Déclaration du FIDH sur le lancement des consultations nationales en Guinée : poser les bases de la réconciliation

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Toutefois, au moment où le contexte social et politique guinéen connaît un regain de tension, au sujet notamment de l'organisation des prochaines échéances électorales, nos organisations estiment que, pour réussir, ces consultations devront être inclusives et conduites dans un contexte social et politique apaisé.

« L'histoire guinéenne récente est marquée par de graves violations des droits de l'Homme. Les innombrables crimes commis au camp Boiro, la répression de 1985, celle des manifestations de janvier et février 2007 ou le massacre au stade du 28 septembre 2009, sont autant de pages sombres, pour ne citer que celles-ci, qui doivent aujourd'hui être lues afin que les guinéens puissent avancer ensemble vers un avenir apaisé » a déclaré Thierno Sow, président de l'OGDH.

La Commission provisoire chargée de la réflexion sur la réconciliation nationale (CPRN), qui organise les consultations, avait été mise en place en août 2011. Le président de la République avait fait de la réconciliation nationale l'un de ses engagements principaux et avait alors nommé à sa tête deux personnalités religieuses du pays, Elhadj Mamadou Saliou Camara, le Grand Imam de la Mosquée de Conakry et Monseigneur Vincent Coulibaly, l'Archevêque de Conakry. Toutefois, le processus de réconciliation n'avait pas connu de développements substantiels depuis lors.

Ces consultations, réalisées avec l'appui du Haut Commissariat aux droits de l'Homme des Nations Unies, devront permettre de recueillir les demandes des guinéens en matière de réconciliation et de prendre en compte leurs exigences pour instituer une future commission de réconciliation légitime et conforme à leurs attentes. Il leur sera demandé de se prononcer sur son mandat, sa composition et sa méthode de travail pour que celle-ci parvienne à la vérité, à la justice et à la réparation des victimes.

« Les enjeux du processus de réconciliation sont fondamentaux pour construire un État de droit. Pour parvenir à cet objectif il est nécessaire de recueillir les aspirations de chacun à connaitre la vérité sur les violations des droits humains qui ont marqué l'histoire de la Guinée », a déclaré Sidiki Keïta, président de l'Association des victimes du camp Boiro.

Pour que ces consultations nationales puissent effectivement jeter les bases d'un processus de réconciliation solide, elles devront se dérouler dans un contexte politique apaisé. Or, l'organisation des élections locales et présidentielles à venir font aujourd'hui l'objet de vives tensions et l'absence d'un dialogue constructif pourrait rejaillir sur le processus de réconciliation.

« La réconciliation ne se décrète pas, elle doit se construire par le processus en cours. A ce titre, le lancement des consultations est une étape nécessaire et il est encourageant de constater que des moyens importants ont été mis en place pour permettre à l'ensemble de la population guinéenne d'y participer. Mais cette étape ne pourra être franchie que dans un contexte politique apaisé et favorable au dialogue » a déclaré Me Drissa Traore, vice président de la FIDH.

Nos organisations rappellent que la justice et la lutte contre l'impunité devront être au cœur de la réconciliation nationale. En particulier, le rôle de la Commission qui sera mise en place à l'issue de ces consultations nationales et celui des institutions judiciaires devront être articulés de façon cohérente afin de garantir aux victimes le droit fondamental à la justice.

Enfin, à cette occasion, nos organisations rendent un nouvel hommage au rôle central de Thierno Aliou Diaoune, coordinateur du Fonds de consolidation de la paix, dans la mise en œuvre du processus de réconciliation nationale. M. Diaoune a été abattu à Conakry le 7 février 2015 et nos organisations attendent que l'enquête judiciaire en cours puisse faire la lumière sur ce tragique événement.

Nos organisations se sont investies depuis de longues années en faveur d'un processus inclusif et participatif de réconciliation nationale qui permettrait non seulement de réconcilier les Guinéens entre eux mais surtout entre les Guinéens et l'État. Nos organisations demeurent convaincues que la réconciliation passe par l'établissement d'un État capable de garantir à ses citoyens la sécurité et des recours effectifs en cas de violations des droits humains.

Source: Fidh

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