Le CNT dans une logique de conciliation des positions des parties prenantes aux futures législatives

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Le Conseil national de transition (CNT), organe législatif qui a remplacé l'Assemblée nationale dissoute par l'ex-junte au lendemain de son avènement aux affaires le 23 décembre 2008, est dorénavant à l'avant-garde dans la recherche de solutions idoines en vue de clore le processus de transition qui n'a que trop duré en Guinée.

Cela fait environ un mois que Mme la présidente du CNT, Hadja Rabiatou Sérah Diallo, et son institution s'activent pour sauver les meubles, ayant pris certainement conscience que le paysage politique devenait de plus en plus délétère. Ceci à cause de la mésentente entre le pouvoir et l'opposition autour de la "légitimité" de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), institution chargée d'organiser les élections en Guinée. L'opposition à travers le Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), deux blocs ayant fait front commun dans le combat pour l'alternance, tenant en effet à une refonte de la CENI. Refonte qui vise son président Louncény Camara, soupçonné "d'être trop proche" de la mouvance présidentielle. Tandis que le pouvoir n'y voit pas les choses sous ce prisme là. Ainsi le président Alpha Condé clame partout avoir bien voulu "modifier la CENI après son investiture". Mais qu'il se serait heurté au refus de l'opposition qui aurait dit selon lui : "Non, c'est la CENI qui a organisé la présidentielle et qui va organiser les législatives". Eu égard à cette prise de position de l'opposition en faveur du maintien de l'équipe de la CENI dans son état actuel, le président guinéen n'entendrait plus s'immiscer dans les affaires internes de cette institution qu'il considère comme étant "autonome". Alpha Condé pense que c'est aux commissaires de la CENI de décider si oui ou non leur président leur convient ou non. Cet argumentaire, on le perçoit au gré des interventions du chef de l'Etat guinéen lorsqu'il aborde cette épineuse question relative à la restructuration de la CENI. Battant en brèche les arguments de l'opposition qui voudrait d'une nouvelle CENI paritaire, dont la composition sera faite de 10 commissaires issus de la mouvance présidentielle, 10 commissaires des partis politiques de l'opposition. Les 5 autres commissaires seraient coptés au sein de la société civile et de l'administration publique guinéenne. L'autre sujet qui fâche dans cette crise guinéenne est celui de l'opérateur sud-africain Waymark infotech chargé de gérer la logistique des élections sous la supervision de la CENI. Les opposants ne digèrent toujours pas le remplacement de la société française Sagem qui a conçu et géré le fichier électoral lors de la présidentielle de 2010 au profit de Waymark infotech. L'opposition guinéenne accuse le gouvernement d'avoir procédé à ce recrutement de Waymark de manière "unilatérale". Voilà en gros la pomme de discorde entre le pouvoir et l'opposition autour des préparatifs des élections législatives, qui ont déjà été reportées à deux reprises. D'abord prévues pour le 29 décembre 2011, le scrutin a été repoussé au 8 juillet 2012. Avant d'être reporté sine die par le président Alpha Condé. Face au retard pris dans l'organisation du vote censé mettre un terme à la transition, la société civile a joint sa voix à celle de l'opposition pour réclamer une organisation rapide des législatives. Mais le pouvoir dit être animé par le même souci, tout en affirmant mettre tout au point en vue de tenir des élections "libres, transparentes et apaisées". Le CNT a repris le flambeau avec d'autres organisations telles que les religieux, impliqués dans la recherche de solutions visant à éviter à la Guinée de basculer dans la violence. Ainsi Hadja Rabiatou Sérah Diallo et son institution entendent rencontrer les parties prenantes au processus électoral, notamment le pouvoir et l'opposition. En vue de concilier leurs positions. Un défi que le CNT entend bien relever en tant qu'organe législatif dont le rôle dans le fonctionnement de l'appareil d'Etat s'avère central. L'implication du CNT dans la médiation bien que jugé "tardif" par certains observateurs est toutefois saluée par les deux camps protagonistes. Une sortie de crise se dessine-t-elle enfin ? Attendons de voir.

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Source: Afriquinfos

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