La gestion du pouvoir en Guinée : entre la peste intellectuelle et le cholera de la tyrannie galonnée

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Depuis l’indépendance en 1958, intellectuels (pour peu que cela soit valable pour Sékou Touré et AC), et militaires se sont successivement relayés à la tête de l’Etat en Guinée, pour, au demeurant, une gestion catastrophique. Qu’elle fût militaire ou intellectuelle, la classe dirigeante de la Guinée, a eu tendance à s’émuler dans la malgouvernance. Spoliant sans cesse les richesses du pays à son seul profit et de celui de son entourage, étouffant toute aspiration à l’épanouissement social, aux droits et aux libertés fondamentaux, tenant le pays entier d’une main de fer, cette nomenklatura militaro-civile corrompue, a, à chaque fois, laissé un pays en ruine, extenué et davantage appauvri.

Aujourd’hui, après 54 ans d’indépendance et une présidentielle inédite porteuse de moult espoirs, la situation n’est guère reluisante sous AC.

Bien au contraire, avec un pays divisé et liberticide en profonde crise socio-politique, frôlant plus que jamais l’implosion, la gouvernance AC semble aller tout droit dans la logique dictatoriale des régimes précédents.

Pourrait-on tout de même nuancer les responsabilités de ce désastre ? En d’autres termes, des militaires et des intellectuels qui ont tour à tour calamiteusement exercé le pouvoir en Guinée depuis l’indépendance, lesquels ont moins bien fait le mal infligé au pays ? Métaphoriquement parlant, peut-on choisir entre la serpe despotique des intellectuels et les armes des soudards qui ont soumis sans scrupule la Guinée?

1958-2012 :54ans d’indépendance, 54ans de dictature militaro-civile ou intellectuelle

A des degrés divers, mais résolument tous nuisibles, les militaires et les intellectuels qui ont eu en charge la destinée de la Guinée, ont chacun à leur manière laissé leur empreinte machiavélique dans l’histoire du pays. Qui de son cortège de crimes en tout genre, à l’autre avec des morts moins nombreux, mais des détournements faramineux, un laissez aller étatique néfaste, au népotisme et à la coterie en religion d’Etat. Les architectes du désastre national, de Sékou Touré à AC, ont tous allègrement versé dans les excès du pouvoir.

C’est une dictature séquentielle avec ses frasques et ses soubresauts, qu’ont connus les Guinéens de 1958 à aujourd’hui. Une interminable tyrannie dont le record de longévité et aussi d’exactions, est détenu par le civil AST avec 50.000 morts au bas mot, et le General paysan Lansana Conté. Tous présidents à vie, qui totalisent à eux deux(2) 50 ans de règne sans partage !

Les successeurs Dadis Camara, Sékouba Konaté, AC, rivaliseront d’ardeur dans la purge financière, l’incurie administrative, la violence, le déni des libertés fondamentales, l’arbitraire et les manœuvres anti-démocratiques.

L’histoire de la Guinée de 1958 à 2012, c'est plus d’un demi-siècle de perdu .Il faudrait à présent s’employer à résorber ce gâchis, et enfin « sortir de la longue nuit » (Frantz Fanon).

Militaires et intellectuels, une co-responsabilité entière dans le retard de la Guinée

Pour expliquer l’omniprésence de la dictature en Guinée, il ne serait peut-être pas absurde d’aller chercher les causes dans le rôle des intellectuels .Rappelons qu’AST est celui qui a initié l’absolutisme en Guinée, que d’autres perpétueront plus tard à sa suite, jusqu’à revendiquer même son macabre héritage (50.000 Guinéens tués entres autres, 2 millions d’exilés) ! « Je vais reprendre la Guinée ou AST l’a laissée », a martelé sans complexe AC.

Pusillanime, cupide et vénal, l’intellectuel guinéen est fautif de n’avoir pas (assez ?) joué son rôle d’éclaireur et de guide de la société .Son réveil (de conscience) est tardif et ne semble pas totalement achevé.

Au lieu de s’ériger en rempart contre l’arbitraire du pouvoir , et proposer un paradigme de société , au sortir du colonialisme, l’intellectuel guinéen s’est d’abord marginalisé par l’exil ou par la démission , avant de collaborer étroitement avec le système en place , au nom de ses intérêts personnels bien compris .Par –delà, Il n’a toujours pas su répondre aux aspirations du peuple, en se débarrassant du carcan où l’ont enfermé son occidentalisme ostensiblement affiché ,et l’école , afin de pouvoir vivre en harmonie avec sa société, dans son legs africain mal maitrisé .

Ce vide laissé dès au départ du fait « de l’irresponsabilité des responsables », a été le terreau fertile de tous les maux dont souffre la société guinéenne actuellement .D’où , par exemple , la fragilité et l’inconstance sociales du pays du sommet au bas de l’échelle .Ou que l’armée , par exemple , puisse s’emparer du pouvoir à tout moment ,aliénant la classe intellectuelle prête à s’offrir au premier venu, dans une anarchie sociale et institutionnelle totale .

D’AST à AC, chaque despote guinéen, a eu son intellectuel ou son armée de service.

A priori antagonistes, militaires et intellectuels guinéens se sont mutuellement épaulés dans l’oppression du peuple et la prédation des richesses nationales…Ainsi, l’un et l’autre sont responsables et comptables du retard du pays.

Que ce fut sous impulsion militaire ou intellectuelle, de 1958 à aujourd’hui, la Guinée est allée de mal en pire .Et au regard de son évolution actuelle, la situation ne semble guère s’arranger.

Oury Baldé

PS : Ce papier est né du fructueux échange que j’ai récemment eu avec Thierno Tata(Labé).De ce fait, que Thierno Tata veuille bien recevoir tous mes remerciements pour la pertinence de ses points de vue qui m’ont grandement été utiles dans ma réflexion.

Oury Baldé

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