A NOUS LA GUINEE

Actualité

 

GUINEE: L'EXTASE POUR CENT BUS

Le 13/05/2008

 Tandis que de nombreux gouvernements des pays de la sous région s’efforcent de relever, chaque jour qui passe, des défis titanesques pour améliorer les conditions de vie de leur population, notre gouvernement de consensus s’auto congratule d’avoir importé une centaine de bus pour, dit-on, soulager les pauvres populations de Conakry. Si la volonté de ces gouvernants est de rompre avec les maux qui ont toujours gangrené notre pays, alors ils feraient mieux de déloger ces mauvaises pratiques, notamment les gestions calamiteuses, faisant partie du fonctionnement de la République depuis maintenant cinquante ans. La volonté n’est pas de critiquer ou de jeter du discrédit sur l’importation de ces 100 bus mais plutôt d’attirer l’attention sur plus de sérénité et de vigilance. Il est utile de rappeler, qu’en Guinée, ce n’est pas parce qu’on a les moyens qu’on atteindra forcément la fin : nous avons une entreprise s’occupant de la distribution d’eau mais nous manquons cruellement d’eau dans nos pompes, nous avons une entreprise distribuant de l’énergie mais notre quotidien est rythmé par les seules lumières du soleil et de la lune, nous avons une commission chargée de faire des enquêtes sur les évènements de janvier et février mais nous n’avons eu aucun coupable, nous avons des magistrats et des tribunaux mais une sérieuse carence en justice n’est plus à démontrer ;alors permettez nous de douter du fonctionnement pérenne des ces bus qui ne pourra se faire sans une gestion saine et rigoureuse. Refusons de croire, du moins pour l'instant, que maintenant qu’on a des bus, le guinéen n’aura plus de problème de déplacement. Ce gouvernement doit utiliser le résidu de confiance placé en lui pour accomplir avec sérénité et rigueur la mission qui est la sienne. La place n’est aucunement à l’auto congratulation mais plutôt au travail !

Koumbassa Alassane

LA REPUBLIQUE DE GUINEE SUIT AVEUGLEMENT LA TEDANCE DES PAYS OCCIDENTAUX EN MATIERE DE RETRAITE:

Le 25/04/2008

Pour comprendre que la République de Guinée suit une mode aveuglement, nous allons essayer de comparer les populations guinéennes et occidentales qui se lancent sur ce chantier de l’extension de l’âge à la retraite. Essayons de poser cette équation qui est la suivante : [Attribut Pop guinéenne= ? Attribut Pop. Occidentale] = Extension de la retraite En effet, pour résoudre cette égalité algébrique, savoir que nous ne sommes pas confrontés aux mêmes réalités que ces pays, nous allons essayer de dégager les caractéristiques communes, et les raisons qui ont poussé les pays occidentaux à adopter l’extension de l’âge à la retraite, et, nous allons ensuite essayer de voir si la République de Guinée se rapproche plus ou moins de ces spécificités de quelques nations occidentales (France, Allemagne, Espagne, la Grande Bretagne, etc). Cela étant, les caractéristiques principales des populations de la majorité des pays occidentaux est la suivante, je dis bien la tendance qu’on pourrait mettre en évidence, je ne parle pas des exceptions qui pourraient se dégager v Vieillissement dramatique de la population, donc le papy boom v Baisse drastique de la natalité ; v Expérience de vie très longue Par exemple en France, nous avons 2 enfants par femmes, avec une espérance de vie de 76 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes(En plus il faut préciser que la France a la meilleure performance dans l’Union européenne en matière de naissance). [Royaume Uni 75 ans la moyenne, donc, grosso modo, la moyenne pour les pays développés est de 78 ans). Et il faut dire que le taux de natalité de l’Allemagne reste l’un des plus faibles du monde développés (8,25 pour mille). Quel est le problème qui est posé par ces phénomènes : C’est comment trouver l’argent pour financer les retraite, l’assurance chômage, l’assurance invalidité, quand on sait que d’une part, les gens restent plus en vie, et d’autre part il y a moins de naissance, donc, il faut augmenter l’âge, le taux d’emploi des « seniors ». C’est dans cette logique que l’Allemagne a adopté une loi de relèvement de l’âge à la retraite (de 65 à 67 ans entre 2012 et 2029) afin de trouver des fonds pour financer efficacement son système de retraite, pour éviter le crash et les déficits budgétaires qui se creusent tous les ans. Maintenant, quels sont les traits fondamentaux de la population guinéenne. Nous avons en République de Guinée, une population majoritairement jeune (44% de la population ont moins de 15 ans), avec une espérance de vie à 50 ans pour les femmes, et 48 ans pour les hommes, avec un taux de fécondité de près de 6 enfants par femme. Ainsi, après avoir étaler les caractéristiques de la population guinéenne, on se rend compte que nous sommes de très loin des réalités démographiques des pays qui se lancent dans les politiques d’extension de l’âge à la retraite. Il ne s’agit pas reproduire, copier les politiques que les autres pays adoptent, mais il s’agit de très bien lire entre les lignes les bonnes politiques qui ont réussi chez les autres, et essayer de voir si ces politiques peuvent résoudre les problèmes en Guinée, mais sinon ça devient du mimétisme culturel et politique, en un mot du copier coller. Certes, le relèvement de l’âge à la retraite est une tendance universelle, mais, est ce que cette tendance universelle concerne la Guinée, est ce qu’il y a une urgence dans ce domaine. La Guinée ne doit pas suivre la tendance universelle en matière du rallongement de l’âge à la retraite, mais par contre elle doit adopter des réformes, des politiques publiques par rapport aux réalités économiques que les populations guinéennes sont entrain de vivre. Par conséquent, une fois de plus, les jeunes ont été « immoler » par les syndicats, le patronat, le gouvernement, et par nos élus irresponsables politiquement qui ne cherchent pas à peser le pourquoi d’une telle réforme. Il faut s’attaquer aux vrais problèmes, j’ai bien salué l’ouverture de la session par le président de l’Assemblée nationale, lorsqu’il (président AN) a annoncé dans les jours prochains, les projets de loi sur la parité, sur les handicapés, mais franchement la réforme sur le relèvement de l’âge à la retraite n’a pas sa raison d’être. La République de Guinée n’a pas une population vieillissante, et l’espérance de vie moyenne du guinéen est 50 ans. Il s’agit d’améliorer les conditions de vie du guinéen, des travailleurs, mettre fin à la nébuleuse qui sévit à la Caisse nationale de sécurité sociale. En outre, il y a un problème qui existe déjà en Guinée : C’est se teinter les cheveux pour toujours paraître jeune, falsifier les extraits de naissances. Donc, officieusement, les agents de l’Etats travaillaient et travaille encore jusqu’à 70 ans pour ceux qui ont la chance de vivre 70 ans. Avant de s’engager sur les réformes bidons et hâtives, il faut s’attaquer aux racines des choses, comme l’état civil, où l’on a pratiquement aucun fichier. Il y a une multitude de foule de domaine où il faut engager des réformes, et non sacrifier la moitié de toute une population que constitue les jeunes. Cette politique n’est pas la bonne pour avoir une meilleure sécurité sociale en Guinée qui n’existe d’ailleurs guère. Par ailleurs qui sont les caisses de retraite en Guinée ? Bien évidemment, ce sont les enfants, les cousins, les neveux, les nièces, ces jeunes qui prennent en charge les familles de leurs parents chômeurs (euses), retraité-es, invalides, etc.

Touré Ibrahima Sory, écrivain spécialiste en droit de l’homme, Montréal, istofr@yahoo.fr

LES PARTIS POLITIQUES MOINS DEMOCRATIQUE QUE LE REGIME DE LA DEUXIEME REPUBLIQUE:

Le 25/04/2008

 Selon le petit Larousse, la légitimité est la qualité de ce qui est fondé en droit, en justice, ou encore en équité. Ainsi, on utilisera plus la notion de légitimité qui est un peu différente du principe de la légalité qui fait plutôt référence déjà la soumission de l’administration aux règles de droit, et aussi déjà la répression des comportements (droit pénal), mais la frontière entre les deux (2) notion est minime en pratique. Pour être en logique avec le libellé de cette analyse, on essayera de situer l’origine de la légitimité d’un chef de parti (I), et, donner le portrait de quelques grands partis politiques guinéens en la matière (II), et enfin comment l’absence de légitimité et la non « circulation des élites » peut être fatale à un parti politique (III). I. La légitimité dans un parti politique légitimité d’un chef de parti, d’un président de parti, d’un secrétaire général de parti, peu importe le nom qu’on pourrait lui donner est une question fondamentale dans toute démocratie. Sur ce, on pourrait se poser la question d’où vient la légitimité pour diriger un parti politique dans un régime démocratique? Évidemment, la logique qui s’impose pour l’élection d’un président de la République, d’un premier ministre, doit être la même logique pour être président de parti politique. En d’autres termes, de même que les citoyens ont le droit fondamental de choisir leur président de la République, les membres, les militants ont aussi ce même droit de choisir leur président de parti. On ne peut pas être défenseur d’une valeur, et être en même temps contre cette valeur. Nous avions vu en décembre 2007, l’élection de JacoB Zuma à la tête de l’ANC en Afrique du Sud, et, pourtant Zuma a battu une personnalité de grande envergure qui est le président Thabo Mbeki. Ce sont les règles de la démocratie qui ont voulu les choses ainsi. Cependant, en mettant en parallèles nos partis politiques à ceux des autres pays, on pourrait se demander, est ce qu’il y a véritablement des congrès en République de Guinée. II. Le portrait des partis politiques par rapport à la tenue d’un congrès Dabord hormis leur régionalisation et leur caractère ethnique (sauf exeption), on pourrait affirmer qu’il n’y a pas assurément de congrès, de convention pour être à la tête des partis politiques guinéens. Les partis politiques guinéens, surtout ceux de l’opposition qui réclament plus de démocratie, qui réclament l’instauration d’un jeu égal, sont paradoxalement les mêmes organisations où l’on constate l’absence d’égalité, de transparence, de débat, de pluralité d’opinion, de démocratie pour être à la tête de ses organes de décisions. Ces leaders politiques qui se prennent pour des « pro démocrates » sont loin des vertus démocratiques. Pour arguer mes propos, je bâtirai mon enchaînement logique d’arguments sur trois (3) partis politiques de l’opposition : le RPG, l’UPR, l’UFDG A. Le Rassemblement du peuple de Guinée RPG Le RPG est l’un des partis de l’opposition qui s’abrite sous le parapluie des principes démocratiques et républicaines. Cependant, lorsqu’on se réfère à l’article 20 du règlement intérieur de ce parti, il est dit quelque part que : « Le bureau politique est l’organe de direction et d’administration du parti […] . Il comprend 23 membres élus dans les conditions définies par l’article 33 des statuts du parti (excepté le président) ». Donc, nous voyons à l’arrivée, comment le président est au dessus de la mêlée politique, une forme de monarchie à la RPG. On pourrait fonder un parti, mais être éternellement président de ce parti sans des élections à des intervalles réguliers est inadmissibles en démocratie. B. L’Union pour le progrès et le renouveau UPR Ce parti a été fondé par feu Siradio Diallo (paix à son âme). Il faut dire que le parti a été le fruit de la fusion de trois (3) formations politique (PRP,UNR,ANE). Par le culte de la personnalité, Siradio fut d’abord président du PRP jusqu’à la fusion, et fut président incontestée de l’UPR sans un véritable congrès jusqu’à sa mort. À la mort de cette grande personnalité, il faut le reconnaître, la succession fut mouvementée pour la présidence, et pour la vice présidence. Cette situation a donné naissance aux dissidences de quelques personnalités et membres du parti vers d’autres partis. En outre, c’est cette manque de légitimité qui vient de causer des contrariétés et la contestation du leadership du président Bah Ousmane. C. L’Union des forces démocratiques de Guinée UFDG Ce parti qui a été repris par Bah Mamadou lorsqu’il fut débarqué de l’UPR, est aussi à l’image des autres partis politiques guinéens. Récemment, Bah Mamadou a donné la présidence de ce parti dans des conditions obscures à l’un des présumés fossoyeurs de l’économie guinéenne. Cellou Dalein Diallo a été investi président de l’UFDG sans compétition et dans les conditions alambiquées. Du reste, ce qui est invraisemblable et paradoxal, Bah Mamadou qui a passé la moitié de sa vie à combattre le pouvoir de Lansana Conté, « revend » son parti à une personne qui a incarné pendant longtemps le régime de la mauvaise gouvernance et de la corruption institutionnalisée. Lorsque je vois les guinéens se battre pour cet homme, j’ai du mal a digéré cela, et, je comprends que le guinéens est un profiteur, un égoïste, un ethnocentriste. Je peux comprendre les guinéens qui soutiennent, qui se battent pour Bah Ousmane, Alpha Condé, Jean Marie Doré, car le doute profite à ces hommes là, dans la mesure où ces personnes n’ont pas été associées encore à la haute fonction publique (ministre, premier ministre, président). Je sais et partage l’idée que tout guinéen est libre de supporter tel ou tel opposant politique, mais j’aimerais que l’on m’explique le soutien à un Cellou Dalein Diallo, car cet homme est loin de notre aspiration. Il (Cellou) a déjà été aux commandes, il a déjà fait ses preuves, il n’a pas pu améliorer la vie des guinéens, et il n’a pas eu le courage politique de démissionner, qu’est ce que l’on attend de lui alors? III. Les dissidences comme conséquence de l’absence de démocratisation La consolidation, l’imposition d’un leader politique de façon éternelle débouche souvent sur la fragmentation du parti. C’est ce que l’UPR a connu au décès de Siradio Diallo, et c’est ce qu’il est encore entrain de récolter. Cette situation a déjà eu lieu pendant le règne de Sékou Touré. Le PDG a connu des dissidences au congrès de Foulayah, en l’occurrence celle de Bangaly Camara lorsque Sékou Touré a voulu être un tout, mais comme on était loin d’être dans un régime démocratique, Bangaly Camara fut arrêté quelques mois plus tard. Donc, face à la dissidence, il y a deux (2) solutions. Soit, on va aller former une autre formation politique, ou on va rejoindre un autre parti politique. Par ailleurs, c’est cette même situation qui a été très fatale pour Abdou Diouf pendant les élections présidentielles de 2000. Lorsque Diouf a imposé Ousmane Tanor Dieng, le PS a été victime de deux (2) grandes dissidences. La première de Moustapha Niasse qui a obtenu 16,76 % au premier tour des présidentielles de 2000, et la seconde dissidence est de Djibo Ka. Pendant le deuxième tour, Niasse a fermé la porte à Diouf, en affirmant ceci : « La voiture dans laquelle je me trouve est déjà en route et ne peut pas faire marche arrière » Enfin, il faudrait dire que face à cette absence de démocratie dans les partis politiques, l’ouverture au débat, et à la pluralité des opinions, les guinéens doivent se battre corps et âme afin de changer la constitution, le code électoral pour que les candidatures indépendantes soient effectives.

 Touré Ibrahima Sory, écrivain spécialiste en droit de l’homme, Montréal, istofr@yahoo.fr

LES ELECTIONS LEGISLATIVES EN LIGNE DE MIRE

Le 11/04/2008

 Les partis politiques dans leur ensemble, observent sans le crier sur les toits, une certaine attitude de satisfaction, face à la situation de chaos que constituent les escarmouches au niveau de l’exécutif, car d’une telle atmosphère de déliquescence des structures de commandement, leur champ d’action devient propice à la proposition d’alternatives de modes de gouvernance dans un avenir proche, favorisant ainsi l’adhésion des populations, à des programmes de sociétés, susceptibles de garantir une relative sécurité sociale et économique, compte tenue de l’urgence des attentes. Le caractère obsolète des mécanismes de gestions économique et financière, magnifié par les dérives courantes, dans la gestion administrative, du fait du non respect des principes de moralité et d’éthique dans l’action publique, nous font admettre qu’au-delà des difficultés inhérentes à la conjoncture économique internationale, le problème de mal-gouvernance dans notre pays, est profondément lié au relâchement des mœurs, qui se traduit par l’inaptitude chronique de nos décideurs politiques, à privilégier les rapports de cordialité, par la coopération et la concertation, dans leurs prises de décisions engageant l’intérêt général du peuple de Guinée dans son intégrité. Face à ce constat, les discours propagandistes, n’ont aucune chance de trouver un écho favorable, car ce peuple, trop longtemps privé de son droit naturel à aspirer au bonheur, par la simple satisfaction de ses besoins primaires, à force d’être manipulé et instrumentalisé, a compris la machination dont il est victime et s’astreint désormais à suivre aveuglément des crieurs publics, qui se déguisent en guides spirituels, pour nos orienter vers des horizons ténébreux, dépourvus de lueurs d’espoir. Dans cette lutte perpétuelle pour la survie quotidienne, l’énième augmentation du prix du carburant et son effet domino sur les prix des denrées de première nécessité, est de nature à augmenter le désarroi des plus démunis d’entre nous. Dans pareilles conditions, le sentiment d’injustice et de haine, se justifie par le contraste existant entre l’utilisation des moyens étatiques et les résultats probants sur le terrain, à cause non pas seulement, de la limitation des ressources, mais bien évidemment, cette situation est une simple résultante de l’aliénation des esprits, qui se manifeste par le comportement mafieux des groupements d’intérêts particuliers, d’hommes et de femmes, à qui on a pourtant, accordé le privilège d’avoir l’honneur, d’incarner les aspirations de la société tout entière. La mission qui leur est dévolue, est de donner un sens positif à notre existence en tant que nation épanouie et œuvrant au rayonnement des idéaux de paix et de prospérité dans le monde. Malheureusement, l’orientation politique dans notre pays, est contraire aux aspirations de la population, qui continue de végéter dans la pauvreté et la misère en se demande chaque jour que Dieu fait, à quand la fin de nos malheurs ? Dans ce cas, point de réjouissance pour les guinéens que nous sommes, tant qu’on n’aura pas compris qu’il faille que l’on se remette résolument en cause, dans nos comportements individuels, guidés trop souvent, par le seul profit personnel, en ayant malheureusement à l’esprit, ce faux entendement de la fonction politique, comme moyen d’enrichissement illicite. La fonction politique sous tous les cieux, va de paire avec les privilèges, mais dès lors que la priorité est donnée aux droits par rapport aux devoirs, son exercice se trouve dénaturé par l’hypocrisie qui consiste trop souvent, à demander aux autres, ce qu’on ne fait pas soi même. Dans le cadre guinéen, la responsabilité dans la dilapidation des deniers publics, est œuvre commune d’une majorité substantielle de nos décideurs, se situant dans tous les maillons de la chaîne des structures directionnelles, les rapports d’audits des départements ministériels récemment rendus publics, en font largement foi. Mais comment responsabiliser les gens et leur demander des comptes, quant le laisser-aller devient une pratique structurée, à la limite de l’institutionnalisation, tant elle est profondément ancrée dans les mœurs ? L’initiation, la coordination et le suivi de politiques de développement, dans le cadre d’une gestion économique et sociale efficace et efficiente, qui permette une lecture claire dans le processus d’évaluation et d’appréciation des données, demeure le seul gage de réussite de nos différentes entreprises, en prenant en compte la stricte application des textes réglementaires qui régissent le fonctionnement de nos institutions. Encore une fois, on ne peut qu’être sceptique quant à la suite à donner aux recommandations de ces fameux audits à cause de l’impunité ambiante. Ce nouvel acte ne peut malheureusement être vu, que comme une autre parade de façade, destinée à épater et ameuter l’opinion publique, en brandissant la menace d’une grève qui n’emballe pas fort la population, soucieuse de sa survie quotidienne et dorénavant habituée à ce genre de manœuvres, toutes les fois qu’une action de désapprobation est faite de la part du général Conté à l’encontre du P.M. Ce climat d’incompréhension et de frustration, ne peut perdurer, car les inquiétudes à la nomination de M.Lansana Kouyaté à la primature, étaient que le général ne lui laisse les coudées franches dans la réalisation de sa mission. Dés lors que maints exemples prouvent aujourd’hui cet état de faits, au-delà des oppositions de principe à la personne du P.M, l’intérêt du peuple de Guinée, est que s’opère une rupture à l’amiable de ce couple qui ne répond plus aux critères de conduite normale, de la classe dirigeante d’une nation, qui se veut prospère et progressiste. Aujourd’hui, entre autres objectifs à brèves échéances, nous avons la tenue d’élections législatives libres et transparentes, dont l’acquisition du principe d’organisation, ne doit être perçue comme une fin en soi, bien que si elles se déroulent et aboutissent convenablement, elles favoriseront un rééquilibrage des rapports de forces au sein de la future assemblée nationale, avec une tendance favorable à l’opposition, dans la perspective de la constitution d’un groupe parlementaire majoritaire, situation dont on peut attendre des résultats concrets dans les prises de décisions stratégiques. Dans cet ordre d’idées, si la nomination d’un nouveau P.M n’est pas une contrainte constitutionnelle pour le Président de la République, la pression populaire sera de nature à légitimer cette option et vue l’allure où vont les choses, l’on peut se réjouir du fait qu’en plus de l’arme fatale que constitueront les possibilités de motions de censure, à l’encontre de la politique gouvernementale, il y’aura la probabilité de la mise en place prochaine d’une procédure légale de destitution du Président, pour cause d’incapacité physique et moral consécutive à son état de maladie, clouant du coup au pilori les ambitions malsaines d’une poignée d’individus, qui continuent obstinément à graviter autour du président et qui pour assouvir leurs besoins d’influence et de maintien dans les méandres du pouvoir, contre le gré de la population, usent de tous les moyens de pression, y compris occultes, prenant en otage le peuple opprimé et traumatisé, qui ne demande rien de plus que justice lui soit rendue, sans occulter notre passé, aussi lourd qu’il soit, de faits peu reluisants sur le plan humain.

BAYO Abidine

DES MANOEUVRES POLITICIENNES QUI NOUS EGARENT

Le 31/03/2008

 Le combat politique est une lutte de longue haleine, qui requiert un investissement physique, moral et matériel constant, car le champ de bataille est tributaire des enjeux de l’instant présent, qui se nourrissent des expériences du passé, pour déterminer les perspectives d’avenir. En cela, les prises de position des acteurs politiques, par rapport aux sujets d’actualité, déterminent leurs visions singulières, de l’approche de la gestion publique des affaires, dans le cadre de l’exercice du pouvoir. L’action gouvernementale s’inscrit dans cette logique qui voudrait que la quantification du degré d’aboutissement des objectifs assignés dans la détermination des politiques prévisionnelles, serve de base à l’évaluation et l’appréciation analytique des résultats atteints. Pour ce qui est de la situation actuelle en guinée, les avis divergent et reflètent des positions antagonistes, selon qu’on se situe dans le camp pro-gouvernemental ou dans l’opposition, une confrontation passionnelle d’idées, qui met en péril l’objectif de changement et de réconciliation nationale, née de la volonté populaire manifestée lors des soulèvements, qui ont aboutit à la nomination de l’actuel P.M De toute évidence, il y’aura un avant Lansana Kouyaté et un après Lansana Kouyaté et si aujourd’hui, l’on peut noter quelques actes posés ça et là, qui donnent lieu à des controverses, au regard non seulement, de la situation catastrophique héritée du passé, mais aussi de l’ambigüité des méthodes de gestion actuelles, il est à remarquer que jamais dans notre pays, un P.M n’a soulevé autant de débats et de passions. Au fil du temps, on remarque que la présence de M. Lansana Kouyaté à la tête du gouvernement dit de consensus et dont la mise en place avait suscité pas mal d’espoir au sein de la population, soulève aujourd’hui maintes inquiétudes, surtout avec le bras de fer qui l’oppose actuellement au général Conté, dans une sorte de guerre froide, qui se mue de jour en jour, en bataille rangée et à couteaux tirés, entre les différents clans constitués, au gré des intérêts particuliers des uns et des autres. A l’entame de cette confrontation qui a vu le limogeage de Justin Morel Junior, selon la formule consacrée de la réponse du berger à la bergère, le P.M désemparé, avait brandi la menace que constituait la création de la commission d’enquête sur les massacres perpétrés en janvier et février 2007, dont on a cru comprendre la nomination et la prestation de serment des membres. Cet effet d’annonce laissait naturellement croire, à l’application logique d’une des dispositions contenues dans la feuille de route dont il a la conduite et fort malheureusement le constat est que tout cela est tombé dans le tiroir des oubliettes, déjà débordant de promesses fallacieuses, à la mesure de la mégalomanie et de l’ambition démesurée, qui ne trouvent écho, Dieu soit loué, que dans les oreilles de fanatiques profiteurs, qui croient naïvement, à la pérennité d’un système moribond, voué tôt ou tard à l’échec. L’association incompatible de visions disparates à la tête de l’exécutif, prouve que le mariage alors scellé au non du peuple, à travers les accords tripartites, était par la force des choses, celui de la raison, pour une sortie de crise et non celui de l’amour de la patrie, pour une action concertée et conscientisée au bénéfice des administrés, qui deviennent malgré eux, des victimes collatéraux, de ces mesquines querelles de personnes. Les interférences liées aux conflits de compétences sciemment orchestrés et entretenus, dans le dessein inavoué, de brouiller les cartes et focaliser l’attention de l’opinion, sur des questions de non sens qui contribuent à exacerber les rancœurs, ont pour objectif, de fragiliser le camp adverse pour favoriser sa discréditation et son abattage systématique. Dés lors, on est en droit de se poser la question de savoir, à quoi riment ces chamboulements et ces prises de bec, à l’exemple de cette rocambolesque affaire de Mme Chantal COLE, qui vient s’ajouter aux dernières nominations de personnalités hostiles au P.M, comme membres de son gouvernement, dont il n’a plus que de nom, comme coordinateur des actions, toutes choses se situant à n’en point douter, dans une stratégie de positionnement et de rapport de forces, en dénaturant ainsi, l’essence et la philosophie même de la politique, à travers la priorité donnée à la seule conquête de prérogatives personnelles de commandement et de privilèges qui en résultent. L’aveuglement de nos dirigeants, dans cette lutte sans merci de conquête du pouvoir, où tous les coups semblent permis, est favorisé en grande partie, par la manipulation spirituelle des marchands de rêve, auxquels se fient pieusement les arrivistes, qui croient dur comme fer, aux formules incantatoires ésotériques, sensées leurs ouvrir grandement, les portes de l’ascenseur social, au détriment des préoccupations quotidiennes des populations, qui assistent désabusées à l’instrumentalisation de leur misère. Le pain ne saurait être béni, tant que des impies mettront la main à la pâte et présentement, il serait hypocrite de croire un tant soit peu, à l’efficacité d’un gouvernement embourbé dans des dissensions internes et dont les membres peinent à s’asseoir sur la même table, pour conjuguer à l’unissons leurs efforts de redressement économique et social. Le silence ne doit être un oubli en ces instants d’incertitude, au risque de donner la place belle, au laisser-aller de nos dirigeants, qui expriment sans relâche et comme par défit, leur don d’ubiquité, de manière irresponsable et désinvolte, faisant de nous des éternels loosers, qui semblent se plaire à jouer à qui perd, gagne.

BAYO Abidine

LA REPUBLIQUE TOURMENTEE

Le 19/03/2008

 Cela fait plus d’un an que nos sœurs et frères sont tombés, sous les balles assassines des militaires guinéens et bissau guinéens, pour avoir voulu faire basculer le destin de la mauvaise gouvernance sévissant depuis maintenant un demi-siècle dans notre pays. Bravement ces martyrs ont affronté cette obscurité guinéenne où continuent d’agir des acteurs politiques inspirés par l’autoritarisme de la première république et la cupidité de la deuxième république. Voilà donc venu l’éclairage que l’on attendait depuis un demi-siècle, s’était-on dit au moment de la revendication populaire. Hélas l’obscurité, peu à peu, reprend sa place. Il va falloir à nouveau des guides ; fort malheureusement les espoirs ont fondu, les passions sont nées, le clivage des fils de Guinée s’est actualisé. Où en sommes-nous aujourd’hui ? A la case départ me rétorqueriez vous. Mais non ! Nous ne sommes plus à la case départ. Nous ne savons plus où nous sommes. Nous nous sommes égarés et nous avons emporté notre unité nationale dans cet égarement. Notre brève union, qui naquit dans les épreuves passées, n’a pas eu le temps de se fortifier : Le consensus est apparu et notre union a disparu. . Encore une fois, nous nous sommes perdus et nos ennemis de la mauvaise gouvernance, eux, essaient de se retrouver. Dans le pays, la bataille fait rage entre les nouveaux mauvais gouvernants et les anciens mauvais gouvernants. Ils se disputent les sièges de l’Etat tandis que le peuple continue de se battre farouchement contre la vie chère. Mais, jusqu’à quand dureront le manège des gouvernants et le désespoir de la population ? On continue de patauger dans la boue de la division, du repli sur soi, de la vengeance. Les ethnies se déclarent, l’union nationale continue de périr, le paysage politique devient de plus en plus flou et notre combat ne fait que s’enliser. Dans les conditions actuelles, il serait fictif d’affirmer que les prochaines élections législatives, pressenties par nombre comme solution miracle, seront organisées de façon honnête et sereine. Elles contribueront plutôt à nous éloigner de nos aspirations. On peut dors et déjà affirmer que ces élections seront dépourvues de transparence et la plupart de nos partis politiques, ethniques ou pas, la contesteront. Et encore un brouhaha qui viendra s’ajouter à un autre brouhaha, dans le pays de l’obscurité. L’avenir, source d’espoir pour bon nombre de jeunes guinéens, n’est pas prometteur mais n’empêche que nous devrons nous battre tous ensemble pour retrouver le cap de l’unité nationale. Ces jeunes ne sont pas morts pour rien. Vaut mieux être médiocre dans l’excellence plutôt que d’être talentueux dans la médiocrité. Ils sont morts parce qu’ils ont voulu mettre fin à la médiocrité à laquelle le pays a été soumis depuis l’indépendance. Le comble dans tout ça est que les dirigeants du pays s’apprêtent à célébrer cinquante années de désillusion et de mauvaise gouvernance. En guinée, après la défaite… c’est la fête ! Oeuvrons plutôt, comme le propose beaucoup d’intervenants pour que ce cinquantenaire soit synonyme de remise en question, d’unité nationale véritable, de vérité, de pardon, de démocratie à part entière qui contribuera certainement à enclencher enfin notre devise : Travail, Justice et Solidarité. Pour finir, faisons un voeu, cinquantenaire oblige, à cette deuxième République : Vu qu’elle a été aussi nocive que la première République alors souhaitons qu’elle aie, au maximum, la même longévité que celle-ci. Koumbassa

Alassane koumbassa@gmail.com

ET ENCORE UN ABUS DE POUVOIR !

Le 04/03/2008

 Le décret présidentiel portant nomination du président du CNC est illégal, et de ce fait la présidence du CNC devient illégale D’abord pour évacuer toute idée préconçue, cette analyse ne prend pas position pour les tenants et aboutissants qui s’invectivent, par ce que tout simplement, les uns et les autres défendent, ou critiquent telle ou telle autorité publique (le Président de la République, le Premier ministre, etc). C’est un constat que je pose, et je le fais à chaque fois qu’une occasion se présente, et évidemment à chaque fois que j’ai le temps. Je ne suis ni pour Pierre, ni pour Paul. Je suis pour le respect de la légalité et le triomphe du droit sur l’autoritarisme. Cela étant, décidément, les guinéens ne veulent pas se débarrasser des mauvaises habitudes. On ne prend position sur un fait politique, économique et social que lorsque le fait en question ne touche pas un ami, un parent, ou un allié. Le constat est que la majorité des guinéens crient au changement, mais chaque guinéen veut un changement unidirectionnel, un changement au détriment des autres. Aujourd’hui, chaque guinéen doit avoir pour combat, la promotion d’un Etat de droit, la restauration de la légalité, de la démocratie et de la bonne gouvernance. Comment est ce qu’on peut délibérément violer une loi de la République comme d’habitude sous prétexte qu’on a un pouvoir décrétale ? Comment les défenseurs de ces valeurs que je viens de rappeler (la liberté, le droit, la démocratie, la bonne gouvernance) n’ont souvent pas une vision critique par rapport aux violations des lois par les autorités publiques, en l’occurrence le président de la République ? Il faut dire, si nous refusons toujours de reléguer, ou d’aligner nos intérêts personnels sur les intérêts généraux, la République de Guinée avancerait difficilement. On se retrouvera toujours dans cette situation, et c’est ce climat qui règne tant à l’intérieur de la Guinée, qu’à l’extérieur de la Guinée : EST ILLÉGAL, TOUT CE QUI TOUCHE LES AUTRES, ET INVERSEMENT, EST LÉGAL, TOUT CE QUI ME TOUCHE ET/OU QUI TOUCHE MES PROCHES, MES ALLIÉS MÊME SI ON EST EN FACE D’UNE SITUATION ILLÉGALE. Sur ce, le décret présidentiel du samedi 1er mars, portant nomination du président du Conseil National de la Communication, est un décret qui vient s’ajouter à la série de violation des lois de la République. Après lecture du C.V de l’actuel président du C.N.C, immanquablement, on aboutit à une violation de la loi Loi/91/06 portant création du Conseil national de la communication. Selon les dispositions de l’article 6 aliéna 2 de la loi susmentionnée, les neuf (9) membres du CNC (le président du C.N.C est compris dans ces 9 membres) doivent être âgés de 40 ans pour être nommés. Attendu que l’actuel président est né le 4 novembre 1973, donc âgé de 34 ans et 4 mois. Etant donné qu’il manque environ cinq (5) belles bougies au nouveau président pour atteindre les 40 ans requis pour bénéficier de cette promotion, on conclut à la violation systématique de la loi régissant le C.N.C. Ce décret est illégal, et par conséquent la présidence actuelle du C.N.C devient illégale, car il n’y a pas de légalité dans l’illégalité. Les lois organisant les différentes institutions républicaines sont différentes les unes des autres. La loi Loi/91/06 portant création du Conseil national de la communication est différente de la loi organique 91/04 portant composition et fonctionnement du Conseil économique et social (CES), et de la Loi organique No 91/008/CTRN du 23 décembre 1991 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Cour suprême, et cetera, et cetera. Ainsi donc, on nomme les personnes à ces différentes institutions (surtout les deux premières) en fonction des dispositions particulières de chaque loi. Le décret de nomination des membres du CNC et/ou du CES n’est pas comme le décret de nomination des membres du gouvernement, car les organes sont différents, les missions sont différentes, etc. On ne nomme pas par ce que ça nous chante de nommer, on nomme selon ses compétences et selon les textes qui régissent la République, les institutions. Dans une République organisée, l’action de toute autorité, de toute institution est balisée par des textes de loi, qui s’impose non seulement aux autorités qui ont mis ces textes en place, mais bien évidemment aux simples citoyens. Certes, je suis pour la promotion des jeunes hommes et femmes aux fonctions de responsabilité, mais je ne pourrais pas parier que ce décret s’inscrit dans cette voie. Selon mes analyses, ce décret s’inscrirait dans les rapports de force entre un président de la République malade qui s’en moque des lois républicaines, et un premier ministre politiquement incompétent, irresponsable et qui commence à avoir la boulimie du pouvoir. Ce décret ne serait qu’un acte tactique, de positionnement, de construction et de renforcement des différents clans vautours qui gravitent autour de l’Etat, et qui n’hésiteraient pas à se dévorer lorsque l’occasion se présente. J’attends alors de voir les commentaires, les réactions des partis politiques, les leaders d’opinion, les organisations de la société civile sur cette nouvelle illégalité de la part du président de la République qui prend la Guinée comme une petite famille africaine où on se croit être le maître absolu des lieux.

Touré Ibrahima Sory, écrivain et spécialiste des droits de l’homme, Montréal. istofr@yahoo.fr

NOUS PREFERONS L'UNITE DANS L'ACTION A LA DIVERSITE DANS LE VERBIAGE

Le 15/02/2008

 Il est en ce moment, plus que démoralisant, de n’avoir d’autre choix dans les tentatives d’analyse de la situation guinéenne, que de parler et de parler, encore et encore, des éternels problèmes qui polluent notre existence et du sentiment de frustration qui en résulte, car la vie des guinéens est loin d’être un long fleuve tranquille. Tous les pays au monde connaissent certes des difficultés, qui si elles sont conjoncturelles pour certains, dits pays de démocratie et de pratique de la bonne gouvernance, qui ont su s’adapter aux réalités contemporaines et apprivoiser les contraintes liées à leur évolution sociologique et environnementale, elles demeurent cependant, structurelles pour le lot de pays à la traîne dont fait partie la Guinée, qui de bouleversements en clashs, se trouvent confrontés à des situations de calamité humaine, caractérisées par la profondeur du gouffre entre l’écrasante majorité de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, et quelques privilégiés nantis qui se cramponnent au pouvoir et excellent dans le zèle, dans l’exercice de leurs fonctions. Les soulèvements populaires prévalent ainsi d’un sentiment d’injustice sociale à cause de l’iniquité dans la répartition des richesses de la nation, qui font l’objet de pillage systématique, mettant en péril, les objectifs de croissance économique et sociale. Le manque de perspectives qu’engendrent les tensions politiques, favorise de plus en plus, la fuite en avant de nombre de jeunes vers l’Europe, pour échapper à la misère, à la quête de meilleures conditions de vie, dans des environnements sociaux et politiques, garantissant les libertés fondamentales. Ironie du sort, le supposé eldorado que constitue l’occident, se transforme de jour en jour en enfer, pour un nombre toujours croissant de sans-papiers, dont le quotidien se résume à " bobo, glouglou et dodo", à cause du durcissement de la politique européenne en matière d’immigration, attitude traduisant un signe apparent de changement de mentalités et de stratégies, dans ces pays, qui si auparavant, favorisaient les migrations internationales, par mesure de précaution et surtout de nécessité en raison de la présomption d’un potentiel manque de main d’œuvre, dû au vieillissement de leurs populations, craignent désormais, un envahissement incontrôlable, avec l’élargissement des frontières de l’union, d’où le privilège accordé à la nouvelle politique dite de l’immigration choisie, défendue par la France, qui favorise dorénavant, la venue de personnes compétentes, dans des domaines de croissance économique, à fort besoin de main d’œuvre. Cette nouvelle donne, est là pour nous signifier que rien ne sera plus comme avant et plus que jamais, les africains doivent compter sur leurs propres capacités à initier et à générer des politiques de développement économique et sociale, qui soient de nature à engendrer un environnement propice à l’amélioration des conditions de vie des populations, pour favoriser leur sédentarisation et leur participation effective au processus de changement évolutif et aussi pour encourager le "comme back to home" des nombreux diaspos déçus et blasés par de longues années d’errance à travers le monde et qui, pour cause d’instabilité politique, ont perdu l’amour de leur pays en hypothéquant à jamais, le rétablissement des liens d’avec la terre, mère patrie qui les a pourtant, vu naître. Le plus détonnant, c’est que la plupart de ces expatriés, nomades des temps modernes, se trouvent réduits à exercer des boulots précaires qui ne correspondent ni à leurs compétences, ni à leurs aspirations et deviennent comme disent les ivoiriens, des "womis", grillés qu’ils sont, pile et face, pour être d’une part, peu ou pas intégrés dans leurs pays d’accueil et de l’autre, rejetés par les leurs. Quelle absurdité ! On est bien que chez soi si toutefois, la situation politique et les conditions de vie s’y prêtent et c’est en cela que le rassemblement par rapport aux sujets essentiels, devient une impérieuse nécessité et une opportunité qu’on se doit de saisir, au-delà des diverses sensibilités politiques et au prix de sacrifices qui en valent largement la peine. Alors, le fait d’entendre couramment des gens spéculer sur le remue-ménage au pays, pour enfin dire qu’ils ne sentent aucunement concernés par ce qui s’y passe, dénote d’une attitude d’irresponsabilité de leur part, car pour espérer le changement souhaité et réclamé par tous, il faudrait bien que l’on s’implique tous, peut-être de façons différentes, mais résolument et inexorablement, car de nos actions individuelles, dépendra l’action de la collectivité que nous formons et ambitionnons de sortir de la morosité. Pour parer à l’éventualité d’une destinée funeste de nos ambitions, la gestion politique dans notre pays se doit de considérer de façon objective, qu’on a besoin de compréhension mutuelle, pour concilier des visions et des attentes différentes, dont le dénominateur commun demeure le bonheur du peuple dans son intégrité. Au stade où nous en sommes, il serait irresponsable et surtout préjudiciable de supposer qu’un quelconque parti politique détienne à lui tout seul, une solution miracle, pour venir à bout des difficultés incommensurables auxquelles nous faisons face et parlant de la constitution d’un gouvernement d’union nationale, on se fout éperdument de l’appellation à lui donner, mais le plus important, c’est que l’objectif à atteindre avec la tenue d’élections libres et transparentes, est de dégager une majorité parlementaire, par le jeu démocratique des alliances entre partis se reconnaissant en un même idéal et dont sera issu on l’espère, le futur P.M qui aura pour mission, d’insuffler une dynamique nouvelle dans la politique gouvernementale, dans le respect de l’étique et de la déontologie, par la moralisation de la vie publique et par l’application du principe de séparation des pouvoirs, garantissant l’autonomie et l’indépendance des institutions républicaines, dans leurs prises de décisions. L’adoption de mesures drastiques dans la gestion de la chose publique et draconiennes pour ce qui est des manquements aux règles établies, sera d’un apport positif dans ce sens. Seulement, les groupes de pressions qui ont pour manie d’entraver l’action gouvernementale, par la manipulation et les coups de bas, simplement par le fait de considérer que tous ceux qui ne sont pas avec eux sont contre eux, continueront leur sale besogne et pour ne pas leur prêter le flanc dans leur tentative de déstabilisation, l’on doit admettre que dans tous les camps, il y’a des bons et des mauvais, raison pour laquelle, il sera nécessaire et judicieux, de ne pas faire d’amalgame, par le conditionnement des esprits, à l’idée d’un cantonnement de toutes les forces vives, dans un enclos estampillé d’une encre indélébile "bon à rien". On se doit de faire une association compatible, autant que faire se peut, de toutes les bonnes volontés, dans un esprit d’ouverture et par souci d’efficacité, car de la pluralité des points de vue spécifiques, naîtront des solutions à la satisfaction de tous et dans l’intérêt général. Pour notre salut, on a besoin de tenir compte de toutes les expériences, celles bonnes pour en soustraire le maximum de profits et celles mauvaises, pour en tirer des enseignements utiles à notre avancement. Dommage qu’à l’avènement du pluralisme en Guinée, on ait pas admis le principe de bipolarisation du paysage politique envisagé par le général Conté, car s’il n’était aujourd’hui question que d’opposition et de mouvance présidentielle, le choix aurait été vite fait, en nous évitant en prime, les quiproquos entre pédants politiciens, pour l’affirmation d’un leadership, qui sera sans nul doute, incarné à l’avenir, par un homme ou pourquoi pas une femme, de préférence qui ne soit pas de cette "old school" régie par l’idéologie et le dogmatisme, et qui serait à mesure de ressentir sincèrement les préoccupations du Guinéen et de combattre vigoureusement les tares connus de tous, comme étant les véritables maux de notre société. Le choix qui s’impose à nous aujourd’hui doit dans ce cas, être guidé non pas par la passion, mais par la raison, en parfaite connaissance de cause de la volonté et des ambitions des prétendants au pouvoir suprême, à travers leurs actions concrètes sur le terrain et leur réelle capacité à tenir dans la bonne direction, le gouvernail du navire Guinée.

BAYO Abidine

LA GUINEE EST UN SINGULIER PAYS DE REMUE-MENINGES

Le 09/02/2008

 La principale menace de stabilité politico- sociale en Guinée, peut s’apparenter à ce qu’il convient de qualifier, de corrosion des fondations de notre bâti social, phénomène qui se caractérise par des tensions ethniques, dont la flamme incandescente, est ravivée par des prises de positions idéologiques partisanes, reflétant et conditionnant davantage, l’exaspération des clivages et les risques inhérents d’affrontement. Dés lors, on se retrouve face à un cas de conscience, qui mérite de constituer un exaltant sujet de préoccupation et de cogitation sur notre identité culturelle, qui souffre d’une sorte de déperdition patibulaire, due à l’incompréhensible et inadmissible incapacité, ou plutôt entêtement à comprendre, la nécessité d’une acceptation de la différence, dans une logique d’échange et de complémentarité, entre les composantes qui forment notre nation. Un diaporama des différentes étapes de notre évolution sociologique, montre que l’une des causes si peu lointaines de ce phénomène, se situent dans la structuration territoriale du pays en régions naturelles, avec chacune d’elles, des spécificités sur le plan climatique, végétation, relief et même linguistique, prédisposition naturelle, qui a servi de prétexte aux dirigeants de l’ancien régime, d’initier des politiques disparates, dont entre autres, la configuration hétéroclite du système éducatif, par une subdivision de la carte scolaire, en fonction de la prédominance linguistique, favorisant du coup, le repli identitaire et hypothéquant l’éclosion de visions harmonieuses, susceptibles d’améliorer notre existence et notre devenir en tant que nation. Dans pareil cas de figure, comment imaginer la consolidation des rapports sociaux, si l’enseignement et la formation de la principale frange de la population que constitue la jeunesse, sont basés sur des critères subjectifs, qui ne favorisent en rien le rapprochement entre les cultures, par le manque de politique adéquate d’intégration et d’épanouissement. La diversité culturelle se devait pourtant, d’être un atout majeur, source de richesses aussi matérielles que spirituelles, mais hélas qu’elle s’est trouvée instrumentalisée, dans un but de confrontation et division, environnement propice à l’assise d’une domination au profit d’intérêts particuliers. L’existence d’une langue dominante, dans laquelle tout le monde se reconnaît plus ou moins, est de nature à casser les barrières, en facilitant la communication et le dialogue intercommunautaire, comme c’est le cas dans des pays limitrophes : la Côte d’Ivoire (Djoula ou Français), le Sénégal (Wolof), le Mali (Bambara), contrairement à ce qui se passe dans notre pays, où les principales ethnies, par leur importance numérique, cherchent toutes, à légitimer leur suprématie, en incarnant le pouvoir qu’elles s’estiment dignes de pratiquer mieux que quiconque, par le fait de s’adjuger de façon prétentieuse, le monopole de la noblesse, en souvenir des périodes de règne de l’Afrique précoloniale. L’assise de cette obsession, se manifeste à travers une plus grande représentativité de l’ethnie de l’homme aux commandes des affaires, dans la sphère politique, leur assurant ainsi une certaine hégémonie, dans la direction et la gestion de la chose publique. Cette prépondérance, s’exerce par l’usage malsain de l’exclusion discriminatoire pour les uns (la majorité pataugeant dans la misère) et le favoritisme probatoire pour les autres (la minorité vivant dans l’opulence), causant par ce biais, de sempiternels problèmes sociaux, qui gangrènent notre vie en commun. Rien de surprenant de voir ainsi des oppositions stériles de personnes qui se sentent en déphasage total, par rapport à l’idéal commun de paix et de justice sociale, situation née la divergence de leurs intérêts et de l’hétérogénéité de leurs aspirations. Dés lors, toutes les actions menées au nom de la nation s’en trouvent affectées, car elles ne reflètent point, la volonté d’entreprise commune, synonyme de conjugaison des efforts de tous et pour le bénéfice de tous. L’embellie dans ce ténébreux paysage, ne saurait être réalité, tant que l’on continuera de se juger, à travers l’étiquette ethnique et tant que la promotion sociale dans notre pays, continuera à faire abstraction du mérite et du talent, car le favoritisme et le clientélisme, qui ont actuellement cours, ont depuis belle lurette montré leurs limites, en témoignent les retournements de vestes, de personnes connues et réputées être de fervents défenseurs de l’intérêt supérieur du peuple, par leurs critiques acerbes à l’égard de nos dirigeants et qui une fois les pieds mis à l’étrier, se laissent facilement aller à la dérive, en épousant les méthodes et pratiques perverses du système, dont ils deviennent parfois les chantres. Honte à tous ces surpris de la vie, qui se voient parachutés à des postes de responsabilité, sans conviction et par conséquent sans ambition pour le pays, qui a pourtant plus que jamais, besoin d’hommes et de femmes capables de se transcender et de se saigner pour l’amélioration quantitatif et qualitatif de nos conditions de vie, seule digne voie de salut, pour toute personne se disant noble et agissant pour ainsi dire, en totale adéquation entre le dire et le faire. A ce sujet, il est de notre intérêt à tous, de mettre fin à la diabolisation de personnes issues de la diaspora, que l’on a trop souvent tendance à taxer d’opportunistes, qui se prennent pour des donneurs de leçon et qui font étalage de leurs connaissances, alors que leur seul tort est de vouloir participer au débat politique qui les concerne au même titre que tous les guinéens, en apportant leurs idées et en proposant leurs compétences et leurs expériences.Ces diaspos se doivent quant à eux, de se débarrasser de leur complexe de supériorité et comprendre que les guinéens restés par la force des choses au bled, pour être en contact direct avec les dures réalités du pays, qu’ils vivent au quotidien, sont à considérer et à respecter dans leur dignité d’homme, malgré les difficultés d’ordre matériel qui sont les leurs, indépendamment de leur volonté, qui est de connaître le bonheur. Par ailleurs, nos aînés doivent comprendre la nécessité impérieuse de donner opportunément, la chance à la jeunesse de s’affirmer pleinement et sereinement, par sa responsabilisation et sa promotion culturelle et sociale, car s’il se dit en Afrique qu’un jeune debout ne peut voir, ce qu’un vieux assis aperçoit, parallèlement, l’on dit aussi que si jeunesse savait et si vieillesse pouvait. Une façon éloquente d’affirmer l’interdépendance entre les générations et la solidarité qui s’impose entre elles. La Guinée est un tout dont il faut prendre compte dans toute sa globalité et dans ces différents aspects, pour se sortir de cette léthargie et cette décadence. Nul de décide de son appartenance sociale ou territoriale. Nous sommes nés guinéens et guinéens nous resterons embarqués sur le même navire, qui pour avancer sur les eaux tumultueuses du monde contemporain, a besoins des efforts de tous et de chacun.

BAYO Abidine

CAN 2008 : La GUINEE SORTIE PAR LA PETITE PORTE

Le 04/02/2008

 Pas de surprise pour ce match de ¼ de finale ayant opposé la Guinée à la Côte d’Ivoire, avec le score sans appel de 5 buts à zéro. La bande à Drogba n’a laissé aucune chance aux poulains de Robert NOUZARET, qui se sont vus dominés et surpassés dans tous les compartiments de jeu, prouvant une suprématie sans conteste des ivoiriens. De cette humiliante défaite, il faut retenir une chose : qui veut aller loin ménage bien sa monture et l’équipe de Guinée, comme à l’accoutumée a manqué le coach. L’absence du meneur de jeu de l’équipe Pascal FEINDOUNO, a été cruellement ressentie et les querelles de clocher qui ont toujours caractérisé la gestion du football guinéen, sont entre autres des motifs de démoralisation des joueurs qui, au-delà des faiblesses techniques et tactiques, ont manqué de hargne de vaincre et d’esprit de compétition au haut niveau. Le football, tout comme la musique adoucit les mœurs, et le soutien inconditionnel des nombreux supporteurs guinéens, n’a pas failli tout au long de cette CAN. Mais la désillusion de cette cinglante défaite, est là pour nous rappeler que le football Africain, a atteint un niveau de professionnalisme qui ne laisse aucune place à l’amateurisme et demande plus que jamais des moyens conséquents à la hauteur des ambitions. Le sylli national est à l’image d’une Guinée qui se cherche et ne se trouve pas et le découragement est tel que l’on aura du mal à remonter la pente. A chaque fois que les couleurs nationales seront à défendre, en tant que guinéens, on aura toujours un petit pincement au cœur sans trop rêvé, car beaucoup reste à faire pour espérer voir un jour, l’équipe guinéenne au top et renouer avec les succès du passé.

BAYO Abidine

PERIL EN LA DEMEURE

Le 29/01/2008

 Les campagnes de lutte anti-coloniale, se sont fait l’écho de thèmes récurrents tels, l’éveil ou la prise de conscience des populations africaines, alors sous domination, en raison de l’analphabétisme supposé de ces dernières, situation qui ne leur prédisposait guère, à une aptitude d’appréciation juste, de leurs inhumaines conditions de vie et partant d’un sursaut d’orgueil de leur part, pour la défense et la promotion de leur identité culturelle. Le mouvement de la négritude qui a fait sienne cette mission de sensibilisation, s’est pour une large part, inspiré de cette thématique, dont les conséquences ont eu pour effet, l’accession à l’indépendance des pays colonisés, par la prise en mains de leurs propres destins. La guinée qui fut l’une des premières nations d’Afrique noire à recouvrer la pleine souveraineté, a été un des pionniers de cette lutte d’émancipation, en ayant adopté des positions avant-gardistes, par son soutien aussi moral que matériel, aux différentes factions de lutte, à travers le continent. Cette attitude chevaleresque, nous a valu la sympathie et le respect de tous, prouvant à suffisance la maturité politique du peuple guinéen et sa capacité à appréhender les problèmes de société et d’y apporter des solutions viables, en considération et en application des principes de solidarité et de fraternité entre les peuples. Cette souvenance du bon vieux temps, éveille en nous un sentiment de fierté et de réconfort moral, parce que synonyme de volonté manifeste de surpassement, au-delà des divergences idéologiques et des lignes de démarcation identitaires, à la recherche de l’idéal de paix et de développement , par l’assignation d’un objectif commun, d’auto- détermination, dans l’optique de recherche de voix et moyens de lutte contre la pauvreté, pour la pleine satisfaction de nos besoins vitaux. L’on imaginait alors ces notions d’éveil et de prise de conscience révolues, mais voilà qu’elles deviennent aujourd’hui en Guinée plus que d’actualité, même si au demeurant, le sens à leur donner diffère de celui d’antan, à cause de l’évolution socio-politique et les contraintes économiques conjoncturelles du moment . En effet, s’il était auparavant question de victimisation en incombant les responsabilités de la paupérisation des populations africaines aux pays occidentaux, à travers les méfaits de l’esclavage et de la colonisation, qui ont certes eu, leurs lots d’impacts négatifs, il est désormais de probité morale et intellectuelle, de reconnaître notre part grande, dans l’échec de nos politiques, un demi-siècle après, en nous retrouvant continuellement confrontés, à une situation de survie quotidienne, due à l’incapacité notoire de nos dirigeants à conjuguer leurs efforts, dans la nécessité d’une synergie d’action efficace, pour ce qui est des prises de décisions stratégiques en matière de gouvernance. La gestion administrative dans notre pays, souffre depuis toujours de l’incohérence et de l’ambivalence de nos politiques, à cause du manque de bonne coordination de l’action gouvernementale, qui ne tienne compte de la continuité de l’état, pour initier et pérenniser des programmes de développement, afin de mettre un terme à l’improvisation et à l’amateurisme, dans la direction des affaires, mais aussi, en faisant valoir le principe de solidarité intergénérationnelle, pour l’association de la jeunesse, avenir du pays, à la gestion publique. La mauvaise allocation de nos maigres ressources financières et l’extravagance des dépenses extra- budgétaires, contribuent par ailleurs à maintenir notre dépendance vis-à-vis de l’aide extérieure qui ne cesse de se raréfier, par sa subordination à des conditionnalités de transparence et de bonne gouvernance, toutes choses qui font défaut en Guinée. C’est pourquoi, le combat actuel se situe, dans la dénonciation de pratiques immorales régressives, qui se réclament tout haut, de volonté populaire et d’intérêt général, alors qu’elles se fondent tout bas, sur des considérations subjectives, qui sapent les diverses tentatives de réconciliation nationale. Pour peu euphorisante que soit cette apparente accalmie que nous constatons actuellement dans le paysage politique, la situation est loin d’être enviable, car d’ici à connaître l’issue des prochaines élections législatives, le chemin s’avère long et difficile. L’inconstitutionnalité de la fonction de P.M, ayant favorisé la légitimation des prises de positions unilatérales du président de la république, qui bénéficie par ailleurs, d’un climat de déception, né de la gestion ambitieuse dans le sens personnel du terme, mais antipathique du point de vue de l’opinion publique du P.M, il y’a besoin urgent, de trouver un contrepoids politique capable de tempérer et de nuancer la position dominante que confère la concentration du pouvoir dans les mains de l’exécutif. Pour ce faire, l’on peut espérer et attendre du P.M, une attitude responsable, quant à la transparence et à la régularité de ces élections, seule alternative susceptible de garantir l’action gouvernementale, à soumettre à la seule approbation parlementaire, surtout que la restriction de son champ d’action, à travers le décret de restructuration des départements ministériels, le place dans une position inconfortable, comme se situant entre le marteau et l’enclume, position dont il ne peut attendre une amélioration, que dans la perspective d’une institutionnalisation du poste qui est aujourd’hui le sien, dans une logique de séparation des pouvoirs et d’indépendance vraie des institutions républicaines. La réduction au néant de l’action du gouvernement actuel, peut s’apparenter à du négativisme si ce n’est du négationnisme, au regard des actes posés ça et là, même si leur pertinence est parfois sujet à controverses. N’empêche qu’il faille quand même reconnaître que l’environnement politique dans notre pays, n’a jamais été aussi favorable au changement et pour que les actions du gouvernement soient créditées de confiance et de respect, le P.M a tout intérêt à ce que l’issue des élections législatives à venir, soit favorable à la constitution d’un gouvernement d’union nationale, représentatif des différentes sensibilités politiques, y comprise la tienne qui reste par ailleurs à déterminer.

 BAYO Abidine

LE SANG DES MARTYRS DU 22 JANVIER EST ENCORE FRAIS ET CHAUD

Le 25/01/2008

 Retenons nos respirations, nous sommes le 22 janvier… retenons nos souffles, et nouons les bras sur nos têtes, les bourreaux sont assoiffés de sang. Ils tirent, ils tuent, ils brulent tout sur leur passage. C’est l’enfer sur terre et il y a aucune issue qui mène au ciel… Fâbêêê ! Une détonation déchire le silence du désert, dans une journée sombre, des balles arrêtent et rompent des vies. Dans un vent froid et glacial, des hommes effacent et anéantissent des existences. De leur feu, les vitalités, les projets, et les aspirations d'une jeunesse se dissipent et s'estompent comme le brouillard des matinées d'hiver. De leurs gestes, de leurs cœurs durs comme de l’ acier, ils jettent à jamais, des pères et des mères des sœurs et des amis dans les pleurs. Ils mettent la Guinée dans les profondeurs de la terreur. Des leurs agissements, ils rappellent l’horreur, la sauvagerie et la cruauté du passé. Une nuit, un jour, un instant, ils sèment à jamais dans les cœurs de milliers de familles, la douleur et l'amertume. Dans la poussière et dans le sang, des jeunes sont morts sans savoir pourquoi ! Ils étaient sortis désarmés, NON PARDON, ils étaient juste armés de leur courage et de leur amour pour la Guinée. Comme tous les guinéens ils sont sortis exprimer leur mécontentement et leur râle-bol. Comme tout guinéen ce jour là, ils sont sortis dire assez… Entre les pleurs, dans les mains des parents et des proches, dans la tristesse d’une nation. Dans la détresse d’un pays, la compassion d’un continent et la consternation de l’humanité toute entière, vous êtes partis. Vous êtes morts mais plus que jamais vous êtes présents dans nos cœurs et dans nos âmes. Au fond de vos tombes dans cette demeure, vous avez quitté ce bas-monde sans avoir eu le temps de découvrir les visages de vos tueurs. La vague d’horreur vous a emportée sans raison. Comme dans le passé les bourreaux ont ôté, ils ont brisé sans gêne… Comme dans le passé, comme hier à Télimilé, comme hier à Dalaba, Mamou, Pita et Labé. Comme hier à Kindia, Fria, Dubreka et Boké. Comme hier à Kankan, Siguiri et Kouroussa. Comme hier à Dinguiraye et à Dabola. Comme hier à Kissidougou, Guékédou et N’zerekoré comme hier à Conakry, comme hier, et comme hier... Comme à l’ancien régime… Vous êtes partis mais vos assassins courent toujours, plus que jamais rassurés, plus que jamais contents ; un an après ils marchent, la poitrine bombée et les épaules hautes, sur le sol guinéen dans lequel ils ont semé vos corps. Après avoir massacré les enfants des autres, ils s’occupent et s’activent et font tout pour protéger les leurs sous les arbres qu’ils ont arrosé par vos sangs. Sans honte, sans remord, ils s’abritent sous le ciel guinéen, en dessous duquel flottent vos âmes. Le soleil se lève, les jours se suivent, se succèdent et se ressemblent. Les horizons sont sombres, le ciel est désert, les mêmes vents brûlent toujours les cœurs. Ah ! Les escadrons de la mort, les vampires de la vie continuent de commettre et d'encourager la barbarie à l'encontre de la nation guinéenne. Au moment où sous d'autres cieux l'humanité toute entière s'agenouille et implore le pardon à d'autres hommes victimes de la cruauté de ses semblables, cette autre Guinée n'éprouve aucun remord, aucune gêne et aucune inquiétude face aux événements de l'histoire. Dans chaque pas de leur vie, nos dirigeants s'activent pleinement, aidés par des militaires qui n’ont jamais connu le sens du patriotisme. Épaulés par des policiers et gendarmes criminels, nos dirigeants enrichissent la culture de la haine, la civilisation du mépris des valeurs humaines et l’éducation de la différence. Ces partisans de cette hégémonie barbare qui se maintient par des assassinats savent-ils que la mort n'est point absurde ? Savent-ils que c'est l'acte qui fonde le geste du tueur qui est vraiment absurde ? Car la mort en soi est une source de sens et de signification. Elle pousse à l'interrogation, elle nous fait découvrir les limites de nos possibilités. Elle révèle notre être fini dans l'infini de L'ETRE. La vie de ces jeunes fut courte mais combattante, leur mort fut douloureuse mais héroïque, leur sacrifice est sacré et leur mémoire sera éternelle. Pour l'intérêt de notre peuple, et de la nation toute entière, il est impératif pour chaque citoyen, de s'opposer de toutes ses forces, pour arrêter la programmation, la réalisation et la répétition d’un 22 janvier 2007. Le peuple de Guinée a trop souffert et souffre encore des "dérives" préméditées, des idéologies génocidaires et des actions meurtrières. Aujourd’hui, dans nos âmes gît la souffrance, la douleur, et le désespoir. On ne ressent plus les joies de la vie, on ne jouit des plaisirs de l'existence. L'oppression dans toutes ses formes DOIT cesser maintenant et tout de suite : le guinéen veut VIVRE dignement, travailler ardemment pour développer son pays et mériter le respect des autres nations. Oui c’est ce que veut tout guinéen. Ceux qui veulent empêcher cela, auront des comptes à rendre. Ils auront des comptes à rendre devant la Guinée et les guinéens, devant l’histoire et devant toute l’humanité. Ceux qui ont versé le sang des guinéens auront des comptes à rendre, que ça soit ici ou là-bas, mais ils rendront des comptes. Ceux qui ont aidé ou ont donné des ordres pour massacrer les filles et fils de la Guinée auront des comptes à rendre… Ceux qui veillent à la protection de leurs enfants et assassinent les enfants des autre rendront des comptes… Ceux qui recrutent des loubards, des voyous et les intègrent au sein de l’armée guinéenne, au sein de la police et de la gendarmerie nationale pour tuer les enfants guinéens auront de comptes à rendre. Les responsables de près ou de loin de la tuerie du 22 janvier 2007 répondront de leurs actes. Et ils auront la peine que mérite un assassin d’un ENFANT GUINEEN. Les coupables des massacres et des atrocités de juin, janvier et février 2007, les coupables des massacres d’avant ou après cette période seront châtiés, ils seront humiliés. Nos enfants, nos frères et sœurs, nos fils et filles seront vengés. Ceux qui sont se sont installés à leur place grâce au peuple et pour le peuple et qui ont oublié cela, auront aussi des comptes à rendre. Ils ont trahi la confiance et l’espoir placés en eux, ils ont choisi de travailler pour leurs propres intérêts, au lieu de travailler pour le peuple qui s’est battu pour qu’ils soient là où ils sont. Ils ont promis et n’ont pas tenu leur promesse, ils ont dit et ils ont menti, ils rendront des comptes devant ce peuple. Ceux qui dilapident, pillent et volent le peuple, ceux qui corrompent, répondront tous devant la justice, ils seront jugés et auront le châtiment qu’ils méritent. Ceux qui s’activent pour diviser les enfants du pays, ceux qui anéantissent les acquis, ceux qui montent les fils de la Guinée les uns contre les autres, auront des comptes à rendre. Tous ces généraux, colonels, capitaines, sergents et caporaux qui ont du sang sur leurs mains seront arrêtés. Sur leur ordre et par leurs gâchettes les guinéens sont tombés, le jour viendra ou ils rendront des comptes. Le président, les ministres, les chefs et les responsables à tous les niveaux, les commissaires, députés et conseillers, les ambassadeurs, préfets, gouverneurs, maires et chefs des quartiers… , vous avez choisi de se servir et servir un individu au lieu de servir la nation, le peuple vous guette, le moment venu la loi sera appliquée, vous serez sévèrement punis. Les guinéens que vous avez tués seront vengés. Conté, Ousmane, général Camara, Fodé, Eugène, Solano, Gomez, Sylla …. Ou que vous soyez, sous ciel ou dans la terre, vous n’êtes pas invulnérable, le peuple vous guette, le moment venu la loi sera appliquée, vous serez sévèrement punis ; les guinéens que vous avez tués seront vengés. Comme dit Bill de Sam dans une de ses chansons : « …il faut qu’on vous traine devant les tribunaux il faut que vous répondiez à tous ces maux, il faut qu’on vous condamne….. » Tous ceux qui ont fait du mal à notre chère Guinée seront punis. Les coupables sont connus et les victimes sont connues, tôt ou tard justice sera rendue Je le dis encore, la vie de ces jeunes fut courte mais combattante, leur mort fut douloureuse mais héroïque, leur sacrifice est sacré et leur mémoire sera éternelle. Pour ne pas que leur mort soit vaine, il est impératif que chaque guinéen digne de ce nom ; homme, femme, enfant, adulte et vieux ; vivant à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, continuent de participer activement à cette lutte digne que ces jeunes ont entamés. C’est une lutte noble, digne et vitale sans laquelle il n y aura pas une existence réelle et heureuse, sans laquelle il n’y a ni liberté, ni justice et ni égalité. Sans laquelle il n’y a ni respect, ni essence de vie et ni valeur humaine. Plus que jamais la lutte doit continuer, plus que jamais la victoire est proche. Les braises matinales du printemps ont fait souffler les vents du changement. C’est l’aurore !c’est l’aube ! Les rayons du soleil ont fait briller les lueurs d’ESPOIR…

 A.T. BARRY, étudiant à Paris France hooreejo@yahoo.fr

LE PIEGE DES ANTAGONISMES

Le 14/01/2008

 En Guinée, l’année 2008 commence sur des chapeaux de roue, suite aux dernières évolutions de la situation politique qui se trouve profondément marquée par la publication du décret de restructuration des départements ministériels et le remue-ménage qui s’ensuivit. La pression est montée d’un cran après le limogeage du Ministre de l’information et des NTI, jusque là porte parole du gouvernement et réputé proche du P.M. Les conséquences de ces deux évènements ont vu la montée au créneau des syndicalistes appelant à un mot d’ordre de grève, grève décriée par plusieurs observateurs qui l’estiment inopportune et surtout imprévisible pour ce qui est des dommages collatéraux qu’entraînerait un tel mouvement, dans un climat de précarité et de questionnement pour les populations, qui vivent de jours, qui se suivent et se ressemblent, à la quête perpétuel du minimum vital. Pendant ce temps, on assiste à des mises en scène dont le décore est balafré de prises de positions tendancieuses de la part des différents protagonistes, qui s’activent frénétiquement comme des brebis galeuses, pour colmater les brèches laissées béantes dans le tissu social en s’empiétant dans des diatribes, dans cet exercice vital de réconciliation qui constitue aux yeux de tous, au-delà des divergences, la condition sine qua non d’un renouveau dans notre pays. Ce qui se passe aujourd’hui en Guinée relève de la responsabilité collective des différentes catégories socio-professionnellles dans notre pays, qui agissent toutes pour préserver leurs seuls intérêts particuliers, sans avoir une vision globale de nos problèmes, en tenant compte des interactivités et des interdépendances dans l’action publique. En effet, les agissements des uns et des autres en cette période de grise mine, sont motivés par des ambitions personnelles, qui se traduisent par les ralliements claniques, pour soit tirer profit selon que l’on étiqueté proche de l’entourage du général président, avec la perspective de retour aux affaires des anciens caciques, soit limiter les dégâts pour les pro-kouyaté contraints de revoir à la baisse leurs ambitions, pour cause de remise en question des prérogatives du P.M, le plaçant ainsi dans une position de faiblesse, ou pour redorer le blason pour ce qui est des syndicalistes taxés de laxisme face aux dérives du gouvernement, par rapport à l’application des accords de sortie de crise de janvier et février 2007, ou encore les partis politiques qui ont jusqu’ici manqué de visibilité et d’audibilité sur la scène politique, considérée pourtant comme leur domaine de prédilection, la société civile qui s’invite et s’implique davantage dans le débat, la grande muette qu’est l’armée qui observe son droit de silence et une certaine neutralité face à ces bouleversements, les institutions républicaines qui jouent pour une fois les conciliateurs alors qu’elles manquent d’indépendance vis-à-vis de l’exécutif et du coup d’impartialité et enfin les religieux considérés comme des valets à la solde du système qui contribuent à forger et à entretenir le culte de la personnalité du général Président, dans leur exercice quotidien d’endoctrinement, qui ne cesse de le réconforter dans son entêtement à croire que c’est Dieu qui l’a mis là et que c’est seul Dieu qui pourra lui en déloger ( comprenons par là qu’il sera présent jusqu’à ce que Dieu lui fasse casser la pipe). Le P.M dans sa réaction a quant à lui, fait savoir à tous qu’il n’est pas question de démission de sa part et qu’il n’en sera point. Cette attitude n’est pas surprenante car tous les observateurs s’accordent à dire que la nature de son mode de gestion est empreinte d’ambitions futures dont il a commencé à poser les bases et un retrait de sa part des affaires publiques, s’il ne peut être synonyme de suicide politique, pourrait être assimilé à une erreur stratégique, dans son projet de conquête du pouvoir dans un avenir proche. Les guinéens se trouvent actuellement confrontés à un dilemme dans leur choix entre la peste et le choléra car si le départ du général est souhaitable, personne ne voudrait voir la guinée dirigée par un homme qui rétablirait les mêmes méthodes de gestion qui nous ont jusqu’ici maintenu dans ce pitoyable état de délabrement psychologique et matériel, car le P.M au-delà de ses déclarations de bonnes intentions fait preuve de dédain dans ces rapports humains et dans sa prise en compte des sensibilités diverses et variées capables par ailleurs de lui être utiles à bien des égards, dans il faut le reconnaître, sa difficile mission de redressement économique et social. Tout le monde cherche à tirer son épingle du jeu pour ne pas perdre la face et dans ce contexte, le risque que l’on encourt est la radicalisation des positions qui aboutirait à une confrontation anarchique dont on aura du mal à déterminer les tenants et les aboutissants. Le changement réclamé par les guinéens souffre de la divergence de connotations que l’on prête à ce concept. Pour les patriotes progressistes, le changement suppose une révolution des mentalités dans le sens de l’épanouissement des populations et du progrès social et économique, tandis que les esprits réfractaires et rétrogrades, prônent le changement dans la continuité de pratiques jugées néfastes pour l’évolution des mœurs dans notre pays. En tout état de cause, le changement comme souhaité par la majorité de la population qui souffre des méfaits de la mal-gouvernance, ne peut se faire sans une certaine convergence des idées novatrices qui nous rassemblent sur l’essentiel, à savoir la lutte commune contre la pauvreté endémique qui sévit dans notre pays, par une gestion rigoureuse et efficiente des deniers publics, qui constituent actuellement, la source des convoitises de tous ces prédateurs tapis dans les entrailles du système et par une meilleure valorisation des ressources humaines par la conscientisation et la responsabilisation. La convergence des idées est bien sûr un idéal, qui suppose une vision réaliste et unanime sur des vérités dites universelles et parfois éternelles, mais il suffit parfois de s’accorder sur ce qu’il y’a de substantiel en faisant des concessions pour aboutir à un compromis qui satisfasse les différentes parties prises.

BAYO Abidine

EPILOGUE D'UN ECHEC

Le 03/01/2008

 L’état du pays est arrivé à un stade de décomposition avancé. On pensait que toutes les limites avaient été atteintes mais chaque période, ou du moins, chaque décret qui passe apporte son lot de consternations. Cette contribution ne s’attardera point sur les récents errements de nos hommes d’Etat. Cependant, les cheminements empruntés pour arriver à ce cap seront débattus. A cet effet, nombres de questions vont être posées afin de faire une tentative de démêlement des embranchements de cette complémentarité, ou non, entre Kouyaté & Conté dans une République apparaissant définitivement sous une forme exténuante. Pourquoi Kouyaté n’a pas réussi ? La raison de cet échec cuisant est, entres maints raisonnements, la jubilation avec laquelle il s’installait dans sa fonction de premier ministre. Tandis que de nombreuses mères de familles continuaient de pleurer les êtres chers qu’elles avaient perdus, Kouyaté avait d’autres priorités. Dans le même temps, les criminels de nos frères, continuaient de porter leurs uniformes militaires en dignes fils de la République. Rappelons que le mobile des crimes de janvier et février était le maintien de Lansana Conté à la magistrature suprême. De ce fait, toute enquête crédible relative à ces massacres, mènerait à la présidence de la République et Kouyaté ne pouvait pas assumer ce défi vis-à-vis de son bienfaiteur. Le deuxième acte qu’aurait pu poser Kouyaté, s’il était animé d’une bonne intention, aurait été l’assainissement de l’économie guinéenne en stoppant les criminels économiques qui continuent égoïstement de prélever la Guinée de toute sa substance. Ces « terreurs » économiques de la Guinée sont eux aussi des piliers de ce système qu’il devait combattre et une fois de plus Kouyaté s’est détourné. Ces deux premiers enjeux étaient trop robustes pour notre Premier ministre qui s’est juste préoccupé de son maintien à la primature. Cette stratégie de Kouyaté, censé le porter plus tard à la tête de la magistrature suprême, sourit plutôt à notre général qui a réussi à regrouper tous ses pouvoirs confisqués par les revendications populaires et l’accord tripartite. D’aucuns crient au gâchis du fait que le Premier ministre ait perdu certaines des ses prérogatives alors que rien n’a fondamentalement changé pour le peuple de Guinée qui subira la même sentence. La méthode Kouyaté ou Conté a les mêmes effets. Les meurtrissures du peuple ne sont pas prêtes de se colmater. Notre premier ministre, aurait-il pu réussir sa mission ? Vu le contexte dans lequel Kouyaté est arrivé, on peut affirmer qu’il aurait du s’attaquer farouchement aux maux qui ont toujours gangrené notre chère Guinée. Le capital confiance, que lui a accordé le peuple tout entier, pouvait le faire déloger les pratiques de la mauvaise gouvernance. Il aurait ainsi posé les germes de la bonne gouvernance en Guinée. Kouyaté qui, sans doute, était une erreur de casting, ne pouvait pas s’attaquer à un système dont il fut et reste un des nantis. N’ayant jamais forgé dans le chantier de la bonne gouvernance Kouyaté était forcément voué à l’échec. Dans un pays où le ventre reste la principale préoccupation journalière il est très aisé de se donner une certaine légitimité avec des billets de banque. Cette brève épopée de Kouyaté aura fait des ravages, les corrompus se comptent par centaines, l’unité du peuple s’est fragilisée et le général s’est reconstitué. Le dernier communiqué relatif à la mise en place de commission d’enquête ne changera rien à la perception que la Guinée se fait désormais du premier ministre dit de consensus. Un nouveau premier ministre pourra t’il réussir là où Kouyaté a échoué ? S’il doit y avoir un nouveau premier ministre, nous ne devrons plus nous attendre à des miracles. Ce nouveau premier ministre aura un fort défaut de capital de confiance, car la peuplade se remettra difficilement des méthodes calamiteuses du diplomate Kouyaté. Le dévouement des personnes massacrées n’a pas été récompensé et s’est installé un profond sentiment d’injustice, d’impunité et de malédiction. Alors, un nouveau premier ministre, si compétent soit il, mais sans capital de confiance conséquent, ne pourra jamais disséquer les fondements de ce système enraciné pour longtemps dans les profondeurs de cette marre possédée par les démons de la mauvaise gouvernance. Il nous appartient à nous Guinéens de préserver le seul héritage qui est l’exemplaire union des fils de Guinée qui sont tombés pour avoir voulu labourer le champ de la démocratie qui a décidément du mal à se fertiliser sur la Guinée. Prenons acte de cela et refusons de nous laisser manipuler par les intrigues ethniques. Il y va de la stabilité du pays. Le pessimisme fait désormais partie des sentiments qui animent nombreux guinéens et espérons que 2008 changera cet état d’esprit.

Koumbassa Alassane koumbassa@gmail.com

Eh Wotan ! Où va la Guinée ?

Le 28/12/2007

 On s’exclame, on s’interroge et on ne sait plus qui apostropher pour nous donner une réponse satisfaisante à cette question existentielle. Sommes-nous embarqués dans un navire où la boussole du commandant de bord a perdu le nord, nous faisant voguer sur les mers, au gré des vents et marées, sans que l’horizon se profile à nos yeux, ou sommes-nous tout simplement des naufragés volontaires sur une île déserte, à essayer vaille que vaille de survivre, à la merci des aléas de la nature ? Les formules allégoriques ne manqueront certainement pas, pour décrire la situation guinéenne et en désespoir de cause, les populations désemparées, ne trouve refuge que dans une apparente spiritualité qui leur fait admettre, fatalement les misères qui les avilissent et les assujettissent au bon vouloir des dirigeants, qui n’ont cure de leurs préoccupations journalières. Le quotidien des jeunes guinéens se résume désormais au vas -et-vient entre les cafés et les mosquées, car dans pareille galère, même les athées ont le droit de s’inventer des Saints à adorer, pour conjurer le mauvais sort. On a coutume de dire, que rien ne vaut la vie, mais la vie dans la précarité, à ce niveau de développement de l’humanité, est un non sens qui ne mérite pas d’être vécu. Il n’est pas étonnant de croire que la Guinée est victime d’une malédiction, une malédiction qui viendrait d’au-delà des tombes de la part de tous ces martyrs, sacrifiés sur l’autel de la république, par des bourreaux ayant agit à visage découvert, sans qu’ils ne soient inquiétés pour le moindre du monde. Et patati et patata… Encore une fois de plus, l’on a droit à une entrée gratuite au cirque CONTE, pour assister à un numéro de prestidigitateur des plus rocambolesques. Apparemment rien d’anormal, pour celui qui n’est pas observateur de la vie politique guinéenne, car le fameux décret de restructuration de l’administration que les analystes tentent de disséquer, rentre à priori dans la logique d’avancement du processus de changement. Mais voilà que le tour de passe-passe et la tournure acrobatique qui caractérisent la quintessence même de ce décret, prennent de cours le P.M, qui dit-on en était l’initiateur et l’instigateur, parce qu’il se trouve du coup, amputé d’une bonne partie de ses prérogatives, avec sa mise sous la tutelle du secrétaire général de la présidence, qui lui ravit allègrement, le rôle éminent de coordinateur de l’action gouvernementale. Ses conseillers juridiques, ont-ils été atteints de subite cécité, pour lui avoir donner une mauvaise interprétation de la lecture de cette nouvelle disposition qui est somme toute, largement en sa défaveur. Décidément, le général président a plus d’un tour dans sa besace, parce que à chaque fois qu’il s’est senti assis sur une chaise éjectable, il brandit sa baguette magique pour nous faire voir de toutes les couleurs. Encore une fois, il nous prouve qu’il est le chef suprême et tout-puissant qui décide à sa guise de l’orientation politique dans notre pays et les hommes et femmes à qui il a la délicatesse de confier la direction des affaires, ne sont plus ou moins que des marionnettes, qu’il jette à la poubelle comme des kleenex usagés, quand ils ont la maladresse d’empiéter sur sa parcelle d’autorité, chasse qu’il veut indiscutablement gardée inviolable, tant qu’il demeurera à la tête de l’Etat. Dans le meilleur des mondes, on ne peut se réjouir des malheurs de son prochain, mais dans le cas de figure de notre P.M, il ne peut apprendre qu’à ses dépens le volte face du général, pour avoir fait la sourde oreille, aux multiples injonctions de l’opinion publique, en ce qui concerne ses dérives autocratiques et son arrogance à faire un bras d’honneur aux revendications et aux inquiétudes de bon nombre d’observateurs. Ce qui devait arriver, arrive sans surprise, car on est coutumier du parachutage et du largage des P.M, en fonction des humeurs de notre cher président, qui supporte et voit mal, l’omniprésence médiatique de ses chargés de mission, chose qu’il a tendance à assimiler, à une attitude d’auto-promotion, dans l’optique de son éviction des commandes des affaires. A chaque fois que la grogne sociale est clamée haut et de façon violente, l’on a eu droit au tempérament des ardeurs de la part du général, par la nomination d’un P.M, faisant naître une lueur d’espoir. Et pour des raisons d’incompatibilité et de divergence d’intérêts, la lune de miel avec ce dernier, a toujours finit par virer au vinaigre, avec un retour à la case départ, laissant pantoise la population, qui assiste en spectateur désabusé aux éternels revirements de situation. Pourtant ces derniers temps, malgré les difficultés liées à l’avancement du processus de réconciliation, quelques actes posés ça et là, laissaient croire que le changement était inéluctable, avec la création de la CENI pour les élections législatives à venir et la nouvelle de la publication du décret de restructuration de l’administration (avant qu’on ait pris connaissance de son contenu). En cette période de déclin du régime, la repentance des seniors, par la montée en premier au créneau d’El Hadji Boubacar Biro Diallo, pour décrier les tares du système, ce qui lui a valu son désencartement du PUP, parti au pouvoir dont il a été par ailleurs, un des membres fondateurs, puis la publication du livre d’Alsény René Gomez, ensuite le retrait du Doyen BAH Mamadou pour laisser la place à Dalein et les dernières prises de position d’Aboubacar Somparé, toutes ces actions ont eu le mérite de nous mettre du boum au cœur, en supposant qu’elles dénotent toutes, d’une réelle volonté de remise en question, en faisant un méa -culpa, pour les erreurs commises dans l’exercice de leurs fonctions administratives et/ou politiques. Tout au long de notre parcours, les guinéens ont vu défiler à leur tête des personnalités, qui une fois rentrées dans le moule du système, dont l’objectif premier a été la confiscation du pouvoir dans les mains d’une poignet d’individus, se sont rendues coupables de pratiques usant de méthodes pernicieuses, qui leurs ont permis d’opposer habilement et sournoisement, la couche intellectuelle à la majorité analphabète, les guinéens nantis à la frange pauvre, les guinéens de la diaspora à ceux de l’intérieur, les ressortissants d’une région aux peuplades d’une autre, en reléguant au second plan, la recherche de solutions d’éradication de la pauvreté qui demeure notre mal commun. Alors les retournements de vestes, quelque soient leurs motivations profondes, ne peuvent que nous laisser dubitatifs, car on a de la peine à croire à la sincérité de personnes sentant leurs fins proches, qui n’ont d’autres choix que de faire des pirouettes dans leur vaine tentative de réhabilitation et de rédemption. Et c’est pourquoi, ces approches ne peuvent rencontrer au sein de l’opinion, qu’un sentiment d’inacceptation, d’impopularité et surtout de défiance, car le peuple victime innocent de la supercherie, a par la force des choses, atteint un niveau de maturité qui lui permette de revendiquer et de preserver ses acquis. Scepticisme ou pas, on ne croit plus au miracle et pour la suite des évènements, n’adviendra que pourra, avec le souci que les conflits de compétences au sein de l’exécutif, ne remettent en péril, l’issue d’élections législatives, que l’on espère de tout cœur, libres et transparentes, avec comme cerise sur le gâteau, la nomination d’un P.M issu de la majorité parlementaire, dont la crédibilité et la légitimité populaires, suffiront à asseoir les bases d’un développement harmonieux et durable de la nation, dans la pratique d’une démocratie au sens étymologique et académique du terme. Bonne et heureuse année 2008 à tous.

BAYO Abidine

Le 28/12/2007

 De 1958 à 2006 en passant par 1984, la République de Guinée a connu un régime de confusion de pouvoirs. La première République qui s’étend de 1958 à 1984 avec Sékou Touré à sa tête connut un régime totalitaire plaqué d’un gouvernement despotique, et, la deuxième République qui a commencé en 1984 jusqu’à nos jours est un régime qu’on pourrait nommer de « présidentialiste» guinéen, d’autoritarisme militaire « civilisé » ou encore un régime de domination totale des autres pouvoirs assimilable à une démocratie de façade. Les guinéens longtemps « clochardisés » par leurs propres frères [les dignitaires de ces deux (2) régimes] dans un désert de misère, vont sortir de leur léthargie et de leur nonchalance apathique pour aboutir à une prise de conscience, qui, il le dire, est encore à l’état embryonnaire. De cette prise de conscience embryonnaire dont la date remonte en janvier 2007, les guinéens de janvier 2007 qui étaient dans une position de force face au pouvoir de Wawa, vont s’arrêter à mi-chemin de leur combat pour le changement de pouvoir et même de régime politique guinéen. Le président de la République ayant bien assimilé les théories de Nicholas Machiavel « la ruse du renard et la force du lion», en un fin stratège politique va se replier sur lui même pour mieux sauter. C’est dans ces conditions que le Président acceptera de « fragmenter » son pouvoir comme le réclamait les meneurs (les centrales syndicales) de mouvement. Cette division du pouvoir de Conakry donnera un régime politique dont on ignore le nom, et même inclassable dans la typologie classique des régimes politiques. Ce bidouillage institutionnel dont les portes mènent à une chambre introuvable va réconforter le Président qui était dans une position de faiblesse pendant les crises sociales de 2007. Les guinéens était à un doigt du régime de Fory. Dans ce processus de changement à la guinéenne, on aboutira à la nomination d’un premier ministre chef de gouvernement, à la mise en place d’une Commission électorale nationale indépendante (CENI) afin d’aboutir à des élections libres et transparentes selon les fondements de la démocratie, mais cette CENI soulève quelques interrogations pour accomplir sa mission de façon impartiale (I). Dans la même logique de mettre fin aux anciennes pratiques, et dans le but d’accomplir sa « mission », le fameux premier ministre qui est le fruit de « l’insurrection populaire de janvier 2007 », a depuis sa prise de fonction via le secrétaire général de la présidence, soumis au président de la République un texte de restructuration des ministères. A l’arrivée, ce décret de restructuration, « donne » les pleins pouvoirs (II) à une institution protocolaire de la présidence : le Secrétaire général de la présidence. Il sera aussi intéressant de décortiquer l’article 178 du décret car une partie du cette disposition est marquée par un anachronisme. Les pouvoirs publics, la presse, bref les guinéens confondent deux (2) notions qui ne sont pas à confondre (III) à savoir : d’une part, nous avons déterminer et conduire la politique de la Nation, et, d’autre part contrôler l’action gouvernementale, et cette confusion crée une « deuxième chambre » du parlement guinéen. Cette « deuxième chambre » du parlement guinéen n’est autre chambre que le secrétariat générale de la présidence. I. La CENI à la guinéenne La CENI en République de Guinée fut le fruit d’une longue négociation entre les partis politique de l’opposition et ce que l’on nomme en Afrique de mouvance présidentielle. La création de cette autorité administrative indépendance (AAI) selon la terminologie du droit administratif français remonte depuis les premières élections dans les années 90. La demande insistance de l’opposition sur la création d’une telle autorité fut entérinée en 2005 par le décret N° 39/PRG/SGG/2005 du 10 octobre 2005 portant création, attribution et fonctionnement de la Commission électorale nationale autonome. De cette CENA en octobre 2005, on est passé au CENI en décembre 2007, donc un changement de nom, mais il faut dire que ce changement d’appellation n’affecte pas la nature même de l’institution, car dans certains pays c’est la CENI comme au Niger, au Burkina, et dans d’autres pays c’est la CENA comme au Sénégal, ou encore au Bénin. Ce n’est pas une simple appellation qui différencie cette institution administrative guinéenne de ses sœurs de la sous région, mais ce sont les attributions et compétences qui sont différentes de la Guinée aux autres pays pour le moment, et peut être plus tard la moralité des membres (mais on ne saurait aborder cette question ici, car on ne peut rien dire pour le moment sur ça quand on sait que la CENI à la guinéenne vient d’être investie) Par le décret du 08 novembre portant création de la CENI en République de Guinée, la CENI a une attribution et compétence qui est différentes des autres pays qui ont été les premiers à se doter d’une telle institution pour rendre les différentes consultations effectives et transparentes. Après ce décret, la majorité des guinéens si on ose affirmer cela, se réjouissent de la mise en place de cette institution tant réclamée, mais à décortiquer ce décret, et en le mettant en parallèle avec d’autres commission des autres pays de la sous région, on se rend compte que nous les guinéens n’aimons pas ou refusons de faire des reformes en profondeurs, ou refusons de produire des textes plus ou moins concis, précis et clair. Certes, un texte de loi n’est jamais parfait, il ouvre toujours à des vois d’interprétation (téléologique ou volontariste, exégétique, historique, etc) qui sont parfois différentes d’une tradition juridique à une autre ou même au sein d’une même tradition juridique, mais ce texte guinéen portant création de la CENI qui a été adopté par l’Assemblée nationale et promulgué par le président de la République poussent le juriste averti à poser un certain nombre d’interrogations. Sur ce, à ne s’en tenir que de l’article 2 de ce texte, après analyse, on se rend compte que la République Guinée marque toujours des points sur sa particularité par rapport aux autres République sœur de l’Afrique de l’Ouest. Selon les dispositions de l’article 2, la CENI « collabore avec le ministre chargé de l’Intérieur à l’organisation des consultations électorales et référendaires. À ce titre, la CENI prend part à la conception, l’organisation, la prise de décision et l’exécution, depuis l’inscription sur les listes électorales jusqu’à la proclamation des résultats provisoires ». Collaborer c’est travailler en communs avec d’autres personnes, c’est travailler avec une ou plusieurs personnes par exemple pour la défense ou la promotion d’une idée, d’un système, d’une institution, afin d’atteindre un but ou un objectif qu’on s’est fixé. Et prendre part, veut dire participer, se joindre à une activité commune pour apporter sa contribution. Cette disposition nous pousse à poser cette question : Veux t-on créer une CENI ou deux (2) CENI en Guinée ? A la réponse à cette question, on pourrait dire que le législateur guinéen qui manque de compétence, de professionnalisme, et qui se trouve manoeuvrer par l’exécutif a préféré créer deux (2) organes pour l’organisations des consultations électorales et référendaires. Par les mécanismes de la « cogestion », nous avons deux (2) CENI: la CENI et le MNISTERE DE L’INTERIEUR. Habituellement, la CENI est une autorité administrative indépendante (AAI), un « organisme administratif qui agit au nom de l'État et qui dispose d'un réel pouvoir, sans pour autant relever de l'autorité du gouvernement » (Conseil d’Etat français). En Guinée, cette AAI n’est placée sous la hiérarchie d’aucune institution (ministre, premier ministre, président de la République), a l’obligation de collaborer avec le MINISTERE DE L’INTERIEUR qui est une institution gouvernementale, représente et met en œuvre la politique de l’Etat dans ses domaines de compétence, mais nous voyons que son « indépendance » est limitée. La collaboration d’une AAI comme la CENI ne doit pas être édictée par un texte de loi, c’est la CENI qui doit juger si nécessaire de sa collaboration avec telle ou telle institution comme au Burkina Faso (infra). Au Bénin, le texte est clair. La CENA béninoise est à elle seule compétente pour gérer une élection. Selon l’article 35 du code électoral béninois. A cet effet, la CENA au Bénin, selon les dispositions du même code, est chargée de la préparation, du déroulement, de la supervision des opérations de vote et de la centralisation des résultats. La CENA transmet les résultats centralisés à la Cour constitutionnelle pour les élections législatives et présidentielles. En revanche c’est la CENA qui proclame les résultats des élections locales. Au Burkina Faso, la CENI, à sa demande peut se faire assister par le ministère de l’administration du territoire, selon l’article 3 du code électoral du Faso. L’assistance est demandée par la CENI, et non exigée par le code, donc c’est quand la CENI estime nécessaire l’assistance qu’elle fait intervenir le ministère de l’administration du territoire. II. Un décret de restructuration ministérielle qui ignore certains département et qui donne les pleins pouvoir au secrétaire général de la présidence Ce décret d’ordre technique que tous les guinéens attendaient est très confus et prête a polémique. Ainsi, on pourrait tenter d’analyser ce décret sur trois (3) points, à savoir : L’absence de certains départements ministériels Délégation des pouvoirs du président de la République à son secrétaire général, et la « reprise » des affaires par Fory ; Amalgame et mauvaise compréhension et utilisation des termes dans le décret : le contrôle de l’action gouvernementale (pour bien comprendre ce que nous voulons affirmer, on préfère analyser cet élément dans la troisième partie de cette étude). Sur le premier point, ce fameux décret, même s’il ne le dit pas expressément, soustrait le ministère de la défense du gouvernement pour le « rattacher » à la présidence de la République. Dans la même ambiance, nous avons absence de la primature, une fois pour dire que la primature n’existe que de façon formelle. En ce qui concerne le deuxième point, le décret après avoir fait ignorer la « primature », fait du président de la République, selon la Constitution, le seul chef à la tête de l’administration guinéenne. Par ce décret, il (le président) a « récupéré » ses pouvoirs qui sont reconnus par la constitution guinéenne aux articles 37 […] Le président de la République détermine et conduit la politique de la Nation », article 40 « […] Le président de la République dirige l’administration ; article 39 « Le président de la République nomme les ministres, qui l’assistent et qui ne sont responsables que devant lui. Il peut les révoquer. […] Il peut lui déléguer une partie de ses pouvoirs » Ainsi, c’est en se referant à la Constitution que le président de la République, a délégué une partie de ses pouvoirs à son plus proche collaborateur : Le secrétaire général de la présidence. Il faut le dire que la constitution reste la norme qui se place au sommet de la pyramide dans la conception de la hiérarchie des normes ou pyramide des normes théoriser par l’éminent juriste autrichien Hans Kelsen. Les règles de droit prennent la forme d’une pyramide qui est une figure géométrique avec pour base le polygone et pour faces latérales des triangles dont les sommets se réunissent en un même point. Selon cette théorie Kelsen, toute règle de droit doit respecter la norme qui lui supérieure. Conséquemment, La constitution étant au sommet de la pyramide, toutes les autres règles de droit doit respecter cette constitution. Il ne fallait pas simplement demander la nomination d’un premier ministre chef de gouvernement, mais il fallait insérer ce changement dans la constitution pour garantir la mission de ce « sauveur » de la République. A défaut d’un changement de régime pendant les crises sociales, il fallait obtenir un changement moins confus et plus établi constitutionnellement, mais le changement guinéen est un changement à la « sauvette ». La constitution ou Loi fondamentale n’est pas un décret qu’on fait sortir tous les jours, ni un accords qu’on passe tous les jours. Dans le droit constitutionnel guinéen, d’ailleurs inspiré du droit constitutionnel français, nous avons la Constitution, ensuite les traités ou accords régulièrement approuvés ou ratifiés, les lois, puis les principes généraux de droit (PGD), les règlement (décret, arrête, ), enfin les actes administratifs (les circulaires et directives). Un accord quelque soit ses formes de négociation n’est jamais supérieur à une constitution. On pourrait rejoindre Sidya Touré « […]Il s’agit un peu d’une Primature comme celle que j’ai exercée en 1996, avec une lettre de mission. Mais, une lettre de mission n’a aucune valeur juridique. Je crois qu’il fallait tout simplement s’inspirer des constitutions des pays limitrophes : le Sénégal, le Mali, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Togo, pour définir les fonctions avec les prérogatives du Premier Ministre et de son Gouvernement dans le cadre de la Constitution »Donc, les guinéens, en prenant la voie confuse et ambiguë ne doivent pas être effarés par cet acte exécutoire du président de la République. Ce changement à mi chemin en janvier 2007 ont permis à Fory de « récupérer » ses pouvoirs après 10 mois des évènements qui auraient pu lui faire partir. D’ailleurs, on pourrait dans une certaine mesure, dire que le président de la République n’avait jamais perdu ses pouvoirs, mais ses pouvoirs furent « menacés ». C’est dans ces conditions alambiquées que la BCRG la banque des banque, les grands projets, les garages du gouvernement, le patrimoine Bâti public, c’est à dire, toutes ces institutions stratégiques restent comme d’habitude est rattachées à la présidence de la République. Dans la même logique, le président de la République « reprend » le secrétariat général du gouvernement, qui est traditionnellement comme son nom l’indique une institution qui relève du gouvernement, donc du premier ministre, mais constitutionnellement, le porte feuille de premier ministre n’existe pas. Le premier ministre existe par un accord et par un décret. Certes la constitution organise et hiérarchise les rapports entre gouvernants et gouvernés, mais le pouvoir politique est un rapport de force, et dans ce rapport de force, la personnalité politiques des décideurs politiques est très pesant. Ainsi, Lansana Kouyaté a perdu la bataille dès les premiers jours de son installation. Il a perdu son rapport de force avec un président de la République affaibli par les crises sociales de janvier 2007. Ce sont les « grands » hommes qui font de grandes institutions. Exemple : Qui connaissait le secrétaire général de la présidence de la République ? C’est Fodé Bangoura qui a rendu cette notoire, importante, pesante sur des départements ministériels et même sur certaines institutions républicaines très important. Tout rapport est un rapport de force, les rapports de force entre l’exécutif et le législatif, entre le judiciaire et l’exécutif, entre l’homme et la nature. C’est comme en France, le général De Gaule a dégagé sa lecture de la constitution, et cette lecture gaullienne a été suivi jusqu’à la première cohabitation en 1986. Jusqu'en 1986, les premiers ministre français n’exerçaient pas convenablement leurs attributions et compétences qui sont fixées dans la Constitution de 1958. Dans un rapport de force, à côté des textes, il faut avoir une personnalité et trouver de très bonnes stratégies afin de faire faire accepter à une autorité, à un individu, ou à une institution, ce qui n’aurait pas fait de son propre gré ou de sa propre initiative. C’est ce qui a manqué à notre « Messie » premier ministre. Notre premier ministre a passé tout son temps à prier Fory pour asseoir une administration publique compétence, et notre Fory, sentant le recul qu’a pris le nouveau premier ministre, a repris ses pouvoirs qui étaient menacés.Il faut souligner que si le premier ministre jugeait qu’il était le fruit du peuple de Guinée, il aurait pu engager un « front » politique avec le président de la République qui était très contesté dans son propre pays, mais Lansana Kouyaté trouve qu’il est à la primature par la bienveuillance de Fory. Ainsi, c’est dans cette ambiance qu’il (premier ministre) n’a pas engagé dès les premiers jours de ses fonctions une autre lecture des accords tripartites, de sa lettre de missions mis en parallèle avec la Constitution. S’il le faisait ainsi, il aurait pu gagner la bataille car il avait tout un peuple derrière lui, mais tel n’est pas le cas aujourd’hui. C’est pourquoi, Lansana Conté, profitant de la faiblesse du premier ministre, « sort » un décret dont certaines dispositions sont une aberration. III. L’anachronisme de la dernière phrase de l’article 178 du décret (infra) Les guinéens, la presse, les pouvoirs publics confondent deux (2) affirmations qui ne sont pas synonyme : Déterminer, conduire et coordonner la politique de la Nation et Contrôler l’action gouvernementale ne sont pas synonyme. Dans le sens juridique du terme, ces deux (2) ne concernent même pas la même autorité. La première affirmation concerne l’exécutif, le gouvernement. Dans un régime parlementaire, ou dans un régime semi parlementaire ou semi présidentiel ou « présidentialiste » comme en France, c’est le gouvernement qui détermine et conduit la politique de la nation, et c’est le premier ministre qui dirige l’action du gouvernement. C’est qui est exprimé par les articles 20 et 21 de la constitution française de 1958. Dans le cas guinéen, selon la constitution, c’est le président de la République qui assume cette fonction aux articles 37, 38, 39, 40, 41 de la constitution. C’est certaines de ces compétences qui devraient passer dans les mains d’un premier ministre constitutionnel après les crises sociales de janvier 2007. Par l’hypothèse d’un premier ministre constitutionnel, c’est à dire, un premier ministre dont les compétences et attributions sont prévues dans la constitution guinéenne par exemple , alors comment le premier ministre dirige l’action du gouvernement ? Le premier ministre compose propose les ministres au président de la République ; ensuite, il coordonner, organise l’action de l’équipe gouvernementale ; puis procède par les arbitrages à la suite des divergences naissent entre les membres du gouvernement ; enfin, il fixe les orientations générales des actions des membres du gouvernement et défini les attributions et compétences de chaque ministère. Cependant, il faut dire, que chaque ministre est responsable de son département. En revanche, contrôler l’action gouvernementale, est une procédure qui s’inscrit dans les rapports entre le premier ministre (France), ou le président de la République (Guinée) et le parlement. Ce terme est anachronique dans le décret du 05 décembre 2007 portant restructuration du gouvernement dans sa partie 19, en son article 178 « Sous l’autorité du chef de l’Etat le secrétaire général de la présidence de la république a pour mission la mise en œuvre de la politique du gouvernement dans les domaines du fonctionnement et de la coordination des activités des services de la présidence de la République », jusqu'à ce niveau tout semble être correct pour la mission traditionnelle d’un secrétaire général. Mais, le paragraphe 2 de ce même article rajoute que « Il (secrétaire général) appui le chef de l’Etat dans ses missions de conception et d’orientation de la politique générale de la Nation, il contrôle l’action gouvernementale et assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’Etat » C’est cette phrase mise en relief qui est une aberration, sinon tout le reste paraît acceptable, car le président de la République n’a utilisé que les prérogatives qui lui sont offertes par la Constitution, mais le contrôle de l’action gouvernementale appartient au parlement. D’ailleurs, dans la Constitution guinéenne, cette formule n’existe point au niveau des pouvoirs du présidents de la République. Alors, comment le parlement, dans un régime parlementaire et/ou semi parlementaire ou semi présidentiel contrôle l’action gouvernementale ? C’est la constitution qui investi le parlement du pouvoir de contrôler l’action gouvernementale. La fonction de tout parlement dans un régime démocratique, c’est contrôler l’action gouvernementale à côté de voter les lois… Que signifie ce verbe d’action contrôler ? Contrôler signifie examiner, exercer une autorité, un pouvoir vérifier, quelque chose pour en avoir la maîtrise. Le contrôle de l’action gouvernementale s’exerce généralement de trois (3) manières : Procédure d’information : L’alinéa 1er de l’article 73 de la constitution guinéenne, les députés peuvent poser des questions orales ou écrites aux ministres. Cela peut être un débat mais sans vote, par exemple les questions que les députés guinéens posaient aux ministres en octobre 2007 lors de la session budgétaire, etc. ; La procédure d’investigation : art 72, le droit pour l’Assemblée nationale d’entendre tout ministre. Nous avons aussi l’article 73 alinéa 3 qui concerne les Commissions d’enquête que le parlement peut mettre en place pour enquêter sur une politique gouvernementale ; La procédure de la motion de censure, la question de confiance ou de ce que l’on appelle en Guinée la double persistance législative. En France, au Niger la motion de censure ou la question de confiance existe. Exemple : Par la motion de censure du 31 mai 2007, le gouvernement du premier ministre Hama Amadou fut renversé par sa propre majorité parlementaire lors d’une affaire de corruption de son gouvernement (c’est une preuve de la maturité politique des députés nigériens). La motion de censure et/ou la question de confiance n’existe pas en Guinée. C’est la procédure de la double persistance législative ? Lorsque une divergence existe entre le président de la République et le parlement guinéen sur une question donnée, le président après avoir consulté le président de l’Assemblée nationale peut dissoudre notre fameuse Assemblée nationale. Après la dissolution du parlement guinéen, de nouvelles élections sont convoquées dans les 60 jours qui suivent la dissolution (les élections anticipées). Et lorsqu’à la suite de ses élections anticipée, les « nouveaux » députés, c’est à dire, ceux nouvellement élus adoptent la même position que l’ancienne majorité des députés de l’Assemblée nationale sortante sur la question controversée qui a fait l’objet de la dissolution, le président de la République doit démissionner. C’est ce que l’on entend par la double persistance législative, car l’Assemblée nationale persiste deux (2) fois sur une même question. Cela se trouve réaffirmer par l’article 76 de la Constitution guinéenne. Cependant, il faudrait dire que cette procédure est difficile de mettre en œuvre. Dans les régimes parlementaires comme en Royaume Uni, en Allemagne, ou semi parlementaire présidentialisée comme en France, ou encore au Niger, le premier ministre est responsable devant le parlement.

Touré Ibrahima Sory, écrivain, spécialiste en droit de l'homme, Montréal

DANS lE BROUHAHA, LE TRALALA CONTINUE

Le 12/12/2007

 Les responsabilités inhérentes à la fonction d’homme politique se soumettent à l’appréciation de l’opinion publique, avant, pendant et après la période de règne des dirigeants qui l’assument. Elles s’inscrivent ainsi, en lettres d’or ou de bronze, dans le livre du processus historique d’évolution des peuples, en fonction de leurs impacts positifs ou négatifs, facteurs déterminants fondamentaux, du degré d’émancipation et d’épanouissement social et économique des populations. Les hommes politiques guinéens dans leur ensemble, qu’ils soient de l’opposition, de la mouvance présidentielle ou gouvernementale, seront dans cette optique, comptables de leurs faits et gestes, face à la justice des hommes, qui donnera raison à ceux qui ont raison et tord à ceux qui en auront. Dans la conjoncture actuelle, l’on a de cesse de stigmatiser les dérives qui ont jalonné notre parcours, en tant que peuple indépendant et en tant que nation qui s’assume pleinement. Les causes endogènes de nos maux, sont connus de tous et s’expliquent logiquement, par une simple dépendance de cause à effet. De façon incompréhensible et inadmissible, l’on continue cependant à patauger, dans les méandres de la pauvreté et de la misère, en ayant toutes les peines du monde, à se mettre sur les rails du progrès mondial, en ce 21ème siècle, avec les atouts de la mondialisation, pour les pays qui savent habilement tirer leur épingle, du complexe jeu des alliances économiques, dictées par des intérêts particuliers des nations. En fait de responsabilités, il faille reconnaître de façon implicite, que nous sommes tous coupables, dans diverses proportions bien entendu. La part grande, revient, particulièrement à tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont été associés aux prises de décisions, qui ont conduit notre pays, dans cet état de dépendance et de régression permanentes. En premier lieu, nos deux chefs d’Etat que sont Sékou Touré et Lansana Conté, qui sont indéniablement tous les deux, indexables et justiciables, pour leurs erreurs respectives de parcours, dans l’exercice du pouvoir, l’un dans un régime totalitaire et l’autre dans un régime de type présidentiel, dont le dénominateur commun est, la concentration du pouvoir directionnel, au sein de l’exécutif qu’ils incarnent. Nullement, une quelconque volonté de faire un procès d’intention, car les différentes analyses sociologiques et politiques, visant à étayer les thèses qui font référence à notre passé récent, soulèvent souvent la polémique et demeurent des sujets à controverse. Néanmoins, notre conscience patriotique nous interpelle en ce moment précis, de contexte favorable au redressement national, pour poser les jalons de la démocratie, seule alternative politique, capable de nous faire voir une lueur d’espoir, au bout du long tunnel de l’obscurantisme dans l’attente de lendemains meilleurs. Le général Conté a, en cette période de transition, l’occasion ou jamais, de redresser le tir, en se dédouanant de ses travers, autant que faire se peut, usant courageusement de ses immenses prérogatives, pour insuffler une dynamique nouvelle dans l’action politique, par sa volonté et sa capacité, à honorer ses engagements, par rapport à la feuille de route confiée à son premier Ministre et son équipe gouvernementale, suite aux évènements de janvier et février. Dans un de ses interviews, le général Président a répondu à la question de sa succession, qu’il cherchait quelqu’un qui soit à ses yeux, assez patriote et intègre pour lui confier les rênes du pouvoir, attitude qui dénote de son manque de respect de la constitution, du jeu démocratique et au-delà de la volonté du peuple. Il n’a vraiment pas à nous imposer qui que ce soit, surtout qu’il n’est lui-même pas un exemple de réussite dans la conduite des affaires de l’Etat. Notre choix pour la direction de notre destin commun, ne doit être guidé que par le libre arbitre de chacun d’entre nous, en âme et en conscience, avec la force de la conviction. Ce qu’il a de mieux à faire, est de continuer à œuvrer à la mise sur pieds des recommandations issues des négociations de sortie de crise, qui ont aboutit à la nomination de M.Lansana Kouyaté au poste de premier Ministre, une façon louable de se racheter en considération du fait que malgré tout, mieux vaut tard que jamais dans la vie. Dans cet élan, on peut se réjouir du fait qu’après le décret de création et de nomination des membres de la CENI, un nouveau décret portant sur la restructuration de l’administration, vient d’être signé par ses soins, comme pour couper court aux rumeurs qui font état de sa réticence, par rapport à l’avancement du processus démocratique enclenché depuis. Est-ce à supposer pour autant que des paliers ont été franchis ? On attend impatiemment de voir la suite, car en Guinée, rien n’est jamais vraiment acquis, tant les revirements de situation sont légions. En outre, beaucoup reste à faire, quand on imagine que l’une des revendications essentielles, demeure la création d’une commission d’enquête pour les crimes perpétrés lors des évènements et dont le principe d’acquisition est considéré comme un vœu pieux, en raison des implications fortes de certains décideurs, qui ne peuvent naturellement être juges et se constituer partie civile à la fois et surtout parce qu’ils sont conscients du fait qu’ils auront beaucoup à perdre dans pareille aventure. Par ailleurs, notre souci est que le général Conté ne soit plus considéré comme l’arbre qui cache la forêt, en devenant à tout bout de champ, le bouc émissaire que l’on s’empresse de jeter en pâture, devant les vautours du système, qui continuent de se camoufler derrière leurs costards et leurs grands boubous de soit-disant responsables administratifs, et profitent inlassablement, de la corruption érigée en méthode de gouvernance. On ne parlera jamais assez de la corruption, au risque de se répéter, mais le mal est si fort dans notre pays, que le fait de ne pas en parler, peut être considéré comme un silence coupable. Ce phénomène est une pratique mondialement répandue, mais ne dit-on pas en Afrique que tous les chiens bouffent de la merde, mais ceux qui s’en mettent sur la gueule, sont ceux qui sont pointés du doigt. Et en Guinée, ce mal a atteint des proportions qui vont au-delà du raisonnable, condition de plus pour toujours en parler et même de le crier haut et fort sur tous les toits, pour favoriser une nécessaire prise de conscience collective et mener un combat rigoureux et efficace, à la hauteur de l’ampleur de la forfaiture.Le gouvernement actuel doit savoir qu’il est sur la sellette et on ne manquera pas d’épier ses actions dans leurs moindres détails, afin de décrier les éventuels abus et faiblesses, pour éviter à la guinée les errements et les gaspillages d’énergie dont on du mal à se départir. Ce qui est fait est fait et comme on ne peut revenir en arrière, il ne nous reste plus qu’à tirer des enseignements des erreurs du passé et essayer d’avancer, même lentement mais sûrement et résolument vers l’avenir et pour ce faire, des voix dissidentes et progressistes, continueront à s’insurger sans relâche, contre les imperfections du système, pour qu’en fin de compte, la justice sociale devienne une réalité, susceptible de réconcilier sincèrement et durablement tous les fils et filles de Guinée, dans une communauté de destin.

 BAYO Abidine

Le 11/12/2007

 L’intitulé de cette analyse nous renvoie à une étude très poussée et vaste de l’affirmation que je viens de tenir. Cependant, pour raccourcir le chemin, dans une première tentative, nous chercherons de saisir la notion de « droits électoraux » institutionnel et subjectif selon la scientificité du droit international des droits de l’homme (DIDH), en appui avec la démocratie (I). Et, dans une seconde partie, nous tacherons de démontrer comment les trois (3) pouvoirs cités plus haut se sont entendus pour vider le contenu des droits électoraux en République de Guinée (II). Ce faisant, nous allons faire du droit comparé pour bien arguer sur la violation des droits électoraux dans cette République prise en otage depuis son accession à l’indépendance, le 02 octobre 1958. I. La notion des droits électoraux Selon la doctrine et le droit international des droits de l’homme, la dimension collective des droits de l’homme dans sa partie droits de citoyenneté que l’on nomme souvent par « droits politiques », retient trois (3) composantes des droits politiques. Pourquoi droits politiques ? Par ce que tout simplement, ce sont des droits qui permettent aux citoyens de participer directement ou indirectement à la gestion de la République, ou de la civitas. Sur ce, selon les dispositions de l’article 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) adoptée à Paris et proclamée le 10 décembre par l’Assemblée générale des Nations Unies, de l’article 25 du Pacte international des droits civils et politiques (PIDCP) du 16 décembre 1966 ; l’article 13 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), les droits politiques se divisent en trois (3) grandes catégories Le droit « générique » de prendre part à la direction des affaires publiques ; Le droit d’accès à la fonction publique ; Et les droits électoraux d’où cadre notre sujet. Par ailleurs, les droits électoraux à leur tour, se subdivisent en deux (2) categories a) Droits électoraux institutionnels : les Etats sont tenus d’organiser des élections libres et transparentes à des intervalles réguliers pour designer les organes qui sont investis d’un pouvoir normatif et indépendant : Le président de la République dans un régime présidentiel ou présidentialiste ; le premier ministre ou chancelier dans un régime parlementaire ou semi parlementaire; les parlements nationaux ; les parlements des Etats fédérés dans les Etats fédéraux et/ou fortement régionalisés. L’article 25 du PIDCP s’applique aussi sur les référendums, etc. b) Et en Droits électoraux subjectifs : Ces droits comprennent le droit de vote et le droit d’éligibilité pour tout citoyen, évidemment selon certaines conditions objectives et raisonnables. Selon le Comité des droits de l’homme, les Etats ont d’une part, des obligations négatives (ne pas porter atteinte à ce droit), et, d’autre part des obligations positives (prendre des mesures pour la réalisation efficace de ces droits, comme l’inscription des électeurs, le respect de la liberté d’expression, d’association, la lutte contre l’analphabétisme, etc. Il faut signaler que tous les droits politiques posent comme condition sine qua non, l’exigence de la nationalité, et se sont ce sont les Etats qui déterminent souverainement qui sont leurs nationaux. Ainsi, au regard du DIDH, en République de Guinée, les droits électoraux susmentionnés, c’est à dire, les droits de vote et d’éligibilité sont violés par les trois (3) pouvoirs (supra). Partant, nous allons traiter de la violation du droit d’éligibilité, car la violation du droit de vote et l’organisation des élections libres et transparentes ne font pas aujourd’hui l’objet de polémique, tous les juristes, sociologues, et économistes partagent pratiquement la même analyse. II. La violation des droits électoraux, en l’occurrence le droit d’éligibilité Comme nous l’avons dit au début de cette analyse, nous allons adopter une approche comparative pour soutenir que la République de Guinée serait le seul Etat de la sous région où la violation du droit d’éligibilité est officielle et manifeste. Effectivement, la Constitution du 23 décembre 1990, dans sa première version, comme dans sa version révisée de 2001 « viole », limite de façon déraisonnable le droit d’être candidat aux différentes consultations électorales (présidentielles, législatives, etc). Cette constitution, ayant rappelée dans son préambule, et dans son article 1er le caractère universel des droits de l’homme, et l’attachement de la Guinée aux principes démocratiques, viole dans les dispositions qui suivent les mêmes principes démocratiques qu’elle (Constitution) a posée. Sur ce, l’alinéa 1 de l’article 3 Const. dispose que « […] Seuls les partis politiques présentent les candidats aux élections nationales ». Quant à l’élection du président de la République, l’article l’alinéa 2 de l’article 26 de la const. stipule que « […] Aucune candidature n’est recevable si elle n’est présentée par un parti politique légalement constitué ». La même condition saugrenue se pose pour l’élection des députés à l’Assemblée nationale. Dans la même logique, les articles L 117, L 126, et suivant de la Loi organique de 1991 portant code électoral, viennent corroborer ce qui a été dit supra par la constitution. L’exécutif, le législateur guinéen, et par la complicité du pouvoir judiciaire (Cour Suprême) ont refusé de supprimer cette disposition dans le projet révision de la constitution avant le pseudo référendum constitutionnel du 11 novembre 2001. Qu’en est-il dans les autres pays ? Pour cela nous n’allons même pas partir en France, aux Etats Unis pour savoir comment la République de Guinée viole le droit d’éligibilité, mais on illustrera nos propos en mettant en nos législations électorales sur celles de nos voisins sous régionaux. En effet, lorsque nous prenons ce petit pays de l’Afrique occidentale : le Bénin, qui se trouve aujourd’hui l’un des meilleurs élèves en matière de démocratisation sur le continent africain, on ne retrouvera aucune disposition, ni dans la Constitution béninoise, ni dans les lois électorales béninoises, une disposition similaire qui limiterait le droit d’éligibilité. D’ailleurs l’actuel président Yayi Boni qui est l’un des économistes chevronnés de la sous région ouest africaine, fut élu à présidence béninoise comme candidat indépendant. De surcroît, tout près de chez nous encore, les Républiques du Sénégal et du Mali ne se retrouvent point sur le chemin qu’a tracé la République de Guinée, et notre pays est très lié historiquement à ces deux (2) pays. Au Sénégal, l’article L O 111 de la Loi organique 92-95 et 92-16 du 07 février 992 reconnaît la candidature indépendante. Au Mali, l’article 67 de la Loi N° 06-44 du 4 septembre 2006 portant Loi électorale mentionne que « Les candidatures indépendantes sont également autorisées ». Du reste, lorsque nous prenions la route du Sahel, au pays des hommes intègres, malgré la succession de coup d’Etat militaire qu’a connu ce pays après son indépendance et ce jusqu'à la fin des années 80, (avec la mort de Thomas Sankara, le 15 octobre 1987), nous ne retrouvons aucune disposition similaire à celle de la Guinée. L’alinéa 2 de l’article 123 de la Loi N° 24/2005 portant modification de la Loi N ° 14/ 2001 du 03 juillet 2001 portant code électoral du Faso dispose que « Les candidatures peuvent être présentées, soit à titre individuel, soit sous le patronage d’un parti politique, d’un collectif de partis, ou d’un groupement de partis ou de formations politiques légalement reconnus ». Dans la même ambiance des Lois électorales, le Niger voisin du Burkina Faso, par la voie de la Cour suprême a rendu un avis sur la question des candidatures indépendantes. La Cour suprême du Niger, par son avis du 24 septembre 1992 affirma que l’article 84 de l’Ordonnance N 92-043 du 22 août 1992 portant Code électoral qui éliminait les candidatures indépendantes limite les droits et libertés fondamentaux. La Cour suprême du Niger « Dit que le fait pour l'article 84 du Code électoral d'éliminer les candidatures indépendantes aux élections présidentielles constitue une atteinte aux droits et libertés fondamentaux des citoyens notamment le droit pour tout citoyen d'être éligible, la liberté pour tout citoyen d'adhérer librement au parti politique de son choix et l'égalité de tous les citoyens devant la loi Dit que du point de vue du droit, aucune raison ne justifie l'élimination des candidatures indépendantes aux élections présidentielles, tout au contraire, le mode d'élection du président de la République et le rôle qui lui sera dévolu dans la prochaine constitution militent dans le sens du maintien des candidats indépendants aux élections présidentielles ». Aujourd’hui, au Niger, les nouvelles lois électorales reconnaissent les candidatures indépendantes. Le candidat indépendant à l’élection présidentielle doit fournir 10.000 signatures dans au moins cinq (5) régions du pays ; 1 % des inscrits de la circonscription où il se présente, pour les élections législatives, régionales, départementales, etc. Après avoir passer en revue certaines lois électorales de la sous région, nous remarquons qu’à l’exception de la Guinée, tous ces pays susmentionnés reconnaissent les candidatures indépendantes aux élections présidentielles, législatives, etc. On pourrait comprendre et admettre certaines conditions d’exercice du droit d’éligibilité, notamment les exigences liées à la nationalité, à l’âge (35-40 ans selon les pays), la résidence, le certificat médical, la jouissance des droits civils et politiques, l’incompatibilité des fonctions, etc., mais il serait déraisonnable, irrationnel et disproportionné de limiter le droit d’éligibilité par l’appartenance à un parti politique. Certes, le droit de vote et le droit d’éligibilité ne sont pas des droits absolus, et par conséquent ces droits pourraient être limités par le législateur, mais en respectant la triple condition classique : la légalité, le but poursuivi et la proportionnalité. Assurément lorsqu’on analyse les textes mis en cause, dans le cas présent, la constitution et la loi électorale guinéenne, on se rend compte que la condition de légalité est respectée, car nous avons deux (2) bases légales : la constitution et la loi électorale. Cependant, il faut poursuivre le raisonnement, car toute limitation de droit de l’homme doit répondre à trois (3) conditions (supra). Partant de là, examinons les deux (2) autres conditions qui restent, à savoir le but légitime poursuivi, et la proportionnalité. Quel est le but poursuivi par le refus des candidatures indépendantes ? Le refus des candidatures indépendantes ne poursuit selon mes dires aucun but légitime. Peut être, ce qui défendent cette limitation des candidatures indépendantes me diraient que le but légitime poursuivi qu’on pourrait dégager de cette mesure, c’est la protection de la liberté d’association, association dans le sens des partis politiques. Moi je dirais même sous un autre angle, que cette mesure est aussi contraire à la liberté d’association, la liberté d’appartenir à un parti politique de son choix, car il faut signaler que cette liberté d’appartenir à un parti politique renvoie aussi à la liberté de ne pas appartenir à un parti politique. Donc, une telle mesure oblige les citoyens à appartenir à un parti politique pour être éligible. Elle (mesure) est même contraire au principe d’égalité. En outre, la mesure de limitation n’est pas proportionnelle par rapport à l’objectif légitime poursuivi (d’ailleurs je n’en vois aucun). Il y a d’autres mesures qui porteraient moins atteinte, qui limiteraient de façon raisonnable le droit d’éligibilité, comme l’imposition d’un certain nombre de signatures aux candidats indépendants, et, cette exigence d’un certain nombre de signatures ne viderait pas le droit d’être éligible de son contenu. En République de Guinée, les hommes qui incarnent ces trois (3) pouvoirs, soucieux de leurs intérêts égocentriques, ont supprimé la limite d’âge et le nombre de mandat pour être président de la République. Ces limites d’âge (70 ans), et de mandat (5 ans renouvelable une seule fois) figuraient dans la première version de la Constitution de 1990 en son article son article 24. Donc, le législateur, et le judiciaire aveuglés par leurs « annuités » qui ne dit pas son nom, au lieu de corriger les imperfections de la première version de la dite constitution, ont par contre continuer à « tailler » la constitution pour attribuer un pouvoir considérable au président de la République et limiter de manière déraisonnable les droits et libertés fondamentaux. Conformément à l’article 45 de la constitution et à l’article 7 de la Loi organique N°91/008/CTRN du 23 décembre 1991 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Cour suprême de la République de Guinée, la Cour suprême donne son avis sur les projets de loi soumis au référendum et sur les projets de loi qualifiés d’organiques. Elle donne également son avis sur les propositions de loi. Au demeurant, la Cour suprême de la Guinée, au lieu de donner un avis comme l’a fait la Cour suprême nigérienne, s’est « alliée » avec les pouvoirs législatif et exécutif, et, a laissé passer ce faux référendum du 11 novembre 2001 sans émettre un avis constructif sur la garantie et la sauvegarde des droits et libertés fondamentaux, en l’occurrence les droits électoraux subjectifs. Enfin, il faut aussi affirmer que les partis politiques, pris de peur par certains citoyens qui pourraient se présenter comme candidat indépendant pour briguer le mandat présidentiel ou législatif, ont soutenu la position du gouvernement, car il faut reconnaître que certains citoyens, en se présentant comme candidats indépendants peuvent faire la différence, et ce même dans les bastions de l’opposition. Ainsi, ces partis d’opposition et non de l’opposition cherchent à leur tour beurrer leurs croissants, car nous sommes dans une République où tous les calculs et jeux se résument à : Comment, à mon tour puis-je beurrer mon croissant ? Ces hommes qui incarnent l’opposition, qui se présentent comme des pro démocrates, au lieu de chercher à consolider les grands principes démocratique, s’évertuent et explorent les principes démocratiques qui les arrangent dans le but de beurrer à tout prix leurs croissants, et non de beurrer les croissants de tous les citoyens de la République. La République de Guinée pourraient se définir en trois mots: Pays des Exceptions et Contrastes : un pays détonateur des indépendances en Afrique occidentale française (AOF) et en Afrique équatoriale française (AEF), un pays où le processus démocratique tordu, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire sous la coupole du pouvoir exécutif, un pays où la confusion des pouvoirs est très marqués, les partis politiques battis fondamentalement à l’image des régions, pays champion de la mauvaise gouvernance économique et politique, un président de la République très malade mais qui continue de tenir le pays en otage, un petit pays riche par les aléas de la nature mais appauvri par ses propres fils, le manque de personnalité et de courage politique des dirigeants -on ne démissionne pratiquement pas et on attend son renvoi de la haute hiérarchie administrative pour se porter comme le grand opposant au régime des « prédateurs », un pays où le menu reste l’ethnie et que l’ethnie.

Touré Ibrahima Sory, écrivain, spécialiste en droit de l’homme. Montréal. istofr@yahoo.fr

SORTIE D'UN LIVRE: GUINEE- CHRONIQUE d'UNE DEMOCRATIE ANNONCEE

Le 11/12/2007

 Guinée-chronique d’une Démocratie annoncée retrace le processus des déséquilibres de la transition démocratique en Guinée. L’analyse montre comment les contextes de développement des partis politiques et le dépouillement des institutions démocratiques en Guinée vont servir de tremplin à la dérive de confiscation du pouvoir. Dans les faits, le multipartisme incontrôlé en Guinée a eu pour conséquence la pratique du régionalisme et de l’ethnostratégie comme moyens politiques. L’éducation des populations aux principes et idéaux de la Démocratie a, conséquemment ou sciemment, été subordonnée à d’autres intérêts. Parallèlement, la confusion entretenue entre l’État et le gouvernement a empêché les institutions « démocratiques » nationales de jouer leur rôle. La répression du pouvoir face aux crises sociopolitiques et économiques a favorisé un système administratif mercantiliste reposant sur le laxisme et la corruption. Ce livre tente de mettre en exergue les blocages, les dérapages, la dérégulation institutionnelle et les inconstances de gouvernance qui ont perturbé le processus d’alternance au pouvoir en Guinée. Il offre ainsi la possibilité aux acteurs, victimes et héritiers, de cerner les erreurs de jugement, circonscrire les fautes en vue de mettre en place des mécanismes de barrage, de contrôle et d’évaluation, de correction pour l’avenir. Avec un DES en Économie-géographie de l’École normale supérieure de Manéah en Guinée, O. Tity Faye est, également, diplômé en Économie des médias de l’Institut français de presse de l’université de Paris II, Sorbonne. Sa carrière de journaliste commence en 1992, avec l’intensification des mouvements politiques en Guinée. Il devint, successivement, Rédacteur en chef du journal « L’indépendant », Vice-président de l’Association des journalistes de Guinée (Ajg) et, Directeur de publication ou de Rédaction de plusieurs magazines et journaux dont « Le pays », « Le Continent » et l’hebdomadaire d’analyse « L’indépendant Plus ». O. Tity Faye a, également, été responsable de la communication de la Société guinéenne d’électricité, Consultant Spécialiste de la presse au Programme des nations-unies pour le développement (Pnud) et Rédacteur en chef des Bulletins « Les Nations-unies en Guinée » et « Pnud-Flash Guinée ». O. Tity Faye vit, actuellement, à Mississauga, en Ontario (Canada) où, il enseigne le Français Langue Seconde. « Guinée – Chronique d’une Démocratie annoncée » est disponible en ligne aux éditions Trafford Publishing. Utilisez le lien : www.trafford.com/07-1268. En Guinée, il sera en vente dans un délai de 40 jours

VOULOIR, C'EST POUVOIR

Le 05/12/2007

 Les discours, pour le moins démagogiques des dirigeants politiques, ont de tout temps et sous tous les cieux, eu le mérite de faire rêver les administrés qui s’identifient tant bien que mal à leurs contenus hétéroclites qui promettent monts et merveilles, face aux inquiétudes et aux désespoirs grandiloquents, des populations démunies et impatients d’assouvir leurs besoins les plus élémentaires. Les inaptitudes et les divergences résultants des conflits d’intérêt, favorisent l’instauration de climat d’insécurité économique et sociale, contexte environnemental sur lequel, surfent opportunément la racaille politicienne, dans un élan d’hypocrisie et d’égoïsme, avec de prolifiques racontars, à faire perdre son latin. L’expérience a prouvé que cet état de faits, bien que n’étant pas l’apanage des guinéens, est une pratique courante dans notre pays, dont les décideurs politiques ont toujours fait preuve d’excellence, dans leur rhétorique populiste, toutes les fois qu’il s’est agit de mobiliser des gens pour une cause, pour peu reluisante qu’elle soit, ou d’engranger des voix dans le cadre de pseudo- élections, car en fait d’élections libres et transparentes, les guinéens ne peuvent s’en vanter, puisqu’il n’en jamais été question et on peine à croire qu’il en sera, dans un avenir proche. On serait tenté d’affirmer sans risque de se tromper, que la Guinée est à l’image des guinéens. Pays de paradoxes, incapable de tirer un maximum de profits de son exceptionnelle dotation naturelle en ressources minières et de la clémence du climat favorable au développement agricole, mais aussi et surtout, l’incapacité notoire à valoriser les ressources humaines dont la sous-évaluation et la faible promotion, constituent l’une des causes de la perte d’identité qui menace inéluctablement l’équilibre social. On a trop rêvé en Guinée, plongés que nous avons été dans un coma artificiel entretenu par les discours élitistes dits révolutionnaires de l’ancien régime qui nous a muré dans un silence coupable, obstruant nos visions et nos horizons et voilà qu’au moment où nous nous estimons suffisamment éveillés, l’on gesticule et manipule les esprits faiblards, pour nous cantonner dans un état végétatif de somnambulisme, à nous faire encore rêver et cette fois-ci debout, les yeux grandement ouverts. Crier haro sur toutes les actions de l’actuel gouvernement, peut paraître malhonnête, intellectuellement parlant, car les effets d’annonce de ses différentes entreprises, sont à priori imputables à une réelle volonté de changement, réclamé par le peuple de guinée, alternative qui passe nécessairement, par l’organisation future d’élections législatives libres et transparentes, mais plus important, par la lutte contre la corruption, dont l’enracinement dans les mœurs, s’apparente à une forme de légitimation et d’institutionnalisation à bien des égards. Le fondement essentiel des doutes émis ça et là par nombre d’observateurs, quant à une réelle volonté politique du gouvernement à mettre en œuvre les mesures coercitives favorables à la sortie de crise, réside dans le fait que leur rythme d’application s’effectue à pas de caméléon. Et à ce jour, aucune des prétendues actions allant dans ce sens, ne s’est objectivement soldée par des résultants concrets, d’où la défiance des guinéens, teintée d’appréhensions et de sentiments confus. Si le creuset entre le dire et le faire n’était une réalité bien vivante chez nous, on se devait d’avoir des motifs de satisfaction en ce qui concerne l’ordonnance par le gouvernement, d’audits dont les rapports mettent en évidence, à tous les niveaux, des dérives graves et d’importants cas de déperdition et engagent les responsabilités des chefs de départements ou leurs cabinets, les comptables publics, les comptables de fait, les ordonnateurs et administrateurs de crédits, les gestionnaires de projets ou d’établissements et des agents prestataires ou opérateurs économiques. Ces rapports montrent à suffisance l’ampleur de la gestion calamiteuse des deniers publics et la corruption endémique qui n’épargne aucune catégorie socio- professionnelle. Reste désormais à espérer avec véhémence, que la machine judiciaire ait les coudées franches, par son indépendance et son impartialité, pour se mettre en branle contre tous ces fossoyeurs et arnaqueurs, qui pullulent et pillent sans vergogne nos maigres ressources financières. Pour prouver sa bonne foi, le gouvernement doit principalement lutter contre des pratiques néfastes au sein de l’administration dont entre autres, les missions fictives et la surfacturation de leurs frais, l’alimentation du marché noir des devises par l’argent public, les exonérations fiscales de complaisance, les dépenses extra- budgétaires pour le financement de projets et d’actions personnels sous-couvert d’actions gouvernementales, les prises illicites d’intérêt dans les entreprises bénéficiant de marchés juteux par favoritisme. On ne peut donner une liste exhaustive de tous les manquements à l’éthique et la morale, mais une entame sincère de combat pour l’assainissement et la viabilisation de la vie publique serait salutaire pour l’avancement qualitatif de la Guinée. Le seul hic, c’est qu’en politique, les grands diseurs ne sont pas toujours les grands faiseurs.

 BAYO Abidine

Conakry le 4 Décembre 2007 LETTRE OUVERTE A Mme ANDRE TOURE

Le 05/12/2007

Chère Madame, Je suis sûr que vous ne vous rappelez pas de moi. Nous ne nous sommes vus face à face qu’en 1970 à Rome. L’ambassadeur Seydou Keita avait organisé une conférence de presse lors de votre visite dans la cité sainte en compagnie de Myriam Makéba. Imbu du verbiage de votre mari, croyant fermement en sa sincérité au point d’être membre de la JRDA, j’avais aidé et participé activement à l’organisation de cette conférence de presse. Etant journaliste moi même, devant le mutisme des collègues italiens qui ne savaient rien de la Guinée, en toute bonne foi j’ai posé des questions qui tendaient à mieux faire connaître notre pays. D’ailleurs, je préparais alors ma thèse de doctorat sur la Guinée, qui traitait entre autre de la pensée politique de votre mari et de sa conception de la société guinéenne. A la fin de la conférence de presse, ayant compris que mes questions n’avaient pas été du goût de M. Keita, dont j’ignorais l’inhumanité, je vous ai exprimé mes craintes. Aussi bien vous que la grande chanteuse sud-africaine, vous avez cherché, maternellement à me tranquilliser et vous m’avez même félicité. Lors de l’agression portugaise du 22 Novembre 1970, mon père était à l’extérieur du pays. Il a tout fait pour rentrer car il aimait immensément la Guinée et malgré toutes les épreuves que votre mari avait fait subir à notre pays, il croyait que l’on ne pouvait être arrêté, torturé, privé de tous ses biens et massacré que si on avait commis de graves crimes contre son pays. En attendant que l’aéroport de Conakry soit rouvert il a du patienter chez un ami à Bamako, Diallo Sada, futur Président du Patronat malien. Cet ami connaissait bien votre mari, car il avait été chassé de Guinée, son pays d’adoption avec seulement une valise. Toutes ses villas, ses voitures, ses entreprises et ses terrains lui avaient été arrachés, sans qu’il ait absolument rien fait de contraire à la loi. Craignant pour la sécurité de mon père, il a tout fait pour le retenir à Bamako, mais celui-ci lui a dit qu’il ne pouvait pas laisser sa famille seule et que de toutes les façons, n’ayant rien fait, il n’avait aucune crainte. Dès son retour, il a été arrêté et enfermé au Camp Boiro. Il y est resté pendant un mois. Malgré l’atmosphère concentrationnaire qu’on respirait dans tout le pays et les témoignages sur le véritable visage du régime tortionnaire instauré par votre mari, mon père a cru que comme il n’avait rien fait, il ne courait aucun risque. A ses yeux, la preuve était qu’en le libérant la révolution avait reconnu qu’elle s’était trompée dans son cas. C’est pour cela qu’il avait été libéré. Bien qu’il en aurait eu la possibilité, il a refusé de quitter le pays. Après quelques mois, il a été arrêté et a disparu définitivement, en même temps que tant d’autres innocents. Sa famille fut dépossédée de tous ses biens : terrains, bâtiments, voitures, camions, magasins, participations dans des entreprises, comptes en banque, etc. Chaque membre de la famille fut obligé de sortir de ses propriétés avec seulement ce qu’il avait sur lui. Ma mère ayant voulu prendre sa natte de prière, un des miliciens la lui arracha des mains avec tellement de force qu’elle faillit tomber. Dans l’atmosphère de délation et de peur qui prévalait, un seul oncle eut le courage de prendre en charge nos mamans et les jeunes enfants. Les plus grands n’ont trouvé leur salut que dans la fuite. Pourtant, moi qui étais déjà à l’extérieur ce n’est que grâce à la fermeté de ma femme que je ne suis pas rentré pour combattre. J’aurais subi ainsi la fin de plusieurs jeunes Guinéens qui, sentant leur patrie en danger ont interrompu toutes leurs activités pour voler à son secours. Ils ont été arrêtés à leur entrée en Guinée et accusés de connivence avec les envahisseurs ! Quelques années plus tard, il parait qu’ayant vu l’état de délabrement de notre bâtiment à Boussoura causé par l’incurie et la malhonnêteté des habitants que la révolution y avait logés, vous auriez exprimé très vivement votre colère : baignoires rouillées, wc et bidets bouchés, fenêtres et portés arrachées, pans tombants, etc. Cette colère contre la destruction d’un bien de mon père et la gentillesse que vous avez montrée à mon égard en Italie, m’ont toujours porté à croire que vous aussi vous deviez avoir été une victime. Je crois que votre conscience n’a jamais accepté les méthodes sanguinaires de votre mari. Pendant toute la durée du règne de la terreur, au milieu des batoula, menteurs, délateurs et hypocrites aux mains souillées du sang de tant d’innocents compatriotes, vous avez dû vous sentir, souvent, comme ces intellectuels que des régimes dictatoriaux enfermaient dans des asiles pour aliénés mentaux. Dans votre intimité, vous devez avoir subi les caresses de votre mari comme les pattes d’une araignée sur votre corps, malgré l’amour pour les enfants que vous avez eus avec lui. Comment avez-vous géré vos amitiés qui dépendaient de l’humeur d’un mari sanguinaire, car je suis sûr que des sentiments sincères devaient vous lier aux veuves d’anciens ministres ? Vous ne pouvez pas les avoir considérées comme des ennemies du jour au lendemain, sans motif ! Comment faisiez-vous face à ces amies dont les maris ou les enfants innocents ont été martyrisés par le vôtre ? Depuis que la terreur a été remplacée par le libéralisme économique, ou avant, je n’ai jamais entendu votre nom lié à une quelconque malversation, abus de pouvoir ou corruption, à part quelques bruits lors de la recherche d’un héritier du régime révolutionnaire à la mort de votre mari. Je suis convaincu que vous ne revendiquez nullement l’idéologie du Parti des pendeurs de guinéens. Les propos que vous avez tenus lors du brouhaha qui a envahi nos tympans à l’occasion du 22 Novembre 2007, ont été les seuls mots qui dénotent une sincère recherche de réconciliation avec notre peuple. En tant que fils d’une victime de la folie meurtrière de votre mari, je vous prie de continuer sur ce sentier et de refuser de vous prêter à une quelconque instrumentalisation des nostalgiques de ce régime qui a tué tant de cadres, d’hommes d’affaires ainsi que d’autres simples citoyens innocents et obligé un tiers de la population guinéenne à fuir dans les pays voisins. Au cours de l’année 2008, qui marquera le Cinquantenaire de l’indépendance de notre pays, les nostalgiques du pouvoir sanguinaire ne manqueront pas de solliciter votre aval pour des actions politiques destinées à renforcer leurs ambitions personnelles. Ce n’est pas de l’intérêt de notre peuple. Refusez de répondre aux appels de ces sirènes, lys de l’histoire. Sachez distinguer l’amour qui vous a fait épouser cet homme, dont tant de Guinéennes ont subi le charme légendaire, de l’intérêt et de l’amour que vous portez à notre peuple, en continuant à prôner la réconciliation nationale. Personne ne vous en voudra de vous rappeler les moments agréables de la vie conjugale que vous avez vécus avec lui, mais pensez à ces nombreuses familles qui ne savent même pas où sont enterrés leurs maris, pères, frères ou sœurs. Pensez à eux et aux amitiés que vous avez du interrompre pour des raisons qui vous étaient imposées, en refusant de servir des intérêts partisans qui vont à l’encontre de la justice et du respect de la mémoire des disparus. Hier, vous ne pouviez rien faire pour empêcher les crimes de votre mari, mais aujourd’hui vous pouvez agir, pour au moins, que la mémoire des innocents ne soit pas bafouée. Pour le bien de notre chère patrie, aidez-nous à faire reconnaître que nos parents ont été tués en toute innocence et que ceux qui savent où leurs corps ont été cachés nous disent où aller les chercher pour leur offrir une sépulture digne des croyants qu’ils étaient. Tout en espérant que vous ne resterez pas sourde à cet appel, auquel se reconnaissent plusieurs Guinéens, je vous prie d’agréer, chère Madame, l’expression de mon très sincère amour filial.

 Dr. Abdoulaye Bah abkodo2@yahoo.fr

AlSENY RENEGOMEZ, VICTIME OU BOURREAU?

Le 18/11/2007

 Suite à la publication de son livre « Camp Boiro, parler ou périr », je suis aujourd’hui de ces Guinéens, africains et observateurs de la vie sociopolitique de la Guinée de ces dernières décennies qui s’interrogent sur la portée réelle de l’œuvre de M. GOMEZ. J’avoue n’avoir lu qu’un extrait de ce livre et quelques passages relayés par la presse. Mon interrogation ne porte point sur les exactions, animosités, humiliations et exterminations sommaires et extrajudiciaires dont ont subies - pour une raison ou pour une autre- toutes celles et tous ceux qui ont eu la malchance de séjourner dans cette geôle qui occupe une place de choix parmi les plus abominables de l’histoire du continent noir. Elle ne porte pas non plus sur l’ampleur, réelle ou supposée, du délit ou du crime que peut commettre un être humain pour mériter de tels traitements. Il est bien vrai que tous ceux qui prétendent être victimes de ce Goulag à la guinéenne n’en sont pas réellement. Il eût des victimes innocentes et des personnes qui ont été broyées par la machine répressive qu’elles ont participé à la conception et au fonctionnement des années durant. Le régime PDG, à un moment donné de son existence, a crée un monstre qui s’alimentait de la chair humaine. Il fallait nécessairement lui trouver de quoi s’alimenter (d’abord des coupables, ensuite des innocents, y compris ses concepteurs et créateurs, à défaut de trouver ceux auxquels on reprochait quelque chose). On sait bien que M. GOMEZ fut parmi les hauts dignitaires du système PDG, même si je ne suis pas en mesure de savoir aujourd’hui, à cause de ma jeunesse et de manque de sources d’information fiables, quel fut exactement son rôle dans la conception et le fonctionnement de la machine qui a tué des milliers de vies innocentes dans le pays et contraint des millions d’autres à l’exile. Ce qui suscite mon interrogation et mon étonnement, c’est l’attitude de M. GOMEZ et le rôle qu’il a joué dans l’histoire récente de la Guinée, c’est-à-dire celle qui commence après la chute du régime qu’il décrie dans son livre et qui le voit jouer un rôle de premier plan dans la gestion de la Guinée post-PDG. Je pense particulièrement à ses fonctions ministérielles (Intérieur et Sécurité, puis récemment Justice et Garde des Sceaux). Mon étonnement, parfois ma révolte concerne le silence de M. GOMEZ sur son rôle dans cette période de la Guinée. Il a pu nous dire, avec éloquence et pathétisme, ce qu’il a vu et subi comme conditions inhumaines et dégradantes au Camp Boiro, mais pas un seul mot sur la manière dont il a géré les élections présidentielles de 1993 dont la fraude, la mascarade et les coups de canon et armes automatiques qui ont suivi la publication des résultats définitifs par la Cour suprême, ont fini par miner, on ne sait jusqu’à quand encore, le chemin de la démocratie en Guinée. Il ne dit rien sur son rôle de pionnier dans les machinations qui continuent de priver les Guinéens des bien faits de la démocratie, qui consiste à choisir ses dirigeants par le peuple et à contrôler leurs décisions et actions dans la gestion de la chose publique. Par sa participation à imposer au peuple de Guinée des dirigeants qu’il ne voulait pas ou plus, il est de ceux-là qui ont ouvert la voie à l’institutionnalisation du vol du denier public, de la corruption, du détournement qui gangrènent notre société aujourd’hui. C’est contre ces mêmes dirigeants qu’il a contribué à imposer à la Guinée que tout le pays s’est levé, comme un seul homme en juin 2006 et en janvier et février 2007 dont plus d’une centaine de jeunes ont été froidement et lâchement abattus. M. GOMEZ est-il en mesure de nous dire, depuis qu’il a posé cet acte tristement célère, combien de Guinéens sont morts du déficit démocratique dont les conséquences s’appellent détournement, corruption, arrestation arbitraire etc.? Plus révoltant encore, après les massacres de juin 2006, toute la Guinée, soutenue par les organisations de défense des droits de l’homme, a exigé la mise en place d’une commission d’enquête afin d’identifier et de traduire en justice les responsables du carnage qui a coûté la vie à près d’une vingtaine de jeunes élèves. Qu’est-ce que M. GOMEZ a fait ? En sa qualité de garde des Sceaux, Ministre de la Justice, son rôle a tout simplement consisté à la mise en place d’un théâtre dont l’objectif évident était d’étouffer cette affaire. Or s’il s’estime victime d’une injustice, d’une arrestation arbitraire, de torture etc., son action, après son extraction de la geôle du Camp Boiro, devrait s’inscrire à l’avant-garde du combat contre l’injustice en Guinée, pour que, plus jamais, personne ne connaisse le sort qu’il dit avoir injustement subi. Qui plus est, il en a eu l’occasion et les moyens de le faire. En sa qualité de ministre de l’intérieur, qu’a-t-il fait pour le démantèlement et la fermeture des camps de détention et de torture secrets dont le fameux « Koundara » ? Qu’a-t-il fait pour interdire les bastonnades, les humiliations et les atteintes graves à l’intégrité physique et à la dignité des détenus dans nos commissariats de police, dans nos postes de gendarmeries et dans nos prisons ? En tant que ministre de la justice, quel acte M. GOMEZ a-t-il posé pour assurer une justice équitable à ces détenus dont certains se trouvaient là pour s’être disputés avec un « grand » ou pour des dettes civiles ? Bref, Qu’est-ce que M. GOMEZ a fait pour assurer une justice indépendante et équitable aux Guinéens dont ont été privée les pensionnaires du Camp Boiro ? Par juste indépendante et équitable, j’entends celle qui consacre et applique les grands principes de droit reconnus par tout système judiciaire d’obédience démocratique. C’est celle qui assure la présomption d’innocence à toute personne inculpée. C’est celle qui cristallise le droit à un procès contradictoire assorti de droit à toute personne soupçonnée d’avoir commis une infraction de se faire assister d’un conseil ou d’un avocat pour plaider sa cause. C’est aussi celle qui respecte le principe sacré de la légalité des délits et des peines. Je ne saurais jamais être exhaustif dans mes interrogations sur le rôle joué par l’auteur de « Camp Boiro, parler ou périr ». Ce qui reste évident, c’est que l’auteur de ce livre n’est pas le mieux placé pour nous parler des dérives d’un système dont il a été un maillon essentiel et surtout dont il n’a rien fait pour démanteler quand il en avait les moyens. C’est pour quoi sa présence parmi les enfants des victimes du Camp Boiro pour une manifestation quelconque m’étonne à plus d’un titre ! Et je me demande quand est-ce que ses victimes à lui auront l’occasion de lui demander des comptes. Je suis seulement persuadé que ce n’est pas sur le régime en place qu’il faut compter pour comprendre, à fortiori demander réparation pour les innombrables victimes, connues ou restées dans l’anonymat. Car le régime actuel n’est qu’un avatar de l’ancien (si j’ose appeler le PDG, ancien régime), puisqu’en réalité, il n’y a jamais eu de rupture ! Les Guinéens, surtout nous les jeunes, avons un besoin ardent de comprendre l’histoire de notre pays, et l’exercice que chacun a fait de la parcelle de responsabilité et de pouvoir qui lui ont été confiés. Vivement un débat, une commission de vérité et réconciliation ou un procès juste et équitable. Que chacun y réfléchisse. On tranchera le moment venu.

 Ibrahima SAKOH, diplômé de droit international à l’Université de Genève Email : ikalil2002@yahoo.fr

LA POUDRE AUX YEUX

Le 13/11/2007

 L’insolence de la richesse des privilégiés du système de gouvernance dans notre pays, constitue la pierre angulaire des causes légitimes de frustration de la population, dont la précarité des conditions de vie ne cesse d’aller crescendo, à cause de l’iniquité manifeste dans la répartition des ressources de la nation. Le plus détonnant, c’est le rythme de croissance des avoirs de ces nantis, qui pour la plupart profitent impunément, des faiblesses des mécanismes de gestion financière, dés lors qu’ils mettent le pieds dans l’étrier et s’embourbent dans l’engrenage qui érige en pratique courante et généralisée, le détournement des maigres avoirs de l’état à leurs profits personnels, en s’abritant derrière leurs positions temporaires, de détenteurs d’une quelconque parcelle d’autorité publique, qu’ils croient éternelle.. En effet, en considération de la faiblesse du pouvoir d’achat en guinée, résultant du bas niveau des barèmes de la grille salariale et paradoxalement de la flambée des prix sur le marché, les travailleurs guinéens qui ont l’honnête insigne de vivre à la sueur de leurs fronts, des maigres revenus de leurs activités, ont des difficultés incommensurables à joindre les deux bouts, pour mener une vie décente débarrassée des soucis du quotidien. Pendant ce temps, le gouvernement par des techniques de marketing politique, cherche à consolider sa notoriété publique, en mettant en marche une véritable stratégie de communication, à coup de gadgets et de politiques spectacles, dont les objectifs inavoués mais perceptibles, visent sans ambages un positionnement dans la perspective des prochaines élections présidentielles.Pense-t-on que nous ne sommes dans un royaume d’aveugles pour que les borgnes deviennent rois ? Il ne faut pas se leurrer, on a que trop souffert pour ne plus être des néophytes, malléables et corvéables à merci. Dans cet exercice périlleux, ces prétendants au pouvoir suprême, ne lésinent pas sur les moyens et font preuve d’imaginations et d’initiatives plus promptes les unes que les autres, à chaque fois que l’occasion s’y prête, afin de marquer les esprits les plus vulnérables, par des interventions plus spectaculaires qu’efficaces, tentant ainsi de prouver une certaine réactivité bienveillante à chaud, face aux évènements contextuels pour les moins tragiques. Quand les populations crient famine, le gouvernement dit de bonne foi, importe du riz pour soit-disant, casser les prix pratiqués sur le marché, dont les mécanismes de régulation dépendent de la conjoncture internationale, plutôt que des opérateurs économiques qu’on cherche à diaboliser dans leurs droits naturels, à tirer profit de leurs activités commerciales avec les exigences de rentabilité que cela implique. .Et quand pour des causes de catastrophes naturelles, la grogne se fait entendre de la part des sinistrés, on ravitaille comme par enchantement, en denrées de première nécessité les ayant-besoin, pour soulager leur traumatisme et tempérer du coup les ardeurs des plus septiques.Au demeurant, quelle noble attitude si ce n’est une façon de croire ironiquement que, ventres pleins, les guinéens sont contents. A l’image de l’époque révolutionnaire, l’assistanat public, joue sur la corde sensible de la populace. Et dans ce dessein, l’on fait valoir le principe selon lequel, la fin justifie les moyens. Mais dans le cas de figure, on serait tenté de se poser la question de savoir quelles sont les réelles motivations de nos dirigeants et quels objectifs se sont-ils assignés pour soulager la misère qui nous gangrène, car c’aurait était le cas, on aurait indéniablement besoin d’entreprendre des actions constantes, susceptibles d’apporter des solutions pérennes et non des coups de bluff, pour des publicités à la gloire d’individus, aussi hauts placés qu’ils soient. L’adage ne dit-il pas qu’au lieu de donner du poisson tous les jours à ton prochain, apprends –lui à pêche ? Dans cette optique, c’est la libéralisation des initiatives et la création de conditions de leurs mises en oeuvre, dans un contexte de concertation et de responsabilisation qui s’imposent. Actuellement, il n’y’ a fort malheureusement pas de raisons de baisser les bras, car la place est toujours faite belle à l’amateurisme et à la gabegie, dans une stratégie d’influence négative, dont l’attrait et la pertinence sur l’électorat n’est ni à espérer, ni à souhaiter. Cette attitude est dépourvue de bon sens, car après les comités de soutien au premier ministre qui ont été tant décriés, on nous parle maintenant de comité de soutien aux actions du gouvernement, qui s’érige en porte-parole et surtout en défenseur tout azimut des intérêts de celui-ci.Un aveu de faiblesse de plus, car quand on a conscience de nos bienfaits, on a nullement besoin de les imposer par de pareilles maladroites manœuvres. Le mérite d’une action politique en démocratie, se reconnaît par les urnes par la confiance ou le renouvellement de cette confiance, de la part des électeurs, dont les motivations doivent être guidées par la connaissance empirique des problèmes sociétaux et les réponses apportées par les dirigeants. Ce faisant, on ne peut accorder de crédit à tout ce qui se dit comités de soutien, du moment que leur création n’est régie par aucun texte institutionnel et/ou réglementaire et mieux, le financement de leurs activités on le devine, est assuré par l’argent du contribuable, les mettant ainsi à la solde du pouvoir, dont ils s’empressent de vanter les mérites, tout en passant sous silence les déboires les plus notoires. Mais heureusement, l’éveil de la conscience politique des guinéens est devenue une réalité tangible avec laquelle, il faille désormais compter parce qu’elle s’inspire des réalités contemporaines, dans un contexte de mondialisation et de démocratisation des idées.

 BAYO Abidine

Sans titre

Le 07/11/2007

LA LIBERTE D'EXPRESSION DAANS UNE SOCIETE DEMOCRATIQUE OU LE DROIT DE REPANDRE LA PESTE SUR SES CONCITOYENS: Pour aborder cette question qui suscite les débats tant dans les sociétés occidentales (histoires des caricatures du Prophète Mohammad en 2006 PSL) que dans les « nouvelles démocratie », nous allons essayer de saisir dans un premier temps la portée de la liberté d’expression (I), puis dans une deuxième partie situer les limites de cette liberté (II) qui se transforme parfois en « liberticide » ou en abus de droit dans la société guinéenne, et, en fin exposer le régime juridique des restrictions (III) I. La portée de la liberté d’expression Au prime abord, il faut le signaler qu’à défaut de l’accessibilité et/ou du manque d’une jurisprudence guinéenne en la matière, nous allons essayer d’utiliser d’autres arrêts des autres juridictions, comme la Cour européenne des droits de l’homme, qui se trouve la meilleure juridiction en matière des droits de l’homme sur la planète. Toutefois, avant de faire référence à certaines jurisprudences de la cour de Strasbourg, essayons de cerner la liberté d’expression. Selon le Professeur Frédéric Sudre, agrégé des Facultés de droit, la liberté d’expression est « l’un des droits les plus précieux de l’homme ». Cette liberté est en soi un droit, elle est aussi, d’une part indispensable pour la jouissance d’autres droits tels la libertéd’association, de réunion, le droit à des élections périodiques, libres et transparentes au suffrage universel, mais, d’autre part, cette liberté d’expression est aussi dommageable ou préjudiciable pour d’autres droits, en l’occurrence le droit au respect de la vie privée et familiale ou en encore la liberté religieuse. Par ailleurs, la liberté d’expression renferme plusieurs libertés. Ce droit implique, d’une part, la liberté d’opinion (§1), et, d’autre part, la liberté d’information (§ 2) § 1. La liberté d’opinion Article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) ; art. 9.2 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) ; art. 10 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), art 7.1 de la Constitution guinéenne du 23 décembre 1990, révisée par le Décret D/ 2002/48/PRG/SGG du 15 mai 2002 promulguant la Loi constitutionnelle adoptée par referendum du 11 novembre 2001 . La liberté d’opinion est à la base de la consécration de la liberté d’expression qui se manifeste par certaines valeurs démocratiques : la tolérance, le pluralisme, l’esprit d’ouverture. C’est cette liberté qui se recoupe par la célèbre formule juridique « Nul ne peut être inquiété pour ses opinions… » , qu’elles soient philosophiques, morales, religieuses, politiques, etc. Il faut le préciser que cette liberté d’opinion est garantie même aux détenus. Voir la Cour EDH dans son arrêt Yankoc contre la Bulgarie du 11 avril 2003. §. 2. La liberté d’information La liberté d’information à l’image de sa sœur (liberté d’opinion) est aussi garantie par le droit international des droits de l’homme (DIDH), mais aussi par tous les textes constitutionnels des Etats « démocratiques ». Il en est ainsi de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) ; de l’art 9.1 de la CADHP, de l’art 10 de la CEDH, de l’art 7.2 et 7.3 de la Constitution guinéenne (suprra). En effet, la liberté d’information dépasse les discours politiques, philosophiques, religieux..). Du reste, cette liberté à son tour comporte deux (2) sous ensembles. Nous avons la liberté de recevoir les informations et idées et non le droit de rechercher les informations ! (autre sujet), et la liberté de les communiquer. En d’autres termes, par exemple, la liberté pour le citoyen (le public) de recevoir les informations, et la liberté pour le journaliste de communiquer les informations. Cependant, qu’est ce que l’on attend par la notion d’information ? La notion d’information recoupe les nouvelles, les questions qui donnent lieu à un débat public par les moyens de la presses écrite (journaux imprimés sur papier), de la presse orale (radio, télévision), presse électronique (site web d’information), aussi par les moyens publicitaires, artistiques, cinématographique, etc. Certes, la liberté d’expression est qualifiée de droit démocratique d’une importance capitale, ou « l’un des fondements essentiels d’une société démocratique, l’une des conditions primordiales de son progrès et de l’épanouissement de chacun », selon la formule de la Cour EDH dans sa décision Muller et al. contre la Suisse du 24 mai 1988, mais cette liberté ne pourrait s’exercer sans des limites. II. Les limites de la liberté d’expression Aujourd’hui, à lire certains journaux guinéens, certains sites d’information électronique spécialisés sur la République de Guinée, nous constatons avec amertume que les « ennemis » de la démocratie, de la liberté d’expression, qui pensent que leurs actions n’ont aucune borne, comme si on était dans une jungle, où chacun était un loup pour chacun, et où chacun se défendait, s’exprimait comme il le veut, et comme il le peut. Et, ce qui est grave, ce sont des intellectuels cadres d’aujourd’hui ou de demain qui s’expriment ainsi pour mettre le feu dans la maison commune « la République de Guinée », invectivent leurs adversaires d’idées politiques, ou tout simplement ceux qui ne pensent, ne réfléchissent pas comme eux ou ne partagent simplement pas leur façon de concevoir la res publica. Sur ce, les ennemis de la liberté d’expression en s’exprimant ainsi ne donnent-ils pas ainsi le pouvoir aux dirigeants autoritaires de vider la liberté d’expression de son contenu ? Est ce qu’on a besoin d’insulter son prochain, de s’acharner sur sa personnalité, de l’atteindre dans sa vie privée et familiale, ou encore de tenir des propos racistes, ethniques, régionalistes, diffamatoires et haineux sous prétexte que l’on est libre de s’exprimer et faire passer ses idées ? À mon avis, je ne partage point la démarche de ces catégories de personnes qui se font remarquer dans un amateurisme dans les écrits, et par les comportements d’un journaliste, ou d’un intellectuel qui se dit connaisseurs des maux qui gangrènent la société guinéenne. III. Le régime juridique des restrictions Au demeurant, il y a trois (3) possibilités ou trois (3) causes de restrictions Une restriction pour la protection de l’intérêt général ; Une restriction pour la protection d’autres droits individuels ; Une restriction pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire. On lit dans les journaux guinéens, sur les sites guinéens tels marchent avec les couches par ce qu’il est gay (homosexuel), ou telle est lesbienne (on doit limiter la liberté de ces personnes pour la protection des droits d’autrui) ; ou c’est des discours ethniques et des discours ethniques, ou d’incitation à la haine ( on doit limiter la liberté d’expression de ces gens pour la protection de l’intérêt général). Ce qui est malheureux dans tout ça, ce ne sont pas des petits cordonniers, pêcheurs…, mais des personnes qui ont un certain bagage intellectuel et/ou une certaine culture. Cependant, l’on est pas étonné de ces comportements, car il y a un proverbe Soussou qui dit : qu’il y a l’école du monde académique et il y a l’école de la vie. Avant j’étais l’un des guinéens qui passaient la plus grande partie de son temps à lire les sites guinéens, mais aujourd’hui je lis peu compte tenu de certains articles qui inondent les sites web. Quand je navigue sur un site d’information guinéen, je cherche à savoir l’auteur de l’article, car j’ai répertorié un groupe de personnes qui font d’excellentes analyses constructives, et, j’ai aussi pointé le doigt à certains personnes qui sont pour moi les ennemis de la démocratie et de la liberté d’expression. Entre parenthèse, moi j’ai fait les études de droit, d’administration publique et de droit de l’homme pour défendre certaines valeurs d’une société qui tend vers la démocratie, car la démocratie est un idéal, il n’est jamais atteint, nous sommes toujours dans un processus d’apprentissage, d’amélioration et de perfection, mais il y a des sociétés plus « démocratiques » que d’autres. Cependant, ce que je ne pourrais pas partager, c’est être aveuglé par la démocratie, les droits de l’homme, pendant que vous qui criez haut et fort ces valeurs, vous êtes les premiers à les piétiner et à les transgresser. En ce qui concerne le régime juridique de limitation des droits et libertés, la mesure restrictive ou limitative doit répondre à la célèbre triple condition cumulative classique: 1. La restriction doit être prévue par la loi : condition de légalité : une loi au sens matérielle, accessible et claire 2. La restriction doit viser un but légitime : par exemple protection de la morale, protection des droits d’autrui, protection de la santé publique, de la sécurité publique, etc 3. La restriction doit être proportionnelle et nécessaire dans une « société démocratique ». Il faut qu’il ait un équilibre entre tous les intérêts en cause. Autrement, un équilibre entre les moyens employés et le but visé par la mesure de restriction. Toutes les libertés et droits ont des bornes, et ils doivent être restreint. En revanche, il y a des droits qui sont non dérogeables ou intangibles, et ni restrictifs. Il en est ainsi du droit à ne par être soumis à la torture et des mauvais traitements, Le droit à ne par être réduit en esclavage, le droit à la vie, la non rétroactivité de la loi pénale, non bis in idem, etc. Les juristes nomment ces droits intangibles de « noyau dur » des droits de l’homme. Mais il faut le dire que ce noyau dur des droits de l’homme dépend d’un système juridique à l’autre, mais certains droits sont intangibles dans tous les systèmes juridiques. Pour une petite précision, la restriction est différente de la dérogation. Une restriction aux droits de l’homme est une limite à la jouissance ou à l’exercice d’un droit. Et, par contre une dérogation est une suspension temporaire, épisodique ou passager frappant une catégorie des droits humains compte tenu de certaines circonstances, en deux mots : c’est la « violation autorisée » dans les circonstances exceptionnelles.

Touré Ibrahima Sory, écrivain, spécialiste en droit de l’homme

SEKOU TOURE QUAND LES DEPASSIONNES SE MELENT DU DEBAT

Le 05/11/2007

 Fidèle à ma ligne de conduite, je choisis ce moment de répit dans ce débat pour apporter un point de vue sur ce sujet déchaînant de nombreuses passions : Sékou Touré. Ce texte est un cri d'alerte d’un citoyen en quête de savoir mais embrouillé par les versions circulant sur le net, le terrain et l’assemblée nationale à propos du premier chef d’Etat. En effet, les passionnés l’héroïsent aveuglement tandis que les détracteurs le diabolisent amèrement. Comment se retrouver entre ces polarisés ? Les jeunes de ma génération qui n’ont pas connu réellement la vie sous l’ère Sékou Touré, s’informent à travers des œuvres écrites et les témoignages des personnes plus mûres ayant vécu pendant cette première République. Mais force est de reconnaître que la mauvaise foi ambiante des conteurs, nous obscurcit au lieu de nous éclairer. Les versions pullulent et divergent. Ce débat, au lieu d’être instructif, tourne généralement à la désinformation. Encore une fois, l’ethnie s’immisce entre les parties. En gros : les rares personnes qui glorifient le dictateur sont généralement de la même ethnie que lui, et ceux qui ne le ménagent point, ne sont pas de son ethnie. Quelle place est donnée à l’objectivité ? A qui doit-on se fier ? Quand on se réfère aux manuels, l’accent est mis sur le fait que Sékou Touré est devenu paranoïaque après que son pays ait subi maints assauts avérés de déstabilisation commandités par la France du général De Gaulle. Cet état d’esprit faisait que le premier Président n’hésitait plus à emprisonner et à faire tuer les personnes qui étaient en désaccord, ne serait-ce qu’idéologique, avec lui. Ainsi, ses bonnes actions, s’il y en avait eu, sont forcément renvoyées dans les ténèbres et l’histoire et c’est normal. A l’image de la Guinée, d’autres pays d’Afrique ont été dirigés par des dictateurs. Pour autant, dans ces pays là, les débats ne sont pas si controversés que ça. Prenons le cas de Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire. Rares sont les ivoiriens qui s’opposent à la célébration des différents évènements concernant ce dernier. Sa mort ne fut suivie d’aucune liesse populaire. Les ivoiriens, dans une grande majorité regrettent la période Houphouët. Le 7 décembre est la date retenue par les ivoiriens pour la commémoration de leur « héros ». Contrairement au peuple ivoirien, la grande majorité des guinéens ne partagent pas cette reconnaissance envers leur premier dirigeant. En témoignent les nombreuses festivités qui ont accueilli la venue du Comité militaire du redressement national (CMRN). Aussi, les nombreux guinéens qui ont déserté le pays durant l’époque Sékou Touré, ne l’ont pas fait par aventurisme. A un moment donné de son règne, l’homme tyrannisait son peuple et là-dessus on doit être tous d’accord. Cependant, un certain nombre de questions doivent chagriner les contradicteurs. Doit-on célébrer Sékou Touré parce qu’il a préféré pour son peuple « la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage ? » Le fait que la promotion 2007 de l’université de Conakry ait porté le nom Sékou Touré, sans que cela n’ait fait grand bruit, est-ce le signe que le peuple a approuvé ou est-ce simplement une manipulation de la jeunesse étudiante ? Pourquoi les Maliens célèbrent ce personnage ? Est-ce une insulte ou un hommage au peuple de Guinée ? Le temps panse les blessures, mais celles faites par Sékou à son peuple paraissent si immenses, que l’on peut se demander si le temps jouera un jour en sa faveur. Si certains meurent d’envie de le célébrer aujourd’hui en Guinée, on pourrait déduire que d’autres passionnés de cette actuelle deuxième République voudront célébrer le dictateur Conté demain. Alors que ce dernier n’a pas hésité à massacrer, récemment, des jeunes gens qui s’étaient levés contre sa dictature. Méditons là-dessus ! Quoi qu’il en soit, toutes les pages de notre histoire doivent nous être contées. Les émotions et les oeillères doivent être mises de côté afin que nous puissions extirper du débat, le vrai du faux, le faux du vrai. Ainsi les jeunes de Guinée pourront véritablement connaître leur histoire. Cependant l’ardente obligation doit être de rendre hommage à toutes les personnes innocentes qui ont été tuées. Les familles injustement endeuillées doivent recevoir le pardon de la République. L’Etat guinéen doit reconnaître ses erreurs, doit honorer la mémoire des innocents disparus, doit dédommager les familles endeuillées, doit faire des jugements, post mortem, s’il le faut. C’est un préalable indispensable à toute réconciliation sereine. Je reste convaincu que l’Etat, qui devra nous réconcilier avec nous mêmes, ne doit pas être celui piloté par Lansana & Lansana. Cette République des illuminés ne peut pas soigner les plaies qu’elle continue volontairement d’infecter pour préserver ses privilèges. Chaque chose a sa place, chaque chose a son temps. Le jour où nous allons nous défaire de ces boulets, notre marche vers un destin commun sera effective. Puisse des historiens, éclairer la lanterne des jeunes de Guinée.

 Koumbassa Alassane

ATCHOUM! L'ATMOSPHERE EST POIVREE

Le 04/11/2007

 La configuration actuelle du paysage politique guinéen est plus que disparate et l’enjeu que constitue la succession au régime du général CONTE, aiguise les appétits les plus voraces. Cette situation crée ostensiblement, un vigoureux climat de tensions, entretenu par le caractère obsessionnel et passionnel des prises de position tendancieuses, mettant dos à dos les groupes de pression aux intérêts divergents, qui s’évertuent obstinément à influencer par favoritisme, les règles du jeu démocratique. Dans un environnement aussi tumultueux, le guinéen de la rue ne sait plus à quel Saint se vouer, face à cette frénésie conflictuelle qui prend de jour en jour, des proportions inquiétantes. On aurait pu avoir des craintes de voir, le vieux général sentant sa fin proche, user de stratagèmes pour assurer ses arrières, en créant les conditions favorables à une succession de complaisance, qui pousserait au devant de la scène politique, un de ses proches collaborateurs. Si cette éventualité reste une probabilité, l’éloquence de son mutisme à ce sujet entretient le suspens et réconforte les avides prédateurs, qui trouvent on ne peut plus opportune, l’occasion d’assouvir leur soif de pouvoir. C’est dans cet ordre d’idées qu’une vision restrictive, voudrait désormais nous faire admettre substantiellement, de façon édulcorée, l’existence de deux clans : les anti et les pro- Kouyaté. Heureusement que la Guinée ne se résume pas à cette pensée unique qui sournoisement, cultive les ingrédients d’une implosion sociale, parce que son fondement est sous-tendu par des attitudes iconoclastes ambivalentes. On assiste actuellement, par médias interposés, à des attaques et contre-attaques d’une bassesse et d’un niveau de maturité politique qui laisse à désirer.La crise que nous traversons n’est pas une affaire d’homme, c’est une question de méthode. L’on sait pertinemment que, les criques concernant les méthodes de gestion dans notre pays relèvent principalement, d’un constat alarmant qui pointe du doigt la déliquescence des structures étatiques.Mais dès lors que cet exercice d’alerte et de bienfaisance publiques, se résume au matraquage médiatique dans le but unique de créer la confusion dans l’esprit des citoyens, il perd forcément en crédibilité, car il sert en ce moment, de prétexte aux fanatiques, pour l’entretien et l’exacerbation des clivages. Par ailleurs, l’acharnement et la volonté farouche de ceux qui se réclament de la mouvance Kouyatéïste, à répondre à tue-tête et sans retenue aucune, aux soit disant attaques contre le premier Ministre, font preuve d’inconvenance, dans leur aveuglement et obstination, à défendre vaille que vaille ce dernier, quand bien même, il lui arrive de poser des actes qui portent à équivoque. Cette composante de la population doit de façon objective, accepter de se soumettre à la critique et admettre que la perfection n’est pas humaine. Nous n’avons pas du tout besoin d’extrémistes en ce moment dans notre pays, car leurs idées malsaines nous divisent plus qu’elles nous rassemblent et pour notre avancement, tous les enfants de guinée de quelque bord politique ou apolitique qu’ils soient, doivent apporter leurs concours dans le combat qui nous est commun, à savoir la lutte pour la satisfaction décente des besoins de la population dans son ensemble. Par syllogisme, on pourrait dire que, Nul homme n’est infaillible, or M. Lansana Kouyaté est un homme, donc M. Lansana Kouyaté n’est pas infaillible. Ainsi, dans la lutte commune pour le changement, on se doit de considérer que les responsabilités de nos maux se situent à différents niveaux de l’échelon social, bien que la question du leadership importe beaucoup dans une organisation humaine, raison pour laquelle, on devrait s’atteler à bien situer ces responsabilités, pour pouvoir les remettre efficacement en cause. Nous sommes tous unanimes sur le fait que depuis la prise en mains de notre destinée, les problèmes que nous ne cessons de rencontrer, résultent particulièrement des tares de nos différents systèmes de gestion politico- économique, dont on a du mal à tirer des enseignements. D’où la nécessité d’une prise de conscience collective, capable de balayer nos appréhensions, en faisant fi de nos susceptibilités, de nos rancœurs personnelles et en laissant libre cour à toute idée nouvelle, allant dans le sens dans la recherche commune de solutions profitables pour tous. Les querelles mesquines de personnes, ne nous avanceront en rien sinon qu’à nous faire perdre de vue, le seul et unique ennemi de la nation guinéenne, qu’est la pauvreté endémique qui sévit depuis tant d’années dans notre pays . Ne nous trompons donc pas de cible. Dans cette optique, il y’a un besoin urgent de centrer de manière pertinente, le débat sur des sujets qui s’inscrivent dans une logique d’affirmation et de réalisation de tous.

 BAYO Abidine

LES DINDONS DE LA FARCE

Le 28/10/2007

 Dans l’entendement général, la logique évolutive et progressiste du monde, suppose qu’une nation dont la jeunesse se meurt, est une nation en perdition. Et depuis le temps, la jeunesse guinéenne se cherche et a du mal à se trouver, en raison de sa difficulté à se fixer des repères fiables, susceptibles de baliser son chaotique chemin de croix. Dans l’ancien régime, les dirigeants avaient conscience de l’importance stratégique de la jeunesse dans le combat politique. Aussi ne se sont-ils pas priver d’en tirer le maximum de profit, en idéalisant son rôle pour favoriser sa mobilisation, son organisation et sa contribution à la défense des intérêts du parti- Etat d’alors. Cette instrumentalisation politique était rendue possible, par le formatage idéologique avec un endoctrinement conséquent, dont les méthodes d’assimilation et d’aliénation ont eu pour effet, de faire admettre à cette jeunesse, que l’on agissait au nom de la révolution, par la révolution et pour la révolution. A cet effet, l’organisation des jeunes a fait l’objet, d’une politique de gestion décentralisée pour ce qui est de son fonctionnement. Mais cette apparente volonté de structuration, permettant une meilleure circulation de l’information pour des prises de position et d’action concertées, d’un plan local à une échelle nationale, avait pour objectif final, d’assurer un contrôle étatique plus ou moins efficace des différentes instances associées. Dés lors, cette jeunesse a été façonnée de sorte qu’elle s’est trouvée marginalisée et spirituellement enclavée, sous le pouvoir directionnel de principes prônant l’acceptation de la soumission, de la résignation et de l’ordre établi, toutes choses ayant contribué à étriquer son émancipation. On a ainsi pu profiter de sa naïveté et s’en servir pour des fins de propagande et de divertissement, à la gloire des dirigeants et à la pérennisation du système, en passant aisément sous silence ses problèmes existentiels des plus récurrents. A ce jour, on assiste de nouveau à cette tentative de manipulation grandeur nature, au nez et à la barbe de tous. Le bourrage de crâne est une méthode qui n’est pas pernicieuse en soi, car son objectif premier est de contribuer à forger un état d’esprit particulier, mais là où le bât blesse, c’est quand on s’en sert de façon prosaïque, pour des motifs de discrimination, de division et de haine, alors que la jeunesse guinéenne est et doit restée une et indivisible. Il est actuellement impératif de comprendre que pour une meilleure efficacité de nos actions, nul besoin de s’incommoder de structures dites représentatives du genre comités de soutien, de gens qui ne pensent qu’à leurs ascensions politiques, ou fédération nationale des jeunes, organe dont les mécanismes d’institution et de gestion, ne reflètent en rien, la volonté et les aspirations de la majeure partie des jeunes, devenant ainsi un réceptacle creux et douteux. Prenons conscience du fait que nous constituons la matière grise de ce qu’il convient d’appeler les forces vives de la nation et mieux, notre position intergénérationnelle nous donne le rôle imminent de principaux architectes de la construction de la maison Guinée. Il est donc grand temps les gars de se secouer, car la tâche qui nous incombe s’avère laborieuse si nous ne voulons continuer à demeurer à la traîne en ressassant nos problèmes. Pourquoi ne pas s’inspirer d’exemples réussis de pays comme le Sénégal, où les organisations de jeunes à l’image des ASC (associations sportives et culturelles), contribuent à l’harmonisation des rapports sociaux et les GIE (groupements d’intérêt économique) dont le but est favoriser la création de structures productives par les jeunes diplômés sans emploi, qui bénéficient d’accompagnements personnalisés en fonction des spécificités locales et des compétences acquises. L’assistance publique dans ces cas, consiste à accorder principalement des subventions en nature, par la mise à disposition des centres cultuels pour ce qui est des ASC, dotés de moyens matériels et où les ressources financières dépendent exclusivement des initiatives individuelles de ces organisations à entreprendre des activités qui leur garantissent des revenus. Les GIE quant à eux bénéficient de l’expertise technique des instances de tutelle dans les études de projets et l’assistanat nécessaire au démarrage de ces projets par leur financement au biais de micro-crédits. Le ministère de la jeunesse est l’organisme public chargé de la gestion et de la promotion des jeunes. A cet effet, il est de son devoir de créer un cadre réglementaire avec une politique conceptuelle définissant clairement les objectifs à atteindre. La Guinée est le pays par excellence de l’improvisation où l’urgence de l’action est souvent motivée par des intérêts particuliers. La jeunesse se doit d’être objective en se désolidarisant des causes qui nous abrutissent et font de nous des marionnettes qui divertissent la galerie. Notre rôle comme le dirait l’autre, est de réussir là où nos aînés ont échoué.

BAYO Abidine

SOS UNITE NATIONALE EN PERIL

Le 22/10/2007

 Ma plume de bataille me réclame de rappeler que l’unité nationale est dangereusement en train de se fragmenter en petits compartiments ethniques. Le guinéen de type nouveau, qui naquit dans les douleurs de janvier et février dernier, s’effacerait au profit d’un guinéen égoïste, sectaire, communautariste, perfide et fataliste. De nombreux compatriotes qui pensaient que l’insurrection inattendue du pays avait rangé l’identitaire dans les oubliettes, devraient se retrouver dans une profonde agoraphobie de la toile, à cause du vacarme inter-ethnique. Je me dis souvent: il vaudrait mieux ne pas savoir d’où nous venons, afin de mieux nous focaliser sur le but que l’on souhaiterait atteindre. Mais en fait, que s’est-il passé ? Cette disjonction s’explique par une seule et unique raison : L’accord tripartite et son corollaire « consensus ». Ces deux composantes en une, nous ont fait faire le grand écart. En effet, Tripartite a cloué notre révolution au pilori, et Consensus n’a eu qu’à donner le coup de grâce. Le procédé de celui qui devrait relever le redoutable défi se dressant sur son chemin, s’apparente à la poursuite d’un destin personnel, sans se soucier des retombées bénéfiques pour le peuple. L’homme s’est grillé et a emporté notre unité nationale dans sa braise. Le feu est partout. La fumée nous aveugle. La maison brûle de toutes parts. Beaucoup voient de l’ethnocentrisme dans ses méthodes, alors que c’est la manifestation d’un des symptômes de cette infectieuse mais guérissable maladie qu’est la mauvaise gouvernance. Ce symptôme est mis en évidence par le choix des personnes appelées à nous administrer. La compétence et la probité de ces individus ne sont pas la pierre angulaire d’un recrutement souhaité et souhaitable. La caractéristique fondamentale relèverait des normes comportementales nocives, qui expliqueraient la gestion calamiteuse du pays. S’il y’a ethnocentrisme, ce serait par amalgame. L’accord tripartite a ainsi sauvé Conté d’un piège pour le remettre dans un autre. Désormais ce dernier sait que Kouyaté veut l’enterrer vivant. Lui qui aime tant le pouvoir, vient de trouver son alter ego. Le général Président qui semblait dans un coma clinique et politique, est subitement dopé par la tragédie Kouyaté, et tenterait de rappeler à son Premier Ministre que seul lui, Conté, devrait rester l’unique garant en chef de la mauvaise gouvernance. Les complices d’hier sont devenus les ennemis d’aujourd’hui. Pendant ce temps, le pays continue de nager dans la misère. Pourtant, selon les soutiens au gouvernement de consensus, il existerait une Guinée virtuelle, où Kouyaté serait compétent, où les indicateurs de bon fonctionnement de l’économie seraient sortis du rouge, où il y aurait à manger pour tous, où le minimum vital ne serait plus un luxe. Mais de qui se moque-t-on ? De qui se moquent-ils? Vivement que cette Guinée voie véritablement le jour. Ceux qui supportent inconditionnellement ce gouvernement, ne sont sans doute pas alertés par le fardeau de la douloureuse vie des guinéens, mais plutôt par leur satisfaction personnelle. A ce stade de notre drame national, la préoccupation des différents acteurs de la politique Guinéenne est arrivée au summum; chacun essaie de trouver le meilleur positionnement possible. A cet effet, Kouyaté se demande : comment se maintenir à ce poste ô combien précieux à ses yeux pour pouvoir franchir la dernière marche ? Ses ministres, ses préfets, ses gouverneurs et ses corrompus font bloc autour de lui. Ne pas se laisser intimider par les agissements externes, semble être le mot d’ordre. Les opposants : comment faire pour rafler le maximum de sièges lors des futures élections législatives? Surtout, quels sont les moyens à mettre en œuvre pour empêcher l’organisation d’élections avec des résultats prémédités, comme à l’accoutumée. Conté, quant à lui, se demande comment se défaire de l’énigme Kouyaté afin de couler les derniers jours paisibles de son trône. Il est le plus instable du triumvirat politique et ça ne passera pas pour lui, qui a toujours transformé ses défaites en victoires. Kouyaté le tient et ne le lâchera pas. Tous nos acteurs politiques sont préoccupés par la recherche de leurs intérêts. Hélas le peuple n’a pas encore compris qu’il doit se préoccuper de son intérêt. Les forces vives de la nation et la jeunesse, qui doivent leur servir de guide, se trouvent profondément morcelés. On lutte en rang dispersé, on se laisse corrompt, avec pour seul souci de profiter du système avant que celui-ci ne s’effondre définitivement. On est déjà regroupé par ethnie dans les quartiers, pour se préparer à un affrontement qui n’est plus utopique. On associe désormais à notre misère, une crise ethnique. Dans la République des préoccupés, il ne doit pas avoir pas de place pour la division ! Nous sommes dans un pays qui regroupe en son sein plusieurs nationalités, mais nous n’avons d’yeux que pour notre ethnie. A ce sujet, l’attitude de certains intervenants, s’ayant octroyé le droit de parler au nom de leur ethnie, laisse à désirer. Le début d’année semble déjà distant. A cette date, on était parfaitement corrélé. Aucune distinction ethnique ne pouvait être décelée dans les nombreux textes qui défilaient durant cette époque, ni sur le terrain. En janvier, la qualité des textes était positive. Désormais, certains n’existent qu’en écrivant quantitativement, faisant des querelles ethniques, une priorité. Fini, les textes constructifs, rassembleurs, sans œillères, sans langue de bois ni de complaisance. Il n’est stipulé nulle part que nous devrions être en accord sur tout, mais nos désaccords ne devraient pas se limiter à des cloisonnements ethniques et nocifs, qui ne profiteraient à aucune pseudo-appartenance, encore moins à la peuplade. Osons croire que la majeure partie des individus composant nos groupes ethniques sont loin de toutes ces conduites destructives. Notre tragédie nationale poursuit toujours son chemin, mais n’empêche que certaines personnes ont foi en Kouyaté pour sortir la Guinée de l’étau! Pourquoi pas ? Le rêve est toujours permis. Mais faudrait-il y croire! J’en doute fort. D’autres ont plutôt foi au Général, mais en oubliant que le cauchemar ne sera plus autorisé par les guinéens. Subséquemment, il serait primordial d’intégrer l’idée que nous pouvons être politiquement opposés, spirituellement en déphase, ethniquement différents, communautairement en dissemblances, mais nous avons tous en partage la Guinée et nous devrons œuvrer, ou plutôt booster nos gouvernants, pour qu’ils s’activent à atténuer les mauvaises conditions de vie de la population, qui n’en finit pas d’accumuler les frustrations. Le jour où l’on s’imprégnera de ce « nous », nous redonnerons à notre combat toute sa plénitude. Je vous remercie de votre attention

Koumbassa Alassane

Le 19/10/2007

 L’ancien président français Jacques Chirac disait : Rassembler est un idéal: les hommes sont divisés à l’intérieur d’eux-mêmes, pourquoi ne le seraient-ils pas dans la vie sociale ?>> Ce faisant, il n’y a rien de spécifique à ce que la gestion politique dans un pays, se trouve confrontée à des particularismes fondés sur des opinions diverses et des prises de position partisanes, dans un environnement régi par des règles démocratiques. Le débat n’en est que enrichi, si bien évidemment, la finalité est la recherche de meilleurs moyens de résolution des problèmes communs à la société. Un cadre de concertation garantissant la liberté d’expression constituerait ainsi, un gage sûr d’amorce d’une dynamique de dialogue et d’échange, favorisant la matérialisation des objectifs assignés. Malheureusement, dans notre cher pays, on peine à asseoir cette mentalité bienveillante, qui voudrait que chaque citoyen soit intrinsèquement considéré, comme potentiellement apte à apporter sa modeste contribution à l’édification nationale. Cet état d’esprit nécessite de la part des dirigeants politiques, une certaine ouverture et une acceptation de la remise en cause de leurs choix, si ceux-ci sont jugés aux yeux des observateurs et des administrés, contraires à l’intérêt général. La fonction d’homme politique est sujette à appréciation et les hommes et femmes qui ont la charge de l’assurer, se doivent d’honorer leurs engagements et leurs promesses car le statut particulier dont ils bénéficient, est consécutif au choix porté par les citoyens en leurs personnes du fait, qu’en plus de la confiance placée en eux, ils estiment convenable, leur capacité à œuvrer invariablement dans le sens des attentes de la population. Ainsi, que l’on soit Conté ou Kouyaté- incompatible, ne relève certainement pas d’une quelconque machination ou d’une simple volonté de nuisance de la part de tous ces guinéens, qui dénoncent la mal- gouvernance car, en fondement de leur intégrité et de leur sincérité, leurs agissements s’inscrivent dans une logique constructive de changement amorcé, dont on ne veux perdre les acquis, aussi minimes soient-ils, avec l’espoir de voir enfin la Guinée ne pas avancer à reculons et en finir définitivement avec le système de turn-over qui a jusqu’ici caractérisé l’évolution en dents de scie de notre pays. Il est à supposer que malgré la conjoncture internationale et les méfaits de la mondialisation sur les pays en voie de développement, le décollage économique de la guinée et des pays africains en général, est inéluctable en raison non seulement, des immenses potentialités de ceux-ci, mais aussi et surtout à cause de la forte probabilité de l’orientation des marchés financiers vers les pays émergents. L’investissement est la clef de voûte du développement économique et les détenteurs de capitaux, pour la raison toute simple de leur objectif à faire plus de profits, seront enclins à investir sur les nouveaux marchés, compte -tenu de la saturation des marchés des pays dits développés et concomitamment de la régulation de ces derniers, par ce que l’on qualifie de main invisible d’Adam Smith, qui de par les mécanismes de la supériorité de l’offre de biens par rapport à la demande, consécutive à la surproduction, font baisser les prix et par ricochet les bénéfices réalisés. Et , l’Afrique comme le chante TIKKEN JAH FAKOLY est un continent vierge où tout reste à faire et c’est en cela que l’espoir est permis. Néanmoins, cette possibilité n’est envisageable que dans la mesure de l’exercice de la bonne gouvernance, avec un cadre juridique qui garantisse les investissements, mais aussi avec une meilleure orientation des choix politiques quant aux priorités de développement. En effet, en Guinée tout est priorité; il n’en demeure pas moins que le fait de vouloir s’attaquer en même temps à tous les secteurs d’activités, peut-être considéré comme une erreur d’appréciation, en raison de la faiblesse du budget d’investissement à la disposition de l’Etat, dont les ressources reposent essentiellement sur les recettes minières et les subventions des institutions de breton Woods, du fait de la non perception ou peu des recettes fiscales qui devraient normalement constituer la quintessence de ses avoirs. Les conditions d’un développement économique, supposent nécessairement la réalisation de préalables dont entre autres, l’eau, l’électricité, les moyens de communication et l’auto- suffisance alimentaire par le développement de l’agriculture. En outre, les secteurs de l’enseignement et de la santé bien que primordiaux, constituent des investissements à long terme, dont les retombées ne sont visibles que dans la durée, alors que la population guinéenne, après toutes ces années de privation, attend avec impatience, des résultats palpables sur le terrain ; c’est pourquoi il est nécessaire de mettre un accent particulier sur des secteurs porteurs de croissance, tels la production minière dont la révision des contrats d’exploitation, doivent permettre l’implantation de toute la chaîne de production, pour ce qui par exemple de la bauxite, allant de l’extraction de minerais à la transformation en aluminium, boostant ainsi considérablement l’emploi des jeunes et dont l’accroissement des revenus, permettra une meilleure allocation des ressources générées, qui ne seront exclusivement plus cantonnées, qu’au seul remboursement de la dette publique. La valorisation du secteur privé par l’adoption de mesures incitatives à l’investissement et à l’entreprenariat, sera de nature à promouvoir la production locale nécessaire à la rentrée de devises, résultant d’une balance commerciale positive avec la réduction considérable, de notre dépendance vis-à-vis de l’extérieur, pour ce qui est des denrées de première nécessité. La vulgarisation des techniques modernes de communication, permettra une viabilisation et une plus grande efficacité de l’administration, qui doit être mise aux normes par des séminaires de formation et de perfectionnement, car l’un des problèmes et non des moindres de l’administration guinéenne, est sa non maîtrise des procédures de décaissement des fonds d’aide publique au développement accordés par nos partenaires. Faisons œuvre utile, en ciblant des axes stratégiques de développement qui tiennent compte des spécificités de notre pays pour que les différents secteurs d’activités bénéficient de façon spontanée d’un effet domino, en prenant soin d’associer toutes les compétences pour éviter une dispersion des énergies.

BAYO Abidine

RENCONTRE AVEC SYDIA TOURE

Le 07/10/2007

 En ce Samedi 06 Octobre 2007, Mr Sydia Touré président de L’UFR, a été reçu par la Fédération UFR-France, rencontre élargie aux militants et sympathisants résidant à Paris et Ile de France. De retour d’une mission de travail aux USA et malgré un agenda bien rempli, il a tenu à honorer de sa présence cette réunion, afin de débattre de la situation actuelle au pays à la veille des prochaines élections législatives. Un brin amuseur, il a fait un état des lieux détaillé, des actions menées sur le terrain, avec les difficultés rencontrées depuis les évènements douloureux qui ont conduit à la nomination du premier ministre et la constitution d’un gouvernement dit de transition, jusqu’à la création de la commission électorale nationale indépendante(CENI), qui selon lui n’est nullement la cause du report des élections, puisque malgré les réticences dues à un manque de consensus quant à la représentativité des partis politiques au sein de cette commission, la création de celle-ci a été effective avant la prise de décision de ce report. Après un brillant exposé, il s’est prêté aux questions de l’auditoire et cet exercice a été pour lui, l’occasion de lever les équivoques sur des sujets brûlants de l’actualité, avant de conclure, en attirant l’attention des participants sur le fait que malgré les difficultés du moment, le gouvernement actuel peut dans une certaine mesure, être considéré comme un moindre mal, comparé à l’accumulation du pouvoir dans les mains de Lansana Conté, dont le départ est la seule alternative, pour une véritable sortie de crise dans notre pays. En attendant que cela n’arrive, il estime que le combat doit continuer avec les moyens du bord et il se réjouis surtout que L’UFR soit actuellement en guinée, le seul parti politique, capable de fédérer les différentes sensibilités, en raison de sa nette démarcation par rapport aux autres partis, pour ce qui est des comportements sectaires et surtout à cause de son implantation sur toute l’étendue du territoire national.

BAYO abidine

Elections législatives 2008 - le jeu en vaut la chandelle

Le 03/10/2007

 Le tour d’horizon de l’actualité politique en guinée et les conditions actuelles d’exercice du pouvoir, laissent présager l’illusion d’un changement de donne favorable à l’évolution des mœurs. Pour s’en convaincre, il suffit de fréquenter les cercles de réflexion et de débat sur l’avenir immédiat de notre pays pour entendre débiter des discours empreints d’appréhensions qui en disent long sur l’état d’esprit des uns et des autres à la veille de ces échéances. La principale exigence des partis politiques d’opposition pour la garantie de la tenue d’élections libres et transparentes, a été la création d’une commission électorale indépendante acquise après moult tractations, bien que sa composition n’ait encore été rendue public, mais dont les prérogatives sont comme on le sait, limitées de par sa subordination au ministère de l’intérieur, véritable acteur de l’organisation logistique et matérielle de ces consultations. Dans un pays de droit et de respect des règles démocratiques, une telle disposition ne pouvait susciter d’inquiétude particulière, parce que la transparence serait naturellement de mise. Malheureusement dans notre pays, l’expérience a prouvé à maintes reprises, qu’élections riment souvent avec intimidations, affrontements et pratiques frauduleuses, dans le but unique de créer la confusion, favorisant ainsi la confiscation du pouvoir par ses tenants, avec le prétexte fallacieux, d’éviter à la guinée, l’implosion sociale, attitude qui en réalité, ne fait qu’ exacerber le sentiment d’injustice et de haine et le manque total de confiance des populations en nos institutions républicaines. Le gouvernement de transition du premier ministre Lansana Kouyaté, était censé cette fois-ci, palier à ses insuffisances en adoptant une position de neutralité qui le mettrait au-dessus de la mêlée, lui donnant un rôle d’arbitre dans l’organisation et la supervision de ces joutes électorales, mais à voir l’évolution des évènements ces derniers temps, il y’a vraiment de quoi ne pas en avoir foi. Les différents partis d’opposition sont pour leur part, l’apanage de leurs dirigeants respectifs, auxquels les électeurs potentiels identifient les méthodes d’action et de gestion ainsi que leurs objectifs personnels, comme le reflet de l’idéologie préconisée par les entités politiques qui les soutiennent. Pareil tableau laisse dubitatif dans la mesure où, l’affirmation du leadership est conditionnée par des considérations d’ordre matériel et financier, toutes choses qui restreignent indéniablement la crédibilité des leaders s’inscrivant dans cet ordre d’idées, en témoignent les vaines tentatives de Mamadou Sylla pour s’accaparer des rênes du PUP ainsi que le forcing actuel de Cellou Dalein Diallo pour ce qui est de l’UPR. A ce sujet, la probité morale des intellectuels guinéens en particulier, exige d’eux dans une logique constructive, qu’ils ne soient ni caution, ni moyen d’une cause qui n’est pas la leur, surtout si elle est de nature à compromettre la cohésion sociale qu’on a actuellement bien du mal à préserver. Les fonctionnaires se doivent eux- aussi, d’avoir le courage d’afficher leurs opinions politiques et la possibilité de se prononcer librement, sans crainte de chantage, de harcèlement moral ou de sanctions administratives disciplinaires arbitraires, de la part de certains des chefs hiérarchiques qui ont tendance à tracer et à imposer une ligne de conduite électorale à leurs subordonnés, en espérant ainsi préserver les privilèges du système qui assure leur promotion. Bien qu’aucun sondage ne puisse l’étayer, on devine aisément que la tendance préférentielle au sein de l’opinion publique nationale se porte sur les « grands partis » que sont le PUP, l’UFR, l’UPR et le RPG, qui sont véritablement les seuls, susceptibles de tirer leur épingle du jeu, compte- tenu des potentialités que leur confère leur implantation géographique sur plus ou moins, l’étendue du territoire national.Et pour une fois, avec l’espoir de l’application stricto-sensus des dispositifs réglementaires relatifs au fonctionnement démocratique de la CENI, l’opposition peut espérer une percée significative, car le PUP parti au pouvoir, se trouve miné par ses dissensions internes qui fragilisent chaque jour davantage sa cohésion et sa main-mise sur les affaires publiques. Dans cette optique, un choix cornélien s’impose à tous quant à la préférence à accorder à tel ou tel autre de ces partis. Ce choix, aussi pertinent qu’il soit, doit sincèrement être motivé, par une conviction personnelle, déterminée par le seul souci de croyance en la capacité de ces partis, à proposer aux guinéens, un model de société bâti sur les valeurs universelles de tolérance, de paix et de prospérité pour tous. De ces élections, dépendra la nature du paysage politique guinéen dans les années à venir et dont l’impact sur le processus de développement, sera déterminé par les mécanismes de décision et de gestion futurs, des décideurs que nous auront choisi pour nous gouverner. Dans l’objectif d’influencer le cours de notre destin commun, l’abstention, bien qu’un droit constitutionnel, doit être perçue comme une démission de la part des guinéo-pessimistes et des défaitistes, qui ne croient plus en l’avenir du pays, alors qu’impératif est, l’opportunité de saisir cette occasion pour faire valoir nos droits en assumant pleinement nos devoirs de citoyens. Comprenons que chaque voix aura son pesant d’or et pour l’avènement tant souhaité d’une guinée libre et prospère, engageons nous résolument dans la voie du changement amorcé et faisons nôtre, le fameux appel de Jean Paul II : N’ayez pas peur ! Le renouveau est sans aucun doute à ce prix. BAYO Abidine

Abidinebayo@hotmail.com

La gloire perdue

Le 26/09/2007

 C’est évident qu’en dehors des frontières africaines, l’évocation du nom de la Guinée prête souvent à confusion à cause probablement de son homonymie avec d’autres pays, mais certainement aussi, parce que son degré de rayonnement dans le concert des nations est presque insignifiant. N’est-ce pas là, une raison suffisante de déception pour tout guinéen patriote, nostalgique d’un passé peut glorieux sur le plan interne à cause des exactions et des privations subies par le peuple guinéen en raison de la politique de la dictature qui régnait, mais encore présent dans la mémoire collective au niveau international. Les anciens se rappellent au bon souvenir des énergiques prises de position anti-coloniales et anti-impérialistes de Sékou Touré et les hauts faits d’arme des soldats guinéens dans les luttes de libération en Afrique. On se souvient aussi des guinéens qui s’illustraient dans le domaine culturel à chacune de leurs sorties pour représenter le pays à l’extérieur et défendre les couleurs nationales.Le Hafia Football Club, les Ballets Africains de Guinée, Le Bembeya Diaz National, Les Amazones de Guinée, pour ne citer que ceux-là, faisaient alors la fierté de tout un peuple, uni derrière ses héros qui avaient conscience de l’importance stratégique, des combats qu’ils menaient. La raison de leurs succès respectifs, était due essentiellement à la motivation profonde qui les animait de par le conditionnement psychologique dont ils faisaient l’objet de la part des dirigeants d’alors, qui considéraient la culture comme une arme de propagande politique au service de la cause commune.Pour tous ces hommes et femmes qui nous ont honoré, une seule chose était essentielle : ils étaient guinéens et fiers de l’être et à ce titre, ils se sont battus corps et âme dans chacune de leurs missions et la Guinée était en cela, honorablement qualifiée d’ambassadrice de la culture africaine. On s’étonne de voir que malgré les difficultés du moment, les ballets africains continuent toujours à rafler la mise à ses participations aux différents festivals, alors que le football guinéen a complètement perdu ses lettres de noblesse, pendant que les amazones de Guinée sont tombées dans les oubliettes. Le football, discipline sportive avec ses exigences physiques, connaît sa traversée du désert pour la raison toute simple que les anciens du Hafia et toute cette génération, ayant atteint la limite d’âge qui ne leur permettait plus de pratiquer, les conditions n’avaient pas été crées pour assurer une relève digne de ce nom et l’avènement de la deuxième république n’a pas favoriser l’épanouissement de la jeunesse dans ce domaine parce que ne constituant malheureusement pas une priorité pour les nouveaux dirigeants. Par chance, les Ballets Africains quant à eux, malgré la faiblesse des moyens mis à leur disposition, bénéficient de l’expérience des anciens qui transmettent leurs savoirs et connaissances à la jeune génération avec un patrimoine culturel exceptionnel. La Guinée possède sans aucun doute, des potentialités et des talents qui ne demandent qu’à s’affirmer, mais faudrait-il pour cela que les décideurs politiques comprennent que les besoins des guinéens sont certes immenses, mais les moyens étatiques étant limités, une gestion rigoureuse et efficiente des deniers publics s’impose pour favoriser un développement harmonieux des différents secteurs d’activité. A chaque époque, ses mœurs et de nos jours, on dit que l’argent constitue le nerf de toute guerre. Mais au-delà de l’aspect strictement financier, les citoyens ont besoin de se sentir concernés par les problèmes de leur pays et surtout d’avoir le sentiment fort que les hommes et femmes auxquels ils ont fait confiance pour présider à leurs destinées, font preuve de courage, de dynamisme et surtout de patriotisme en guise d’exemple à suivre.

BAYO Abidine

Prémices de lendemains désenchanteurs

Le 26/09/2007

Prémices de lendemains désenchanteurs: L’homme se définit entre autres, comme étant le reflet du milieu social qui l’a vu naître et grandir. Nous guinéens, ne pouvons constituer l’exception qui confirme cette règle et par voie de conséquence, nous pensons et agissons en fonction de notre héritage culturel et politique dont les principes basiques, trouvent en partie leur fondement dans les régimes qui nous ont gouverné jusqu’à nos jours. Des années Sékou Touré, on était censé cultiver les principes d’égalité et de solidarité qui caractérisent théoriquement les régimes de type socialiste. Mais malheureusement, les déviances autocratiques de la classe dirigeante de l’époque, ont contribué à fragiliser le tissu social. Le brusque changement d’orientation politique qui s’ensuivit avec l’avènement de la deuxième république et son option pour un libéralisme sauvage, a été de nature à favoriser mesquinement les tensions. A ce jour, les prodromes d’une ère de renouveau ne sont pas visibles à l’horizon et force est de reconnaître, qu’on est loin de sortir de l’auberge, si l’on suppose que la fin de règne du général CONTE est synonyme de règlement définitif des maux qui nous assaillent, sans tenir compte des causes véritables qui les engendrent. L’expérience n’enseigne t-il pas qu’il ne faut jamais regarder là où l’on tombe, mais bien où l’on trébuche et ce faisant, quand adviendra une fois de plus, une période de tensions et d’interrogations, après un probable changement de régime, les guinéens ne doivent pas prétexter souffrir de torticolis pour tourner la tête et voir le long et sinueux chemin parcouru afin d’admettre en toute objectivité, qu’ayant semer le vent, on ne pouvait s’attendre qu’à récolter la tempête. Tout comme les années dites de révolution ont indéniablement eu des conséquences fâcheuses sur la période de vaches maigres que nous vivons actuellement, les années CONTE auront forcément des répercussions dans l’avenir, car tout porte à croire, que le cycle infernal de la misère, conditionné par la gestion calamiteuse de la chose publique, due essentiellement à la mal gouvernance, continuera sa rotation. Tous les ingrédients sont réunis pour que l’on s’inscrive dans une logique de perpétuel recommencement, pour n’avoir pas su tirer des leçons des échecs du passé. L’esprit de clan est encré dans la culture politique guinéenne et les acteurs présents sur la scène, sont tous ou presque, de cette vieille école dont les pratiques habituelles avilissantes, sont devenues comme une seconde nature dont on ne peut espérer un changement qualitatif significatif, susceptible de leur faire changer leur cap idéologique, qui est actuellement érigé en système de dépendance et de connivence, dont les méthodes anachroniques et pernicieuses subsistent au-delà de leurs volontés individuelles, car ils sont quelque part eux-mêmes, embourbés dans une sorte d’engrenage. Le redressement politique et économique en guinée, s’avère une tâche éléphantesque, mais ne dit-on pas qu’à cœur vaillant, rien d’impossible. La seule et unique personne qui a les cartes en mains pour nous sortir de ce bourbier, c’est le premier ministre Lansana Kouyaté, qui ne peut prétendre de pas avoir les coudées franches dans son action gouvernementale, dont il doit s’en donner les moyens de la politique et assumer pleinement ses responsabilités. En attendant, pour tout le peuple de guinée, il est comme un berger qui a charge de diriger son troupeau. A lui donc de le conduire vers des pâturages ou vers des terres arides. Espérons avec les critiques qui pleuvent en ce moment en son encontre, qu’il saura opportunément faire dorénavant, des choix judicieux pour le bonheur de tous. BAYO Abidine

Trêve de papotage:

Le 11/09/2007

L’on croyait révolu, le temps de la folklorique ²mamaya² au service du culte de la personnalité, avec son corollaire de pratiques de bassesse, ni foi, ni loi de la part de véreux marchands d’illusions, qui manipulent les consciences, pour que perdure ce système dont ils profitent si bien, en faisant perdre de vue les nobles objectifs de croissance économique et d’épanouissement social dans notre pays. Les bonnes consciences, s’évertuent depuis tant d’années à favoriser tant bien que mal, l’éveil des mentalités pour que l’action politique soit au service exclusif de l’amélioration des conditions de vie de nos populations et paradoxalement, les critiques aussi acerbes fussent-elles, peinent à trouver des échos favorables au sein de la classe dirigeante qui se mue chaque jour d’avantage en génératrice de désillusions et de désespoirs. La preuve de toute bonne volonté humaine, se traduit par les actes et la reconnaissance du mérite s’acquiert mais ne s’impose point comme nous le font vivre les différents comités de soutien d’on ne sait qui et pourquoi. La période dite de transition que nous connaissons actuellement, était censée réconcilier les guinéens, en favorisant l’instauration d’un climat de paix et de transparence nécessaire à l’organisation future d’élections démocratiques à même de créer les conditions d’un développement harmonieux de la nation. Malheureusement, les ambitions personnelles priment comme toujours sur le bonheur collectif en témoignent les agissements de personnes insouciantes, dont les prises de position partisanes ne sont déterminées que par l’appât du gain que leur font miroiter des personnalités politiques trahissant sans scrupule, la confiance ô combien honorifique, placée en eux par le peuple. Il est pathétique de constater qu’on est encore en guinée à se positionner les uns contre les autres pour favoriser l’ascension politique de personnes, dont le seul et unique but apparent est de s’emparer du pouvoir, quitte à ce qu’elles ne se soucient guère des aspirations des populations. Les démocraties modernes se caractérisent par l’adhésion des masses populaires aux programmes de développement des partis politiques, dont les membres égaux en droit et en devoir, ne font valoir que leurs compétences et leurs qualités pour occuper un poste de responsabilité. En guinée par contre, on a tendance à se morfondre et à se confondre en conjectures devant nos dirigeants pour espérer avoir leur faveur en leur plaçant sur un piédestal d’où ils ne pensent jamais redescendre. Et pourtant, en ce monde ci- bas, rien n’est éternel, raison de plus pour se préoccuper de l’héritage que l’on est susceptible de laisser aux générations futures qui ne manqueront pas de l’apprécier à sa juste valeur. La vie de l’homme est trop courte pour ne pas la sacrifier en tergiversations. L’honneur et la dignité requièrent qu’en la traversant, on la marque d’une empreinte positive indélébile de par notre apport à l’édification de la société dans laquelle nous vivons. Que d’encre coulé, que de salive gaspillée, dans la tentative de mobilisation et de fédération des esprits progressistes et se rendre compte finalement que le combat est loin d’être gagné, prétexte pour ne pas baisser la garde. Nous avons actuellement le vent en poupe et plus que jamais des raisons évidentes d’y croire, malgré les apparences et le climat délétère ambiant. Tâchons donc de ne pas rater le train de la démocratie que constitueront les prochaines élections législatives prévues pour le premier trimestre 2008, car ce serait on ne peut plus clairement, l’occasion belle de montrer à suffisance, à l’opinion publique internationale, l’aspiration réelle du peuple de guinée au changement. BAYO Abidineabidinebayo@hotmail.com

En attendant la levée de "l’hypothèque" sur l’avenir de la jeunesse:

Le 11/09/2007

Les critiques surgissent de partout pour dénoncer l’absence de résultats de notre « consensus national » Lansana Kouyaté. La pénurie d’eau, l’obscurité dans laquelle vit le pays et la dévalorisation exponentielle du panier de la ménagère n’ont pas pu être solutionnées, du moins pour l’instant selon les Kouyaté optimistes. Ne nous attardons sur ces fâcheux problèmes au risque de recevoir une décharge écrite de la part des irréductibles partisans du gouvernement. Intéressons nous au troisième chantier du premier ministre, la jeunesse : Là, c’est moi qui suis prêt à décharger ! Vous devez encore avoir en mémoire le chantier consacré à la jeunesse, annoncé par Kouyaté lui-même, qui n’a pas manqué de rappeler le désespoir dont souffrent « ceux- là même qui devraient porter les espoirs de notre pays et qui sont les premiers atteints et qui vivent ce calvaire (le chômage) avec un sentiment de frustration, d’injustice et de révolte. » De ce fait, Il inscrit sa troisième priorité au « plein emploi de la jeunesse. » Rien n’a été dit sur les modalités selon lesquelles ce plein emploi allait être atteint. Aucune date d’échéance n’a été donnée. Il ne lui a pas semblé utile de nous donner le chiffre du chômage actuel des jeunes afin qu’on puisse s’en servir plus tard pour comparer au taux de chômage futur qui correspondrait, en cas de réussite de cette priorité, à ce taux du plein emploi. Le seuil de ce plein emploi n’a pas été non plus défini. Ce ne serait pas exagéré de dire que ce discours était creux, amphigourique et chimérique. Le seul emploi que notre premier ministre ait créé pour la jeunesse, en déperdition, est son comité de soutien. L’initiative du récent salon de l’emploi est à saluer mais ne nous méprenons pas, cet événement n’a pas permis de créer des emplois ; ce fut un marché temporaire où se sont retrouvés les offreurs d’emploi et les demandeurs d’emploi. Salon ou pas, ces entreprises allaient embaucher. Pour inciter les entreprises à la création de l’emploi, il faut que le travail, la justice, le respect des textes de loi, le respect de la parole donnée, la compétence, la rigueur soient des parties intégrantes de l’environnement. Notre pays a toujours été détourné de ces catalyseurs favorables à l’investissement et l’arrivée de Kouyaté n’y a rien changé. Le secteur informel, où grouillent déjà de nombreux jeunes (n’ayant pas pu bénéficier d’une qualification ou ayant déserté prématurément l’école) de tout âge, est désormais pris d’assaut par de plus en plus de jeunes diplômés et désœuvrés. La lueur pâle de leurs yeux exprime un quotidien rythmé par la faim, la soif la fatigue et le désespoir. Ils vivotent en attendant des créations concrètes d’emploi et pendant ce temps leurs diplômes se dévalorisent. Leurs semblables, comme moi, qui ont eu l’opportunité d’être venus faire leurs études à l’étranger semblent avoir beaucoup plus de chance car il n’y a pas de galère plus pénible que celle de l’étudiant guinéen. Certes, c’est une chance que l’on soit venu à l’étranger pour faire nos études mais l’autre face de la médaille n’est pas si enviable notamment en ce qui concerne la France. De nombreux étudiants africains étudiant dans l’hexagone ont pour objectif de rapidement finir les études afin de rentrer apporter leur pierre à la construction de l’édifice national de leurs pays respectifs. Ce sont des centaines d’ivoiriens, de gabonais, de sénégalais, de maliens, de béninois, qui, une fois leur diplôme en poche s’empressent de faire leur retour. Mais qu’en est-il des étudiants guinéens ? Quand nous approchons de la fin de notre cycle universitaire, nous sommes autant angoissés qu’heureux. Que faire après l’obtention du diplôme ? Rentrer dans un pays où il n’y a pas de débouchés ou rester dans les pays hôtes qui nous accueillent mais qui font de nous, surtout en période électorale, des boucs émissaires, des problèmes, des indésirables. Quand on appelle les parents pour les informer de notre envie de retourner dans un futur proche, car bientôt la qualification tant recherchée deviendra bientôt réalité, c’est alors qu’un arsenal de sermonneurs tente de nous expliquer que le meilleur choix serait de rester dans le pays formateur. Certains osent dirent que c’est une pure folie de rentrer. Ce serait même un acte suicidaire. Alors nous voilà pris dans un fâcheux dilemme. Quelles solutions pour nous ? Ce gouvernement n’est sans doute pas responsable de cet état de fait, on l’admet, les effets d’hystérèse y sont pour beaucoup et puis défaire vingt trois années d’absence de projets pour les jeunes doit être difficile. Mais quelle action concrète est faite pour calmer l’hémorragie ? Bien au contraire, la situation de la jeunesse semble s'envenimer. Les récents résultats critiques du baccalauréat sont là pour en témoigner. Cette étape, à la frontière de l’enseignement universitaire, est primordiale car une jeunesse bien formée est une jeunesse qui sera armée pour affronter les défis de demain. Quel constat peut on dresser pédagogiquement parlant au terme des deux cents jours de notre gouvernement? On ne peut pas affirmer que rien n’a été fait depuis la venue de l’équipe consensuelle. Beaucoup d’efforts ont été faits, mais seulement, sur la façade de notre éducation nationale pacsée avec une crise qui perdure. On s’est virulemment attaqué à la forme du problème en unifiant le bac, en mettant des fonds pour organiser des examens propres, dit-on. On a même jeté en prison des soi-disant fraudeurs pour montrer aux guinéens que l’impunité est désormais rangée aux oubliettes. Bien, passons maintenant au fond du problème. Toute réforme formatrice a pour but de rénover l'instruction afin que le plus grand nombre puisse trouver une satisfaction. Mais que constate t’on : 20% de réussite au bac ! Si on était dans un pays normal et normé le ministre de l’enseignement devrait se poser la question de ce résultat alarmant, faire une synthèse de cette calamité, afin de poser de nouvelles bases pour aider les lycéens à mieux se préparer pour les prochaines échéances. Mais à quoi assistons nous ? le ministre est fier de ce résultat car selon lui son ministère a juré d’organiser des examens crédibles transparents et débarrassés de toute fraude. En somme le bilan est très positif. On comprend aisément pourquoi ce résultat alarmant n’ait pas fait grand bruit et de toute façon l’équipe gouvernementale s’en moque : Premièrement, aucun de leurs enfants ne subiront les imperfections de ce système car ne fréquentant pas les établissements publics qui paient le plus souvent le montant global de cette facture amère des échecs ; deuxièmement le nombre de places à l’université étant limité, les professeurs étant mal payés, les élèves étant démotivés, on peut affirmer que ce résultat a été prémédité. En Guinée, on ne résout jamais les problèmes mais on les déplace, on trouve des solutions temporaires ou on joue à cache-cache avec les solutions mais jamais on ne s’attaquera au mal. (L’accord tripartite, qui a eu pour principale mesure la nomination du premier ministre alors que la solution à notre mal commun était le départ de Conté, est là pour en témoigner.) En fait on se trouve dans la république du semblant : le gouvernement fait semblant de payer les enseignants, qui font semblant d’enseigner les élèves, qui eux-mêmes font semblant d’étudier…la sentence est finalement lourde, 80% d’échec et ce n’est pas une blague. Après l’on s’étonne que des jeunes s’occupent en adhérant aux comités de soutien. L’oisiveté ne serait t’elle pas la mère de tous nos vices ? Peut on condamner un jeune inactif, militant dans un comité de soutien d’autant que cela rapporte des sous ? Ces jeunes ont compris, du moins certains d’entre eux ; ils seront les premiers à chasser Kouyaté le moment venu mais en attendant ils essaient aussi, à leur manière, de profiter du système. Un jeune mal formé, recalé au bac et exclu de son établissement ; avec des parents ne disposant pas de ressources financières conséquentes pour lui offrir une formation alternative, quel choix s’offre à ce dernier ? Pour lui, comme pour la majorité des jeunes de Guinée, l’avenir est plus une grande peur qu’un petit espoir. Ce gouvernement pourra tout fait pour, nous démotiver, hypothéquer notre avenir, spolier la république, diviser la jeunesse ; mais il ne nous enlèvera jamais le droit de rêver d’un avenir meilleur, le droit de nous battre pour cet avenir, l’envie de construire des projets de demain pour notre terre. Jeune de Guinée ou « orphelin » de la patrie, tu n’as aucune chance mais comme Jamel Debbouze (célèbre humoriste français d’origine nord africaine) je te dirais : tu n’as aucune chance alors saisis la ! Koumbassa Alassane koumbassa@gmail.com

L’aventure ambiguë du P.M:

Le 08/08/2007

Les échos en provenance du bled, sentent le souffle de la déception et des antagonismes stériles, après la période de grâce accordée à l’équipe gouvernementale formée par M. Lansana Kouyaté, que bon nombre de critiques, estiment à tord ou à raison, ne pas être en mesure de répondre efficacement aux attentes des populations. L’espoir à l’annonce de sa chaotique nomination, était pourtant immense et son ampleur n’a d’égale que la désillusion suscitée par l’orientation politique qui est la sienne, quant aux priorités de développement en Guinée. Une fois de plus, les choix politiques de nos dirigeants sont empreints de pratiques peu orthodoxes qui relèvent de l’improvisation et de la non maîtrise des données essentielles au redressement politico-économique, favorable à l’amélioration des conditions de vie dans notre pays. Il n’y aura de cesse de marteler que dans la guinée décadente, la faute des échecs successifs, ne peut incomber à une seule et unique personne, mais c’est tout le système qui est remettre en question. Le général Lansana Conté et à fortiori son premier ministre, aussi responsables soient-ils, chose dont on ne peut douter, car comme le dit l’adage, le peuple est à l’image d’un serpent qui ne sert que de corde en lui tranchant la tête, sont eux mêmes engloutis et empêtrés dans un magma de profiteurs, pour emprunter une des expressions de Jean Marie Doré, lors des premières élections présidentielles en 1993. L’amélioration de situation tant souhaité par la majorité silencieuse et souffrante dans sa chaire et son esprit, n’est de toute évidence pas profitable à la minorité nantie, soucieuse de préserver à tout prix, les privilèges du corrompu système, quitte pour cela à exacerber les divisions régionales et à entretenir le spectre de l’ethnocentrisme. La vieille recette de diviser pour régner, a de tout temps était l’expression favorite dans notre pays, car elle est malheureusement, la seule susceptible de désolidariser les guinéens dans leur lutte commune pour un changement positif. Une prise de conscience collective, de la nécessité pour les guinéens dans leur ensemble, avec leurs différences d’opinions et d’appartenance ethnique ou régionale, de se donner la main et œuvrer pour l’intérêt de tous, s’impose plus que jamais. L’on reproche au premier ministre d’avoir pratiqué une certaine discrimination en ce qui concerne la nomination des cadres de l’administration et de ne pas honorer ses engagements dans l’esprit de la plateforme revendicative des grévistes et la lettre de mission qui en fait suite lors de sa nomination. Sékou Touré se plaisait à dire que la dignité d’un homme réside dans l’adéquation entre le dire et le faire, mais faudrait-il pour cela que celui-ci, aussi sincères que soient ses intentions, ait les moyens de son action, en ayant la possibilité d’agir dans un environnement et des conditions favorables. Avec une réelle volonté politique, ne serait- il pas judicieux, de soumettre à approbation, toute nomination à un poste stratégique par un comité de sages indépendant constitué à cet effet, rôle qui aurait pu être dévolu à l’assemblée nationale qui n’est malheureusement à ce jour, pas représentative des différentes sensibilités, pour mettre définitivement un terme aux suspicions et aux luttes de clans. Il est temps d’en finir avec le stop and go ou plus exactement try to go. Pour atteindre une véritable ligne de démarcation, l’on doit savoir que c’est à nous la guinée. Notre terre nous est donnée pour y vivre. Nous ne sommes ici-bas que pour un temps, comme l’on était nos prédécesseurs et comme le seront nos successeurs. Alors vivons ensemble, vivons en paix. BAYO Abidine

La patrie en sursis:

Le 26/07/2007

Hommage à tous ces martyrs qui sont tombés, sous les balles meurtrières des mercenaires et des militaires associés à la cause du général Président, pour avoir voulu manifester leur mécontentement, leur ras-le-bol, leur faim, leur soif. Permettez-moi au nom de toute l’équipe de Kibarou de présenter nos condoléances les plus attristées aux familles endeuillées. Toutes ces vies sacrifiées ne doivent jamais tomber aux oubliettes. Une nouvelle éthique politique devrait pouvoir être fondée sur la conscience que nous devrons avoir, du dévouement de ces personnes, jeunes pour la plupart qui sont morts pour avoir osé dire « non » à l’arbitraire, à l’injustice et à la pauvreté. Il est de notre devoir, nous guinéens, de garder éternellement dans nos cœurs et dans nos mémoires que ces vies ont été arrachées parce que nos libertés fondamentales étaient bafouées, nos voix étaient ignorées, et nos avenirs compromis. Malgré la barbarie, la répression, le crépitement des armes, Peuple de Guinée, ton courage a été exceptionnel, ta gloire reste inégalée et ta bravoure reconnue et indiscutable ! Malgré toutes ces années de frustration de la première et deuxième république tu as eu le courage de t’affirmer et de ne plus rester muet. Ces vingt trois dernières années n’ont pas atténué toute la souffrance que tu as accumulée à l’époque de la première république. Il y’a certes eu du positif selon certains passionnés de l’un ou l’autre régimes, mais il est clair que sur le balance le négatif est largement gagnant. Désormais ton avenir t’appartient et tes futurs dirigeants sont prévenus. Plus jamais tu n’accepteras de te faire spolier, berner, trahir. Tu exigeras des comptes chaque fois que le doute s’installera. Ta vigilance doit être accrue car la bataille de la démocratie vraie n’est toujours pas atteinte. Désormais tu connais l’importance de l’unité nationale. Tu sais maintenant qu’un peuple uni déplace des montagnes et un peuple divisé conforte un pouvoir irresponsable. Le général Président s’est accroché à son pouvoir jusqu’à la dernière minute. Qui l’aurait cru ? En agissant de la sorte il a montré qu’il est prêt à sacrifier son peuple mais jamais son pouvoir. En s’agrippant à ce fauteuil présidentiel, ô combien fragile désormais, il a dévoilé qu’il souhaite une fin lente et pénible à une fin brusque. Maintenant il est prévenu que le peuple ne suivra plus ses diktats. Depuis longtemps on a toujours voulu, nous guinéens, aller de l’avant mais le boulet de notre passé, l’incompétence et l’irresponsabilité du Général Président nous ont empêché d’avancer. Aujourd’hui on a le droit d’être optimiste car on est uni, fier, « vacciné » et plus que jamais déterminé à avancer. On veut pouvoir ne plus s’exiler pour fuir la misère, on veut pouvoir manger à notre faim, on veut pouvoir vivre dans notre beau pays, bref on veut vivre dignement. Les mots justice, liberté, union, travail, résonneront de tout temps dans nos esprits. Espérons que nos futurs dirigeants en seront conscients et mettrons tout en œuvre pour que la machine du développement soit en marche vers l’avant et ce pour longtemps. En attendant n’oublions pas que la patrie est en sursis et la vigilance doit être accrue car tant que le général Président est au pouvoir il faut s’attendre à tout. Koumbassa Alassane koumbassa@gmail.com Janvier 2007

Soutien aux patriotes Tierno Monénembo et Amara Kaba :

Le 26/07/2007

Face à la polémique soulevée par le texte, Et maintenant, de Tierno Monénembo et à la virulente réponse de Mr mara Kaba, je me suis posé énormément de questions comme l’ont fait beaucoup de nos compatriotes. Je pense que ces deux personnes ont eu le courage, l’une de pointer un problème épineux de notre Afrique tourmentée et source de beaucoup de conflits dans plusieurs pays, et l’autre a eu le cran, il faut le dire, d’apporter une réponse que nombreux de nos compatriotes ont pensé mais n’ont pas eu l’envie d’en porter la dure responsabilité. J’avoue qu’avant de me lancer dans l’écriture des ces lignes, grande fût ma réticence. Mais est-ce dans la peur et sous prétexte que certains sujets sont trop sensibles, que l’on ne doit pas y participer ou pire se cacher derrière son silence ? Non ! Je ne le crois pas. Aussi je tiens à m’excuser vis-à-vis de ces deux personnes, elles sont avant tout, mes aînés et je leur dois tout le respect qui s’impose et mon texte n’est nullement fait pour les attaquer mais plutôt les soutenir tout en relevant certains de leurs propos que j’ai trouvé ambigus. Je suis un passionné du débat contradictoire et je pense que c’est un socle qui aide un pays à avancer. En outre le plus modeste des témoignages devant une cour est soumis à une procédure contradictoire, alors, pourquoi cet épineux problème qui concerne des millions de personnes ne le serait pas. Le linge sale doit se laver en famille et chacun doit apporter sa part, pour une grande propreté, à cette grande lessive. Les points négatifs : J’ai souligné un certain nombre de points que je qualifie de négatifs dans les deux interventions : Tierno Monénembo affirme dans son texte, je cite : « Oyé pour le patriotisme ! Anitché, Monsieur Kouyaté pour votre sens fort étendu du consensus national et de l’équilibre ethnique ! Rien de mieux, en effet, que de s’appuyer sur une ou deux ethnies pour faire avancer tout un pays : les faramineux résultas que nous avons obtenus depuis 1958 sont là pour en témoigner» Selon moi, les faramineux résultats obtenus ne sont en aucun cas le fait de s’être appuyé sur une ou deux ethnies mais plutôt le fait qu’on ait eu des individus mal intentionnés à la magistrature suprême de notre patrie, fonctionnant avec un « disjoncteur » susceptible de sauter à tout moment dans leur tête. Les résultats obtenus auraient été les mêmes si toutes les ethnies de l’Afrique avaient été associées au règne de ces deux individus. Quand la locomotive a une panne tous les wagons restent immobilisés. Donc la réaction de Tierno Monénembo me parait ici disproportionné et j’ose croire qu’il a fait le choix de s’exprimer ainsi pour inciter certaines personnes à sortir de leurs retranchements. Pour ça il a plutôt gagné son pari. Le contenu de l’intégralité du texte de Monénembo, à part l’extrait cité ci-dessus, ne souffre d’aucune autre ambiguïté à mon sens. Les problèmes soulevés quant au flou personnel, au profil personnel de Mr Kouyaté, et à la composition du gouvernement sont réels et les arguments qu’il donne sont plutôt affûtés. Je vais aller plus loin que Tierno Monénembo pour calmer certaines idées tordues. Lansana Conté n’est pas insensé parce qu’il est Soussou. Sékou Touré n’était pas schizophrène parce qu’il était Malinké. C’était juste des chefs d’Etat imbus de leurs personnes, et vous noterez que dans la Guinée ne fait pas figure de monopole, qui en faisaient qu’à leur tête. La région et l’ethnie disent d’où on vient mais en aucun ne disent qui on est. Plusieurs chefs d’Etat Africains ont eu le mérite d’être connu pour leur irresponsabilité totale et leur compétence inavouée. Ils avaient pour seul souci leur fierté personnelle et la construction d’un clan présidentiel comprenant les plus proches dans le but d’assouvir leur passion du pouvoir. Quant à la réaction de Mr Kaba, j’ai relevé un certain nombre de points négatifs. Je pense que les propos ; selon lequel Mr Tierno Monénembo vient de laisser tomber son masque, le masque de fer de l’ethnocentrique, du xénophobe ; me paraissent là aussi disproportionnés. Ethnocentrisme dans le dictionnaire signifie : Tendance à privilégier le groupe auquel on appartient et en a faire le seul modèle de référence. Mais vous conviendrez avec moi, qu’en aucun cas Tierno Monénembo était dans la logique de cette démarche. Exiger l’équilibre ethnique serait-il de l’ethnocentrisme ? Je ne le pense pas et j’ose croire, là aussi, que Mr Kaba a avancé ces propos durs, sous l’effet de la colère, sans prendre le recul nécessaire. Les points positifs : Qui détient la vérité ? Quand j’ai fait la comparaison des deux textes je me suis demandé lequel des deux détenait la vérité ? Etant moi-même Etudiant en Sciences Economiques j’ai appris que pour mieux comprendre les choses, vaut mieux faire son deuil de la vérité sinon on serait jamais à l’abri de faux jugements. Tierno Monénembo prétend que le ministre peuhl le plus important arrive en sixième position. Ça c’est une vérité. Kaba lui affirme qu’il y’a 7 ministres peulhs sur un total de 22 ministres soit 30% de l’effectif. Là aussi c’est encore une autre vérité. Maintenant le problème soulevé par l’écrivain est qu’aucun des ministères les plus importants n’est confié à un peuhl ; dès lors, je pense que si on a des pondérations différentes pour chaque ministère, le problème de l’équilibre est posé car les peuhls ne constitueraient plus 30% de représentativité. Cette représentativité calculée par Kaba étant faite sur une base de pondération de un (1) affecté à chaque ministre. Vous comprenez aisément que dans ce débat, car c’est devenu un débat, tous les deux détiennent une partie de la vérité mais aucun des deux ne détient la vérité absolue. Imaginons un autre cas de figure : Supposons qu’il y’avait seulement deux ministres peuhls occupant les deux postes les plus importants du gouvernement. D’aucuns auraient été satisfaits tandis que d’autres soulèveraient le problème du nombre de peuhls présents dans le gouvernement. Ces derniers seraient dans une logique compréhensible. On s’imagine donc, par rapport à ces arguments, que la question de la représentativité a tout son sens. C’est la raison pour laquelle ce sujet doit ne plus être tabou et on doit en parler jusqu’à le débarrasser de tout son caractère amphigourique. Force est de reconnaître qu’un vrai gouvernement de consensus aurait dû prendre en compte tous ces critères. Il aurait été préférable que tous les postes clés soient partagés entre toutes les ethnies et aussi toutes les sensibilités politiques et mais avant tout, la compétence des individus devrait être de rigueur. Après tout, le peuple de Guinée est souverain et n’a pas manifesté son mécontentement après la constitution de ce gouvernement. Qui ne dit mot consent ! Cela prouve que toutes les sensibilités se reconnaissent d’une certaine façon dans le gouvernement 1 de Mr Kouyaté. Souvenons nous que la nomination d’Eugène Camara a été rejetée par tout le peuple, qui en a fait la manifestation dans la rue. Si le peuple a choisi de faire confiance à Lansana Kouyaté, accordons lui aussi la nôtre jusqu’à ce qu’on voie les premiers résultats. Pour aller au delà de ce débat : Nous avons la fâcheuse habitude de laisser de cotés les sujets qui fâchent et ceci en toutes circonstances. Pourquoi ne par parler ? Pourquoi ne pas s’exprimer ? Pourquoi ne pas tenter de résoudre nos problèmes les plus fâcheux ? Il serait mieux de discuter de tout, sans complaisance ni langue de bois, que de se tirer dessus dans de stupides guerres au nom du patriotisme. Aujourd’hui la Côte d’Ivoire, après avoir vécu plus de quatre ans d’instabilité, commence à trouver la voie de la réconciliation car les tabous ont été mis de coté. Le Burkina joue aujourd’hui le rôle de terre de règlement du conflit ivoiro-ivoirien. Le dialogue est direct et se passe entre les acteurs de la crise (rebelles et loyalistes). Jacques Lacan disait Le dialogue paraît en lui-même constituer une renonciation à l'agressivité. Alors chers compatriotes, dialoguons, écrivons, manifestons nous avec notre plume. Contrairement à une arme, la plume préserve la vie, et atteint beaucoup plus de cibles. Un problème sous jacent à ce problème épineux est le problème de particularismes que nous cultivons et l’attachement à nos régions plus qu’à notre patrie. Oeuvrons dans l’avenir pour que tous les guinéens fassent réellement un, pour que la nation passe au dessus de nos régions et pour qu’un guinéen soit un guinéen avant d’être originaire d’une région, d’un groupe ethnique ou d’un autre pays . La finalité de ce but est de valoriser une seule ethnie : L’ethnie Guinéenne. A partir de cet instant les individus se distingueront par leurs compétences et non par leurs sexes, leurs ethnies, leurs religions ou leurs provenances. Candidats aux prochaines élections électorales, vous voilà avisés d’office. Je tiens à remercier Mr Tierno Monénembo pour avoir soulevé ce problème, et Mr Amara Kaba pour sa vivacité et son courage. Si j’ai choqué des sensibilités, je m’en excuse, c’était nullement mon but et il est primordial que nous ayons le courage de s’affronter, de se parler, en défendant nos convictions profondes ; mais tout doit être fait dans le respect de l’autre. Koumbassa Alassane koumbassa@gmail.com Avril 2007

Conté en priorité:

Le 26/07/2007

Le général Président a encore une fois refusé de marquer le cours de l’histoire. Lansana Conté en acceptant les revendications des syndicalistes qui agissaient au nom du peuple, avait pour principal souci le gain de temps dans le but essentiel de regrouper son pouvoir qui s’était éparpillé. La réalité est indiscutable, les miettes de pouvoir qu’il a ainsi regroupées ne suffiront pas à faire reculer un peuple rempli de meurtrissures et déterminé à se débarrasser du dictateur. De nombreuses voix avaient prévenu que les Vingt trois années de dictature, d’irresponsabilité et d’incompétence à l’actif du général Président n’allaient pas disparaître au profit du bon sens. Il a encore faire preuve de son talent dans la médiocrité. Désormais il est le seul détenteur toutes catégories confondues de la bêtise humaine. Durant tout ce temps de règne absolu sans partage, le général Président s’est conforté insolemment tout en agissant en maître absolu en face d’un peuple fractionné; n’est ce pas la raison qui fait qu’il est insensible à la volonté du peuple qu’il croit toujours divisé ? Face a cette ultime perche pacifique que lui tendaient les grévistes, le général Président n’aurait t’il pas profité pour se faire pardonner un millième des frustrations qu’il a infligé à son peuple et à sa patrie ? Plus que jamais il est détesté à l’unanimité, même par ses fervents supporters, désormais en quête d’unité vraie et de progrès véritable. N’oublions pas que le PUP (Parti de l’unité et du progrès) était le nom de baptême du parti présidentiel mais depuis, il a connu une mutation inquiétante et voulue par Lansana Conté au profit de sa propre personne. A ce propos, progrès et unité étaient les ambitions affichées par la mouvance présidentielle. Aujourd’hui le constat sur le terrain est diamétralement opposé. Ce parti a semé la division sur le territoire national pour asseoir son règne. Le progrès tant prôné a pris une trajectoire angoissante et a profondément exacerber la misère. Désormais le véritable nom de ce parti, au vu de tous ses résultats, serait le parti de l’utopie et de la pauvreté. La vigilance doit rester plus que jamais accrue et la patrie doit se débarrasser définitivement du spectre du passé afin qu’on puisse assister, à l’avènement de la démocratie vraie, aux débats et idées de fond, pour enfin laisser libre choix au peuple. Vivement cette époque qui semble peut être loin tant que l’on sera sous la gérance de cette deuxième république et l’esprit malveillant du général président, mais l’optimisme doit être permis. Eh n’oublions pas qu’on doit tous œuvrer pour le départ en priorité du Général Lansana afin qu’on soit prêt à écrire le troisième tome de notre histoire. Koumbassa alassane koumbassa@gmail.com Février 2007

Quand l’unité ethnique prend le dessus:

Le 26/07/2007

L’orage est passé, la tension est toujours palpable mais la sérénité semble être de retour. C’est ce moment propice que je choisis pour faire mon apparition. Trouver une place au milieu des gros calibres de la plume n’étant pas faciles durant la période où le débat fût une passion. Ceci étant, une chaîne ayant la force de son maillon le plus faible, la participation de chacun dans le but de dépassionner le débat, n’est pas inutile et serait même souhaitable. Je vous préviens chers lecteurs, le ton du texte ne sera pas à l’image de cette flegmatique introduction. Le triste constat du scénario des ces deux dernières semaines m’a désespéré. Moi qui me disais, que les choses avaient changé depuis les évènements de janvier et février derniers, je me suis retrouvé face à cette déboussolante réalité. L’attitude que tous doivent adopter, ne devrait-elle pas être semblable à celle de ces personnes, jeunes pour la plupart, qui sont tombées sous les balles des mercenaires et des militaires associés à la cause du général Conté, pour avoir osé se lever comme un seul Homme, comme une seule ethnie, comme un seul parti, pour dire non à la doctrine Conté ? Trois réflexions illustreront mon désarroi : Le quasi otage des problèmes ethniques Les débats ethniques, forts passionnants de ces derniers temps, m’ont effectivement envahi d’inquiétudes ! Tandis que chacun, à quelque exception près, défend son ethnie et essentiellement son ethnie, le pays continue de traîner sa misère à laquelle est pourtant associée toute la peuplade du pays. Je pense que notre combat pour le changement n’aboutira que si, tous sans exception, nous visons la même cible. Il ne doit nullement nous échapper que les populations de la Guinée ont en partage la misère, la pauvreté, l’obscurité, la soif, la faim, la peur, l’insécurité, la maladie etc. Tous ces maux de notre société découlent, d’abord et avant tout, de la mauvaise gouvernance. Les dénonciations faites sur le partage ethnique ne doivent pas être les seuls angles de combat de nos compatriotes, dénonçant avec la plume. Les questions essentielles posées ne doivent pas se limiter à des quotas ethniques. De toute façon, je doute fort qu’on puisse un jour, repartir égalitairement des postes de nos ministres, préfets, gouverneurs… en se basant sur des bases ethniques. Il y’aura toujours des insatisfaits. Par contre, en nous basant sur la compétence et uniquement sur la compétence, on luttera contre cet ethnocentrisme qui nous pourrit tant la vie. Mais, force est de constater que les nominations, effectuées récemment, n’ont pas été faîtes sur cette base. Les personnes fraîchement nommées en tant que gouverneurs et préfets sont elles saines et compétentes ? Je ne peux m’empêcher de penser que ces exigences n’ont pas été remplies. Le Premier ministre n’avait pas tenu compte de ces critères dans ces nominations de ses ministres, et c’est sur cette même lancée qu’il continue sa mission. Dans un pays ou Mamadou Sylla a été nettoyé de toute soupçon ( sans enquête véritable), après la nomination de ce premier ministre, dit de consensus, le ton de la suite de sa mission est clairement donné : s’agripper à son fauteuil de la primature, en faisant plaisir à Conté. En plus d’être dépourvues de probité, ces nominations sont paritairement très insolentes : Trois femmes sur trente trois nominations, soit un peu plus de 9% de représentativité. Sacré Kouyaté !!! Toutes ces incohérences n’ont point été suffisamment soulignées, car apparemment, le quota ethnique demeure et semble le plus important. Une conférence nationale : pour quoi faire ? L’ethnocentrisme découle de cette mauvaise gouvernance. C’est pour cela que parler de conférence nationale, ou mettre en pratique les propositions intéressantes faites par nos compatriotes sous l’ère Conté, n’aura d’autre effet que de conforter et de pérenniser ce pouvoir despotique. En Guinée, il ne suffit pas que les postes ministériels ou les postes de préfet soient équitablement repartis pour que les tracasseries du quotidien disparaissent. Une bonne répartition aurait sans doute calmé l’hémorragie ethnocentrique et crédibiliser Kouyaté. Mais, il ne doit plus nous échapper que ce monsieur est un bon apprenti de la mauvaise gouvernance et en adoptant cette méthode, il perpétue le pouvoir de son maître Conté, rongé par la maladie, et pourra ainsi le remplacer au moment opportun. Monsieur Kouyaté doit comprendre qu’il se trompe. Les recettes du passé ne s’éterniseront plus, car le peuple de Guinée est désormais vacciné et demandera des comptes, dès que les intentions malveillantes du mauvais samaritain seront dévoilées au grand jour. Une vraie réconciliation s’impose, mais elle ne devrait jamais se faire sous cette deuxième République, pilier par excellence de cette exacerbation des passions identitaires. Prendre un médecin pour soigner le mal dont il est lui-même à l’origine, veut dire qu’on lui accorde à nouveau notre confiance. Cette deuxième République ne mérite plus cette confiance. Ceux qui veulent aggraver la division, en faisant circuler des tracts à caractère très raciste, ne rendent service qu’au pouvoir actuel. Pour le respect de toutes nos communautés cohabitant sur le même territoire, toutes les polémiques découlant du contenu des tracts ayant circulé sur le net et la Guinée, doivent immédiatement cesser. Le premier, écrit sans doute par un forcené des temps modernes, a évoqué en moi, après lecture, un sentiment d’indifférence totale. Mais face à l’indignation générale constatée, je suis resté stupéfait car le forcené a gagné son pari. Un tel déchaînement devrait passer totalement inaperçu, car aucune substance logique n’est contenue dans ce tract : le terme qu’il faudrait employer à la place du mot tract serait plutôt acte de démence. Toutes les stigmatisations faîtes à un groupe ethnique, via ce torchon écrit, ne peuvent relever que de la démence. Je n’en dirai pas plus et je condamne dans le même élan le second acte de démence qui a répondu au premier. Inutile de se voiler la face, car le torchon qui a brûlé était certainement imbibé d’essence et qui a pour source cette mauvaise gouvernance que la Guinée connaît et a toujours connu. Il ne doit jamais nous sortir de l’esprit, que c’est seulement en étant unis, que nous pourrons nuire à ce système Conté & Kouyaté, formant désormais une République apparaissant sous sa forme la plus vorace et menant une politique ayant pour objectif la fragmentation du peuple, afin de consolider leur pouvoir. Kouyaté : Après l’espoir, le désenchantement. Pittacos disait : Pour connaître le mortel, donne lui du pouvoir. Kouyaté en est un illustre exemple. Les premières critiques quant à l’incompétence du diplomate Kouyaté, me semblaient précoces et injustifiées. Ces liminaires mesures, qui n’étaient en fait que des chimères, étaient une belle entrée en matière. Qu’il sache qu’une belle entrée en matière ne fait pas forcément un bon bilan. Ma méfiance vis-à-vis de ses méthodes a atteint son apogée lorsque ce dernier, malgré l’état catastrophique de notre économie, a intrépidement décrété un jour férié en Guinée, pour la venue du guide suprême de la Libye. Mais à quelle époque veut-il nous faire vivre, Mr Kouyaté ? Même nos morts de janvier et février n’ont pas eu un hommage digne de leur combat. L’écrivain, Saïdou Nour Bokoum, attirait notre attention assez prématurément après la nomination de Kouyaté : « …Petit monstre arraché à une sanglante césarienne, tous les actes qui en découleront seront marqués du sceau de cet accouchement au coin du feu où trône toujours un « pater familias » qui n’a renoncé à aucune de ses prérogatives…Ne nous attardons pas sur ces tares quand tout est pourri. Comme un arbre rongé dans ses racines par une vermine qui grouille partout dans ses nervures. C’est cet arbre que les récents évènements viennent de secouer, et ont failli abattre. Mais il tient encore. Et il tiendra aussi longtemps que l’eau polluée à laquelle il tire sa sève ne sera pas évacuée dans les caniveaux de l’Histoire. .. » Ô combien j’ai souhaité que ce respectueux homme se trompasse, mais force est de reconnaître qu’il a vu juste. Conté nous a montré dans l’interview télévisée donné à TV5, qu’il restait toujours ce « pater familias ». Désormais, notre mission doit nous conduire dans un élan de solidarité, à combattre cet arbre qui est la source de toutes nos discordes. Les pro-Kouyaté (j’en étais un auparavant) me diront sans doute que cents jours à la primature d’un pays sont insuffisants pour juger d’un bilan et je les rétorquerai que ces cents jours sont assez suffisants pour prédire, si ce bilan sera catastrophique ou pas. Et la folle voiture pilotée par le couple Lansana & Lansana va droit dans le mur. Souhaiter l’échec à Kouyaté serait de l’inconscience, ne pas voir arriver cet échec serait de la cécité. Si seulement notre premier ministre pouvait nous donner tort et soulager le peuple de Guinée en se réorientant vers la bonne direction. Il n’est jamais trop tard, le diplomate a le temps de se ressaisir, mais maintenant qu’il est devenu un politicien, fonctionnant avec des méthodes archaïques, permettez-moi de mettre des réserves sur une métamorphose de sa part, qui irait dans le bons sens. En attendant, je vous en prie, recadrons nos tirs, fédérons nos forces, afin de dénoncer le système dans toute son injustice, dans toute son irresponsabilité, dans toute son incompétence….pour le meilleur et surtout contre le pire. Koumbassa Alassane koumbassa@gmail.com

APPEL AUX SANS-VOIX:

Le 17/07/2007

Face aux innombrables problèmes existentiels auxquels sont confrontés les guinéens, l’attitude de défiance des jeunes qui se traduit par une certaine indifférence et une démobilisation totale, quant à leur prise de position par rapport aux enjeux politiques, laisse perplexe. La raison, à n’en point douter, est que les réponses à leurs attentes, ont toujours été décevantes, contribuant ainsi au déficit de confiance entre eux et les politiques. Le problème qui se pose, c’est qu’ils donnent par ce biais, un accort tacite, à ce que l’on décide de leur devenir à leur place, en n’étant associés, ni de près, ni de loin, aux prises de décisions stratégiques en matière de politique de la jeunesse. Or, mieux que quiconque, les jeunes doivent avoir à l’esprit, que pour sortir de leur situation léthargique, ils doivent prendre à bras le corps, les défis qui les interpellent, en s’investissant et en s’impliquant d’avantage dans les actions, à même de contribuer à l’amélioration de leurs conditions de vie. Nul besoin pour cela, d’être sympathisant ou militant d’un quelconque parti politique ou association, car l’adhésion à une cause, se doit d’être guidée par une conviction personnelle. Néanmoins, de quelque bord politique que l’on soit, l’unanimité autour des idéaux de paix et de prospérité ne doit souffrir d’aucun équivoque et chacun en ce qui le concerne et selon ses moyens, aussi modestes soient-ils, peut et doit contribuer à l’édification harmonieuse de la nation. Il est regrettable de constater que, la participation des jeunes au débat politique qui fait rage sur Internet est presque inexistante, comme pour signifier qu’ils n’ont pas la voix au chapitre, en pensant à tort que, la politique est l’apanage des grands. Et pourtant, l’adage ne dit-il pas, qu’aux âmes bien nés, la valeur n’attend point le nombre d’années et les jeunes en cela, ne doivent en rien nourrir un complexe d’infériorité, qui leur confinerait dans une situation de défaitistes, mais au contraire , ils doivent faire preuve d’initiative en laissant libre cours à leurs idées et en les vulgarisant autant que faire se peut. L’environnement socio-politique et économique actuel, loin de contenter l’opinion publique, est cependant, propice à une meilleure orientation idéologique, pour peu que les bonnes volontés, concourent à la convergence des idées novatrices. Ne dit-on pas qu’en politique, on a rarement le choix entre le bien et le mal, mais entre le mal et le moindre pire. A cet effet, les guinéens doivent comprendre, que l’on ne peut attendre de l’actuel gouvernement de transition, de changement miraculeux surtout que, l’hypothétique départ du général CONTE, que bien d’observateurs considèrent comme préalable à tout changement tangible, n’est apparemment pas, à l’ordre du jour. L’alternative politique tant souhaitée dans notre pays, demeure une cause commune, mais les moyens pour y parvenir, doivent se situer dans le cadre d’un combat d’idées car la démocratie vers laquelle nous tendons inexorablement, requiert l’adhésion des masses à la cause défendue. L’incitation des jeunes à la révolte et à l’usage de l’argument de la force, ne peut que contribuer aux divisions et oppositions stériles qui constituent actuellement, la pierre angulaire de nos problèmes. Une cause, aussi noble soit-elle, ne doit privilégier les sacrifices humains, comme ceux que l’on a connu, lors des derniers événements, surtout que l’impunité reste de mise pour les auteurs présumés de ces massacres. Alors, jeunes de guinée, bougeons et œuvrons en sorte de pouvoir court-circuiter les velléités antagonistes qui ont tendance à figer les privilèges et à retarder les évolutions en prenant une part active dans la vie politique de notre chers pays. BAYO Abidine : Posté le 02 juillet 2007

La coopération franco-guinéenne/ une donne incontournable:

Le 17/07/2007

La France occupe de nos jours, une place de choix dans les relations de la guinée d’avec le reste du monde, malgré les vicissitudes de l’histoire. La nature de nos échanges a été déterminée en premier ressort, par les conséquences du référendum d’auto-détermination des peuples en 1958, initié par la France et qui a vu la guinée, opter pour l’indépendance dite totale, qui supposait la non appartenance à la communauté française. La suite des événements est connue de tous et l’on continue de subir les méfaits de l’orientation politique dans lequel, on s’est alors, engouffré. Le destin a voulu que la guinée soit une colonie française parmi tant d’autres et les rapports de subordination et de dépendance que cela implique, au lieu d’être occultés, doivent plutôt être pris en compte et appréhendés, avec une vision réaliste, afin d’en tirer le meilleur profit, dans cette dynamique positive engendrée par la mondialisation, car notre survie en dépend. On a eu en guinée, la maladresse de supposer que, forts de nos potentialités, par la dotation naturelle de notre pays en ressources, on est en droit d’exiger une hypothétique équité dans les termes de nos échanges avec les puissances occidentales. Il s’avère pour autant que ces ressources, aussi immenses soient-elles, ne sont que virtuelles en l’état, car on ne dispose, ni de capitaux suffisants, ni d’expertise technique viable, pour leur mise en valeur. La rupture des relations qui en a découlé, boostée par la politique anti-colonialiste et anti-impérialiste du régime de Sékou Touré, dont le système et les mécanismes de gestion, ont par ailleurs vu, leur prolongement sous le règne du général Conté, dans leurs pratiques courantes, a contribué à forger un sentiment de haine et de mépris, à l’égard de la France qui, il faut le reconnaître, ne s’est aussi, pas donné assez de peine pour redorer son blason auprès de l’opinion publique guinéenne. Les autorités françaises, sans se soucier des attentes de l’innocent peuple de guinée, ont le plus souvent, agit dans le sens de la préservation de leurs intérêts, par leurs attitudes de complaisance envers les dirigeants de notre pays. M. Jacques Chirac, n’a-il pas été, le premier président à envoyer un message de félicitations au général Conté, lors des dernières élections présidentielles, malgré le climat de suspicions qui a entouré ces consultations. Et pourtant, sans prétention aucune, de faire une certaine apologie de notre coopération, la France comme on le sait, demeure de nos jours, le premier partenaire bilatéral de la guinée. A ce jour, les principaux partenaires bilatéraux de la guinée et leurs domaines d’intervention sont : - Allemagne : éducation, santé et eau ; - Canada : enseignement technique et formation professionnelle, renforcement de la gouvernance et développement rural, micro-projets ; - Japon : pêche, eau et éducation ; - Etats-Unis : secteur privé, santé-sida, éducation et gouvernance, développement rural et environnement, via exclusivement les ONG américaines. La France quant à elle, est devenue, le premier partenaire bilatéral de la Guinée. L’aide publique au développement française (APD) est essentiellement orientée vers le développement rural, les infrastructures et l’éducation. Cependant, l’accumulation d’impayés par la Guinée, a conduit à la baisse progressive de l’aide à l’Etat, ce qui a entraîné l’arrêt de nombreux projets réducteurs de pauvreté. L’évaluation de l’aide publique française à la Guinée a aboutit aux principales conclusions qui sont les suivantes : - la politique de coopération a fait preuve d’une forte cohérence, mais certains risques inhérents aux contraintes locales ont été insuffisamment pris en compte. - Le bilan des interventions sectorielles montre des progrès significatifs dans différents secteurs, notamment en matière de développement rural, d’éducation et d’infrastructures ; - Les points forts de la coopération française ont été identifiés : constance dans les choix stratégiques prioritaires, contribution à l’émergence de la société civile, importance accordée à la formation et au renforcement des capacités. - Parallèlement, des faiblesses ont été relevées : trop grande dispersion des actions, faible impact des actions sur les intérêts économiques français. Dans son document cadre de partenariat (DCP 2006-2010) avec la guinée, il a été défini des priorités de développement pour la matérialisation de cette coopération. Dans le domaine de l’éducation, l’objectif de l’intervention française, dans le programme sectoriel multi-bailleurs dénommé Education Pour Tous (EPT) est : -l’amélioration de l’accès à l’école (programme d’infrastructures), - l’amélioration de la qualité (programme de formation à l’intention de tous les acteurs), - l’amélioration de la gestion du système scolaire (gestion des personnels, renforcement de l’évaluation et du contrôle, pilotage de la politique). Dans le souci d’améliorer la qualité des enseignements, une attention sera apportée à la qualification des enseignants en français, outil indispensable de la transmission des savoirs. Le développement agricole étant quant à lui, l’un des moteurs de la lutte contre la pauvreté en Guinée : les agriculteurs représentant 61% de la population, mais constituant 80% des pauvres, alors que le potentiel agricole non mis en valeur est considérable, l’aide extérieure est nécessaire à la modernisation de l’agriculture guinéenne, car les systèmes traditionnels de production ne peuvent répondre aux défis majeurs à relever : production en quantité pour assurer la sécurité alimentaire du pays, création de richesses et gestion durable des ressources. Les interventions de l’aide française dans ce domaine, consisteront en la formulation des politiques sectorielles en cohérence avec les politiques régionales de l’UEMOA et de la CEDEAO, l’accompagnement des acteurs du monde rural dans leur dynamique de professionnalisation, sur le terrain comme auprès des organisations fédératives et à l’accroissement du potentiel hydro-agricole dans un souci de développement durable. Pour la France, ne pas intervenir dans le secteur de l’eau en Guinée, considéré comme le « château d’eau de l’Afrique » eût été paradoxal. Ses interventions s’intégreront donc dans l’engagement de la France et de la Facilité Eau de l’Union Européenne pour favoriser l’accès à l’eau potable. A cet objectif, s’ajoutera l’énorme défi d’améliorer l’assainissement urbain de la capitale et des grandes villes de province et la réalisation d’actions dans le secteur des infrastructures, notamment en matière d’aménagement urbain et de transports, la santé ou l’environnement. En complément des actions menées en matière d’agriculture, d’eau et d’assainissement, un appui institutionnel au secteur de l’environnement aura pour objet d’aider la Guinée à se doter d’une politique adaptée aux enjeux pour mieux se positionner dans les instances internationales lors des négociations sur les conventions (changements climatiques, biodiversité) en permettant une meilleure connaissance du potentiel de développement offert par les accords environnementaux et de s’impliquer dans les cadres sous-régionaux de gestion durable des ressources partagées. Coté infrastructures, le renforcement, la réhabilitation ou l’extension des moyens de communication, le renforcement et la réhabilitation du secteur électricité, dont la pénurie, constitue un frein reconnu à la croissance, devront être envisagés avec les outils financiers appropriés et en concertation avec les institutions de breton woods. Dans le domaine de la santé, l’aide française se concentrera, aux côtés d’autres partenaires (Banque mondiale, Commission Européenne, etc.), sur l’actualisation et la mise en œuvre du Plan National de Développement Sanitaire et particulièrement pour ce qui est de la lutte contre le SIDA, en mettant un accent particulier (expertise, formation) pour aider la Guinée à disposer des capacités lui permettant de mieux gérer les subventions allouées. L’un des problèmes majeurs de la guinée est sans conteste, la gouvernance, dont la faiblesse du cadre institutionnel et humain constitue, le facteur clef du retard de son développement. Pour ce faire, l’aide française, qui est une des rares à s’intéresser à ce secteur, continue à aider le pays à achever sa conversion à l’économie libérale de marché et au pluralisme démocratique en appuyant l’élaboration des politiques publiques et le renforcement des capacités institutionnelles de ses partenaires, avec un besoin impératif de modernisation et d’amélioration de ses capacités de gestion de l’administration. Pour l’aide française, la société civile que sont les acteurs non gouvernementaux (ONG, collectivités locales, organisations professionnelles, coopérations décentralisées) doit bénéficier des actions dont le but est la professionnalisation (formation, valorisation des compétences, maîtrise d’ouvrage), et d’accompagner leur structuration (mise en réseau, concertation) afin d’améliorer leur représentativité. Par ailleurs, les actions menées en faveur du développement des médias permettront une meilleure participation à l’amélioration de la gouvernance du pays. Dans une perspective de modernisation de l’enseignement supérieur, et en concertation avec le Programme EPT et la Banque mondiale, l’aide française contribuera à la rénovation de ce secteur, à travers la mise en place de formations professionnalisantes (licences professionnelles) adaptées aux besoins, le rajeunissement et la qualification du corps des formateurs, ainsi que la revalorisation des diplômes et des formations. La recherche scientifique, sera orientée vers le développement rural du pays dans les secteurs agronomique, zootechnique et halieutique et en facilitant l’insertion de la recherche nationale dans la communauté scientifique régionale et internationale. Parallèlement aux actions de la Commission Européenne, l’aide française contribuera à la vie culturelle du pays en promouvant les expressions culturelles locales et en favorisant les échanges avec le monde francophone à travers le Centre Culturel Franco-Guinéen qui a pour charge la mise en œuvre de cette politique, en liaison avec les autres structures existant en Guinée (Maisons des jeunes, centres culturels). En conclusion, il ressort que, malgré les énormes difficultés auxquelles la Guinée est en ce moment confrontée, il est permis d’espérer une meilleure conjoncture dans les années à venir, sous réserve du respect des critères de gouvernance tant politiques qu’économiques et de l’amélioration des services publics marchands (électricité, eau, télécommunications) et ce, pour plusieurs raisons : reprise des actions de la Commission Européenne et avec les Institutions financières internationales (FMI et BM) ; situation du marché mondial des matières premières qui offre des perspectives en investissements lourds, à court terme dans le secteur aurifère, à moyen terme dans les secteurs de la transformation de la bauxite et à long terme dans la production de fer en Guinée Forestière, sans oublier les grands ouvrages à caractère régional, notamment les barrages hydro-électriques. Le démarrage de ces projets devrait avoir un effet direct et significatif sur l’accélération de la croissance et la réduction de la pauvreté. Mais pour l’instant, le retard économique et social du pays, et les conditions de vie des Guinéens, contribuent à renforcer, notamment parmi les jeunes, un flux migratoire susceptible d’alimenter des filières d’immigration clandestine en Europe avec leurs conséquences positives et négatives. Bayo Abidine: Posté le 26 juin 2007

POUR QUE SONNE LE GLAS:

Le 17/07/2007

A la faveur de la tenue prochaine d’élections législatives, prévues initialement au mois de juin 2007 et qui ont été reportées, suite à la rencontre du premier ministre lansana Kouyaté avec les représentants des partis politiques, l’on est en droit d’exiger de l’ensemble des parties prenantes au processus d’évolution historique de notre pays, en cette phase cruciale de renouveau et de dynamisme probants, une vision réaliste et concertée, en ce qui concerne les orientations politiques, économiques et sociales. L’objectif de cette rencontre, est la détermination du cadre réglementaire et la définition des modalités de l’organisation matérielle de ces consultations, toutes choses, susceptibles de créer un climat de confiance et d’atténuer les ardeurs contestataires. La rénovation de la vie politique dans notre pays, plus qu’une nécessité, s’impose comme une condition incontournable, pour espérer sans illusions, des lendemains meilleurs. Pour atteindre cet objectif ambitieux, la rupture totale, pour emprunter le fameux thème de campagne de M. Nicolas Sarkozy, d’avec les méthodes archaïques génératrices de chaos structurel entretenu par la manie du clientélisme et du favoritisme, est plus que d’actualité. Il est vrai que la réalité en France est différente de celle que nous connaissons en guinée ; Il n’en demeure pas moins que la notion de rupture, puisse être extrapoler au cas guinéen, si elle est synonyme de remise en cause profonde des pratiques néfastes et de prise de conscience des enjeux qui nous interpellent. L’exaspération des rancœurs en guinée est telle, qu’elle cautionne les prises de position partisanes au détriment de l’harmonisation et de la convergence des idées, empruntes, de la diversité des sensibilités. La responsabilité de nos maux et tares, à y regarder de près, se situe à tous les échelons de la hiérarchie sociale. La mauvaise gouvernance et son corollaire d’arbitraires a fait pas mal de victimes innocentes, qui ont le plus souvent, payé de leur intégrité physique et morale, leur noble et légitime volonté de changement. La phase transitoire qu’entame actuellement le pays, aurait dû être amorcée, avec pour préalable, la justice et la réconciliation, en passant par la tenue d’une conférence nationale, comme ça a été le cas dans plusieurs pays sortant de crise chronique du genre, afin de reconnaître les torts causés au peuple martyre de guinée et surtout, par devoir de mémoire, pour que ne soit plus jamais, un climat de tensions permanent, favorisé par le laisser-aller et l’impunité la plus totale. Seulement, l’abracadabrantesque situation guinéenne est telle que, pareille entreprise aurait été synonyme de règlements de comptes, qui nous auraient plongé, dans une sorte d’imbroglio politico judiciaire. Il n’y avait donc aucun intérêt à, comme dirait-on, déterrer la hache de guerre ou à réveiller les morts. Hommage aux victimes oblige, il serait néanmoins irresponsable de mettre une croix sur le passé aussi douloureux soit-il. Le mal est fait, mais faudrait-il pour ne plus revivre ces atrocités, situer les responsabilités, afin de corriger les manquements et se prémunir de gardes –fous constitutionnels et réglementaires dans l’exercice de l’autorité publique. Le temps de la barbarie est révolu. L’intimidation et la répression sont l’arme des régimes à bout de souffle. Le régime du général CONTE se situe dans un engrenage qui causera inéluctablement sa perte. En témoigne le renouveau qui s’annonce avec la nomination de Lansana Kouyaté au poste de premier ministre et la constitution d’un gouvernement dit de consensus. Seulement, il est dommage que les guinéens s’attardent à comprendre que, l’occasion nous est donnée, plus que jamais de saisir cette opportunité pour mettre les bases d’une démocratie véritable, dont les acquis sociaux et institutionnels permettront l’envol économique tant souhaité. Pour ce faire, les acteurs politiques, les organisations syndicales et la société civile doivent tous concoururent, à l’instauration d’un climat de dialogue permanent et d’écoute mutuelle afin de mener à bien cette période sensible de transition pleine d’embûches. L’heure n’est plus à la lutte des clans. On n’a que trop souffert en guinée. Il est donc grand temps de mettre fin aux mesquineries, en s’investissant volontairement, de façon consciente et efficiente, chacun à son niveau et selon ses moyens, à l’émergence d’idées novatrices et de critiques constructives. La réussite ou l’échec du premier ministre, dans son gigantesque entreprise de reconstruction et de refondation du système, dépendra sans nul doute, de chacun de nous, en ayant à l’esprit que pour que vive la guinée, nous devons nous donner la main et marcher tous ensemble. BAYO Abidine: Posté le 15 juin 2007

LES LAISSES-POUR-COMPTE:

Le 17/07/2007

Il y’a des causes pour lesquelles, l’indifférence n’est pas la meilleure des attitudes à adopter, de la part surtout, des décideurs politiques, tant elles sont déterminantes dans l’édification harmonieuse d’une nation, qui se veut prospère. En cela, l’éducation de la jeunesse, révèle une importance capitale, dans un monde en perpétuelle mutation et de plus en plus compétitif. Les bouleversements politiques de ces derniers temps, ayant favorisé l’avènement d’une nouvelle équipe gouvernementale, dite de consensus, qui a le mérite d’avoir fait renaître l’espoir dans notre pays, l’objectif premier, serait de prioriser les attentes des guinéens. Et, force est de reconnaître qu’il est plus qu’impératif, de remettre à plat, la question de l’éducation et de la prise en charge des jeunes, avenir du pays. Outre les besoins essentiels que sont, l’eau, l’électricité et la lutte contre la vie chère, les nouveaux tenants du pouvoir doivent se pencher sur la situation chaotique, qui est la leur. Le chômage chronique s’évissant, ils sont livrés à eux-mêmes et souffrent terriblement du manque de repères, nécessaires à leur épanouissement. L’adage selon lequel, l’oisiveté est la mère de tous les vices, trouve son éloquente expression au sein de cette couche populaire, complètement désoeuvrée. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le règne de Conté ne leur a, en rien été favorable, car malgré les différentes politiques d’ajustement structurel dans le secteur de l’enseignement, la qualité du système éducatif, laisse à désirer, en témoigne la non reconnaissance des diplômes guinéens par les organismes internationaux de valorisation en la matière. Il n’est un secret pour personne, que la qualité du système éducatif guinéen, est l’une des plus faibles d’Afrique. La cause, imputable bien évidemment, en grande partie, au retard considérable, généré par la caducité de la pratique scolaire, sous le règne de Sékou Touré, qui a produit, pas mal d’enseignants sous-formés qui se retrouvent, malheureusement, à dispenser aujourd’hui, des cours, dans nos écoles. Comment voulez-vous transmettre efficacement, le savoir et la connaissance, si vous êtes vous-même pleins de carences ? La politique de Conté, a consisté à construire à la tout- va, des salles de classe et à libéraliser sauvagement, le secteur éducatif, suscitant ainsi, une floraison d’écoles privées, dont les programmes d’étude, hétérogènes et pour beaucoup, non homologués par le ministère de l’éducation nationale, relèvent de l’improvisation. La non remise en cause des structures et aussi, l’ignorance de l’impérieuse nécessité, de l’initiation de politiques de perfectionnent et de formation des formateurs, ont contribué davantage, à la dégradation de la situation. Le plus inquiétant, c’est que les jeunes qui ont été victimes de la mauvaise orientation politique de l’ancien régime, en matière d’éducation, plus particulièrement, la génération des trentenaires, sont devenus des laissés pour compte, n’ayant ni bagage intellectuel crédible, ni formation professionnelle adéquate et par conséquent, ni perspective, quant à la prise en main de leur devenir. A ce jour, ils n’ont pas la voix au chapitre, car priorité est donnée à leurs aînés, qui croyant à leur tour, n’avoir jamais été suffisamment, associés à la gestion de la chose publique, depuis l’indépendance, du fait du maintien des mêmes décideurs politiques aux commandes des affaires et du peu ou non renouvellement des fonctionnaires de l’administration, pensent qu’il est de bonne guerre, qu’ils constituent dorénavant, la catégorie sociale à mettre en évidence et à promouvoir. Le risque, est de créer un conflit de générations, quand on sait qu’en Guinée, on a souvent tendance à croire, que la politique, n’est que l’apanage des anciens, qui cependant, ne doivent en rien, avoir la prétention de détenir le monopole de la réflexion et de la positive attitude. Cette jeunesse a, sans équivoque, sa modeste contribution à apporter à l’édifice commune, en considération surtout, du fait qu’elle constitue, la relève immédiate. Néanmoins, l’expérience a prouvé que, l’élite dirigeante en Afrique, a toujours été constituée, en bonne partie, de personnes issues de la diaspora et aujourd’hui, la diaspora guinéenne, est majoritairement composée de jeunes, parmi lesquels, il n’y a pas mal de talents et de compétences, qui ont eu la chance et l’opportunité, de se former de façon qualitative, dans des systèmes éducatifs à l’occidental et qui sont, sans doute, à même de faire des propositions concrètes, en ce qui concerne leur destin commun. Leur potentielle contribution, se doit d’être considérée, sans préjugés. Mais, faudrait-il pour cela, que le cadre réglementaire, se prête à leur organisation et à leur responsabilisation. Les jeunes sont mieux placés que quiconque, pour parler de leurs problèmes et tenter d’y apporter des solutions, raison de plus pour les associer à l’élaboration de toute politique les concernant. La guinée se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, ce qui fait que les mesures prises en ce moment, sont plus que déterminantes pour l’avenir. C’est donc, le moment ou jamais, de repenser la politique gouvernementale, en matière de jeunesse, avec à l’idée, que le but de toute entreprise allant dans ce sens, doit être de nature à promouvoir les talents, en s’affranchissant des dogmes et en faisant valoir la méritocratie. BAYO Abidine: Posté le 09 juin 2007