L’obsession de la violence en Guinée

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Le même rituel sanglant depuis 1958 : manifestation-répression, contestation-brutalité gratuite de l’Etat, perpétuels larmes et sang, impunité récidivante. Et à chaque fois, il faut, stoïque, faire avec, ou qu’on …« se victimise ». La violence a de nouveau sévi dans cette Guinée meurtrie, ce 04 août 2012 : « dans le village de Zogota, préfecture de N’Nzérékoré (…), des actes barbares d’un autre âge ont été perpétrés dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 août 2012 par des forces de défense et de sécurité (…).

Bilan: cinq personnes tuées par balles, trois gravement blessées également par balles, plusieurs portées disparues », et au moins une vingtaine de détenu(e)s. Une fois de plus, sans que les coupables ne soient inquiétés.

L’Etat, à l’origine de la violence en Guinée

La machine d’Etat, s’est lancée dès l’indépendance avec la dictature féroce de Sékou Touré dans une entreprise machiavélique d’annihilation totale du Guinéen, exilant et détruisant son élite, abrutissant ses masses, pour exister.

L’impact des 26 ans de cannibalisme d’Etat n’a pas été pensé pour y remédier, à la mort d’AST. Depuis, la Guinée perpétue cette barbarie d’Etat, s’appuyant sur l’armée (un composite de « ratés sociaux » à la formation sommaire, inciviques et brutaux) inféodée au pouvoir répressif. Cette brutalité étatique a, du coup, influencé directement ou indirectement toutes les strates sociales du pays, au point d’en faire le seul mode de règlement des différends, au détriment de la concertation et du dialogue social.

En Guinée, c’est l’Etat même, en premier, qui a dépersonnalisé le Guinéen. Le manque d’altérité suffisante voire totale, au niveau social, découle en partie de ce fait là.

Combien de victimes (tué-e-s, violé-e-s, séquestré-e-s, exilé-e-s, emprisonné-e-s) de cette violence générée par l’Etat depuis 1958 et les 50.000 morts et 2 millions d’exilé-e-s du régime d’Ahmed Sékou Touré ?

Qui s’est préoccupé de cet anonyme reclus, jour et nuit, dans le silence de ses souffrances physiques et morales ? Résigné qu’il est, qu’advienne que pourra, malgré les indicibles douleurs ?


Comment faire pour arrêter la barbarie récurrente d’Etat en Guinée ?

Une justice active et sans concession, et un vrai travail d’éducation civique sont à préconiser d’emblée, en aval. En amont, un vaste travail mémoriel sur les crimes commis depuis l’indépendance, s’avère indispensable.

Mais d’ici là, Pascal Salin (professeur d’économie émérite français) prend tout son sens en Guinée : « l’Etat n'a aucune justification morale ni scientifique, mais (...) constitue le pur produit de l'émergence de la violence (…) ».

L’absence d’Etat est pire qu’un Etat défaillant. Toutefois, la vocation (naturelle) d’un Etat, s’il existe, est de protéger ses citoyens contre la violence et leur procurer le bien-être. A défaut, c’est l’aveu de l’échec, de toute l’inutilité ; et donc de la raison de ne pas être de l’Etat, qu’il faut voir à travers sa violence.

« La seule réconciliation possible et nécessaire en Guinée, c’est entre le peuple et l’Etat », dixit Thierno Monenembo ; et vice-versa.


Oury Baldé

Oury Baldé

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Commentaires (1)

1. kolie michel nyienh (site web) 10/08/2012

la violence en guinée est d'origine historique les gouvernants guinéens se sert de la violence pour gouverné comment se fait t-il qu'une population reclament son droit par rapport a une expoloition peut etre fusier par les forces de l'ordre

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