gouvernement, fait le bilan de cette période. Il convient d'en commenter ses conclusions fantaisistes, et même intellectuellement malhonnêtes parfois. C'est pourquoi simple réponse à ses allégations aujourd'hui, un bilan beaucoup plus détaillé sera fait le mois prochain.

Les déclarations fantaisistes du porte-parole

« Ce qui est important, ce sont les politiques et les réalisations que nous mettons en œuvre sans relâche, pour améliorer progressivement les conditions de vie des Guinéens et pour créer des emplois. Ce qui compte, c'est aussi la confiance que l'État guinéen a réussi à restaurer, à force de bonne gouvernance, avec son peuple, ainsi qu'avec les institutions internationales et les investisseurs étrangers ».

Voilà comment commence l'entretien du ministre. Pour en comprendre le contenu, il suffit simplement de remplacer les mots « peuple » et/ou « Guinéen » de son discours, par l'expression « nos militants et/ou sympathisants du RPG » et dès lors tout devient lisible.

Il poursuit : « en deux ans seulement, la Guinée a accompli des avancées importantes, dans tous les domaines. Le ministère de la pêche enregistre près de 30 milliards de recettes annuelles de licences de pêche alors que les exercices précédents ne déclaraient que 6 milliards en moyenne ».

« Dans TOUS les domaines », la population appréciera... À quoi sert de nous abreuver de chiffres que personne ne peut vérifier, faute d'indicateurs fiables ? Même la Banque mondiale se plaint de ne pouvoir se fier à des données partielles ou erronées. Passer de 6 à 30 milliards revêt beaucoup de significations fort différentes. Cela peut vouloir dire que les recettes rentrent davantage auprès du Trésor public (ce qui serait une bonne chose, si c'était le cas), mais cela peut aussi signifier un quintuplement du prix des licences (ce qui serait également une bonne chose), mais de toutes façons cela ne nous renseigne en rien sur la nationalité des destinataires de ces licences, dont on peut penser qu'il n'existe aucun Guinéen, à l'exception des nombreux intermédiaires qui n'ont d'autre utilité que de s'en mettre plein les poches. A quand un armement guinéen avec des marins guinéens, qui amèneront régulièrement du poisson au port à des prix raisonnables ? La réponse est occultée... puisqu'on ne lui pose pas la question.

Il insiste : « la Guinée a gagné 10 places au classement de l'indice de perception de la corruption, et 3 places au classement « Doing business » de la Banque Mondiale. Tout ceci s'appelle bonne gouvernance ».

C'est bien de mettre en avant la faible progression à ces différents classements. Il eût été mieux de s'en passer, si l'on considère que la Guinée fait encore partie des 10 meilleurs... en partant de la fin. Quant à la définition de gouvernance, elle est à revoir.

Lorsque le commentateur de Guinéenews rappelle non seulement, que le point d'achèvement de l'IPPTE a été atteint, sans que cela n’ait eu aucun impact sur le panier de la ménagère, mais demande en outre ce que fait le gouvernement pour améliorer les conditions de vie des Guinéens, il n'obtient que des réponses vaseuses.

« C'est la priorité du gouvernement, nous y travaillons chaque jour, sans relâche [chacun avait remarqué]. Le plus grand ennemi du panier de la ménagère étant l'inflation et l'instabilité des devises, nous avons concentré nos efforts et demandé aux Guinéens de consentir à des sacrifices importants pour juguler l'inflation. Aujourd'hui l'inflation est maîtrisée autour de 14% ».

Nous apprenons ainsi que la population est responsable de l'inflation, qui on le rappelle, est une hausse généralisée des prix (sic!!!). On comprend mieux pourquoi elle reste à deux chiffres, et manifestement cela n'a pas l'air de déranger cet individu, qui ne doit pas en souffrir particulièrement, pour proférer pareilles inepties. Par ailleurs dire que l'on maîtrise une inflation à deux chiffres, en dit long sur la culture économique de ce gouvernement.

« Mais l'essentiel est la priorité donnée à l'amélioration du quotidien des Guinéens [ce que constate tout Guinéen]. Pour la première fois, l'appui à la sécurité alimentaire a permis de faire baisser les importations de riz de 30% et de diviser le prix du riz local par deux ».

Le gouvernement étant le seul à évoquer des chiffres, il est difficile de les contester. On peut dire néanmoins qu'en privant les agriculteurs de vendre leur riz où ils veulent et à qui ils veulent, et en les obligeant à brader leur riz au profit de nouveaux commerçants, il est clair qu'on peut sans doute obtenir ce résultat.... mais pour un an seulement, les paysans n'ayant pas la mémoire courte. Leur production baissera l'année prochaine, car ils ne se feront pas avoir deux fois, et cette politique mise en place, va à l'encontre de celle d'autosuffisance prônée.

« Vous avez des préfectures qui n'avaient jamais connu l'éclairage public qui sont aujourd'hui alimentées avec de l'énergie solaire ». Les gens réclament l'éclairage privé. L'éclairage public (à l'aéroport par exemple), permet à des étudiants d'aller réviser sous les lampadaires. Est-cela que ce gouvernement a à proposer en matière d'électricité ?

« De nouvelles centrales thermiques ont été achetées... ». Ce n'est par ce biais que nous résoudrons nos problèmes énergétiques, sans compter les problèmes environnementaux. Comment financer les charges, et notamment le carburant ?

« Sur nos propres ressources nous avons reconstruit ou réhabilité plusieurs routes ». Encore heureux qu'un gouvernement puisse se prévaloir de réalisations. Encore faut-il s'entendre sur le terme de ressources propres. Quand la Chine fait un don à la Guinée, il est clair que la somme devient une ressource propre à la Guinée, mais celle-ci ne l'a pas créée par le travail de ses ressortissants !!!

« Comme le dit le PRG, notre plus grand résultat c'est l'accompagnement constant des populations guinéennes ». Il vaut mieux en rire que de pleurer..., mais je crois que les gens commencent à comprendre les tenants et aboutissants de la communication de ce gouvernement.

« Tout se passe comme si la société civile guinéenne avait pris conscience des enjeux qui se présentent à nous et avait décidé d'aider le Président dans sa tâche ». C'est beau de rêver, les syndicats ont été aux prises avec un faux conflit qui les a anesthésiés pendant cette période, et ce n'était pas forcément fortuit. Quant à la société civile, il faut s'entendre sur sa définition. Elle ne se résume évidemment pas à quelques individus béotiens qui prétendent parler au nom de tous.

« En prenant uniquement le secteur formel et les statistiques disponibles dans les structures que j'ai citées précédemment, il y a eu au minimum 42000 emplois directs créés entre Janvier 2010 et Décembre 2012 ».

On aurait préféré Janvier 2011, car si les emplois ont été créés en 2010, Alpha Condé n'y est pour rien. Par ailleurs, il faudrait procurer systématiquement ces données à la presse, plutôt que d'indiquer qu'ils sont la réalité et qu'on devrait les prendre pour argent comptant. Lorsqu'on constate les mensonges flagrants du gouvernement, on est bien en droit de douter de leur véracité. Quant à la question de l'emploi, il faudrait toujours se référer aux fameux chiffres, qu’on n’obtient jamais lorsqu'on les cherche.

« Ces chiffres ne comprennent pas le secteur informel qui est le plus grand pourvoyeur d'emplois en Afrique. Quand on sait [moi je ne sais pas], qu'un emploi direct correspond à au moins 3 à 4 emplois indirects et induits, je vous laisse vous même faire le calcul ».

C'est pourtant ce gouvernement qui voudrait supprimer l'emploi informel, afin de l'intégrer dans le secteur formel, et pouvoir ainsi le racketter.

« Que les observateurs, analystes économiques et journalistes ne soient pas en mesure de vérifier l'information ce n'est vraiment pas professionnel ».

Depuis quand les journalistes doivent-ils rechercher l'information officielle ? Y aurait-il certaines choses à cacher, qu'on ne puisse être complètement transparent sur des données qui sont pourtant censées renforcer la crédibilité du gouvernement ?

Les déclarations mensongères du porte-parole

« Mais on ne retient pas assez que la Guinée est l'un des seuls pays au monde où le prix du carburant à la pompe n'a pas bougé depuis deux ans ». On en reste sans voix...

Quant aux résultats obtenus en deux ans, beaucoup de poudre aux yeux.

« Je ne vais revenir sur les grandes réalisations que sont le rééquilibrage de tous les indicateurs macroéconomiques, l'atteinte du point d'achèvement de l'IPPTE et l'allègement de la dette extérieure guinéenne, le déblocage du 10ème FED. Notre gouvernement a obtenu un quitus sans équivoque pour sa gouvernance par tout ce qui compte aujourd'hui au niveau des institutions internationales ».

Beaucoup confondent gestion financière et politique économique. Certains par ignorance ou incompétence, d'autres pour masquer par de simples résultats financiers, l'absence de politique économique du gouvernement.

En matière financière, les résultats sont officiellement là, mais il eût été difficilement compréhensible que le FMI, qui pilote le redressement financier du pays, ne se décerne pas des lauriers à lui-même, même s'il faut reconnaître que ce régime en a accepté les conséquences (austérité accrue pour la population), et cela ne manque pas de courage. Il manque néanmoins de pédagogie – la transparence est complètement absente -, Alpha Condé ayant rusé pour créer artificiellement un conflit entre des responsables syndicaux, ce qui a eu pour conséquence que ces syndicats et une certaine société civile, ont fait une « trêve sociale » pendant près de deux ans, permettant au gouvernement, non seulement de faire des économies budgétaires, mais également de mettre en avant la stabilité du pays. Mais on ne motive pas une population seulement en lui disant de se serrer la ceinture. En outre, ces événements qui sont présentés comme des « succès », sont surtout la conséquence de la volonté des partenaires du développement, d'aider les populations guinéennes meurtries, à sortir de la misère plutôt que le résultat d'une bonne gouvernance. La Guinée était incapable de rembourser certaines dettes, or le principe de l'IPPTE c'est de rendre le pays capable de rembourser, un tant soit peu.

Ces résultats, qui sont par ailleurs le fruit d'un travail préalable, sont une bonne chose pour le pays (puisque le stock de dettes diminue), mais ne vont malheureusement pas changer quoi que ce soit à court terme pour la population, qui a eu à s'en rendre compte assez vite.

Quant au déblocage du 10ème FED, je préfère y voir la volonté de l'UE de déconnecter – au moins psychologiquement - les financements de l'UE avec la tenue des élections législatives. En procédant ainsi, l'UE coupe l'herbe sous le pied du gouvernement en absolvant l'opposition de sa volonté éventuelle de blocage des élections, donc des financements européens. Elle l'exhorte donc à trouver une solution indépendante des questions financières. Qui va se plaindre que le pays bénéficie de dons dans certains projets ciblés ? De toutes façons, il ne reste que 174 millions (à comparer aux 700 millions de Rio Tinto), 62 millions ayant déjà été affectés au remboursement de dettes... de l'UE – la BEI en l'occurrence -, et une partie du reste servira certes à des projets concrets, mais cela ne fait pas oublier qu'une autre partie est consacrée à la réforme des forces de sécurité, autrement dit à assurer les salaires de nos criminels. Alpha Condé aurait t-il des problèmes de fin de mois, si l'on se réfère à une aide budgétaire – mot suffisamment neutre pour camoufler le fait qu'il s'agit de salaires - de la France de 5 millions d'€ ?

Enfin en matière de barrages, de constructions d'hôtels ou de routes, il n'y a aucune entreprise guinéenne à la manœuvre. De même en matière agricole, ce sont les Chinois qui ont fourni le matériel qu'on a donné aux paysans sans leur demander s'ils en avaient besoin. On a fourni de l'engrais surfacturé aux paysans, de sorte que l'État se retrouve endetté d'autant. Si c'est cela le bilan positif !!!

« Imaginez que nous avons réalisé tout ceci alors que la Guinée est encore sevrée de l'aide internationale ! » Quel mensonge éhonté (voir ci-dessus par exemple). Doit-on rappeler ce que la Banque mondiale, la Bad, le FMI et même l'UE financent parallèlement, sans compter les aides bilatérales françaises, chinoise, japonaise, moyen-orientales...

Dans un gouvernement de clochards, puisqu'ils mendient systématiquement l'aide d'investisseurs étrangers, allant même jusqu'à déclarer publiquement que les marches pacifiques n'ont pour but que de décourager ces investisseurs, nous ne sommes pas sortis de l'auberge. À aucun moment dans ses discours, Alpha Condé n'a réclamé le travail des Guinéens pour sortir le pays de l'ornière. En tant que responsable de la fonction publique, il n'a pas montré grand chose, ne serait-ce que faire respecter les horaires par les fonctionnaires. Il n'y a pas besoin d'argent pour cela, et cela montrerait qu'on se met au travail. Il est vrai qu'on ne peut pas demander à quelqu'un qui ignore ce concept, de le mettre en exergue.

La Guinée ne crée rien, vit d'assistance et de la vente de produits primaires. Est-cela la seule ambition de ce gouvernement, qui ne fait strictement rien pour changer cette situation, et continue à pleurer pour augmenter les recettes minières, comme si nous n'étions capables que d'aumône ?

« L'un de nos principaux ennemis est la « dictature de l'urgence » qui voudrait que l'on prenne des mesures ou que l'on signe des accords populistes dans des conditions désavantageuses pour les générations futures ». Encore un qui n'a pas lu le projet du RPG qui promettait des mesures en deux ans maximum (c'est écrit) ou n'a pas entendu les promesses pédagogiques de son boss, que j'ai honte de répéter.

Refaire un code minier prouve que l'on s'est précipité à l'écrire pour obtenir des résultats, et qu'on sacrifie donc l'avenir. De même les centrales thermiques « achetées » pour mettre de l'électricité rapidement sacrifient, et l'environnement, et les finances publiques (achat de carburant pour les faire fonctionner). Enfin les seules mesures concrètes envers les jeunes, constituent en l'intégration de certains militants et ou sympathisants du RPG dans les forces de sécurité. Ce qui en dit long sur la priorité de ce gouvernement pour sa seule sécurité, ou pérennité. De toute façon, Alpha Condé qui déclare régulièrement que les jeunes constituent l'avenir du pays, le prouve quotidiennement en rappelant des retraités. Le vrai message est clair !!!

« Il n'est pas question d'hypothéquer le patrimoine guinéen pour régler des difficultés conjoncturelles ». La vie tumultueuse des projets miniers – avec la valse des partenaires - en constituent une parfaite illustration. De même que pour des terrains vendus 2 ou 3 fois, on a l'impression que le projet de Simandou est offert à différents investisseurs. Enfin le contenu de l'accord Palladino désavoue ces mensonges éhontés (brader le site pour 25 millions de $). Chacun a le droit de se tromper, mais ne pas reconnaître ses erreurs et mentir éhontément pour dire le contraire de ce que l'on fait est indigne. Ce régime ne mérite pas de poursuivre son expérience catastrophique.

« Le dialogue politique existe [???]. Que ce soit le Président de la République ou le Premier Ministre, on ne compte plus combien de consultations ont été menées avec les partis politiques, les syndicats, les groupements, les religieux, les femmes et les autorités traditionnelles, etc... ». Il est clair que les instructions (il ne s'agit aucunement de dialogue, mot proscrit dans la bouche d'Alpha Condé), sont nombreuses avec certaines coordinations, ou autres groupes adeptes des mamayas. Qui des partis politiques ?

« On occulte volontairement tous les compromis qui ont été trouvés entre la nécessité du respect strict des textes et les revendications de l'opposition... Cela a commencé par l'arrêt de la révision des listes électorales par la CENI pour reprendre le dialogue avec l'opposition radicale... Le gouvernement a ensuite accepté la recomposition des CARLE [mensonge éhonté]. Vous vous souviendrez qu'entre temps, alors que le gouvernement souhaitait un recensement électoral [ce qui consistait à violer la loi], le gouvernement a alors accepté une simple révision » [ce qui est la moindre des choses].

« Il a fallu ensuite amender l'article 162 qui, ne l'oublions pas, avait été construit sur mesure, entre les deux tours pour permettre au Président de la CENI d'annuler des bureaux de vote ». C'est d'ailleurs ce même article, qui a permis à Alpha Condé de passer de la troisième position à la seconde (au détriment de Sidya Touré), en supprimant les résultats de certaines circonscriptions favorables à l'UFR (merci Konaté). Alpha Condé est même allé à la Cour Suprême, non pour parler de fraude, mais pour que cette dernière entérine ce classement. A qui a donc profité l'article 162 ?

« Il y a eu après l'audit du fichier électoral réclamé par l'opposition et réalisé par l'OIF ». Pourquoi ne rappelez-vous pas ses conclusions lors du premier audit, ainsi que du second, que Bakary Fofana (nouveau président de la CENI), ne veut pas rendre public. Quid de l'audit du Pnud, également tu ?

« Dans l'intervalle, le Président a accepté la démission du Président de la CENI ». J'ignorais que ce dernier (Louncény Camara) avait démissionné, j'y ai plutôt vu un changement d'affectation vers le Ministère du tourisme !!!

« La réforme du secteur de la sécurité (RSS) est l'un des plus grands acquis du PRG. Il existe cependant des étapes et des délais indispensables sans compter les moyens considérables qui sont nécessaires à cet objectif. Le gouvernement a rapidement pris des mesures pour rétablir la protection des biens et des personnes » [sic...].

Personne n'a vu la couleur des 4 000 militaires retraités, de sorte que si le gouvernement en avait annoncé 15 000, il eût fallu le croire sur parole !!! Par ailleurs, nous avons vu précédemment qu'ils ont été remplacés, alors que les militaires sont la dernière chose dont la Guinée a besoin.

Conclusion

Dans ce bilan édulcoré (pas un mot sur les droits de l'homme, la concorde nationale, la liberté de la presse, le népotisme ou l'ethnocentrisme, le fonctionnement d'une justice aux ordres, le désengagement de certaines compagnies minières, la faillite d'entreprises, etc...), il n'y a pas grand chose à retenir de concret pour la population. Que dire des résultats en matière éducative, sanitaire et social, voire de logement et d'urbanisme ?

En définitive, Alpha Condé présente des résultats obtenus grâce aux partenaires internationaux, et sur lesquels il essaie de s'appuyer pour espérer faire décoller le pays, comme étant le fruit de sa vision. Il peut certes abuser une population analphabète, mais pas ceux qui savent que la gestion financière est un minimum, mais ne suffit pas à développer un pays en l'absence de projet. En matière économique, nous ne sommes confrontés qu'à des déclarations d'intention, mais qui n'ont fait l'objet d'aucun début de commencement. Le chantre du nationalisme à la remorque des autres, quelle déchéance !!!

Son seul souci est de durer et de pouvoir pérenniser le pouvoir du RPG.

Comme je l'ai dit en introduction, il y a trop de zones d'ombre dans ce bilan, qui ne met en avant que les réalisations des autres, que ce soit les institutions financières (IPPTE et FED) ou certains États (la Chine par exemple pour les barrages et hôtels). Où sont les Guinéens ?

Pour ceux qui veulent rire jaune, je les invite à relire le projet du RPG, et notamment les mesures que le RPG s'était promis de mettre en place en deux ans maximum. Toutefois, à l'heure où je parle, le site du RPG n'est plus mis à jour depuis Mai 2011, pourtant une date où de nombreux fonds « litigieux » sont arrivés en Guinée. En outre ce projet et le programme associé ont complètement disparu du site, et ses grandes lignes ont été profondément remaniées (on en comprend facilement les raisons, sic). Je dispose toutefois d'une copie du projet original, pour ceux que cela intéresse.

C’est aussi la raison pour laquelle, il conviendra de faire un bilan beaucoup plus approfondi… le mois prochain.

Gandhi, citoyen guinéen

« Dans tout État libre, chaque citoyen est une sentinelle de la liberté qui doit crier, au moindre bruit, à la moindre apparence du danger qui la menace » (Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, Mai 1791).

Haroun Gandhi Barry

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