Ollaid, improvisé avocat fictif des accusés de l’auto-attaque de Kipé

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Avertissement : D’emblée, prévenons que je ne suis pas juriste et ne prétends pas l’être.

Vu la comédie politico-juridique que se joue actuellement à Conakry à l’occasion du soi-disant procès des accusés de l’auto-attaque de Kipé le 19 juillet 2011, il serait amusant de s’imaginer avocat de la défense –même si c’est une affaire sérieuse pour les innocents accusés.

En effet, à écouter et surtout regarder Mr William Fernandez, le procureur de la République du professeur (petit P) El-hajj Président historiquement opposé à la démocratie, Alifa Condé, je ne peux me retenir de m’imaginer à la place des avocats de la défense. Mis de côté l’ambiance de cirque à laquelle nous expose la partie civile et le manque d’emprise sur l’ordre du président du tribunal, le zèle (pour être certainement nommé ministre) dont fait montre le procureur avec des aberrations, élucubrations et inepties, il est très facile de démontrer l’amateurisme et la médiocrité de ce montage politique avec l’intention de nuire à la communauté peule et à certaines personnes politiques et de la société civile.

Tout d’abord, le procureur base toute son accusation sur des PV sans la présence d’un avocat, non signés alors que l’accusé sait lire et écrire: en Guinée, un tel document peut-il être recevable et avoir une valeur légale ? Nous avons compris selon les explications boiteuses de Mr Fernandez que vu l’état piteux de Mr A.O.B, il devait dès le lendemain l’entendre au cas où il succomberait de ses blessures. Lorsque l’accusé s’est rétabli et recouvré toutes ses facultés physiques et mentales, pourquoi ne pas l’avoir réentendu pour confirmer ou infirmer sa déposition et qu’il signe proprement sa déposition? Est-ce contraire à la procédure ? En plus, pourquoi ne pas faire témoigner une expertise médicale pour savoir si le 20 juillet 2011, Mr A.O.B était en mesure de répondre de façon intelligible à un interrogatoire sous l’emprise de médicaments et de douleurs? Quelle crédibilité peut-on donner à ces écrits, vu les facultés mentales de l’accusé à ce moment là ?

Avant d’aborder la question cardinale de savoir s’il y a eu ‘’attaque’’ ou non, précisons à Mr Fernandez et au public que le diesel (gasoil) n’est pas inflammable comme l’essence. Car un peu plus tard, le procureur montre qu’il est plutôt étourdi ou n’écoute pas lorsqu’A.O.B parle malgré la clarté de ses propos. Mr Fernandez ricanait en tentant de ridiculiser l’accusé en s’étonnant que le gasoil qui coulait n’ait pas pris feu. Et bien encore une fois, Mr Fernandez, le diesel ne prend pas feu comme de l’essence !

Si j’étais l’avocat du Cdt A.O.B, j’aurais procédé de la manière suivante :

- Mr A.O.B ! Lorsque vous avez quitté la zone des dits événements à Kipé, il n’y pas eu de coups de feu ni attaque en votre présence. Nous assumons que la villa privé du Chef de l’Etat était intacte, n’est-ce pas ?

- A.O.B aurait certainement répondu : Oui/ affirmatif !

- J’aurai poursuivi en disant : Cdt A.O.B ! Admettons que vous ne soyez au courant de rien après avoir quitté cette zone le 18 ou 19 juillet 2011 ou que vous émergiez d’un coma suite à vos blessures et que l’on vous dise aujourd’hui, ici, qu’il y aurait eu des combats graves de plus deux heures à l’arme lourde avec destruction et dommages matériels de la résidence privée du Chef de l’Etat à Kipé. Imaginez que l’on vous déplace tout de suite sur les lieux et on vous dise cela, quelle serait votre réaction sachant que la maison est comme neuve ?

- Le Cdt A.O.B bien inspiré aurait répondu : Je dirais que c’est faux ! Où sont les dégâts ?

En effet, la maison est intacte et indemne ! Comment a-t-il pu avoir une attaque dans ces conditions pour toute personne neutre de bonne foi ?

C’est la question cardinale! Par analogie à un homicide, autant que je sache, pour que l’on puise parler de meurtre, il faut un cadavre et une autopsie pour le confirmer. Autrement, on parle de disparition simplement. Par extrapolation, comment peut-on parler aujourd’hui de «l’attaque» de la résidence privée du Chef de l’Etat sans dégâts ou dommages que l’on peut montrer, voir et toucher aujourd’hui a fortiori faire des expertises? Et selon les avocats de la défense, aucune autopsie n’a été faite malgré leur demande pour déterminer objectivement la cause de mort de tous les tués. Cela nous aurait éclairés un peu plus sur les circonstances de leur décès. Est-ce légal de le refuser dans une affaire criminelle ? Que veulent-ils cacher ?

Hormis les autorités avec la RTG, personne n’a pu s’approcher des lieux de ‘’l’agression’’ ou y accéder pour constater quoi que ce soit. Nous savons tous que des images sont très faciles à truquer. Donc, quelle fiabilité peut-on accorder aux archives venant de l’Etat guinéen, surtout sous Alifa Condé ? En plus, ces éléments visuels et/ou audiovisuels n’auront de la valeur et ne contribueront à la manifestation de la vérité que seulement et seulement si tous les angles sont visibles de l’intérieur comme ceux de dehors ; sans oublier des vues du voisinage tout autour.

Si j’étais l’avocat de la défense, j’aurais concentré tous mes efforts à démontrer qu’il est aujourd’hui impossible de dire qu’il y ait eu une attaque à Kipé au domicile privé du Chef de l’Etat. Si on ne peut pas le prouver, tout le reste des accusations s’effondre. Néanmoins, de nombreuses questions se posent et se poseront toujours :

- Pourquoi Mr Alifa Condé, juriste de formation, a-t-il ordonné or permis que l’on efface ces soi-disant preuves accablantes pour la défense ? Ce, d’autant plus qu’il n’y habitait plus ?

- Comment expliquer que les projectiles semblent venir que d’une direction centripète en prenant la villa d’Alifa Condé comme le centre ? La garde qui le protégeait semble ne pas avoir riposté car on ne mentionne ni impacts ni dégâts balistiques causés par les tirs centrifuges venant de la résidence vers les soi-disant assaillants. Pourquoi ?

- Ni le procureur Fernandez ni l’accusation ne mentionne la présence d’empreintes et de sang d’A.O.B sur les armes saisies. Or ils n’ont pas énuméré de gants qu’il aurait pu porter parmi les objets pris sur l’accusé ou dans sa ou ses voitures avec un seul conducteur en la personne d’A.O.B. Pourtant ils affirment qu’il a été blessé avant de fuir en emportant toutes ces armes qu’il aurait manipulé tout seul (comme dans les films de Rambo). Ils ne mentionnent pas non plus de traces de sang du Commandant dans la zone des combats. Qu’est-ce qui lie matériellement le Cdt A.O.B au soi-disant lieu des hostilités ? Au bien le procureur se surestime au point de croire que nous prenons ses paroles soufflées et plagiées sur celles d’Alifa Condé pour paroles d’évangile ? A propos, je me demande ce que signifie ‘’scellés’’ en Guinée ? En effet, suite à une requête de la défense concernant une recherche d’empreintes sur les armes et munitions, le Sieur Fernandez s’énerve en disant que les ‘’scellés’’ auraient été manipulés depuis deux ans par plusieurs mains et déplacés à différents endroits. Bon ! No comment ! Tant c’est absurdement guinéen.

Cela dit et invalidant ainsi leur thèse d’attaque, nous comprenons aussi pourquoi ils veulent et insistent sur un certain coup de feu visant le transformateur de l’EDG : chercheraient-ils naïvement à faire croire que le courant coupé, le système CCTV ne marchait plus?

Cette explication ne serait bonne que pour les nigauds : tout d’abord, personne ne s’imagine Alifa Condé se fier à l’EDG pour sa fourniture d’électricité et qu’il ne soit pas doté d’un gros groupe électrogène à déclenchement automatique. Et puis, nous voulons voir au moins les images d’avant l‘ hypothétique coupure de courant causée par des tirs.

Et finalement, j’aurais recherché et fait écouter à la Cour et à l’audience les témoignages audio d’Alifa Condé, principal témoin oculaire, exposant ses ‘’conclusions d’enquêtes’’ dès le lendemain de l’attaque (le 19 juillet 2011) sur RFI et expliquant même comment il a tout suivi sur ses monitors (écran du système CCTV).

Pour finir, sachant combien nos compatriotes sont vicieux, posons-nous la question suivante : et si le procureur William Fernandez cherchait, en fait, à nuire à Alifa Condé en démontrant par ses inepties, maladresses et provocations puériles sans jamais apporter de preuves matérielles qu’il s’agit bel et bien d’un complot monté de toutes pièces ?

La cour et les Guinéens apprécieront !

Pour mémoire, relisez ou écoutez le Sieur Alifa Condé : http://www.rfi.fr/afrique/5min/20110719-alpha-conde-rfi-attaque-mardi-est-une-peripetie-guinee-entretien-exclusif.

Extraits des déclarations d’Alifa Condé après son auto-attaque:

- « Ma maison a été attaquée cette nuit, mais je dois féliciter la garde présidentielle qui s'est battue héroïquement de 3h10 (heure locale et GMT) jusqu'à 5h du matin avant d'avoir du renfort », a-t-il affirmé. [Le procureur qui n’était pas sur les lieux persiste à parler de 2 heures du matin]

I.Diallo "Ollaid"

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