La révolte de Zowota : je connais deux groupes de manipulateurs

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J’avais promis de mettre en veilleuse mes analyses politiques mais la situation m’y pousse. J’ai lu, les déclarations du gouvernement à travers son porte parole, que l’armée n’a rien fait de mal et que les enquêtes sont en cours pour retrouver le ou les manipulateurs de la révolte de Zowota. Je connais deux groupes de manipulateurs ; j’ignore s’il y en a d’autres et pour aider notre pays à les trouver, je me fais le devoir de les indexer.

Avant de les dénoncer, permettez-moi chers lecteurs, de vous raconter des histoires vraies qui n’ont rien à voir avec Zowota mais vous comprendrez plus tard.

 

Pour ceux qui connaissent cette histoire, il eut une équipe sportive européenne (ne citons pas les noms, ni le pays), qui voyageait et leur avion s’écrasa ; le temps de retrouver l’épave et de secourir les survivants, les plus forts avaient mangé les plus faibles.

 

Dans un pays asiatique, lors d’une grande famine, des gens mangeaient les corps des parents décédés et un Monsieur raconte dans le documentaire que j’ai, qu’un père de famille qui se privait de nourriture pour sa femme et ses enfants ; supplia les siens de manger son corps, s’il mourait, pour leur survie.

 

Je vous ai déjà dit que j’avais ouvert un centre de formation professionnelle à N’Zérékoré et mon malheur fut (je l’ai su plus tard), d’envoyer avec moi des jeunes français pour donner des cours ; l’eau était surfacturée, sans compteur, le facture d’électricité fixé au nombre d’ampoules ; ne parlons pas de certains responsables de l’éducation bref. Il faut toujours payer sinon, problème.

 

Un jour, un des brésiliens qui travaillait dans la compagnie qui a mis le pont sur le fleuve Diani, vint à l’école chercher sa petite amie ; il me raconta comment presque tous les jours, un responsable politique demandait de l’argent à sa compagnie sous tous les prétextes inimaginables et chaque fois que la compagnie protestait parce n’étant pas dans les conventions, le responsable disait oui mais…

 Il m’a dit qu’à la fin de leur contrat, la société n’allait pas rester en Guinée.

Voilà un des effets de la corruption.

 

Maintenant, revenons sur Zowota pour comprendre un peu plus ; un pauvre paysan qui a son champ qu’il cultive pour vivre, il y cueille son vin de palme pour vendre et du jour au lendemain, il est dépossédé de ce bien sans aucune compensation ; cela veut dire que le pauvre est encore plus appauvri.

 

Il faut parcourir nos villages pour vous rendre compte de la misère croissante de nos populations et qui dit misère, dit ventre creux.

 

Plus le ventre est creux, plus il est manipulé par ce que j’appelle le démon du ventre ; ce sont ces démons qui poussèrent les sportifs forts à manger les  faibles ; ce démon poussa l’asiatique à demander à sa famille de manger son corps.

D’autres l’appellent l’instinct de survie ; peu importe le nom choisi.

 

Ce groupe de manipulateurs, composé de démons, n’est pas seulement avec les blancs, les noirs, les rouges ou les jaunes, il est avec tous les ventres creux.

Ces démons sont invisibles donc je conseillerai aux enquêteurs de ne pas perdre leur temps à les chercher et pour anéantir leurs influences, il suffit de remplir les ventres.

 

Le second groupe, est celui que j’appelle les anges visibles ; ils sont en chair et en os ; pour les trouver, pas besoin de faire plus de 900km pour aller à Zowota ; les membres pour la plupart, sont à Conakry.

 

Ils sont dans des bureaux climatisés ; ils s’achètent des véhicules derniers cris avec du cash ; ils s’achètent des maisons en Europe et/ou en Amérique du Nord ; ils ont les plus belles filles du bled.

 

Quand ils mangent 30 fois par jour, le bas peuple mange à peine une fois ; autrement dit, plus ils mangent, plus le bas peuple à le ventre creux ; à cause de la rareté des miettes qu’ils laissent.

 

D’éminentes personnes qui connaissent bien le papier des blancs, ont dit qu’il y a une forte corrélation entre la corruption et la misère ; ce qui veut dire que plus le pays est corrompu, plus il y’a la misère.

Autrement dit, plus une poignée de guinéens détournera à son profit les richesses nationales, plus le pays connaitra la misère.

 

Certains m’ont dit qu’il faut enseigner à nos populations le civisme, de ne pas attaquer le bien d’autrui comme ce fut à Zowota ; je ne cherche ni des excuses, ni à relativiser mais je dis, allez donner des cours de civisme aux affamés, surtout quand ils sont victimes d’une injustice et venez m’en donner des nouvelles.

Quand ventre creux n’a plus rien à perdre, il est capable de tout.

 

J’avais demandé à une de mes sources le pourquoi du cadavre nu parmi les victimes de Zowota ; c’est parce que quand les militaires ont commencé à tirer, ne craignant pas les balles, il se serait précipité pour protéger les autres ; alors ceux qui sont censés protéger les citoyens, s’emparèrent de lui pour le déshabiller et faire exploser son bijou familial.

 

L’armée à beau avoir la gâchette facile, elle a beau fait exploser des bijoux familiaux, la misère aidant, les gens n’auront pas peur de se révolter.

 

Si les paysans avaient reçu ne serait-ce que la moitié de la somme supposée soit un milliard, je crois que nous n’en serons pas là aujourd’hui.

 

Je redis encore ici, qu’en Guinée, c’est le système qu’il faut changer ; peu importe qui sera le président, ses compétences, son ethnie et que sais-je encore, tant que ce système corrompu sera en place, la misère sera le lot quotidien du bas peuple et les révoltes ne finiront pas.

 

Ces anges visibles, constituent le second groupe de manipulateurs ; ils sont puissants et ils ont des ramifications dans tout le pays. C’est ce groupe qu’il faut enquêter et combattre ; encore faut-il avoir cette volonté politique.

C’était là ma petite contribution pour ce qui concerne les manipulateurs et pour le massacre, seule une enquête indépendante aidera à la manifestation de la vérité.

 

Maintenant, si les enquêteurs cherchent à exhiber des boucs émissaires pour amuser la galerie, je ne serai d’aucune utilité ; oui franchement, le totem des Théa est la chèvre donc depuis mon enfance, il m’a été fortement conseillé de rester loin des boucs même des éminents émissaires d’entre eux.

 

Conclusion : en conclusion, on dit bien qu’une image vaut bien mille mots ; j’ai trouvé sur facebook, cette illustration qui dit mieux ce que mon texte veut dire ; en espérant que l’auteur ne m’en voudra pas.

 

En cette période critique de l’histoire de notre pays que nous aimons tous, je ne peux rester silencieux devant tant d’injustices ; alors je reviens comme je peux, aux analyses politiques.

 

Paul Théa.

Paul THEA

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