Un peu de retenue, Monsieur Dalein !

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Depuis plusieurs semaines, la chienlit s'est encastrée en Guinée, surtout à Conakry où chaque jour apporte son lot d'affrontements, de violences, de blessés, voire de décès. Après la présidentielle de 2010, censée mettre fin à la longue parenthèse d'un demi-siècle de régimes totalitaire et militaires, les Guinéens et la Communauté internationale s'étaient remis à espérer que ce pays, martyrisé par ses hommes politiques, allaient enfin emprunter le chemin du progrès.

Las ! Deux ans et demi après son accession au pouvoir suprême, Alpha Condé peine comme Sisyphe à mettre son pays sur les rails du développement. C'est que l'ex-icône de la FEANF n'a pas su se défaire de son habit d'opposant historique pour endosser celui de P-DG de Guinée INC, c'est-à-dire de manager suprême. Au lieu de disperser son énergie dans des querelles inutiles avec son ennemi intime, il serait bien inspiré, il en est encore temps, de la capitaliser pour tirer la Guinée ver l'avant. Mais si Alpha a connu un problème d'allumage au début de son mandat, il n'est pas aidé, convenons-en, par ses opposants, au premier rang desquels se trouvent Lansana Kouyaté et surtout Cellou Dallein Diallo, qui semblent œuvrer à rendre la Guinée ingouvernable.  

C'est dans cette atmosphère quasikafkaienne que le même Cellou Dalein Diallo a martelé que "nous ferons tout pour empêcher les législatives à venir". De tels propos s'apparentent à une défiance vis-à-vis de l'Etat et sont indignes d'une personnalité qui aspire à s'installer au palais de Sékoutoureya. Un peu de retenue, M. Dallein ! serait-on tenté de rétorquer. On peut comprendre les sentiments qui l'animent lorsqu'il ressasse les conditions dans lesquelles Alpha a été élu, même si Cellou a reconnu sa défaite et accepté les résultats des urnes.  

Mais s'arc-bouter sur ses ressentiments contre le fichier électoral, le fonctionnement de la CENI, l'opérateur technique, Way Mark, et sur sa revendication du droit effectif de vote des Guinéens de l'étranger (les points de discorde entre pouvoir et opposition) pour proférer de telles menaces est tout simplement intolérable. On a la vague impression que les opposants poussent Alpha chaque jour à commettre des fautes, et jubileront s'il se retrouve à la fin de son mandat, qu'avec le Conseil national de transition (CNT), qui tient lieu de Parlement, sans avoir une Assemblée nationale issue de scrutin. Mieux ou pire, il semble maintenant que plus Alpha Condé tend la main, plus l'opposition se rebiffe. C'est à n'y rien comprendre.  

L'espoir réside peut-être dans le dialogue inter-guinéens entamé ce 3 juin 2013 qui doit accoucher d'un modus vivendi accepté par tous les protagonistes de la crise guinéenne. Les opposants doivent surtout faire preuve d'un sens élevé de la responsabilité. A défaut, sans jouer à l'oiseau de mauvais augure, ni faire du journalisme anecdotique, disons que les hommes politiques sont en train de rendre la situation favorable à l'instauration d'un pouvoir kaki, dernier recours dans nos démocraties tropicalisées. Attention donc à ne pas tendre la perche aux partisans des raccourcis militaires.  

Guinéens, ressaisissez-vous, la démocratie est en jeu! Aujourd'hui, c'est Alpha Condé qui est président, demain ce pourrait être le tour de Cellou, de Sidya ou de Kouyaté. A condition qu'il y ait la paix, or le péril politique est hélas ! omniprésent en Guinée.

Source: L'Observateur Paalga

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