L’opposition tel que le pouvoir ? Ou AC vaut-il mieux que ses opposants ?

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L’impéritie d’AC submerge outrageusement l’espace politique guinéen, au point qu’on ne voit partout que cette malfaisante politicaillerie aussi tapageuse que discriminante. A regarder pourtant de près, ce réquisitoire sans concession que l’on fait de bon droit contre le pouvoir et ses affidés, élude les errements récurrents des opposants (CDD, Sidya et Co.).

Dans la débâcle de la nation guinéenne, le pouvoir saurait-il être plus concerné que l’opposition ? Si l’analphabétisme massif s’avère un des obstacles majeurs à l’avènement de la démocratie et de l’Etat de doit en Guinée, sommes-nous pour autant fondés de tout lui imputer ? Quid de ceux qui répondent de la gestion de la cité ?

Sékou Touré a assis sa barbarie sur l’annihilation systématique de toute forme de contestation politique .Après plus de 40 ans de lutte politique  et de vie en France, AC, « démocratiquement élu », clame vouloir «  reprendre la Guinée où AST l’a laissée ». Les tragédies (meurtres, tortures, arrestations arbitraires, viols de jeunes filles, maltraitances d’enfants, j’en passe) perpétrées sous la transition par l’armée mandatée par JMD, sont encore vivaces dans les mémoires. CDD, le tôlier de l’opposition, après s’être fait usurpé sa victoire à la présidentielle au prix d’une mascarade électorale sanglante, vient d’annoncer qu’il accepterait les résultats (« si (…) transparents ») des législatives renvoyées aux calendes grecques .Comme, si tout d’un coup de baguette magique, oubliant tout ce qui s’est passé naguère, il devenait envoûté. Sidérant !

 

De CDD, AC y compris, au dernier (sur la liste !), tous les hommes politiques guinéens ont servi d’une façon ou d’une autre les différentes dictatures qui ont successivement oppressé les guinéens depuis 1958.

Il suffit d’une moindre cohérence du pouvoir par exemple, pour susciter des pirouettes inimaginables au sein de l’opposition : les louvoiements de Sidya Touré un moment, le cas de Dr Saliou Bella ex-Ufdg, Lansana Kouyaté ne serait pas « un  allié fiable », etc.On pourrait multiplier à souhait les exemples de vilenie politique sur l’échiquier politique guinéen.

Entre la fumisterie d’AC et l’ingénuité politique de CDD, le juste milieu flirte avec  l’amateurisme. Bah Oury, faisant figure d’exception dans ce sérail politique qui doit beaucoup envier ses pairs,  mais injustement banni pour l’instant.

Un seul et même handicap devrait donner du remord aux politiques guinéens : le manque suffisant d’efficacité politique, substrat de projet de société.Or, ils se disputent mutuellement la patate chaude, pendant que «le peuple crève » ; ils sont nécessairement dépendants et rivaux.

Ce n’est pas de l’adversité politique ou de l’Etat qu’il faut sortir, mais de l’ethnicisme et de ses corollaires ; de l’ignorance et de la  pauvreté ; de l’irresponsabilité et de l’incompétence politique (pouvoir/opposition) ; de l’insécurité ;  de la dictature et de la malgouvernance.

De l’apologie de l’individu qui nous a transformés en thuriféraires zélés et dangereux de l’ethnie, se regardant en chiens de faïence, il nous incombe de trouver un credo de société humaniste et moderne. Au risque, sinon, d’«exister sans vivre », et de s’entendre durablement dire : en Guinée, dis-moi qui est ton président, je te dirai qui est ton opposant ; et/ou inversement.

 

 Oury Baldé

Oury Baldé

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