La violence politique en Guinée de l’Independence à nos jours !

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La violence, selon le Larousse, c’est une contrainte, physique ou morale, exercée sur une personne en vue de l’inciter à réaliser un acte détermine. Cette violence politique peut revêtir plusieurs formes. C’est ainsi que l’on a :

* La violence entre militants de deux partis rivaux dans la conquête du pouvoir, comme entre le PDG-RDA e le BAG en 1955 a Conakry. Il s’agit d’une instrumentalisation des citoyens à des fins politiques.

* La violence d’Etat, exercée par un parti au pouvoir a’ l’encontre de ses adversaires politiques leaders et militants y compris. Dans ce cas de figure, on parle d’une violence d’Etat.

La Guinée, depuis son indépendance le 2 octobre 1958, a fait le lit d’une violence politique banalisée et régulière envers tout ce qui est contraire a la pensée unique imposée par le pouvoir du moment. Toute pensée contraire est considérée comme déviante et complice des ennemis du pays.

D’une manière chronologique, nous distinguerons quatre étapes successives dans le processus de manifestation de cette violence politique en Guinée:

De 1958 a 1984 (première république), ensuite de 1984 a 2008 (deuxième république), de 2008 a 2010 (transition militaire), de 2010 a 2012 (élection présidentielle et jusqu'à’ nos jours).

Au lendemain de l’indépendance de la Guinée le 2 octobre 1958 et dans l’euphorie qui s’en est suivie, des actes graves ont commence à être poses sous le premier gouvernement de Monsieur Sékou Toure.

Des le deuxième semestre de l’année 1959, une première tentative de déstabilisation de la Guinée fut portée a la connaissance des guinéens et du reste du monde (ce fut l’acte annonciateur du début de la répression), avec a la clé l’arrestation et la disparition de dizaines de citoyens supposes être des complices d’agents étrangers, membres des réseaux de Monsieur Jacques Foccart. Parmi eux figuraient El hadj Mamadou Lamine Kabba, Imam de Coronthie, Bakele Sankhon, Sékou Moussa Fofana, etc. Ces personnes arrêtées n’ont pas bénéficie de l’assistance d’un avocat, comme aurait pu en avoir toute personne inculpée et conformément au droit guinéen, et leurs familles n’ont jamais pu les rencontrer et ne les ont plus jamais revues. Ce complot fut qualifie de complot pro-français.

En 1961, ce fut le complot dit des enseignants, suite à une grève et des revendications catégorielles. En réalité, ces derniers furent le fer de lance du mouvement pour le « Non » au referendum du 28 septembre 1958, lors duquel la Guinée choisit d’assumer son destin politique. Ils étaient juges plus à gauche que le PDG lui-même. Ce complot était considère comme celui des « communistes ».

En 1965, le complot appelé complot des commerçants ou Affaire Tidiane Keita fut révélé aux guinéens, avec sa cohorte d’arrestations d’agents économiques, dont le plus célèbre était Monsieur Mamadou Toure dit Petit Toure, accuses d’organiser l’échec de la nouvelle politique économique mise en place par la « révolution » avec a sa tète, le responsable suprême Ahmed Sékou Toure et le Bureau Politique National. Il n’y eut aucun procès public et l’on constata leur disparition pure et simple.

En 1969, le complot dit des officiers ou complot Kaman-Fodeba dont le Colonel Kaman Diaby, le General Noumandian Keita et Monsieur Keita Fodeba, fut annonce suivi de leur arrestation et disparition. Rappelons que ce complot a été évente après le coup d’Etat survenu l’année précédente, au Mali, contre le Président Modibo Keita, et la chute de Kwame Nkrumah en 1966 au Ghana.

Le 22 novembre 1970, une tentative de débarquement naval de militaires portugais assistes de ressortissants guinéens, eut lieu et se solda par un échec avec des morts dans la population dont la plupart par balles perdues. Cette agression armée fut le prétexte a la plus grande purge jamais organisée au sein de la population, surtout parmi l’intelligentsia qualifiée d’ennemi de l’intérieur ou la « cinquième colonne.» Il y eut des centaines d’arrestations dans tout le pays, allant du marchand ambulant aux cadres supérieurs et aux Ministres. C’est la première fois que l’on eut des « dépositions » ou les présumes coupables se dénonçaient les uns les autres et s’accusaient de déstabilisation volontaire de la Guinée et d’appartenance a’ un réseau appelé S.S. Bruno Freitag Hermann Seibol, du nom d’un ressortissant Allemand qui vivait a’ l’époque en Guinée.

En 1976, le complot dit complot « peulh » fut annonce avec l’arrestation de Monsieur Diallo Telli, premier Secrétaire General de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) et ses amis dont Barry Sory. L’on venait de franchir une nouvelle étape dans la surenchère et pour expliquer la cause de l’échec économique du pays. Pour la première fois, toute une communauté était indexée par la machine répressive du système du parti unique qu’était le PDG. Il n’y a jamais eu une assistance d’un avocat ni de procès public.

Un coup d’Etat militaire fut conduit par le General Lansana Conte et le Colonel Diarra Traore, le 3 avril 1984, contre les dignitaires du PDG qui se disputaient la succession du Président décédé le 26 mars 1984. Lors d’une visite officielle au Togo en 1985, une tentative de coup d’état, conduite par le premier ministre Diarra Traore, fut annoncée sur les ondes de la Radiotélévision guinéenne, le 4 juillet. Diarra Traore et des dizaines d’officiers et de sous officiers furent arrêtées et torturées. Ils appartenaient tous à l’ethnie Malinké. Ils furent liquides sans procès. Le pouvoir restera par la suite entre les mains d’un pouvoir militaire qui se « civilisera » par la suite et organisera la première élection présidentielle libre en 1993.

En juin 2006, une vingtaine de lycéens furent froidement abattus a la suite d’une manifestation au cours de laquelle ils réclamaient simplement la possibilité de passer leurs examens de fin d’année alors que les enseignants avaient entame une grève.

Les événements de janvier-février 2007, lors d’une grève générale et illimitée, finirent d’éclairer le monde sur le caractère répressif du régime vieillissant de Monsieur Lansana Conte, sans parler de la difficulté des populations à assumer le quotidien. La répression sauvage se solda par pres de trois cent morts.

La Troisième étape se déroula pendant la transition militaire suite a un coup d’Etat intervenu le 23 décembre 2008, après le décès du Président Lansana Conte, et conduit par le Capitaine Moussa Dadis Camara et le General Sekouba Konate. Au départ, la junte et le Président du CNDD déclaraient n’être pas intéressés par l’exercice du pouvoir, après une période transitoire d’assainissement. Malheureusement, l’appétit venant en mangeant, Le Capitaine Moussa Dadis décida de changer son fusil d’épaule, en voulant se présenter a l’élection présidentielle. Sur ce, tous les partis politiques décidèrent d’organiser une journée de protestation et rappeler au CNDD sa promesse du début.

Le 28 septembre 2009 fut retenu de manière symbolique. Ce fut l’horreur dans le stade du même nom, les Forces de défense et de sécurité (FDS) ayant donne la charge avec des tirs a balles réelles L’on dénombrera plus de 157 morts, plus d’une centaine de disparus, des centaines de blesses et traumatises par balles et par armes blanches, et des dizaines de femmes violées en plein jour. La tuerie du 28 septembre connaitra un retentissement mondial et les organisations humanitaires s’en mêlèrent heureusement. Deux cent cinquante(250) personnes ont été entendues à ce jour. La FIDH et l’OGDH se sont portées parties civiles à leur cote.

ONU, FIDH, HRW, CPI, etc. produisirent des rapports suite a des enquêtes. Sous la pression de la CPI, la justice guinéenne s’est mise en branle et a inculpe, pour l’instant, deux hauts responsables a savoir

Le Lieutenant- Colonel Moussa Tiegboro Camara et le Colonel Abdoulaye Cherif Diaby, en plus du tireur Aboubacar Toumba Diakite. Durant la transition militaire version General Sekouba Konate et dans l’entre deux tours de la présidentielle, les exactions ont continue de plus belle et ont culmine avec l’épisode de « l’empoisonnement » de l’eau lors d’un meeting du RPG sur l’esplanade du Palais du Peuple a Conakry. La rumeur ayant été sciemment relayée sur l’ensemble du territoire, des populations peulhs établies de longue date à Siguiri notamment ont subies la colère de leurs voisins de toujours. Il y eut au moins un mort et des milliers de personnes déplacées, refugiées intérieures.

La quatrième et dernière étape de ce cycle de violence a débute après l’élection présidentielle en octobre 2010. Nous aurions pu espérer la fin de la violence avec l’arrivée d’un Président civil, après l’épopée militaire, mais hélas non. Le 19 juillet 2011, une attaque a été dirigée contre la résidence de Mr Alpha Condé. Des militaires et d’autres civils ont été arrêtes par la suite. La justice guinéenne, pour la première fois depuis l’indépendance a eu à se prononcer, dans un cas de complot, sur la culpabilité des uns ou des autres. Un non lieu a été prononce pour un certain nombre de personnes, et le gouvernement a fait appel de la décision. Des personnes sont décédées dans ces conditions dont le Colonel Issiaga Camara et d’autres sont en mauvais état de sante, c’est le cas du Colonel Ador Bah.

Entre temps, nous avons constate des exactions contre les populations a Siguiri, avec un mort, et sur tout un crime assimilable a un crime contre l’humanité, a Zogota ou des populations, en plein sommeil, ont été sauvagement assassinées par les FDS, en guise de représailles, après la détérioration du matériel de l’entreprise Vale.

Par ailleurs, les élections législatives ont été repoussées plus d’une fois et pour cause car les fondamentaux pour des élections libres et transparentes ne sont pas réunis. C’est dans ce cadre que des manifestations périodiques sont organisées par le collectif pour la finalisation de la transition et l’ADP. Pour que des lendemains apaises d’élections aient lieu et que ces dernières ne puissent pas être contestées. Les manifestations de l’opposition étaient souvent interdites jusqu'à très récemment et infiltrées par des troublions. Sans compter les provocations faites par des contre manifestants sur le parcours pourtant déposé auprès des forces de l’ordre.

L’opposition a perdu onze militants (Zakariaou Diallo fut le premier) depuis la mise en place de ce pouvoir dont les deux dernières victimes (Alpha Amadou Barry et Fodé Mamoudou Bah) datent du 20 septembre 2012.

Le constat c’est que depuis l’avènement de la Guinée à l’indépendance en 1958, la violence politique fait partie du décor. Les arrestations et disparitions de citoyens se produisent régulièrement et sans procès. Les tortionnaires bénéficient de l’impunité ambiante. Pour rompre ce cycle infernal il faudrait donc mettre fin aux exceptions. Ainsi, tous les citoyens à commencer par le premier d’entre eux a savoir le président de la république, devraient se soumettre à la loi. Cette dernière ne devrait pas être à géométrie variable et orientée. La violence politique et l’impunité sont inséparables car la seconde permet à la première de se reproduire interminablement. L’impunité est la mère de tous les crimes, économiques et surtout les crimes de sang.

C’est malheureusement le triste constat que nous pouvons faire encore aujourd’hui en Guinée et il faudra bien un jour que cela change, si nous voulons que ce pays devienne un pays « normal.»

Aboubacar Fofana

President d’honneur du Club DLG Email : aboufof2@yahoo.fr

Blog : prospectives. Over-blog.net

Aboubacar Fofana

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